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Pour les hypos : Epistémologie de la Géographie

 
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Alexis


Hors ligne

Inscrit le: 28 Oct 2011
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Localisation: Brest

MessagePosté le: Lun 8 Oct - 22:12 (2012)    Sujet du message: Pour les hypos : Epistémologie de la Géographie Répondre en citant

Salut à tous les hypos,



J'ai eu la chance de prendre les cours de géo l'année dernière sur ordi. J'ai cru comprendre que vous allez bientôt passer vos colles en Epistémo, et que le DS est pour bientôt également.


Je mets donc tout ce que j'ai pu glaner l'année dernière... Bonne lecture et amusez-vous bien ! 




Pour info




Le DS de l'année dernière : "L'homme en géographie du XIXème siècle à nos jours"


Sujets de colles envisageables : La cartographie, la géographie physique, la géographie science sociale, Particulier et Général en Géographie.


Voilà ce dont je me souviens, le dernier sujet de colle est vraiment difficile, bon courage à ceux qui passeront dessus car je pense qu'elle reconduit les mêmes sujets d'une année sur l'autre. Wink


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MessagePosté le: Lun 8 Oct - 22:12 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Alexis


Hors ligne

Inscrit le: 28 Oct 2011
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Localisation: Brest

MessagePosté le: Lun 8 Oct - 22:16 (2012)    Sujet du message: Pour les hypos : Epistémologie de la Géographie Répondre en citant

15_09 Histoire et épistémologie de la géographie 

 
1) D’une description historique à une description naturaliste… 
Meilleure connaissance des mers australes (France/Angleterre). Explorateurs améliorent les connaissances géographiques tel Bougainville qui décrit un grand nombre d’îles du Pacifique. Il explore aussi l’Amérique du Sud. Des zoologues et des botanistes inventorient la faune et la flore 
James Cook navigateur et explorateur anglais mandaté par la société géographique de Londres. Il part pour le Pacifique avec des astronomes et botanistes. Premier européen en Nouvelle-Zélande et en Australie. Il est aussi le premier à cartographier des îles des mers australes 
La Pérouse (1741 – 1788) est en mission du côté des îles Salomon. Meilleure connaissances des côtes du Japon, de la Sibérie de l’Australie. 
è Inflexion nette vers une description naturaliste du Monde. Démarche taxinomique :  càd catégoriser, nommer toutes les espèces possibles. 
  
2) La géographie technique 
a – La cosmographie (monde grec antique)  
            La plus ancienne carte dont on dispose date du IIème millénaire av. JC. Cadastre sculpté dans la pierre de l’Italie du Nord. C’est chez les Grecs qu’on trouve la connaissance globale de la Terre. La cosmographie est une science qui peut aider à comprendre le milieu terrestre. Il y a une interaction très forte entre monde céleste et monde terestre d’où l’intérêt de la cosmo et de l’astro. Découpages géométriques découverts en Ionie de l’époque archaïque. La Ionie est un espace de contact entre les Grecs, les Perses et les Babyloniens. 
A partir du VIème s av JC, la sphéricité terrestre est admise par les Grecs. Thèse du géocentrisme avec une Terre au centre de l’univers. Création de ligne imaginaire pour découper la Terre : Equateur et Tropiques = projection de cercle de la sphère céleste sur la sphère terrestre. 
A l’époque hellénistique (IIIème s av JC), progrès dans les représentations de la Terre à Alexandrie notamment avec l’astronome, mathématicien et directeur de la biblio d’A. Eratosthène. Alexandrie est un carrefour culturel. Il calcul la circonférence terrestre. Il veut localiser tout point à la surface du globe à l’aide de coordonnées. Il propose de représenter l’étendue terrestre sur une surface plane en utilisant une projection orthogonale. On peut calculer la latitude mais non la longitude qui sera maîtrisé au XVIIème/XVIIIème siècle. 
Au IIème s ap JC, Ptolémée transmet la pensée géographique grecque à travers des ouvrages qu’ils rédigent en latin qui influenceront la pensée occidentale jusqu’à la fin du Moyen-Âge. Ptolémée propose une carte plus étendue qu’Eratosthène qui représente l’Extrême Orient. La Méditerranée n’est plus au centre du monde. Ptolémée place les règles pour construire des cartes sur surface plane. La projection ptoléméenne est reproduite jusqu’à la fin du Moyen-Âge. Le monde de Ptolémée est exagérément allongé. 
  
b – La cartographie médiévale (surtout dans le monde musulman) 
Dès l’an mil présence d’une carto musulmane qui s’affirme en parrallèle de la domination du bassin méditerranéen. Reprise de la carto grecque avec un monde centré sur les villes saintes du Monde musulman : Médine et La Mecque. Localisations relativement exactes, absences de lieux imaginaires ce qui n’est pas le cas du monde occidental.  
Pour le Monde latin médiéval, les acquis des grecs n’ont pas étés transcrits de la même façon. La cartographie occidentale est d’abord cosmologique, représentation influencée par la religion. Mettre en valeur l’id d’un univers créé et organisé par Dieu = représentation du monde en TO. Le monde est fermée = vision théologique centrée sur Jérusalem. Ce type de représentation inexacte disparait avec le foisonnement des idées en occident à partir du XIIème siècle pour faire place aux portulans (livrets où sont consignés la description des côtes, des ports…). S’ensuit des représentations carto = navigations côtières et non hauturières. Aucun soucis de la topographie (falaises, sables…) ; 
c – La cartographie moderne : une affaire d’Etat 
            A partir du XVIème, des Etats modernes veulent montrer leur puissance au moyen des représentations géographiques. Des équipes de géographes vont devoir représenter le territoire de l’Etat, ce sont des cartes construites au service du pouvoir. En 1525 en France, la charte gallicane recèle un grand nombre d’inexactitudes et à pour but de montrer que le Royaume de France a des ambitions militaires. Gaule beaucoup trop étendue par rapport au territoire réel 
            Pour Colbert, il s’agit de construire une carte à grande échelle du Royaume de France de manière exacte. La famille italienne des Cassini réalisent entre le milieu du XVIIème et le milieu du XVIIIème 182 cartes sur la France à l’échelle 1/86000. Ces cartes localisent relativement bien les lieux ainsi que les distances = ancêtre des cartes topographiques càd que l’on voit assez précisément les avts (portuaire, agriculture, bâtiments religieux ou du pouvoir). Cartes produites dans un soucis d’exactitude au service de l’Etat qui donnent une  image de l’idée de la France au XVIIème/XVIIIème.  
            Mercator flamand au service de Charles Quint. Projection qui conserve les angles mais déforme les surfaces. Cette géo liée au pouvoir implique la spécialisation d’ingénieurs géographes. La carto. au service de l’Etat sera confiée aux armées qui perdurera jusqu’après la SGM. L’IGN prend ensuite la relève. Peters proposera une nouvelle façon en 1977 de projection. 
3) La réflexion géographique au temps des Lumières 
A la fin du XVIIème siècle, une réflexion est entreprise sur l’échelle d’analyse que doivent utiliser les géographes. Varenius propose au XVIIème siècle de réfléchir à deux échelles : entre l’échelle générale et l’échelle régionale. Il considère que la géo générale peut servir à décrire des faits géo de grande ampleur : climats, reliefs. La géo régionale doit s’intéresser à des faits spécifiques, particuliers non observables en géo générale. 
L’observation, la description est une démarche très prisée. Philippe Buache propose d’aller plus loin en proposant une démarche inductive (fait de décrire un lieu puis un autre lieu avant de généraliser. Du particulier au général). Démarche empirique intimement liée à l’expérience. 
La démarche déductive prônée par Kant se propose de formuler une hypothèse générale et ensuite d’aller observer des lieux particuliers pour voir si l’hypo s’infirme ou se confirme (du général au particulier). Démarche théorique non observée dans le monde sensible.  
La géo n’est pas encore vraiment une discipline, il s’agit plutôt d’un apport des connaissances part des astro, bio, philosophes. La vocation scientifique de la géographie vient seulement au XIXème siècle où elle devient une discipline à part entière. 
  
B/ Naissance et affirmation de la géographique, discipline scientifique (XIXème – XXème siècle) 
1)      La géographie est d’abord ancrée dans les sciences de la nature (XIXème s) 
  
a-      Le rôle innovant de la géographie allemande 
Alexandre de Humboldt (1769 – 1859). Il n’est pas véritablement un géographe mais un ingénieur. Il appartient à un milieu aisé et il voyage notamment en Amérique latine. Dans Cosmos il met très clairement en exergue l’influence de la nature sur les hommes. Pour lui la répartition des activités des hommes sur Terre s’explique par le climat, relief, sol = déterministe. C’est aussi une démarche descriptive (nature, habitat…). Enfin c’est une démarche inductive, reprise au XIXème, il forge le concept de milieu (hydrographie, sol, roche, climat, faune, flore…). 
Karl Ritter (1779 – 1859). Dans sa Géographie comparée de la Terre, Ritter ne se contente pas d’une description naturaliste, il fait aussi une description historique de la Terre. Ritter établit une relation entre le milieu naturel d’une part, et entre les rapports d’inégalités des civilisations d’autre part (déterminisme). Il considère qu’il y a des civilisations extérieures et des civilisations supérieures. Il adopte une démarche multiscalaire (étude d’un lieu à plusieurs échelles). Pourtant il reste comme Humbolt dans une démarche inductive, il ne formule pas d’hypothèse générale. 
Freidrich Ratzel (1844 – 1904). Il est au départ un zoologue qui est influencé par les thèses de Darwin sur l’évolution des espèces, il est aussi influencé par les travaux d’Ernst Haekel : l’écologie est la science qui étudie les interactions entre les êtres vivants dans un même lieu. Dans son « Antropogeographie » en 1891, il étudie le milieu naturel, la relation entre milieu naturel et homme, il propose même une typologie pour expliquer les relations entre les milieux naturels et la civilisation. Naturvölker peuple de la nature et Kulturvölker peuple de culture. Il place les peuples primitifs en Amérique, Océanie, Afrique. Pour les peuples de la nature le milieu naturel est déterminant alors que les peuples civilisés dépendent seulement en partie du milieu naturel. Ratzel est finalement le premier à proposer une géo humaine. L’homme peut agir sur le milieu naturel. Cette géographie humaine reste cependant très déterministe. 
  
Chez les Allemands, la géographie est surtout une science de la nature, ils considèrent les hommes comme des êtres vivants au même titre que les animaux vivants sur Terre. 
  
b-      Renouvellement de la géographie française à la fin du XIXème / début du XXème siècle. 
Elisée Reclus (1830 – 1905) contemporain de Ratzel est un géographe français qui apporte des idées novatrices mais qui n’a jamais joué de rôle institutionnel dans la discipline. Communard et anarchiste Reclus est condamné à l’exil et ne pourra faire carrière dans l’université française. Ses idées auront une diffusion limitée à un public cultivé. Ses idées sont redécouvertes après 1968. Prolixe, Reclus écrit une Géographie Universelle en 17 volumes en l’espace de 20 ans.  En 1905 il écrit L’Homme et la Terre c’est dans ce livre qu’il propose sa conception de la géo nourrit par les idées allemandes càd étude des relations entre l’homme et le milieu naturel. Il pense que cette relation doit être harmonieuse et solidaire. On considère aujourd’hui Reclus comme un des précurseurs de l’écologie en France, il est moins dans une optique typologique. Le contexte d’industrialisation amène l’harmonie. Reclus s’intéresse au lien entre géographie et poésie. Il consulte des descriptions littéraires des lieux et aux idées géo que l’on y rencontre. Il est aussi précurseur de la géo sociale càd rapport de domination entre les hommes. Sa démarche reste tout de même déterministe, inductive et descriptive. 
Vidal de la Blache (1845 – 1918) à la différence de Reclus institutionnalise la géo sous la IIIème Rép à l’université comme à l’école. Historien de formation il entreprend une thèse de géographie historique sur Hérode Atticus. Il rencontre Ritter dans l’Empire Ottoman et importe des idées allemandes dans la géo française. Dans son Tableau géographique de la France qu’il rédige en 1903, il est aussi inductif, descriptif. Il insiste beaucoup sur le choix de l’échelle et accorde sa préférence à l’échelle régionale. Il considère qu’en géo le concept de paysage doit être plus utilisé de façon systématique. Il créé le genre de vie. Outils spécifiques : cartes, photo de paysage… Liens avec les autres sciences naturelles : botanique, géologique et humaines : Histoire, économie. A la différence de ses prédécesseurs il nuance la démarche déterministe. Certes le milieu naturel influence les hommes mais les hommes influencent aussi le milieu naturel. La démarche devient donc possibiliste.  
Avec Vidal de la Blache, la géographie est science naturelle mais aussi de l’homme, la géographie est un carrefour, une synthèse entre la nature et l’homme. C’est une géographie qui étudie les relations verticales entre l’homme et le milieu naturel en un lieu. 
  
2)      La géographie science de synthèse au début du XXème siècle 
  
Si l’on considère la géo comme science carrefour, on étudie donc les relations verticales entre le milieu naturel et les hommes. On est dans une démarche possibiliste. La géo est la jonction entre les sciences de la nature (zoologie botanique) et les sciences humaines (histoire). La géo classique ou la géo vidalienne
a-      La primauté de la géographique physique liée aux sciences de la nature 
Division de la chair de Vidal de la Blache : 
-          Chaire de géographie physique (1909) : Emmanuel de Martonne (1873-1955) 
-          Chaire de géographie humaine (1912) : Albert Demangeois (1872 – 1940) 
-          Chaire de géographie régionale (1928) : A. Cholley (1886 – 1968) 
  
Renforcement institutionnel, archétype de la géographie vidalienne avec les chairs. Créations de postes de géographie dans les universités de province. La géographie vidalienne influence la géographie en milieu scolaire. 
La position de la géographie se renforce avec la création de l’agrégation de géographie qui devient distincte de celle de l’Histoire en 1944. Cependant la géo reste une discipline récente et nouvelle avec une trentaine de professeur dans les universités. 
Le poids de la géomorphologie dans la géographie physique : De Martonne écrit dans Traité de Géographie physique « la géo doit s’appuyer sur la bio…, mais la géomorphologie est la branche la plus scientifique ».  
Cette géographie physique qui dérive vers la géomorphologie (essentiellement rural) ne correspond plus à la réalité de la France des années 50 qui urbanisée, industrialisée. Les tensions entre une géographie physique et une géo humaine vont s’accroitre à partir des années 40/50. L’unité de la discipline est de plus en plus compliquée à réaliser. 
  
b – La géographie humaine une présence modeste mais croissante 
La connaissance et la description des paysages symbolisent à la fois l’alliance entre la nature et les hommes (géo science carrefour). Cette proportion des paysages est très présente dans les débuts de la géographie humaine. Roger Dion, Jean Brunhes vont s’attacher à décrire cette réalité avec parfois un soucis rétrospectif des paysages (analyse historique). Les critiques diront que la géo se résument à la description des paysages. 
D’autres essayent de faire des parallèles entre le milieu naturel et le milieu humain (cf. Vidal). Plusieurs géographes approfondissent ce concept de milieu : Maurice Le Cannou affirme que la géographie humaine doit primer sur la géographie physique dans Géographie physique. Le milieu n’est pas seulement naturel, il est aussi social. Le milieu social étant pour lui une combinaison entre des éléments physiques, biologiques et physiques. 
D’autres géographes essayent de rattacher la géographie à l’étude des faits contemporains, à l’image de la sociologie. Pierre George relie la géographie aux problèmes contemporains : il commence par valoriser les villes et fondent la sous-branche de la géographie urbaine, il va privilégier les faits sociaux et les faits écos, il contribue donc à alimenter la géo éco et la géo sociale. Le marxisme influence beaucoup George c’est d’ailleurs pour ça qu’il voit plutôt l’homme en tant que exploitant, producteur, consommateur. George actualise la géo humaine, mais il reste vidalien puisqu’il conserve largement une démarche inductive, il travaille à l’échelle régionale. Pourtant il intègre précocement dans la géographie, la géo quantitative, peu usité jusque là. 
Maximilien sorre substitue le milieu naturel au milieu géographique dans les années 1960. Interactions milieux/hommes et non plus milieu naturel qui déterminerait les hommes. La relation est donc plus équilibrée. 
Pierre Gourou (1900 – 1999). D’abord professeur en Indochine et au Maghreb il devient prof en province avant d’obtenir la chair du monde tropical qu’il obtient au collège de France en 1947. Démarche qualitative, démarche inductive, c’est donc un vidalien et un géographe de terrain. Plus qu’à l’Histoire il s’intéresse à l’anthropologie et collabore avec Lévi-Strauss. Il ne propose pas un déterminisme naturel mais un déterminisme de civilisation. Les paysages tropicaux s’expliquent à partir des civilisations plus qu’à partir des milieux naturels. Il observe les différences de paysages : la forêt persiste en Afrique et en Amsud mais les rizières sont présentes en Asie depuis des millénaires. Il s’intéresse aux techniques de production : riziculture, irrigation. Il est aussi influencé par l’Ecole des Annales et étudie ces paysages dans une longue période de temps.  
Pour lui un géographe ne doit pas étudier de manière contemplative le paysage, l’observation des faits visibles dans les paysages ne suffit pas pour les expliquer. Il faut chercher des explications qui ne sont pas visibles au premier abord.  
Gourou contribue donc au passage de la géo coloniale à la géo tropicale et cela relativement paisiblement malgré la contestation de la géo coloniale. Gourou maintient les institutions géographiques par une mutation vers la géo tropicale. Beaucoup de chercheurs iront entreprendre des études dans ces pays et contribueront à former les élites. 
Eric Dardel (1899 – 1967) L’Homme et la Terre de 1952 ne lui assure pas une renommée. Il n’enseigne d’abord pas à l’université, il contribue pourtant à structurer la démarche humaniste ou la géographie humaniste.Il s’intéresse à la fois aux sciences naturelles et aux sciences de l’homme notamment la philosophie. La phénoménologie ne doit pas se contenter des faits géo, les phénomènes sont la perception des faits. Les faits ne font pas toujours agir les êtres humains contrairement à leur perception. La géographicité étudie la façon de l’habitat des hommes, un espace, un lieu. Il faut explorer les perceptions des hommes par rapport à ce lieu. Dardel est donc novateur dans ses idées. Le paysage ne doit pas être simplement étudié par le voir mais il doit aussi être vu par l’existé = point de vue subjectif, vue du sujet. 
La géographie passe obligatoirement par l’homme. Dardel s’intéresse aussi à l’art, à la littérature, c’est donc un géo humaniste. D’abord ignorés par ses contemporains, il est ensuite considéré comme un vidalien càd le représentant d’une géographie obsolète pour les nouvelles générations. Ces idées seront redécouvertes et mises en avant dans les années 1990. 
  
C/ Renouvellement des approches géographiques  (à partir milieu XXème) 
1)      La géographie devient une science sociale années (60-80) 
La géographie devient une science sociale dans les années 1960 et se rehumanise dans les années 1980. Prendre en compte les hommes en tant qu’un individu au lieu d’une collectivité. L’homme peut agir sur le monde par lui-même autrement que par la collectivité. 
Le croquis de synthèse est un bon exemple d’analyse spatiale : il demande la compréhension et l’analyse d’un espace précis. Les vidaliens devaient au contraire localiser des faits physiques, climatiques, dessiner le territoire français. 
Paradigme : centré sur les interactions 
  
a-      Analyse spatiale 
L’analyse spatiale existe peu ou prou depuis le XIXème siècle. Les géographes français redécouvrent les travaux des précurseurs allemands et anglais dans la seconde moitié du XXème siècle 
Von Thünen : Premier à produire des modèles de l’organisation de l’espace. Son modèle vise à expliquer les localisations agricoles autour des villes en zone concentrique 
Christaller : Propose un modèle sur la théorie des places centrales en 1933 et qui vise à expliquer la hiérarchie des villes en fonction d’une équation entre service proposé et distances. Plus une ville est grande, plus elle dispose de services rares, plus elle a une ère d’influence importante. On retrouve des sous-hexagones qui ont des services de taille moyenne. Christaller s’inscrit dans une démarche déductible, il confronte son hypothèse à un réseau urbain de Bavière, sa théorie n’est confirmée qu’en partie. 
  
Le but est de rechercher des récurrences, régularités, des lois qui organisent des sociétés. 
  
E. Park et Burgess : S’inscrivent dans une démarche inductive dans un modèle spatial urbain qui vise à expliquer l’organisation socio-spatiale de la ville. Ils veulent montrer la domination sous forme de cercles concentriques sur la périphérie de la ville. D’autre part on à faire à une ségrégation à la fois sociale et ethnique. 
D’autres modèles chez Hoyt, Harris et Ulman. 
  
Philippe Pinchemel a une position de rassembleur entre ceux qui critiques vertement la géo vidalienne et ceux qui veulent prolonger l’héritage vidalien. 
  
Pinchemel est l’un de ceux qui introduit l’analyse spatiale dans la géo française tout en ne reniant pas pour autant toute la géo vidalienne. Il organise la démarche déductive en se penchant notamment sur les réseaux urbains en France. Il est aussi attaché au terrain et à l’echelle régionale de la géographie vidalienne. Pour lui la géo doit être en effet l’étude spatiale, elle doit se préoccuper de l’analyse spatiale tout en restant une science humaine. Contribuant au renouveau de la géo urbaine, il développe également la géo appliquée (géographes qui contribuent à mettre en place des politiques d’aménagements du territoire suite aux directives de la DATA : littoraux balnéaires languedoc, réseaux autoroutiers) 
  
  
La géographie appliquée va donner plusieurs thèses dont celles de Michel Rochefort qui soutien une thèse sur l’organisation urbaine en Alsace.  
  
L’analyse spatiale se développe donc tardivement malgré des usages ponctuels avant les années 1960. 
  
Jean Gottman géographe français, influencé par les travaux vidaliens mais fait sa carrière aux USA. Il enseigne à l’IEP de Paris puisqu’il s’intéresse de près à la vie et forge le concept de mégalopole pour qualifier cette extension de l’espace urbain.  
  
Pour Pinchemel comme pour Gottman, même si l’on renouvelle la démarche géo avec la démarche déductive ou quantitative (stats). Mais ils ne se détachent pas de la géo de terrain vidalienne. 
  
Cette redécouverte de la géo spatiale va de pair avec l’introduction du structuralisme en géo. 
  
Structuralisme : Courant né pendant les années 1910 grâce aux travaux du linguiste Ferdinand de Saussure. L’anthropologie reprend le mouvement qui est porté par Claude Lévi-Strauss.  Pour Saussure le langage est un ensemble d’éléments qui sont en interactions. L’interaction des mots donne non seulement un sens, mais une naissance au langage. Lévi-Strauss travaille sur les systèmes de parentelles et prouve que l’inceste n’est pas forcément interdit dans toutes les cultures. 
  
  
  
  
Roger Brunet (1937 -) 
  
Roger Brunet intègre le structuralisme et le mélange à l’analyse spatiale. La géo science sociale voit avec le structuralisme la possibilité de trouver des lois au sein des sociétés. Ces sociétés de manière inconsciente produisent des lois pour organiser l’espace. Brunet propose là de mettre en place une démarche systémique (interactions multiples entre les lieux) en plus d’une démarche nomothétique (volonté à partir de raisonnements de produire des lois qui organisent l’espace). Brunet utilise des outils statistiques mais également des modèles spatiaux. Il s’inscrit dans une démarche déductive et formule des hypothèses avant d’aller sur le terrain. On peut aussi parler de démarche quantitative. Brunet essaye de tisser des liens géo/éco ou géo/maths. 
  
Brunet va contribuer à renouveler la représentation cartographique de l’espace. La cartographie vidalienne ne le satisfait pas. Il propose une nouvelle façon d’organiser l’espace : la cartographie chorématique. Pour lui les chorèmes sont les unités spatiales de basse (pôle, interface, gradians auxquels ils associent des dynamiques de polarisation ou de diffusion) invariantes. Il propose une table des chorèmes qui renouvelle la cartographie en géographie. La démarche de Brunet est à la fois systémique, quantitative et modélisatrice.  
  
Il critique fortement la géo vidalienne et à la projet de refonder l’unité de la discipline autour d’une géo science sociale (il veut surtout privilégier l’analyse spatiale et veut mettre en avant la démarche modélisatrice, les sociétés génèrent des lois qui organisent l’espace). 
  
Pourtant beaucoup de géographes le critiquent, il est accusé d’un déterminisme spatial par Yves Lacoste. 
  
Jusqu’à aujourd’hui l’analyse spatiale est une branche dynamique en géo urbaine et en géo appliquée. Elle est reprise par la géo éco, la géo sociale et la géohistoire 
  
Géohistoire : Développement dans les années 70 développée par Christian Gratalou. La géohistoire est une analyse spatiale dans une perspective historique. C’est par exemple étudier l’organisation de l’espace d’un lieu à travers le temps. C’est voir s’il n’y avait pas de récurrences dans le modèle historique donné (l’exemple de Bagdad).  
  
Il y a donc une volonté de démarche modélisatrice, le géographe veut montrer l’universalité des lieux. 
  
  
  
  
  
  
B – La géopolitique : une branche concurrente 
  
Les écrits de Lacoste (1929 -) sont beaucoup plus accesible que ceux de Brunet. Il considère que la géo vidalienne se sclérose devient obsolète lorsqu’il écrit dans Hérodote en 1976.  
Lacoste remet en avant la géographie politique. Après les succès du XIXème, la géographie politique est discréditée du fait de l’invention de « l’espace vital » par les géographes allemands, terme repris par le nazisme. 
Lacoste est influencé à la fois par le structuralisme qui ne débouchera pas à une démarche modélisatrice, il en gardera la démarche systémique. Pour tout faits géographiques, il recherche de multiples interprétations, il rejette la géo vidalienne. Il est également influencé par le marxisme et a beaucoup œuvré sur la notion de sous-développement, il est en faveur de la décolonisation. 
Pour Lacoste le social doit primer sur le spatial. Le géographe étudie d’abord les rapports sociaux de l’espace (dominant/dominé = lieu de pouvoir). Il met en avant le concept d’acteur càd l’homme qui ont une dimension collective, il s’interroge donc sur l’Etat, les classes sociales… 
Lacoste va formaliser l’idée qu’un géographie à forcément une démarche multiscalaire (un lieu doit être étudié à différente échelles pour que le géographe en est une compréhension globale). Il propose jusqu’à  8 échelles pour étudier un lieu. 
Il n’a pas forcément l’idée de refonder la géographie autour de la géopolitique, mais veut institutionnaliser la géographie politique en fondant notamment un DEA et en faisant en sorte que les géographes fassent de la géographie opératoire. Les géographes peuvent être employés par l’Etat, les collectivités locales. Vulgarisation de la géopolitque. 
  
c)         Quid de la géographie physique ? 
Les géographes en physique pensent à migrer vers les départements des svt ou bien ils veulent rester des géographes et considèrent que la géo physique doit être recentrée sur la société. 
G. Bertrand biogéographe propose d’intégrer dans la géo physique la démarche systémique et critique le structuralisme et le possibilisme. Il va aussi contribuer à retravailler les concepts de paysage et de milieu. Pour lui le milieu qu’observe le géographe n’est plus naturel depuis fort longtemps. Il faut donc parler de milieu géographique qui comporte des éléments biotiques et humains. Il différencie l’homme du milieu. L’écologue va aussi étudier le milieu dans une démarche systémique mais ne distingue pas les êtres vivants. L’homme est réintroduit dans la géographie physique. 
On parle peu à peu de géosystème où l’homme dans sa dimension collective est placé au centre de la réflexion de la géographie physique. La géographie physique va prendre le nom de géographie environnementale. Les risques en environnement vont être abordés par les géographes. Yvette Veyret travaille sur les concepts de risques/aléas/contraintes. 
Bien qu’en difficultés dans les années 60/70. La géo physique se renouvelle à partir des années 80. Le milieu reste un concept utilisé bien que sa définition ait été modifiée par la géo physique. 
  
d) Autres branches 
La géo sociale 
La géographie sociale se lance définitivement avec les travaux de Pierre George qui étudie les faits économiques et sociaux. Pour autant la géo sociale ne se structure véritablement que dans les années 1980. La Géographie sociale en 1984 de P. Claval, J. Renard.  
Elle reste longtemps attachée à l’économie puis s’ouvre à la sociologie dans les années 80.  
Armand Fremond conserve certaines démarches de la géo vidalienne comme la notion de paysage, de milieu. Il écrit La Région espace vécue dans lequel il reprend la thèse vidalienne, mais il la met en relation avec l’espace et remet l’homme au centre de l’étude. Ils s’intéressent aux représentations collectives d’une société sur leur espace. 
La géo sociale se rattache aussi à la psychologie 
  
            Le rapport entre géographie et histoire : la géohistoire  
Quand on doit faire appel au fait humains pour expliquer les activités humaines à la surface de la Terre, et bien on se réfère aux faits historiques selon Vidal de la Blache. 
Elle se nourrit à travers les travaux de Braudel, qui est le premier à faire d’un être géographique une étude historique. Il travaille dans la temporalité. 
La géohistoire se nourrit aussi des apports de l’analyse spatiale. Elle s’inscrit dans une démarche modélisatrice et même plus souvent déductive qu’inductive. 
La géohistoire c’est l’étude de l’organisation de l’espace d’un lieu à travers l’histoire et si possible y retrouver des récurrences. 
Christian Grataloup publie un ouvrage sur l’histoire de la mondialisation. 
  
  
  
  
2. La géo, science sociale se  réhumanise (années 80 à nos jours) 
Les géographes ne s’intéressent plus non seulement au groupe mais aussi aux individus. Les interactions entre les hommes et leurs territoires sont mises en avant. 
Territoire = Espace gérer par les hommes (petit groupe/société). 
Ce n’est pas parce que l’espace n’est pas approprié par l’homme qu’il n’en a pas subi les influences. 
  
3 directions : 
a)      Une démarche de + en + réflexive : rapport ind. Produc. Rch. 
Le chercheur est déterminé par la société de son temps qu’elle que soit la volonté d’objectivité = dimension subject. 
Si le chc veut limiter = être conscient, prendre en compte dans la produc. des connaissances. 
Intérêt pour l’H de la produc des connaissances sur son objet d’étude = épistémologie années 80/90. Travaux sur le langage. 
Linguistic turn =  interro sur lang. Usu. Réflex. sur le mot totalitarisme 
Pinchemel rassemble des concepts épistémologiques La Face de la Terre
o   Concepts fondamentaux : espace, milieu, région, paysage 
o   Géo : spatialisation et humanisation  
o   Démarches plurielles = richesse // éclatement 
  
§  Œuvre œcuménique   
Paul Claval touche-à-tout de la géo. Colloque Logiques de l’espace, l’esprit des lieux 
  
b) Une démarche de + en + humaniste antérieure à Dardel : 
Malte-Brin s’intéresse au lien entre l’homme et le milieu et la représentation qu’ils en font en littérature, peinture… 
Dardel travaille + sur les faits invisibles. Id : Géographicité, intérêt rapport homme/milieu leur perception, leur représentation. Intérêt pour la sociologie, l’anthropologie. 
R. Savet = géo culturelle 
A. Barque : clivage nat/culture ne repose pas sur les mêmes critiques = // Asie---Occident. 
J.R. Pitte :  Histoire du paysage français = géo historique 
J. Lévy : géographie politique évolue un moment où les idéologies du XXème siècle sont sur le déclin. Il rejette l’H et préfère la filo, l’antropo, la socio, l’architect. La répresentation indiv. des hô sur leur espace urbain est indispensable. 
  
  
c/  
  
  
Postmodernisme : courant d’id qui se place après l’affaiblissement du capitalisme, marxisme, libéralisme, d’abord peu accepté en France en gén. et en géo en particulier. Rejet des grandes idéologies du XXème s. Remise en cause des valeurs occidentales : progrès (science), raison.  Il n’y a pas forcément d’avenir meilleur, étude de situations particulières. 
Géo du genre : appartenance sexuelle etc… 
Géo postcolonial : le géographe doit réfléchir sur les points de vue des habitants. 
  
Il y a donc un renouvellement des démarches. Le postmoderniste commence à déconstruire l’objet d’étude. 
PB du relativisme : on ne doit pas hiérarchiser les points de vue = quelle décision prendre ? 
Il n’y a pas de reconstruction possible pour un postmoderniste. Abs d’une interprétation nouvelle. 
La géo française interne seulement en 2004 la démarche postmoderniste. La majorité des géographes n’y adhèrent pas. Une présence limitée avec des objets d’études étroits. 
  
  
  
  
  
  
D) Quelques concepts fondamentaux en G 
« Concept » : terme à vifs débats ds 70-80’. Considérée comme morcellement de la discipline (renouvellement, conceptualisation de la géo analytique) = rendre compte G analytique de l’Universel alors que bcp de géo accrochés au particulier. 
Concipiere : contenir entièrement = représentation mentale générale et abstraite d’une objet de la Réalité . Organisation, perception du champ de la réalité. 
Espace vécu exemple notation du concept d’espace, milieu naturel exemple notation.  Permet d’identifier épistémologiquement les paradagimes 
  
1)      L’espace 
a)      L’espace géométrique : espace carto mesurable 
Trad technique : Antiquité à XVIIIème But : découper surface de la Terre = dém inductive. Ex : construct ment. (concret > abstrait). 
Etudier relations entre lieux sur Terre : XXème (géo socio et géo sociale). Opérations modélisatrices + lois qui org l’espace. 
Dém déductive : tel ou tel critère mène à une analyse spatiale renouvellement carto du à l’essor d’une carto corrématique.  
  
b)       Espace philo : espace nat 
Etendue philo concrète . Dès XVIIème – XVIIIème wf naturalistes des inventaires. Mise en valeur au XIXème s. (G. science nat) + fin XIXème (G scle carrefour) + concept « milieu ».  
But : repertorier les espaces philosophiques + caractériser. Utiliser la géo physique des sous branches. 
Géographie humaine : Relation Hô / milieu naturel = établir relations entre déterminisme et possibilisme. 
Mise en place d’un vocab : attitude (reliefs), climat (végétations) = décrire au mieux (fin XIXème début XXème).  
Des outils : foto (XIXème), cartes thématiques (relief, climat) 
  
c)      Espace social : espace géo des représentations 
Milieu XXème s. (Géo sociale). = A. Frémont (« espace vécu) implique perception collective 
80’s : réhumanisation de la G à Représentation + individu… d’un lieu lié à la G sociale culturelle = démarche inductive / déductive mais surtout humaniste . Difficultés à carto. 
Espace perçu, de vie : dimensions subjective, conceptuelle, espace géographique, à espace = new concept + humanistes = territoire, espace = espace exploité, aménagé par l’homme qui le gouverne de références identitaires. 
Les cartes du lycée fausses = frontières nettes mais frontière ignorées dans certaines parties du monde (ex : Afrique ethnies). 
2)      Le milieu 
Forgé au XIXème s par Humboldt, en recul 60’ 70’= renaissance avec l’environnement du dvlpt durable 
Apparait vers XIIIème = position entre pls lieux puis au milieu pls lieux. 
XIXème = conceptualisation sociologique portée par les naturalistes. Balzac donne perspective sociale : ensemble condition ext ds lesquelles se développe un individu. 
  
a)      Concept ternaire de l’Antiquité au XVIIIème 
Antiquité : trad hippocratique = milieu influence sur homme (Théorie des milieux) : sur corps, tempéraments. Conceptualisation qui décline au XIXème. 
XVIIème : concept naturaliste. Nature à ext à l’H : division nat/cultu. Descartes : homme capable d’instrumentaliser à terme la nat. 
XVIIIème : chez philos (ex : Herder, romantisme) à L’H reflet du milieu qui illustre l’être profond des peuples (Michelet, Vidal, Ritter). 
  
b)      Conception nat dominante (XIXème / Milieu XXème) 
G sociale nature ds lequel se diffuse. 
Humboldt = dém indictive du déterministe = milieu nat domine l’hô 
Vidal = 4 disciplines en G physique : hydrographie, climatologie, géologie. 
  
  
c)      Concept en déclin dès milieu XXème 
60’ – 70’s : puis réapparition dans les années 80 lié à l’environnement. Tentatives d’approfondissement. Concept milieu facultatif pour G en 60’s/70’s  // G vidalienne Facteurs philosophiques réprimèrent + par explication = démarche systémique. 
80’s : G science sociale se réhumanise. Renouvellement G physique dans des mesures environnementales (ex : risques ds les espaces). Finalité sociale = environnement devient important en Occident. Essor écolo pol qui s’affirme avc le dvlpt durable (90’s / 2000’s). Attire géo autres branches = démarche systémique. (J. Bonnemaison) (bcp de facteurs explicatifs pour un même résultat) + B. Debarbieux (critères culturels sur montagne tel le Massif Central construit au XIXème s). 
  
3)      La région  
La région du latin regio se réfère à un territoire  = regiones : direction, limite. Regere = diriger, régir. Mise en place d’une ère d’influence. Concept emblématique dès XIXème s. 
  
a)      Emblématique G science carrefour 
è Relation verticale (fin XIXème – milieu XXème) 
-          Région homogène : espace géo définie d’une étendue terrestre caractérisée par une répétition des éléments = région naturelle. 
Reprise par les vidaliens (notion du XVIIIème). Unité physique. Espace géo (relief selon bassins hydrogr)  
Au XIXème siècle : rôle des géologues = Massif Central, Armoricain. 
Milieu XXème siècle : notion de domaine nat (car unité physique // région naturelle) 
Régions historiques : Recours à l’H pour délimiter les régions (ex : relevés topographiques, genres de vie, archives). Région historiques : limites plus historique que sociologiques. = Finalité sociale, politique. France pays unifié. Unité dans la diversité pour Vidal. 
Régions éco : L. Gallois (1908) à région à news régions  tel Lorraine 
  
  
-          Esquisse régionale nodale / polarisée : 
Vidal réfléchit aux relations horizontales = capitales régionales de l’arrière-pays. 
1911 : Découpage de Fce en 17 régions, regroupement des départements autour de 17 ville (déf. Par analyse spatiale). 
  
b)      La région : un concept renouvelé 
-          Régions politico-administrative de G. de l’aménagement : 60’s. 
-          Région polarisée dans analyse spatiale : 60’s. Pôle secondaire, pôle principale. Limites aire d’influence du pôle délimité par les flux que polarise et diffuse ce pôle  
Les limites de la région politico-administrative ne coïncident pas forcément avec les limites de la région fonctionelle. 
La région polarisée apparaît avec la mise en place des Régions politico-administratives (1955). Les géographes se spécialisent dans la géographie urbaine = DATAR pour pol. d’aménagement du territoire.  
Elections de conseils régionaux (1972), Décentralisation (1982) est délégué et déplacé dans les régions = collectivités territoriales (compétence budgétaire).    
Redécoupage des régions = politique, économie, identitaire… 
-          Région espace vécu du G dans représentation : 70’s / 80’s. 
Domaine de la géo sociale, de la géo politique 
  
4)      Le paysage 
Concept difficile à appréhender = pas reconnu dans le monde entier. Trouver le concept géographique.  
Paysage = subjectivité de l’homme. Humanisation dans tous les paysages. 
Trois civilisations paysagères : Occidentale, Asie (Chine, Japon), Arabo-musulmane (plus jardin que paysage) 
  
1)      Une dimension esthétique du paysage (XVIème / XIXème) 
Pas de discipline scientifique géographique. Paysage est géo à la fin du XIXè. Il nait au XVIè avec la peinture. Le décor représenté sur le tableau est symbolique jusqu’à la Renaissance. Dans un même plan : plusieurs époques temporelles. 
A la Renaissance : Nature à Paysage mesurable et découpé géographiquement. La perspective lui donne profondeur en arrière-plan du tableau. Eléments imaginaires et réels sublimés. Abs de localisation. Paysage à temps t.  
Ecole flamande, néerlandaise, anglaise, française… Un lieu observé n’est pas d’emblée un paysage, le paysage n’existe donc que par l’œil de celui qui le voit. Le paysage envahit progressivement le tableau. Autonomie et sécularisation du paysage. 
Les géographes n’évoquent presque pas  le paysage. 
Au XIXème le paysage devient géographique avec les naturalistes qui développent la G physique. Des géographes de terrains qui vont observer décrire et peindre ce paysage. Valeur : Beauté des paysages. Romantismes… 
  
2)      Une place hégémonique (XIXème – XXème) 
Paysage concept idéal pour aborder la géographie science carrefour (Vidal). Démarche empirique, description naturaliste (relief), historique (bâtis, parcellaire), économique, qualitative ce qui donne une démarche déterministe (climat),  et possibiliste (action de l’homme). 
Concept très présent dans la géo humaine. Maximilien Saure « Toute géo est dans l’analyse des paysages » la géo est une « science des paysages ».  
Paysage = concept, outil, objet d’étude. Vidal considère le paysage comme une réalité objective = matérialité, relations verticales entres hommes et milieux. D’où l’intérêt pour les paysages ruraux. 
  
3)      Le paysage un concept en déclin dans les 60’s, 80’s 
Géo science sociale = relations horizontales entre les lieux.  
Le paysage ne privilégie qu’une échelle : locale. Abs de démarche multiscalaire (étude d’un objet à différentes échelles). 
Il n’est pas non plus une réalité objective et visible alors que le géographe qui regarde est forcément subjectif. Si le regard est particulier et subjectif = pas de généralisation.  
Aujourd’hui : démarche déductive, quantitative, systémique. Le paysage n’a plus d’intérêt. Concept flou, pas de scientificité, le concept de paysage ne sert à expliquer l’organisation de l’espace. 
  
  
4)      Les 90’s 
            Géo réhumanisée qui accepte la pluralité des démarches : qualitatives, inductives, déductives, quantitatives. 
            Paysage système avec Georges Bertrand. Etude des relations entre l’homme et société 
            3 sous-systèmes : 
o   Producteur 
o   Visible 
o   Utilisateur 
Le paysage doit être approché dans sa dimension subjective (utilisateur), dans une approche écologique (producteur).  
  
Paysage représentation la subjectivité est présente chez l’individu et organisée en fonctions de valeurs, de critères. Le paysage est un construit social. Etude des phénomènes dans les paysages = valeurs, idéologies, sensibilités à l’œuvre lorsque les individus observent ou évoquent un paysage. 
Différentes valeurs dans le paysage : 
-          Valeur d’usage : repères qui permettent de se situer, individu familier avec le lieu 
-          Valeur marchande : Le paysage offre une vue ou pas à valeur marchande. La valeur marchande se pait. 
-          Valeur patrimoniale : Conservation des paysages (Baux de  Provence). 
-          Valeur d’intégration : Stéréotypes unificateurs à ceux qui le regarde. Paysages symboliques représentatifs d’une identité nationale. Construction par des acteurs politiques pour que l’identité nationale se propage. 
  
Diversité des valeurs. Que fait-on du paysage : préservation, protection, aménagement ? Evolue-t-il encore. 
  
  
La géographie science de la nature : tel branches, tel démarches, tel concepts, tel disciplines 
La géographie science carrefour : 
La géographe science sociale : 
La géographie science sociale réhumanisée : géo culturelle >   
  
  


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Alexis


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MessagePosté le: Lun 8 Oct - 22:16 (2012)    Sujet du message: Pour les hypos : Epistémologie de la Géographie Répondre en citant

HISTOIRE DE LA GEOGRAPHIE
Paul Claval
 
Ethnogéographie : discipline récente explorant la logique & la manière dont sont acquises et transmises par chacun connaissances et convention de la géographie
Oecoumène : description – cartographie – de la Terre habitée (Aristagoras)
Topographie : conditions locales de relief / chorographie : portrait des contrées sans les situer dans le contexte du globe terrestre
Géomorphologie : description & explication du relief terrestre actuel
Cosmographe : nom que se donnent les nouveaux géographes, à la Renaissance
Pédologie : science qui étudie les caractères physiques, chimiques et biologiques des sols
Eustatisme : variation du niveau général des océans, due à un changement climatique ou à des mouvements tectoniques 
 
Le passage des formes orales à écrites du savoir géographique est souvent lié aux conflits qui bousculent les relais traditionnels de l’échange et bouleversent la répartition des ethnies OU la confrontation avec des peuples inconnus lors des voyages d’exploration, ainsi que la naissance de la bureaucratie moderne. 
 
« Géographie » : De Mundo, Aristote (IVe siècle) + mouvement du VIe siècle en Ionie
 
En Grèce, jusqu’à Alexandre, le savoir géographique oral est transmis entre les marins. Au IVe siècle, dans les cités d’Ionie, développement de l’astronomie (Thalès, Eudoxe de Cnide). La géographie grecque est liée à l’hypothèse géocentrique. Au IIIe siècle av. JC, Alexandrie devient le centre de la vie intellectuelle : hypothèse géocentrisme systématisée. 
 
L’Antiquité
 
Anaximandre de Milet + Hécatée de Milet : 1er cartographe
Hérodote : fondateur géographie ; il présente des ensembles territoriaux définis par leurs limites + existence d’un changement d’échelle (réalité vers cartes)
Hippocrate : lien entre caractères/santé des êtres & leur environnement 
Parménide : synthèse Hippocrate & astronomes => existence de 5 zones sur Terre
Eratosthène : responsable avancées cartographiques / directeur bibliothèque d’Alexandrie / astronome / propose la 1ère mesure de la circonscription de la Terre 
 Hipparque : développe les effets de latitudes sur la longueur des jours + notion des climats (zones         Parménide)
Poséidonius : ajoute l’existence des pôles aux connaissances géographiques
Strabon : épanouissement de l’orientation régionale
Ptolémée : La Syntaxe mathématique, cn astronomique & problème configuration de la Terre ; La Tétrabible, astrologie & influence des climats sur l’Homme ; La Géographie, inventaire de la position de 8000 lieux connus sur Terre
Denys d’Alexandrie : Périégèse, description de la sphère étoilée + surface de la Terre, transmission du savoir antique & bases territoriales de la culture grecque
Phei Hsui : établit la 1ère carte de la Chine
 
Conclusion de la géographie antique : la Terre est une sphère ; leur cn de l’astronomie leur a appris à distinguer des points & des lignes remarquables à la surface de la Terre : les pôles qui déterminent l’axe de révolution du monde ; l’équateur, qui est le cercle de l’intersection de la Terre & du plan qui couple perpendiculairement la ligne des pôles en son milieu ; les tropiques qui marquent le dernier point vers le nord/sud où le soleil s’élève au zénith durant la saison chaude, les cercles polaires (Poséidonius) + tableau des zones : zone chaude entre les topiques, zones tempérées entre tropiques & cercle polaires, zones froides entre cercles polaires & pôles. 
 
Le Moyen-Age : le déclin du savoir géographique
 
Cosmas Indicopleustes : le monde est plat & représenté comme un rectangle
Ibn Khaldoun : Les Prolégomènes & L’Histoire des Berbères, interprétation moderne de la géographie & de l’histoire de l’Afrique du Nord + initie la réflexion géopolitique
XIIIè siècle : naissance du portulan (it. portolano, pilote : carte marine indiquant la position des ports & le contour des côtes)
Vasco de Gama : ouvre la voie des Indes en 1498
Juan de la Cosa : carte manuscrite (1500) avec découverte insulaires de Colomb
XIVè siècle : volonté de donner une empreinte chrétienne au cadre dans lequel se déroule l’existence des hommes        thème essentiel de la Réforme. La géographie devient un outil indispensable à la cn d’un monde qu’il faut comprendre pour le rendre pleinement chrétien.
 
La Renaissance & les Temps Modernes
 
Giovanni Botero (It.) : Relazioni Universali, naissance de la statistique ou science descriptive de l’Etat
Jean Bodin (Fr.) : théorie des climats
William Petty (Ang.) : arithmétique politique pour estimer les populations globales avec le registre des décès & baptêmes de l’Eglise
John Harrison (Ang.) : 1735-1757, chronomètre de marine
1597 : Galilée invente le thermomètre et peu avant, découvre les satellites de Saturne 
1643 : Torricelli invente le baromètre
Dans la France de Louis XIV, la cartographie des grands atlas devient affaire d’Etat, quand elle est encore une affaire privée en Flandre et aux Pays-Bas. 
XVIIIe siècle : révolution cartographique & création du métier d’ingénieur géographe, qui combine l’art des levers de terrain & la conduite des travaux d’archives
Après 1800 : le lever topographique est aux mains des techniciens & non plus des géographes ; développement de la cartographie thématique 
1766 à 1788 : grandes expéditions pour achever l’exploration des aires océaniques, lancées par la France (Bougainville, Lapérouse) & la Grande-Bretagne (capitaine Cook)
Bernardin de Saint-Pierre (Fr.) : (1773) « L’art de rendre la nature est si nouveau que les termes mêmes ne sont pas inventés. Essayez de faire la description d’une montagne de manière à la faire reconnaître : quand vous aurez parlé de la base, des flancs et du sommet, vous aurez tout dit. Mais que de variétés dans ces formes bombées, arrondies, allongées, aplaties, cavées, etc. ! Vous ne trouvez que des périphrases. C’est la même difficulté pour les plaines et la vallons. »
Carl Linné : mise au point d’une clef universelle de reconnaissance & de classification des plantes et des animaux
Jean-Jacques Rousseau (Fr.) : réhabilite l’expérience de terrain en critiquant l’enseignement dans les écoles & affirme que les enfants doivent apprendre dehors
Pestalozzi (It.) : crée des écoles en accord avec la pensée de Rousseau, où sont élevés deux des plus grands géographes du XIXè, Carl Ritter (allemand) & Elisée Reclus (français)
Turgot (Fr.) : ébauche une géographie politique avec un rôle essentiel, celui d’établir le diagnostic des forces qui façonnent les pays et de proposer des stratégies pour les faire évoluer
Alexandre de Humboldt (All.)  : Le Cosmos, ce qu’il sait de la Terre + description de son voyage en Amérique latine où il mesure l’altitude des plus hauts pics des Andes ; fait chambellan par le roi de Prusse & possède une chaire de géographie à l’université de Berlin ; initiateur de la géographie botanique
Carl Ritter (All.)  : Géographie de l’Europe, Géographie générale comparée, description régionale de la Terre avec comparaisons pour faire comprendre les spécificités de chaque pays et les orientations de son histoire
Ferdinand von Richthofen (All.)  : élève de Humboldt, qui retient de lui qu’un géographe doit faire ses preuves en parcourant des pays peu ou mal connus, l’Asie centrale & l’Extrême-Orient pour lui
 
Après 1860
 
Charles Darwin (Ang.) : L’Origine des Espèces (1859), les formes vivantes évoluent (formulé dès le milieu du XVIIIè). Cela donne une nouvelle tâche, essentielle, à la géographie : rendre compte de la différenciation des formes vivantes. 
Ernst Haeckel (All.)  : Morphologie générale des organismes (1866), première apparition du terme « écologie » pour désigner la science des relations des êtres vivants à l’environnement 
Courant XIXè : individualisation de disciplines spécialisées        géomorphologie (L. Agassiz, J.W. Powell), climatologie & hydrologie (M. Maury), géographie botanique (de Candolle)
Moritz Wagner (All.) : introduit les thèses de C. Darwin en Allemagne
Friedrich Ratzel (All.)  :  Sein und Werden der organischen Welt (1869), cherche à établir les lois générales qui régissent l’influence du milieu sur les groupes humains, s’attache à l’étude des relations qui se développent verticalement entre les sociétés et l’environnement où elles vivent ; le mouvement est une des caractéristiques centrales du monde vivant & de l’homme en particulier, ce qui le conduit à s’attacher aux faits de circulation, aux rapports horizontaux que les sociétés développent d’un point de la Terre à l’autre ; Politische Geographie, la géographie politique est la part la plus originale de la géographie humaine des sociétés évoluées ; crée la géographie humaine, en lien avec la perspective darwinienne : une histoire naturelle des sociétés dans leurs rapports à l’environnement, en donnant une place à la circulation
Paul Vidal de la Blache (Fr.) : répand la géographie humaine en France ; maître de conférence de géographie à l’université de Nancy ; sous directeur de l’Ecole normal supérieure puis de la Sorbonne ; Nouvelle Géographie universelle ; la géographie a pour but d’expliquer l’inégale répartition des hommes à la surface de la Terre & de rendre compte des ‘formations de densités’ (expression de Levasseur) ; Annales de Géographie (revue lancée en 1892)
1890 : trois conceptions de la discipline sont en concurrence = beaucoup restent fidèles à l’objectif traditionnel de la géographie, l’étude de la différenciation régionale de la terre ; les rapports des groupes humaines et de l’environnement retiennent l’attention de ceux que la problématique évolutionniste a séduits (implique l’individualisation de la géographie humaine) ; pour éviter que la discipline ne se divise, une définition unitaire est alors proposée : la géographie comme étude des paysages.
 
A la fin du XIXè, deux orientations se dessinent en géographie physique : la 1ère essaie de saisir l’originalité globale des environnements, dans l’optique écologique qui est en train de s’affirmer ; la 2de s’attache tour à tour aux formes du terrain, au climat ou à la végétation 
 
George Perkins Marsh (Am.) : Man and Nature: or Physical Geography as Modified by Human Action (1864), répand le point de vue écologique aux Etats-Unis ; dresse le bilan de la désertification que l’exploitation inconsidérée des forêts depuis l’Antiquité a déclenchée dans le monde méditerranéen ; son influence contribue à l’émergence d’un mouvement préservationniste aux Etats-Unis
Max Sorre : met en évidence la notion de complexe pathogène qui contribue de manière décisive à la compréhension des rapports des hommes et de leur environnement
William Morris Davis (Am.) : les travaux du Geoligical Survey lui fournissent les fondements de sa théorie du cycle d’érosion normale ; inscrit la géomorphologie dans un cadre analogue à celui des sciences dures ; son hypothèse est complétée par Charles A. Cotton (accidents climatiques), D.W. Johnson (érosion marine) et Henry Baulig (variations eustatiques du niveau marin)
W. Köppen (All.) : systématise la classification des climats
August Meitzen (All.)  : c’est à travers le paysage que l’on peut repérer les espaces modelés par un peuple (1895)
Wilhelm Riehl (All.)  : crée le mouvement des Wandervogel => la géographie est considérée comme l’art du chez-soi, le Heimatkunde
Schlüter (All.)  : promotion du paysage comme champ d’étude privilégié (1897) – création de l’école du Landschaft
E. Friedrich (All.)  : introduit l’idée de Raubwirtschaft ( économie de prédation) 
Rudolf Kjellèn (Sue.) : à l’origine du mot « géopolitique »
Elisée Reclus (Fr.) : L’Histoire d’un Ruisseau (1869), inspiration très écologique ; La Géographie Universelle ; L’Homme et la Terre, lien entre ses conceptions de la géographie, de la société et du monde politique ; traduit antropogéographie par géographie humaine
 
A partir de 1890, l’habitude se prend de consacrer des monographies aux entités régionales. Les thèses de géographie prennent presque toutes cette forme dès le début des 1990.
 
Le nouveau siècle
 
Lucien Gallois : Régions naturelles et noms de pays (1908), le propre de la géographie est d’analyser le poids de l’environnement dans la vie des groupes
Jean Bruhnes : La Géographie humaine (1909), la géographie est l’analyse du paysage et des formes d’occupation du sol
Louis Agassiz (Sui.) : fait connaître les idées de C. Ritter aux Etats-Unis (avec Arnold Guyot) & acclimate les études de glaciologie
Carl Sauer (Am.): membre de l’Ecole du Middle West (Berkeley) ; s’intéresse à la manière dont les groupes tirent parti d’un milieu, l’exploitent et le modifient ; le paysage culturel n’est pas seulement composé de ce que les hommes ont construit, il comporte les espèces végétales ou animales introduites ou propagées par les cultivateurs et les éleveurs, idée d’écologie culturelle ; se focalise sur les relations entre les groupes humains et leur environnement
1860 à 1895 : passage de la statistique traditionnelle à la géographie économique, avec les traités de Karl Andrée (All.), George Chisholm (Ang.), de Dubois & Kergomard (Fr.) ; W. Götz fixe sa tâche : faire comprendre l’échange international 
 
Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la géographie s’était surtout développée en Europe continentale (Allemagne & France, dans une moindre mesure la GB & les EU). Dès les années 1950, le renouvellement de la géographie provient de plus en plus des programmes développés aux EU, en GB et en Europe du Nord, tenant au rôle accru du monde anglo-saxon.
Années 1950 : développement de nouveaux moyens d’investigation comme la recherche opérationnelle ; la cybernétique, qui détermine dans quelles conditions un système peut être gouverné ; les photographies aériennes, la télédétection ; le progrès dans la cn des systèmes oscillants fait comprendre le jeu des boucles de rétroaction (feed-back
 
 
Ludwig von Bertalanffy (All.) :  imagine l’analyse des systèmes pour rendre compte de phénomènes naturels
Jean Gottman (Fr.) : la géographie humaine étudie à la fois l’enracinement des sociétés humaines et le rôle qu’y tient la circulation, l’enracinement est symbolique tout autant qu’écologique ; la circulation doit retenir davantage l’attention 
Torste Hägerstrand (Sue.) : crée la Time Geography, un nouveau champ d’investigation axé sur l’appréhension longitudinale, biographique, des réalités humaines
 
Développement de l’économie spatiale, qui pouvait orienter dans deux directions : celle de l’approfondissement des modèles théoriques imaginés par les économistes, et que l’utilisation des résultats de la macro-économie keynésienne venait d’élargir ; celle de la mise à l’épreuve systématique des schémas déjà élaborés.
A la fin des années 1970, la nouvelle géographie culmine. Cependant, son déclin sera rapide. Peu avant, se développe, dans la géographie de langue anglaise, un courant critique quant aux inégalités sociales. 
 
On commence à parler d tournant culturel de la discipline entre 1995 et 2000 : le réel qu’étudient les géographes n’est donné qu’à travers un double filtre culturel, celui des populations étudiées et celui de l’observateur. Dorénavant, pour appréhender le réel, l’œil du chercheur ne suffit plus : il faut apprendre à analyser et comprendre le regard des autres. 
 
Les transformations que la géographie connaît depuis le début des années 1980 reflètent l’ampleur des mutations qui affectent le monde : accroissement des menaces pesant sur l’environnement, mondialisation de l’économie, métropolisation accéléré, effondrement du bloc socialiste, remise en cause des philosophes politiques d’origine occidentale. Le rôle des géographes est de se mettre à l’écoute des gens, de se pencher sur leurs aspirations, de faire l’inventaire de leur diversité et de voir comment celle-ci peut s’épanouir sans créer de heurts et de tensions. Attentive à la diversité des rêves et des aspirations humaines, la géographie devient essentielle comme introduction à toutes les sciences de l’homme. La géographie est une invitation à comprendre et à respecter la diversité des milieux naturels et des civilisations. 
 
 
 
Histoire de la géographie
 
 
De Paul CLAVAL
(→ éditions PUF)
 
 
Introduction : toute vie sociale repose sur des savoir-faire, des pratiques et des connaissances géographiques : les hommes doivent comprendre le milieu dans lequel ils sont installés pour l'exploiter et l'aménager ; ils ont à s'orienter et à se repérer ; ils ne se sentent chez eux que là où l'espace qui les entoure est marqué de signes qu'ils comprennent et de symboles qu'ils partagent. La géo est donc essentielle à la vie. Cepdnt, chaque civilisation à sa propre vision de la géo.
La connaissance des grands espaces est de la sorte indirecte (par ce qu'on entend dire etc). La géo se constitue durant l'Antiquité et combine donc des points de vue différents.
La recherche géo implique un certain nb de démarches :
  • souci de localiser ce dont ils rendent compte
  • géographes observent et décrivent les réalités concrètes qu'ils voient dans le paysage + analysent la manière dont les formes qu'ils repèrent sont liées entre elles + partage avec l'écologie
  • géographes reportent les résultats de leurs observations sur des cartes
  • géographie doit être appréhendée comme une discipline scientifique, mais certains de ses aspects s'inscrivent plutôt dans la logique des genres littéraires
  • l'homme s'oriente, se repère, vit et se reproduit à la surface de la Terre. Il se bâtit, à travers son expérience et grâce à ce qui lui a été transmis, une image du milieu où il est installé. Il agit sur le monde et le transforme en fonction de la perception qu'il s'en fait.

Les façons d'être au monde et d'y inscrire son existence varient d'un lieu à l'autre.
→ L'histoire de la géo ne s'éclaire vraiment que lorsqu'on prend en compte à la fois le contexte intellectuel et l'arrière-plan pol et administratif qui caractérisent chaque époque.
 
 
Chapitre 1 : L'HERITAGE ANTIQUE ET SA MODERNISATION
 
  1. - La géo dans la culture et la société grecques

 
La représentation de la Terre a tjrs intéressé les Grecs. Ainsi, les mythes grecs sont liés à des lieux précis. L'intérêt pour un savoir concernant les lieux a donc en Grèce des racines culturelles et religieuses.
Connaissances et savoir-faire se transmettent par imitation ou voie orale.
→ La géo naît en Grèce d'un aventure intellectuelle : c'est ce qui donne leur portée aux formes de savoir alors développées.
 
1. La carte ionienne. Hérodote.
 
Hérodote (484 – 420 avant J-C)
 
La réflexion prend un tour original dans les cités d'Ionie, au cours du Vième siècle avant J-C. La compréhension du globe passe par l'analyse du ciel. La géo grecque est inséparable de l'hypothèse géocentrique.
Les ioniens pensent que la nature de l'univers est géocentrique.
Si Hérodote apparaît comme l'un des fondateurs de la géo, c'est qu'il décrit le monde de son temps avec un regard nouveau. Il présente des ensembles territoriaux, qu'il définit par leurs limites telles qu'elles apparaissent sur une carte, et par leurs traits communs. L'idée de changement d'échelle est déjà présente à cette époque.
Hérodote s'intéresse davantage aux moeurs qu'aux paysages et aux milieux.
A cette époque : déjà idée des 5 zones (tempérées, froides et torride).
2. La carte alexandrine : un progrès majeur. Erastothène et Hipparque.
 
Erastothène (275 – 194 avant J-C) et Hipparque (190 – 125 avant J-C)
 
La géo n'existe pas encore dans l'Athènes de Platon ou d'Aristote, tout change au IIIème siècle avant J-C. Du fait des progrès constants de l'astronomie, la cartographie connaît de grandes avancées.
Erastothène, astronome, a le souci de déterminer la position des points à la surface de la Terre : il comprend que pour cela, il suffit de connaître leur latitude et leur longitude. (Mesure de la latitude connue à cette époque mais pas celle de la longitude). Il construit ainsi sa carte en reportant les latitudes mesurées et en estimant des longitudes à partir des données qu'il compile dans les récits de voyage.
Hipparque insiste sur la voie astronomique pour la mesure des positions et systématise la cartographie en imaginant les systèmes en projection. Il développe aussi l'analyse des effets de la latitude sur la longueur des jours et précise, dans son sens grec, la notion de climat (ou zone).
→ Les grecs en sont alors arrivés à concevoir la Terre cô une sphère, à en évaluer la dimension, et à repérer les lieux à sa surface. La notion de « zones » est un des résultats essentiels de la géo antique.
 
3. La géo comme description régionale.
 
Création d'une carte de Rome pour montrer au monde la puissance de cet Empire.
 
4. Ptolémée et Denys d'Alexandrie.
 
Ptolémée (100 - 180) et Denys d'Alexandrie (Iième siècle de notre ère)
 
Romains ne retiennent de la géo que son intérêt pratique.
Ptolémée met à jour et résume l'ensemble du savoir astronomique et géo accumulé par les Grecs à travers une cartographie dont ses tables consignent les bases.
+ Denys d'Alexandrie écrit un poème où il décrit la sphère étoilée te la surface de la Terre → transmission du savoir antique.
Tradition fait d'Homère le premier géographe.
 
  1. - Savoir et savoir-faire géographiques au Moyen-Age

 
1. Le déclin des connaissances géographiques.
 
Le déclin des connaissances géo commence dès avant la fin de l'Empire romain. Le bouillonnement intellectuel qui avait favorisé la réflexion sur la forme et la configuration de la Terre a disparu.
Il apparaît une différence entre la cartographie des Grecs et la vision d'une Terre plate décrite dans la Bible.
Les mappemondes se contentent de représenter le monde habité, que l'on suppose plat.
→ Remise en cause de la vision du monde à cette époque. Le déclin du savoir géo est profond, mais la mémoire de certains des acquis antiques ne s'efface pas complétement. La hausse de la mobilité et du commerce favorise la découverte.
 
2. Le rôle de la géo arabe.
 
Las arabes disposaient, comme tous les peuples nomades, d'une riche tradition d'observation du milieu, de connaissances des lieux et d'orientation, mais elle était purement orale. Après la Conquête, leur pouvoir s'exerce au Proche et Moyen-Orient sur des populations dominées par des élites urbanisées byzantines ou syriaques. Ils découvrent, à travers elles, la richesse de la pensée grecque. La géo arabe s'épanouit vraiment de 800 à 1050.
les instruments d'observation et de mesure progressent grâce au savoir-faire arabe, qu'enrichit celui tiré de l'Inde. La cartographie céleste est la première à se développer. Les bases astronomiques de la géo reçoivent un traitement magistral. Plrs arabes font découvrir l'intérêt pour les lieux et les aspects humains de la géo + font découvrir l'utilité que présente la géo pour l'administration ; ils rédigent des itinéraires.
→C'est le fond de la géo grecque considérablement enrichi, plus que ces développements tardifs et isolés, qui séduit les esprits d'Occident.
 
3. La navigation, l'évolution de la cartographie et les expéditions terrestres.
 
 
Les connaissances pratiques évoluent rapidement dans un monde où les déplacements se multiplient. La découverte de la boussole pas les arabes entraînent les voyages et les découvertes. + nouvelles cartes grâce aux marins, elles reposent sur la qualité des mesures angulaires.
Questions apparaissent, la découverte du monde se fait surtout par la mer.
« Trois questions fondamentales sous-tendent les descriptions (géo qui paraissent alors) : Quelles sont les limites du monde ? Quelle partie de la terre est habitée ? Y a-t-il une partie inaccessible de la Terre ? »
 
4. La traduction de Ptolémée et les Grandes Découvertes.
 
Christophe Colomb (1450 ou 1451 - 1506)
 
 
Les tables ptoléméennes de coordonnées (publiées pour la première fois en 1475) sont mises à contribution pour construire des cartes.
Christophe COLOMB parie pour la route occidentale et découvre, au nom des souverains espagnols, les Antilles et le Nouveau Continent à partir de 1492 (découverte de l'Amérique).
→ Les vues de l'oecoumène qui s'étaient élaborées depuis deux millénaires volent en éclat, mais les cadres mentaux antiques que l'on vient de redécouvrir permettent d'intégrer les nouvelles données dans un schéma cohérent.
 
  1. - La géo et la Renaissance

 
Les Gdes Découvertes ne sont pas seules en cause dans les progrès de la géo à la Renaissance.
Les lentes transformations qui marquent ainsi la société de la Renaissance conditionnent largement l'audience qu'y rencontre la géo.
 
1. Cartographie, cosmographie et théorie des climats.
 
 
La connaissance retrouvée d'une partie de l'héritage antique et les Gdes Découvertes stimulent la réflexion géo. La construction des globes devient à la mode à partir de 1492. L'Amérique est un nv monde.
L'effort géo de la Renaissance porte d'abord sur la carto. Il remet en honneur les fondements astronomiques de la discipline.
Les géographes du temps condamnent la vision simpliste que l'on avait des zones dans l'Antiquité car ils savent que toutes sont habitables et habitées, mais ils s'interrogent volontiers sur l'influence du milieu sur les habitants.
La forma carto de la géo s'épuise vite – dès la fin du XVIème siècle → nvelle géo.
 
2. Christianisme, Réforme et géo.
 
 
Les préoccupations religieuses continuent de peser largement sur les représentations du monde, mais elles prennent une nvelle orientation. La signification de la géo change : elle devient un outil indispensable à la connaissance d'un monde qu'il comprendre pour le rendre pleinement chrétien.
Cartographie et géo apparaissent indispensables au bagage des élites dirigeantes : leur enseignement est intégré dans le cursus des académies protestantes et dans celui des collèges jésuites. → géo à l'école.
 
3. Botero et Varénius.
 
Varénius (1621 ou 1622 – 1650)
 
Varénius est à la jointure de la tradition renaissante et de la géo moderne. Il montre comment les articulations majeures de l'espace sont appellées par le dispositif zonal.
 
Chapitre 2 : LES LUMIERES ET LA GEO
 
 
 
 
Le contexte intellectuel dans lequel se développe la géo change au cours des premières décennies du XVIIème siècle. La Renaissance s'attachait davantage aux signes et aux symboles qu'aux forces qui modèlent le monde.
  1. - La naissance de l'Etat moderne, la bureaucratie et la statistique

 
 
L'Etat moderne se met en peu à peu en place. Il implique, pour son but fonctionnement, la collecte de données démographiques et éco.
Les géographes disposent désormais, pour leurs descriptions régionales, de précisions chiffrées qui leur manquaient jusqu'alors.
++ fleuves et refiefs → environnement.
Pour décrire convenablement la Terre, il faut savoir y reconnaître les régions naturelles qui la divisent et la structurent.
 
 
  1. - La carto scientifique

 
 
 
Les cartes sont très importantes en temps de guerre.
La science pure est d'autant plus prisée qu'elle conditionne les progrès des fortifications, de la navigation et de la carto.
La cartographie des grands atlas devient, dans la France de Louis XIV, une affaire d'Etat. Mais ils existent des pbs du fait des chgts d'échelle.
+ la mesure astronomique des longitudes fait des progrès.
Vu le coût et les difficultés des repérages astronomiques, la cartographie systématique doit s'appuyer sur de procédés plus aptes à couvrir de gdes surfaces.
Le divorce du lever cartographique et de la géo s'accentue après 1800.
A la fin du XVIIIème siècle, les blancs de la carte sont circonscrits aux aires polaires et à l'intérieur des continents.
 
 
  1. - Une nvelle conception de la nature : voyages et sciences naturelles

 
 
Le but des gdes explorations maritimes n'est pas seulement cartographique : les gouvernements se passionnent pour un champ où l'investigation scientifique fait merveille, celui de l'histoire naturelle.
 
Amélioration dans la classification de la faune et la flore. La minéralogie progresse. → caractériser un climat.
De nvx instruments de mesure, le thermomètre et le baromètre favorisent les observations.
La géo physique rompt avec la Bible – mais les durées géologiques ne cessent de poser pb que tard au XIXème siècle (étude des roches).
L'étude de l'hô et des sociétés humaines bénéficie du pt de vue naturaliste.
 
  1. - Géo et philo

 
1. La géo et l'expérience du terrain : Rousseau et Pestalozzi.
 
Rousseau (1712 – 1778) et Pestalozzi (1746 - 1827)
 
Le progrès des sciences naturelles nourrit la description du globe de données sans cesse enrichies.
Les géographes sont des hô de cabinet, ils n'ont pas l'expérience du terrain. Ainsi, les gens découvrent la géo à travers la littérature.
 
C'est paradoxalement à Rousseau que l'on doit la réhabilitation de l'expérience du terrain, l'enseignement doit sortir des salles de classe.
Pour Rousseau, la géo n'est utile aux hô que si elle leur parle des pbs qu'ils rencontrent.
Pestalozzi crée des écoles conformes aux vues de Rousseau, elles donnent à leurs élèves une vue de la géo plus moderne que celles que l'on acquiert dans d'autres établissements.
 
2. Le progrès humain et la géo pol : Turgot.
 
Turgot (1727 – 1781)
 
 
La géo trouve dans l'atmosphère des Lumières des conditions favorables à son renouvellement : progrès de la statistique et de la carto diés à la rationalisation de l'Etat, dvpt de la géo physique et de certaines formes de géo humaine comme csq de la nvelle optique naturaliste, renouvellement de la pédagogie sous l'influence de Rousseau.
Turgot ébauche une géo pol à laquelle il assigne un rôle essentiel : celui d'établir le diagnostique des forces qui façonnent les pays, et de proposer des stratégies pour les faire évoluer.
 
3. La crise d'identité de la géo et la réflexion épistémologique : Kant.
 
Kant (1724 – 1804)
 
Les conditions dans lesquelles s'exerce l'activité des géographes se modifient si profondément dans le courant du XVIIIème siècle que la discipline traverse une crise d'identité. La perspective naturalise appelle donc la transformation de la discipline en une science explicative.
Kant fait figure de géographe bien informé, mais son enseignement n'est nullement révolutionnaire. C'est par sa réflexion sur les conditions de la connaissance que Kant apporte des éléments nvx à la géo. Kant par de l'idée que la connaissance est basée sur la perception que nous avons de phénomènes. Il est ainsi amené à attribuer à l'histoire et la géo des finalités différentes de celles des autres disciplines : leur rôle est de saisir les structures temporelles et spatiales que révèle notre expérience. La géographie a pour mission première de saisir la différenciation régionale de la Terre. Cela ne l'enferme pourtant pas dans la description.
→ Kant a aidé la géo allemande, à l'extrême fin du XVIIIème siècle et au début du XIXème siècle, à structurer de manière cohérente le champ ouvert par les curiosités multiples de l'époque des Lumières.
 
 
4. Une autre philosophie de l'histoire : Herder et la géo.
 
 
La formation de la géo moderne se déroule au cours de la même période, mais ne répond pas aux mêmes préoccupations. Elle est le fait d'esprits qui restent fidèles à l'idéal des Lumières – mais pour certains au moins, revu et corrigé par un élève dissident de Kant.
→ L'histoire des peuples est liée à leur géo : pour la comprendre, il convient de se pencher sur le milieu où ils vivent et de voir comment il donne au groupe ses spécificités. La géo qu'appelle la philosophie de Herder n'est pas simple description du monde : elle doit expliquer l'histoire de chaque peuple, et la marche générale vers le progrès.
 
 
 
 
Chapitre III : LA NAISSANCE DE LA GEO SCIENTIFIQUE : DES PIONNIERS A L'EVOLUTIONNISME
 
  1. - Le premier XIXème siècle

 
Entre l'Antiquité classique et le XVIIème siècle, l'environnement technique des sociétés avait évolué, mais sans rupture majeure. Révolution indust = bouleversement du rapport hô/environnement.
 
Les destinés humaines s'inscrivent dans des horizons soudain élargis : les géographes sont fascinés par ces transformations : ils s'attachent moins aux chgts en cours en Europe qu'aux pays sur lesquels on disposait jusque là de peu d'informations.
Le XIXème siècle crée des lieux où la recherche s'épanouit : les Universités qui sont le centre de tout l'effort de réflexion fondamentale.
Les transformations profondes du contexte éco, intellectuel et institutionnel n'entrainent pas de bouleversement complet de la discipline. L'habitude de mettre en oeuvre des docs d'archives n'a pas disparu et débouche sur des travaux de géo historique : on se passionne pour la Grêce antique, Rome ou la Gaule, et plus encore, pour la Terre sainte. Les continuités ne doivent toutefois pas cacher le renouvellement de la discipline. Il est profond et prend surtout place en Allemagne.
 
  1. - Les fondateurs : Alexandre de Humbolt et Carl Ritter

 
Humbolt (1769 – 1859) et Ritter (1779 – 1859)
 
 
 
A une époque où triomphent les philosophies de la nature et où les sciences naturelles font des progrès décisifs, la discipline qui se forme se définit davantage comme une science de la nature que comme une science sociale. Alexandre de Humbolt contribue largement à cette orientation. Ses goûts l'orientent vers les sciences, la physique ou les sciences naturelles. Il n'est pas assez bon mathématicien pour devenir un grand physicien, mais c'est un éminent spécialiste du magnétisme terrestre. L'histoire naturelle le passionne : il est excellent botaniste et développe sa connaissance de la minéralogie et de la géologie.
Humbolt est d'abord un gd voyageur naturaliste, il sait que la recherche doit partir du terrain. Ses connaissances de minéralogiste, de géologue et de botaniste lui permettent de déceler bcp de traits intéressants dans les paysages et de les mettre en rapport.
A travers les recherches de déo botanique, dont il est le gd initiateur (1805), c'est la notion de milieu qu'Humbolt introduit.
Carl Ritter construit son oeuvre autour des pays méditerranéens qui le fascinent. La géo cesse d'être une modeste description de la Terre : elle est indispensable qui veut comprendre la scène mondiale, la dynamique des civilisations et la manière dont les peuples tirent parti de leur environnement. Ritter est au courant des progrès de la géomorphologie, de la climatologie et de l'océanographie. Il est attentif à l'impact des nouvelles techniques et de la Révolution indust : il est un des premiers à signaler le rapetissement du monde que provoque la navigation à vapeur et à s'interroger sur sa signification.
→ La géo moderne n'est plus simplement description de la diversité terrestre ; elle fait comprendre le devenir humain.
  1. - Après 1860 : un nv contexte

 
 
++ DARWIN
 
 
Charles Darwin (1809 – 1882)
 
 
 
Le dvpt des études géo s'accélère après la disparition, en 1859, des deux gds pionniers allemands. La constitution d'un espace éco mondial unifié progresse rapidement : la navigation à vapeur raccourcit les distances. A cet époque : percement de l'isthme de Suez, apparition des chemins de fer + première ligne transcontinentale inaugurée aux Etats-Unis + empires coloniaux.
L'enseignement de la géo à l'école élémentaire donnera aux citoyens une cs claire de l'espace où leur existence se déroule.
 
 
L'évolutionnisme darwinien donne à la géo une tâche essentielle : rendre compte de la différenciation des formes vivantes.
  1. - Friedrich Ratzel et la naissance de la géo humaine

 
 
Friedrich Ratzel (1844 – 1904)
 
 
La conception que Ratzel se fait de la géo doit bcp à Humbolt et Ritter, qu'il a attentivement étudiés, mais elle est structurée par une vision darwienienne. Ratzel cherche à établir les lois générales qui régissent l'influence du milieu sur les gpes humains. L'idée que le mvt est une des caractéristiques centrales du monde vivant, de l'hô en particulier, ce qui le conduit également à s'attacher aux faits de circulation, ou si l'on veut, aux rapports « horizontaux » que les sociétés développent d'un pt de la Terre à l'autre.
Dans l'optique darwinienne, la manière dont l'environnement façonne les gpes humains doit retenir particulièrement l'attention.
 
La géo pol apparaît dont à Ratzel comme la part la plus originale de la géo humaine des sociétés évoluées.
L'influence de Ratzel sur le dvpt de la géo est considérable. C'est à cause de la perspective darwinienne, que Ratzel crée le nv chapitre de la discipline qu'il baptise géo humaine.
Accorde bcp d'importance à la circulation.
→ La géo a franchi, dans le dernier tiers du XIXème siècle, une étape essentielle de son évolution. L'élargissement des horizons du commerce, la formation des empires coloniaux et la montée des nationalismes expliquent l'attention qui lui est partout accordée et l'institutionnalisation rapide dont elle est l'objet.
 
 
 
 
Chapitre IV : LE TEMPS DES ECOLES NATIONALES, 1890 – 1950
 
 
La période qui va e 1890 à 1950 voit la géo revêtir sa forme classique : science naturelle des paysages et des sociétés, elle faut une large place à l'étude des faits physiques et se montre plus à l'aise dans le traitement des sociétés traditionnelles que dans celui du monde urbain et industrialisé dont la mise en place s'accélère.
 
 
  1. - Les trois conceptions de base de la géographie

 
 
  • L'étude de la différenciation régionale de la Terre
  • Les rapports des groupes humains et de l'environnement
  • La géo comme étude des paysages

 
 
 
 
Approche différente de ces trois conceptions selon les pays.
  1. - L'évolution de la géo physique

 
 
A la fin du XIXème siècle, deux orientations se dessinent en géo physique : la première essaie de saisir l'originalité globale des environnements, dans l'optique écologique qui est en train de s'affirmer ; la seconde s'attache tour à tour aux formes du terrain, au climat ou à la végétation.
 
 
  1. - L'Ecole allemande

 
 
On ne comprend pas l'histoire de l'Ecole allemande si on ne prend en considération que les gdes personnalités qui ont contribué à modeler la géo moderne, Humbolt, Ritter ou Ratzel.
Les allemands ont un sentiment profond de leur identité, mais la question se pose pour eux de savoir à quel territoire devrait correspondre leur pays. La donnée de base est pour eux le peuple.
 
 
  1. - L'Ecole française

 
 
1. La géo française avant Vidal de La Blache
 
 
Elisée Reclus (1830 – 1905)
 
 
La géo française est très active tout au long du XIXème siècle mais elle manque lgtp de personnalités de premier plan. Nous pouvons retenir Elisée Reclus et Vidal de La Blache.
La vie et les engagements pol d'Elisée Reclus ont presque autant contribué à sa célébrité que ses travaux géographiques.
→ La géo se trouve désormais en position forte dans notre pays : la part qui lui est faite dans l'enseignement est considérable. Des sociétés multiples encouragent le dvpt de la recherche.
 
 
2. Vidal de La Blache et la géo fçse
 
 
Paul Vidal de La Blache (1845 - 1918)
Vidal de La Blache est un professeur irréprochable et un voyageur infatigable. Pour lui, la géo a pour but d'expliquer l'inégale répartition des hô à la surface de la Terre, et de rendre compte, pour reprendre l'expression de Levasseur qu'il fait sienne, des formations de densité.
 
Les grps réagissent aux contraintes (climat, relief etc) par les genres de vies qu'ils adoptent : voilà le second élément clef de la pensée vidalienne.
Sur le territoire de la France, la diversité du peuplement était gde : la langue fçse ne s'était pas encore imposée partout et dans tous les milieux. La question n'était donc pas de délimiter le territoire qui devait devait revenir à un peuple, mais de comprendre comment l'unité pouvait surgir de la diversité des milieux naturels et du peuplement originel. (tout cela en comparaison avec l'Allemagne)
Il existe entre les genres de vie développés dans les milieux voisins, des similitudes profondes : Vidal de La Blache y est également sensible. France = ++ par la complémentarité des ressources offertes par ses régions. Mais il existe beaucoup de différences entre elles.
→ Les pensées de Vidal de La Blache s'élargissent ensuite du côté de l'analyse urbaine, rural, des ph. pol. et de la vie éco.
 
 
  1. - La géo américaine: la Middke West et Berkeley

 
 
Cari Sauer (1890 – 1975)
 
 
L'histoire de la géo américaine est lgtps faite d'épisodes brillants et de périodes d'effacement. L'enseignement de la géo à l'école n'est pas aussi important que dans les écoles fçses et allemandes. En Amérique se développent la gde école du Middle West, très soucieuse de rigueur dans les procédures de collecte des données, et très désireuses, à partir de là, de trouver des explications fonctionnelles aux distributions observées.
 
 
Cari Sauer est séduit par les thèses allemandes comme science du paysage. Après avoir été nommé à l'université de Berkeley, il consacre l'essentiel de son temps aux Amérindiens du Sud-Ouest des Etats-Unis et aux sociétés hispano-américaines. Sauer est, des géographes de son temps, celui qui est le plus sensibl aux menaces que l'exploitation sans mesure des ressources fait peser à la surface de la Terre. Celui-ci se focalise sur les relations entre les gpes humains et leur environnement.
  1. - Domaines spécialisés

 
 
Les travaux de géo humaine se diversifient bcp au cours de la première moitié de notre siècle.
 
Au niveau de la géo éco, ce dont on a besoin maintenant, c'est d'une analyse de la situation de chaque pays au sein d'un espace international où les matières premières, les sources d'énergie, les denrées alimentaires et les produits fabriqués voyagent d'un bout à l'autre de la planète. Ensuite, la tâche qui attend la nvelle géo éco est de faire comprendre l'échange international.
La géo pol retrace la constitution des territoires nationaux, s'interroge sur la mise en place des frontières et sur leurs fonctions, précise le rôle des capitales et s'attache aux pbs de minorités et d'irrédentisme.
 
 
La géo est différente entre les pays. Le monde anglo-saxon s'intéresse davantage aux pbs de l'équilibre international.
Les travaux de géo éco et de géo pol souffrent du sous-développement de la réflexion théorique en géo humaine : par crainte de trop s'éloigner du paysage et du concret, l'étude des processus est négligée.
Chapitre V : NOUVELLE GEOGRAPHIE
 
 
Jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la géo s'était surtout développée en Europe continentale. L'Allemagne et la France menaient souvent le mouvement.
 
 
A partir des années de 1950, le renouvellement de la géo provient de plus en plus des programmes développés dans les universités des Etats-Unis, de Grande-Bretagne.
De nouvelles voies sont explorées. Les géographes saluent la révolution qui est en train de s'accomplir.
  1. - De nouvelles interrogations, un nouveau contexte intellectuel

 
 
1. Des besoins nouveaux.
 
 
La société ne demande plus aux géographes les mêmes enseignements qu'au début du Xxème siècle. Le domaine pour lequel on a besoin de connaissances et de savoir-faire s'est déplacé vers l'éco et l'organisation sociale.
 
 
Depuis le début du XIXème siècle, la géo se veut explicative, mais en mettant l'accent sur les relations hommes/milieux, elle s'est condamnée à ne pas déboucher sur des lois générales, celles qui permettent la prévision. Telle est la cause du malaise qui taraude la discipline, et de l'écho qu'y trouve brusquement l'éco spatiale.
2. De nvx moyens d'investigations.
 
 
Grâce aux guerres, les nouvelles technologies se développent par la production des armes etc. On voit aussi une amélioration des procédés de calcul, des photographies aérienne, les satellites d'observation, la télédection.
 
3. Le néopositivisme.
 
 
 
 
L'idée que la science se contente d'obéir aux faits est abandonnée, et le jeu de l'hypothèse et de l'imagination dans la construction des objets scientifiques est souligné.
  1. - La nouvelle géo

 
 
1. Théories, modèles et méthodes quantitatives.
 
 
En France, les efforts pour rénover la discipline ne manquent pas à la fin des années 1940 et au début des années 1950.
 
2. Néopositivisme et nouvelle géo
 
 
3. Un triomphe rapide
 
 
  1. - Bilan de la nouvelle géo

 
 
1. Un déclin rapide
 
 
La demande sociale change à la fin des années 1960 et au début des années 1970. L'accent mis sur l'expansion éco disparaît. On critique désormais la société de consommation.
 
2. Des points forts et des points faibles
 
 
Le bilan de la nouvelle géo est positif car :
  • la géo cesse d'être considérée comme une science naturelle même lorsqu'elle traite de réalités sociales, culturelles ou éco.
  • la géo se rapproche des sciences sociales
  • les recherches progressent rapidement dans le domaine urbain et indust

Mais ombres : on oublie la dimension symbolique de la ville, on se prive des moyens de rendre compte de ses paysages et de son aspect monumental.
L'écologie est en pleine mutation.
 
3. Y a-t-il eu vraiment révolution scientifique ?
 
 
La nvelle géo s'est focalisé sur la circulation et la vie de relation;
 
 
 
 
Chapitre VI : POSTMODERNITE ET TOURNANT CULTUREL
 
 
 
Le tournant des années 1970 est marqué par la prolifération des nvelles orientations de la discipline : l'approche critique et radicale s'impose bruyamment, mais l'impact des approches phénoménologiques et humanistes, plus discrètes, est tout aussi important.
Les transformations que connait la géo depuis 1970, résultent d'une remise en cause des fondements même de la pensée scientifique occidentale et de la globalisation.
 
 
  1. - L'ouverture de nouvelles perspectives

 
 
1. La critique des injustices sociales
 
 
 
Aux alentours de 1970, un courant critique dénonce avec passion les injustices sociales. Une autre forme de critique sociale apparaît en même temps ; dans la plupart des sociétés, les femmes sont constamment à la peine.
La géo du genre, que développent les féministes, dénonce cette situation : le système patriarcal place partout des femmes en état d'infériorité et permet aux hommes de les exploiter.
 
2. La géo humaniste, l'espace vécu, l'expérience des lieux et la territorialité.
 
 
Les hô ne prennent pas leurs décisions en fonction de ce qu'est le monde, mais en raison de l'image qu'ils s'en font. Ils ne cherchent pas tjrs à maximiser leurs gains. Bcp arrêtent leurs efforts lorsqu'ils atteignent un certain niveau de satisfaction.
 
 
3. La géo du temps
 
 
 
 
La société est faite de cheminements, de lieux où les gens s'arrêtent, se reposent, dorment, et d'autres où ils travaillent, étudient et rentrent en contact avec les autres.
4. Le renouveau de la géo pol.
 
 
  1. La remise en cause postmoderne de la science et de la pensée occidentales

 
 
1. L'idée de postmodernité
 
2. La géo déconstruite
 
Pour sortir des errements et que la géo a connus aux XIXème et XXème siècles, il importe de la déconstruire.
La carte donne à voir des espaces étendus. Elle ne fait plus figure de simple instrument technique : les politiques et les militaires assoient sur elle leur maîtrise de l'espace. C'est un outil de conquête et de domination.
 
3. Le postcolonialisme
 
La critique de la science occidentale va de pair avec celle des sociétés impérialistes qui en tiraient leur supériorité technique : c'est la gde affaire du courant postcolonialiste. L'autre versant des études postcoloniales est tout aussi passionnant : la colonisation a engendré des formes multiples de métissage entre les populations et entre les cultures.
 
 
 
4. De nouveaux schémas d'explication
  1. - Le tournant culturel

 
 
1. Une recherche de plus en plus diversifiée.
Les chercheurs s'intéressent aux injustices sociales et mettent en lumière des collectivités longtemps passées sous silence (les fê en particulier), s'attachent aux transformations de l'habitat et à ses conséquences sociales. Ils font une large place à la circulation, à l'impact du tourisme. Ils ont le souci de l'environnement et de la croissance durable. Les dimensions éco et pol de la globalisation sont également analysées. Dans le même temps, la diversité des cultures et le rôle des religions et des idéologies sont soulignés. On se met à parler de fête, de musique, de ciné ou de peinture.
 
2. Le tournant culturel, ou comment rendre intelligible l'évolution contemporaine
 
Les recherches culturelles ne se contentent plus de repérer les marques que les gpes humains impriment dans le paysage. Elles s'attachent aux valeurs qui les caractérisent, et à la manière dont elles se traduisent dans la vie de relation et la distribution de l'habitat.
→ Dire que la géo vient de connaître un tournant culturel, c'est souligner la rupture qu'elle a effectuée avec les approches positivistes et néopositivistes. Pour appréhender le réel, l'oeil du géographe ne suffit plus : il faut apprendre à analyser et comprendre le regard des autres.
 
 
Chapitre VII : LES GEOGRAPHES FACE A LA GLOBALISATION
 
 
Les problèmes qui préoccupent les géographes résultent des deux formes, éco et écologiques, de la globalisation. C'est au respect des milieux et à la croissance durable qu'il doit maintenant inciter ses lecteurs.
 
 
  1. - Communication et globalisation

 
 
1. Une nouvelle distribution des actés éco
La nvelle géo a le mérite d'attirer l'attention sur les faisceaux de relations que les hommes tissent entre eux et qui donnent naissance à des flux de biens, de personnes et d'infos.
 
La globalisation doit bcp aux mutations technologiques intervenues depuis un demi-siècle dans le domaine de la communication : déplacements rapides, télécommunications et le transport aérien. Les échanges internationaux sont incessants alors qu'avant ils étaient inexistants. Les entreprises implantent leurs ateliers là où ceux-ci trouvent les conditions les plus avantageuses → MO pas chère. La prod bascule vers les pays émergents, ceux de l'Asie orientale et de l'Asie méridoniale en particulier.
Les états-majors des firmes s'installent dans des agglomérations assez peuplées pour disposer de relations aériennes directes. Le progrès des moyens de communication explique le boulversement contemporain des activités éco. Nous vivons dans un village planétaire. Cela n'est pas sans conséquence sur le plan culturel.
 
2. Les relations culturelles à la globalisation
 
Les conditions de vie s'uniformisent : les mêmes modes s'imposent partout. Mais la culture n'a pas que des aspects matériels : elle est faite d'habitudes, de préférences, de valeurs. Sorte d'unités entre les hô (pas de distinctions).
La globalisation conduit donc à la fois à la banalisation de l'habitat, des villes et des paysages, et à des réactions souvent violentes d'affirmation identitaire.
 
 
Les migrations internationales s'intensifient. De nvelles zones de tensions apparaissent au sein des grandes agglomérations, où les minorités sont plus nbses ; des diasporas s'y organisent.
  1. - Les mutations de la scène politique

 
 
 
En 1949, l'exploitation de la première bombe crée un équilibre de dissuasion entre les deux supergds : la scène politique mondiale se trouve figée. La répartition réelle de la puissance évolue pourtant. L'Europe occidentale, ruinée en 1945, retrouve a prospérité. Les deux vaincus du conflit mondial, l'Allemagne et le Japon se hissent aux 4ème et 2ème rangs de l'éco internationale. La croissance accélérée des pays de l'Asie orientale et du Sud-Est déplace progressivement le centre de gravité du monde des rivages de l'Atlantique vers ceux du Pacifique. La réorganisation majeure qui aurait dû résulter de la décolo se fait attendre.
La chute du mur de Berlin, en 1989, entraîne un bouleversement d'autant plus rapide qu'elle avait été lgtps retardée.
 
1. La chute du mur
 
L'écroulement du socialisme est dû à :
  • l'infériorité des Soviétiques dans le domaine des communications
  • leur incapacité à s'ouvrir sur le monde

 
 
Le monde soviétique ne profite donc pas des économies que la spécialisation multiple à l'Ouest. La diffusion du progrès technique, qui en est à la csq, se fait mal.
 
2. Chute du mur et crise des idéologies pol
 
 
Depuis 1945, deux modèles de dvpt s'affrontaient : le libéral et le socialiste. Ils avaient en commun de promouvoir la croissance éco en vue d'améliorer la situation des pop et de leur assurer le plus gd bonheur. La chute du mur souligne la faillite du modèle socialiste. Le camp libéral sort vainqueur de la confrontation. Un vide se dessine dans la sphère pol : les justifications du pouvoir et de l'Etat que l'on admettait depuis le XVIIème ou le XVIIIème siècle ne sont plus reçues. La quête d'idéologies de substitution est ouverte.
 
 
3. Etat moderne et équilibres de dissuasion
L'Etat moderne est dominé par un pouvoir central pleinement souverain au sein de ses frontières. Il ne reconnaît aucune autorité extérieure.
A la suite des deux guerres mondiales, les opinions publiques aspirent à un autre mode d'organisation internationale, dont témoignent la création de la SDN puis celle de l'ONU. La réalité demeure celle de l'affrontement des nations ou des blocs de nations.
 
4. L'impact de la globalisation
Le bouleversement contemporain de la scène pol mondiale résulte de l'impact des formes nvelles de communication. Les entreprises ont désormais la possibilité de délocaliser leurs productions. Les nvx moyens de trasnfert des informations provoquent la multiplication d'organisation non gouvernementales (ONG) et multiplient les contacts établis de particulier à particulier.
 
5. Repenser la pol
 
Durant la guerre froide, la géo pol avait disparu ; la géopolitique se réduisait à une géostratégie des arsenaux nucléaires, de la distribution des rampes de lancement, et de la vitesse, de la rapidité et de la précision des vecteurs.
  1. - La crise de l'environnement global

 
 
Les études d'environnement avaient pratiquement disparu de la géo physique durant les années 1960. Dans le même temps, cependant, les emprunts à l'écologie moderne suscitent l'appartition d'un nv chapitre de la géo naturelle : celui qui est axé sur l'hô et prend appui sur les études énergétiques pour renouveler l'étude des rapports des groupes à leur environnement.
 
 
1. Le desserrement des contraintes écologiques d'hier
 
La révolution de la mobilité libère les gpes des contraintes locales qui les bridaient autrefois. Les produits consommés peuvent venir de loin ; les déchets et les eaux usées sont rejetés hors des zones habitées. Les concentrations de pop sont ainsi débarrassées des formes traditionnelles de pollution.
2. L'émergence de nouvelles contraintes
 
D'autres types de limitations ne tardent cepdt pas à apparaître : le recours aux formes concentrées d'énergie autorise une telle accumulation des hô que les milieux en sont profondément perturbés : rejet d'air vicié et de poussières, de gaz pollués, effet de serre, destruction de la couche d'ozone, réchauffement climatique.
La géo naturelle est de nouveau à la mode.
 
  1. - La place de la géo dans le monde postmoderne

 
 
Attentive à la diversité des rêves et des aspirations humaines, la géo devient essentielle comme introduction à toutes les sciences de l'hô. L'univers postmoderne accorde à l'espace une attention qui aurait dû lui revenir depuis lgtps.
 
 
CONCLUSION
 
 
 
Dans son dvpt, la géo a suivi un cheminement complexe : les démarches qu'elle implique sont apparues successivement ; la manière de les combiner n'a cessé de changer.
La carte permet à l'observateur de changer d'échelle. Elle fait de lui un géant capable d'embrasser du regard une région, un pays, la planète... L'image du monde réduite à des traits essentiels, mais dûment localisés, mesurés, conceptualisés, devient intelligible. Les rapports complexes entre les différents éléments du milieu s'y lisent, tout comme l'impact puissant de l'hô. Support écologique, surface à aménager, espace à dominer, la terre entretient avec les sociétés humaines des relations essentielles, mais qui prennent des formes différentes selon les cultures ; elles se traduisent par des paysages et des modes de vie que les géographes s'efforcent de décrypter.
Pourquoi cette diversité qui, dans notre monde, prendre des formes si tenaces, si extrêmes, si conflictuelles parfois, malgré la puissance des forces d'unification dans le domaine des savoirs techniques ou de la communication ?
L'ambition (ou la prétention) du géographe est immense. Son regard explore le domaine des sciences de la nature et celui des sciences sociales. Son but est de démontrer le système complexe de rapports et d'influences responsables des réalités observées. Le milieu naturel offre des ressources et des possibilités plus ou moins favorables. Mais ce qui compte surtout, c'est l'ens de techniques de production et d'organisation sociale dont disposent les gpes installés dans tel ou tel territoire. La notion de territoire est très forte : le sentiment d'appartenance accroché aux tombes des ancêtres, aux acropoles et aux lieux sacrés va bien au-delà de la satisfaction des biens naturels.
La géo est une discipline reconnue. Elle tient une place importante dans l'enseignement. Elle touche aussi un large public. Journaux, magazines et revues scientifiques se multiplient. Roger Brunet a lancé en 1990 la troisième gde Géographie universelle
publiée en un siècle.
La géo fournit des éléments de culture G indispensables à ceux qui se veulent « citoyens du monde », hô d'affaires ou hô d'Etat en particulier, qui se doivent d'avoir une large vision de la terre, de ses réalités, de ses pbs, et des risques qu'elle fait courir à ceux qui l'habitent.
La géo est au coeur de la formation de ceux qui travaillent dans les nvx métiers du tourisme, de la logistique, de l'aménagement du territoire, de l'urbanisme et de la conservation du patrimoine et de la nature. Hô de terrain, le géographe se méfie des idéologies radicales et des solutions simplistes. Il est sensible à la diversité des savoirs que les peuples de cultures différentes ont élaborés pour penser la Terre, et à la variété des doctrines qui les ont guidés pour la modeler. La géo est une invitation à comprendre et à respecter la diversité des milieux naturels et des civilisations.
 


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Alexis


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MessagePosté le: Lun 8 Oct - 22:19 (2012)    Sujet du message: Pour les hypos : Epistémologie de la Géographie Répondre en citant

La version plus soft, si vous êtes un peu dépassé par les évènements, c'est un récapitulatif du cours....










Paradoxe : si la géo semble accessible à chacun, on se rend compte que ce n'est qu'à partir des années 1970 que les géographes se sont penchés sur la géo → matière complexe


Définitions :
  • épistémologie : grec « épistémé » = connaissance et « logos » = discours
    Discours sur la construction des connaissances. Épistémologie abouti au terme de paradigme → grec « paradeigma » = connaissances dominantes ds une discipline admise par la communauté scientifique à un temps t → à t+1, une théorie peut être dépassée et remise en cause
  • géographie : grec « gaïa/gé » = terre et « graphein » = écrire, décrire
    Géo = décrire la terre. Géo est répartie en 4 parties :


    La géographie descriptive


    La géographie descriptive est le fait de localiser, nommer, inventorier le monde.

    Description des lieux puis description historique (monde grec antique) :

  • Période archaïque (VIème et VIIème s. av. J-C) et classique (Vème s. av. J-C) : géo descriptive liée aux mythes car géo des faits réels et géo imaginaire (voir Homère, l'Iliade et l'Odyssée) → livres des représentations qu'avaient la scté archaïque grecque sur l'espace
    + témoignages des gens qui ont voyagé : ex d'Hérodote (Vème s. av. J-C) → Histoires : recueil très important car un des premiers livres de la géo → localise et décrit la Terre + raconte la vie des lieux qu'il rencontre
  • Période hélénistique (303 à 30 av. J-C) : rôle important de Des enquêtes → bibliothèque d'Alexandrie
  • Période romaine (63 à 25 av. J-C) : ouvrage Géographie de Strabon → décrit le monde connu de l'époque centré sur la Méditerranée




Description historique à une description naturaliste (MÂ – XVIIème s.)


  • A travers les récits médiévaux :

- monde musulman médiéval : ouvrages de Al Idrisi au XIIème s. → écrit une première géo de l'Europe → décrit l'habitat, les actés, les distances entre les lieux, les itinéraires.
Objectif : prouver que l'umma (communauté des musulmans) était une unité malgré les différentes fragmentations pol → géo imaginaire influencée par une vision religieuse
- monde chrétien catholique : description de la géo histoire = oeuvre des marchands aventuriers
  • A partir du XVIème s. : les Grandes découvertes = découverte d'un nouveau monde : l'Amérique.
    → théorie héliocentrique confirmée + Terre ronde prouvée par Magellan











La géographie technique


La géographie technique consiste à mesurer, cartographier le monde.


La cosmographie (monde grec antique) :


  • Plus ancienne carte dont on dispose date du IIème s. av. J-C → le Cadastre de Bédolina
    Volonté d'une connaissance globale de la Terre : Grecs → cosmographie + astronomie
  • A partir de l'époque archaïque : découpage géométrique par les Grecs




La cartographie médiévale (MÂ)


  • Essor de la cartographie se fait surtout dans le monde médiéval musulman. Cartes surtout centrées sur la Mecque et Médine.
  • Monde latin médiéval : cartographie cosmologique (« cosmos » = ciel) = représentations imprégnées de la religion chrétienne → représentation du monde en TO (monde fermé centré sur Jérusalem)
  • A partir du MÂ → déclin de la cartographie en TO mais essor des portulans (livrets avec descriptions des baies, des ports)


→ pas de souci d'échelle ni de topographie


La cartographie moderne : une affaire d'Etat


  • 1525, Charte gallicane → gd nb d'exactitudes + montrer les ambitions militaires de la France
  • Au XVIIIème s., projet de construire une carte précise de la France + 182 cartes du royaume de France par Cassini → cartes intéressantes, localisation et distances respectées, actés portuaires, batiments religieux, etc.
  • Epoque moderne : nvelle projection des cartes par Mercator : conserve les angles



La réflexion géographique (Antiquité à nos jours)


Géographie centrée sur le temps des Lumières (XVIIIème s.) et qui consiste à comprendre l'organisation du monde.


  • Fin XVIIème et début XVIIIème s. : réflexion sur l'échelle d'analyse des géographes.
    Varenus (XVIIème s.) : - échelle générale : décrire des faits géographiques d'étendue mondiale
    Varenus : - échelle régionale : faits particuliers
    + réflexion sur les démarches

 
 
  • Démarche inductive : décrire des cas particuliers (un lieu puis un autre etc.) puis on généralise
  • Démarche déductive : formuler une hypothèse générale puis observer les cas particuliers pour voir si l'hypothèse est vraie



    → C'est aux XVIIème et XVIIIème siècles que ces démarches se structurent.
    Volonté pour certains de faire de la géographie une sci → XIXème s.
    La géographie : science de la nature (XIXème siècle)


    Le rôle innovant de la géographie allemande

  • Alexandre de Humbolt (1769-1859) → essai d'une description physique du monde → influence de la nature sur l'hô → démarche déterministe + démarche descriptive et inductive.
    C'est lui qui forge le concept de milieu (naturel cad col, roches, etc.)
    Au delà de la description.
  • Karl Ritter (1779-1859) → la nature et l'histoire de l'humanité → description naturaliste et historique.
    Etablit un lien entre milieu naturel et civilisations → déterminisme → inégalités entre civilisations + un des premiers a avoir une démarche multiscalaire (étudier un lieu à plusieurs échelles) mais reste dans une démarche inductive.
  • Friedrich Raztel (1844-1904) : zoologue (naturaliste) influencé par les thèses de Darwin et Haeckel = fondateur de l'écologie (= sci qui étudie les interactions entre les E.V dans un même milieu)
    Ecrit Anthropogéographie (1891) → relation milieu naturel/civilisations → dit qu'il existe des peuples de la nature (=peuples primitifs) et des peuples civilisés
    → premier à proposer une géo humaine → reste déterministe




Renouvellement de la géo fçse à la fin du XIXème siècle


  • Elisée Reclus (1830-1905) → écrit en 20ans une Géographie universelle en 19 volumes et en 1905 écrit L'homme et la terre → propose une conception de la géo, nourrie par les idées allemandes + ajoute que les relations hô/milieu naturel doivent être harmonieuses, solidaires → interdépendance
    Précurseur de l'écologie + un des premiers à lier géo et litté (++ poésie)
    + un des précurseurs de la géo sociale → s'intéresse aux rapports sociaux, dominations des hô les uns sur les autres
    Démarche reste déterministe, inductive et descriptive.
  • Vidal de la Blache (1845-1918) → cô Reclus, démarche inductive, descriptive + insiste sur le choix de l'échelle (++ régionale) + pense que plus de concepts doivent être utilisés (cô paysage) + géo doit avoir ses objets spécifiques (ex cartes) + géo doit avoir des liens avec géologie, botanique, sci de l'hô, histoire, éco etc.
    → nuance la démarche déterministe. Certes le milieu naturel influence les hô mais inversement aussi → démarche possibiliste.
    Avec Vidal : géo pas seulement sci de la nature mais aussi sci de l'hô → carrefour entre les deux sci.
    Il fait une géo qui étudie les relations verticales entre les hô et le milieu naturel en un lieu.



La géographie, une science carrefour ? (début XXème siècle)


Les géographes étudient les relations verticales entre milieu naturel et hô + démarche possibiliste si la géo est une sci carrefour → = géo classique ou géo vidalienne. La géographie serait-elle une synthèse ?


La primauté de la géophysique


  • A partir de 1940 : géo physique se spécialise dans la géomorphologie. Bcp de géographes physiciens. La géomorphologie apparaît comme la branche la plus scientifique (expériences, relevés quantitatifs) → pb : géo physique ne correspond plus à la demande sociale contemporaine → France urbaine et industrialisée.
    → tensions entre géo physique et humaines vont augmenter ; unité de la géo difficile.




La géo humaine : une présence modeste mais croissante


  • Autres successeurs de Vidal vont dvpter une géo humaine autour des paysages ruraux → paysage = outil fondamental car alliance entre nature et hô
    « La géo est devenue une science des paysages » Michel Sorre.
  • Première moitié du XXème siècle → élargir les concepts liés à la géo physique comme le milieu. Utilisation de la notion de milieu social (combinaison éléments phys, bio, humains) → M. Le Lannou.
  • CS de certains géographes qu'il faut rallier la géo aux faits contemporains. Pierre George → géo valorisée par le dvpt de la géo urbaine (la ville) + privilégie les faits sociaux et éco. Idée de géo humaine à rallier au marxisme pour Pierre George → hô consommateur, hô exploiteur.
  • M. Sorre a décidé de parler de milieu géographique : interaction milieu/hô et non plus milieu/nature. Hô agissent de plus en plus sur le milieu.
  • P. Gourou (1900-1999), démarche inductive et qualitative. Propose un déterminisme de civilisations : pour lui paysages tropicaux résultent de faits de civilisations plutôt que naturels.
  • Eric Dardel (1899-1967), a contribué à structurer la géo humaniste. S'intéresse à la philosophie dans les sci de l'hô → phénoménologie qui apporte l'idée qu'il faut s'intéresser à la perception des faits en géo → géographicité = façon qu'on les hô d'habiter, de percevoir et de se rpzer un lieu → perception du lieu ++. Paysage doit être aussi étudié de façon subjective.


La géographie devient une science sociale (milieu XXème – années 60)


La géographie devient une science sociale lorsqu'apparaît l'interaction entre espace géographique et sociétés. La géographie se ré humanise pour prendre les hô en tant qu'acteurs individuels. Hô en tant qu'individus peuvent agir sur le monde.


La géographie de l'analyse spatiale


  • Précurseurs germaniques :

- Von Thünen (début XIXème s.), premier à fournir un modèle d'organisation de l'espace → expliquer les localisations agricoles autour des villes en zones concentriques.
- Christaller (années 30), → la théorie des places centrales en 1933 → hiérarchie des villes entre services proposés et distances, démarche déductive.
  • Précurseurs anglo-saxons :

- géographes et sociologues E. Park et Burgers (années 1920) → cas de Chicago : modèle vise à expliquer l'org socio-spatiale de la ville + domination concentrique sur la périphérie de la ville + ségrégations sociale et ethnique de l'espace urbain.
  • Précurseurs français :

- Philippe Pinchemel (1923-2008), rassembleur entre géographes pro et anti vidalien. Introduit l'analyse spatiale dans toute la géo française. Utilise de nouvelles démarches : démarche déductive (réseau urbain) mais reste attaché au terrain et à l'échelle régionale.
Pour lui, géo = étude des interactions espace/société.
→ Renouveau de la géo humaine + dvpt de la géo appliquée (= pol d'aménagement du territoire → décisions du pouvoir, de la DATA)
- Michel Rochefort : thèse sur la géo urbaine appliquée
- Jean Gottman a forgé le concept de « mégalopole » = extension de l'espace urbain.

→ géographes renouvellent leurs démarches mais ne renient pas totalement leur formation vidalienne.
  • Influence du mvt du structuralisme = ensemble de structures de bases qui interagissent.
    - R. Brunet (né en 1937) intègre la mélange entre structuralisme et analyse spatiale = possibilité de chercher des lois qui servent à organiser l'espace → chercher éléments de base, éléments structuraux. Démarches systémique (interaction multiples entre les lieux), démarche nomothétique (lois).
    Brunet va contribuer à renouveler la représentation cartographique de l'espace → propose une chorématique : chorèmes = unités spatiales de base invariantes qu'on peut retrouver dans l'espace. Propose une table des chorèmes (ex : pôles, interface etc.)




→ analyse spatiale reprise par la géo éco, la géo sociale et par la géo histoire (milieu 1970) par Ch. Grataloup.
Géo histoire = analyse spatiale dans une perspective historique → modèles d'org de l'espace à travers les époques → démarche modélisatrice, peut-être universalité des lieux qui serait différent des lieux singuliers.


Une branche rivale : la géopolitique


  • Dans les années 70, géopolitique incarnée par Yves Lacoste (né en 1929). Remet en avant cette branche qui a connu un discrédit important après la 2nde G.M car géo pol allemande a produit bcp de concepts mais idées reprises par le nazisme donc pb.
    Influencé par le marxisme : valorisation du social qui doit primé sur le spatial d'après lui. ++ des rapports sociaux : domination, lieu de pouvoir. Il met aussi en avant le concept d' « acteurs » (= hô) dans la géo, hô de façon collective (Etat, classe sociale)
    Pour lui, géographe a forcément une démarche multiscalaire = lieu étudié à différentes échelles → compréhension globale. Il propose ainsi 8 échelles différentes pour étudier un lieu.




Quid de la géophysique ?


  • Dans les années 70, concepts de « paysage » et de « milieu » sont plus mis en avant. Il faut recentrer la géo physique sur la société qui doit aussi étudier la relation entre milieu et société.
  • G. Bertrand va proposer d'introduire la démarche systémique dans la géophysique →refus de l'alternative déterministe et possibiliste + remet en avant « milieu » et « paysage ».
  • Démarche systémique → géosystème : hô au centre de la réflexion
  • Géo environnementale dans les années 80 : concept d'environnement vont être étudiés par les géographes.


→ géo physique arrive à la fin des années 80 à survivre mais milieu reste concept utilisé même si se définition a été modifiée.


D'autres branches
  • la géographie sociale ne se structure réellement que dans les années 80. En 1984, Géographie sociale est écrite par plusieurs géographes : P. Claval, J. Renard, etc.
  • Attention : la géographie science sociale est différente de la géo sociale qui est une branche de la géo humaine.
  • Géo sociale longtemps marquée par l'écologie s'ouvre dans les années 70-80 à la sociologie.
    → représentation collective des sociétés sur leur espace
  • Géo sociale ouverte sur d'autres sciences sociales : sociologie, économie, psychologie + nvlles sources.
  • Géo histoire naît dans les années 70 : mélange de deux disciplines → se nourrit de travaux d'historiens (ex : Braudel) mais analyse spatial aussi présente. Géo histoire = étude de l'organisation d'un lieu à travers le temps




    La géographie science sociale se réhumanise (fin années 80 à nos jours)


    Réhumaniser = réintroduire de l'hô → on s'intéresse à l'hô mais aussi à l'hô en tant qu'individu.
    Géo science sociale : mise en avant de l'interaction hô (collectif et individuel)/territoires (réhumanisation de l'espace)

    Territoire : espace géré, approprié, aménagé par les hô (petits gpes, sctés etc.) → espace humanisé approprié par l'hô.


    Démarche de plus en plus réflexive

  • Géographe va se poser la question de son rapport à la recherche. Chercheur déterminé par la scté de son temps va s'interroger sur l'Hist de la production des connaissances sur son sujet d'étude → épistémologie (années 70-80) + travaille aussi sur le langage utilisé dans les connaissances scientifiques + réflexion sur sa construction → linguistic turn = s'interroger sur le langage utilisé pour tel ou tel objet d'étude.
  • Philippe Pinchemel = un des premiers à faire de l'épistémologie, La face de la Terre (1992) propose une liste de concepts fondamentaux parmi lesquels « milieu », « espace », « paysage », « région ».
    → définition de la géo : géo doit parler de spatialisation et d'humanisation et pas l'un pas l'autre + il faut accepter la pluralité des démarches = richesse.




Démarche plus humaniste (XIXème s.)


  • Conrad Malte-Brun propose de réfléchir à une démarche humaniste : milieu/hô et la représentation qu'ils en ont (oeuvres littéraires etc.)
  • Dardel travaille plus sur les faits invisibles = phénomènes → idée de géographicité → rapports qu'entretiennent les hô avec les lieux, ce qui perçoivent des lieux.
  • Géo sociale va s'y intéresser
  • Géo culturelle va le plus se dvper autour de cette démarche
  • Géo politique → commence à voir décliner les gdes idéologies du XIXème s. J. Lévy considère que la géo politique doit s'ouvrir à la philo, l'éthonologie, la sociologie, l'architecture etc.






Présence encore contestée d'une démarche post-moderne


  • postmodernisme = après la modernité = après les déclins du libéralisme, du capitalisme et du marxisme au XXème s + remise en cause des valeurs essentielles qui ont structuré l'Occident depuis le XVIIème s.
  • Démarche qui évite de généraliser → situations particulières, spécifiques à partir d'un individu.
  • Objets d'étude : la géo du genre (ex : les minorités). Multiplication des points de vue + renouvellement des démarches.
  • Postmodernistes commencent par déconstruire leur objet d'étude → svt du relativisme. Reproche : pas de reconstruction = limite en terme de recherche.
  • Géo fçse n'intègre qu'en 2004 cette démarche mais reste limitée




Quelques concepts fondamentaux en géographie


  • Le terme « concepts » ramène à l'idée, pour certains, de renouvellement + conceptualisation = généralisation → pb et hostilité aux concepts car ne rendent raison qu'au général.
  • Concept : « concipere » = contenir entièrement en latin
    Représentation mentale, générale et abstraite d'un objet de la réalité.
    → permet d'organiser les perceptions et connaissances qu'il a de la réalité + pourvu d'attributs/de notions qui ont pour but d'expliquer, de caractériser un concept.



    Concept d'espace


    Concept d'espace est le plus ancien concept utilisé.


    Espace géométrique = espace cartographique mesurable

  • Géo associée à la carto = relève de la tradition technique (Antiquité jusqu'à la fin XIXème).
  • But : découper la surface de la Terre (démarche inductive)
    Milieu XXème s. démarches plus théoriques voire modélisatrices → établir des lois qui organisent l'espace.
  • Analyse spatiale → renouvellement de la cartographie car besoin de représenter les relations entre les lieux → essor de la cartographie chorématique.




Espace physique (à partir du XVIIème et XVIIIème s.) : souvent un espace naturaliste.


  • Très étudié quand géo est une sci de la nature (XIXème s.) puis qd la géo est une sci carrefour (fin XIXème s.) → concept souvent associé à celui de « milieu »
  • But : décrire l'espace physique concret + répertorier inconvénients et contraintes de cet espace → géo physique.
  • Géo humaine va aussi s'intéresser à cet espace naturaliste pour pouvoir établir les relations de cet espace avec l'hô.




Espace social = espace des représentations des individus, des hô.


  • Naît à partir du milieu du XXème s. qd géo devient une sci sociale
  • A. Frémont (années 70) → « espace vécu » : représentations plus individuelles des hô sur un lieu
  • Notion complexe et très difficile à cartographier donc d'autres notions vont apparaître : espace perçu (subjectivité de la conception de la géo), espace de vie.
  • Apparition du concept de territoire qui est inclus dans celui d'espace.
    → territoire = espace humanisé, géré, aménagé par les hô.




    Concept de milieu


    Concept fondamental forgé au XIXème s. mais aussi utilisé au XXème s. mais après pause puis resurgit avec concept d'environnement et notion de dvpt durable.


    Milieu : alentours XVIIIème s. = lieu quioccupe une position au centre de plusieurs lieux.
    Au XIXème s., milieu devient un concept scientifique.

  • Une conception ternaire (Antiquité – fin XVIIIème s.) : concept médical : milieu a une influence sur les hô.
  • Concept naturaliste et philosophique (dès XVIIème s.) → Descartes, Kant
    Pour eux, milieu est synonyme de nature donc il apparaît un clivage entre nature et culture.
  • Conception sensualiste et esthétique : idée que l'hô est le le reflet profond du milieu et que ce milieu illustre l'être profond des peuples (Michelet, Ritter, Vidal)
  • Conception naturaliste dominante (XIXème s.-milieu XXème s.) : Humbolt envisage relation hô/milieu dans une démarche déterministe = milieu naturel domine l'hô.


→ milieu ne relève pas d'une approche globale. Dans la géo vidalienne → hô différencié du reste des E.V + géo différent d'écologie.
  • Concept en déclin à partir du XXème s. puis qui réapparaît en relation avec le concept d'environnement à partir des années 80 : svt, concept de milieu associé à milieu naturel avant mais dans les années 80, géo physique s'est recentrée sur l'hô et s'est renouvelée à travers les concepts environnementaux.
  • Géo environnementale va correspondre à une préoccupation importante des sctés contemporaines occidentales → dvpt durable dans les années 90-2000.
  • Géographes des autres branches vont redécouvrir le concept de « milieu » dans une dimension sociale, culturelle : J. Bonnemaison (îles), B. Debardieux (montagne




    Le concept de région


    Ce concept a tjrs été présent.


    Région : « regio » en latin, XIIème s. Regio = pays, contrée, territoire et regionis → direction, limite + regere → pouvoir, diriger = dimension pol.
    Concept emblématique quand géo est une sci carrefour.

  • Concept emblématique de la géo sci carrefour (fin XIXème-milieu Xxème)

- région homogène : espace géo identifié à une étendue terrestre et caractérisée par une réponse des mêmes éléments.
- région naturelle : notion (depuis XVIIIème s.), unité physique de l'espace géographique. Région naturelle = pb pour les vidaliens car « domaine naturel » = unité physique d'un espace donc ne correspond pas forcément à l'échelle régionale.
- région historique : recourt à l'Hist pour les vidaliens ++ relevés de monuments sur le terrain + des genres de vie etc → proposent des limites historiques aux régions
- région économique : L. Gallois (1908) propose de déterminer une typologie des régions éco (régions agri, indust, etc.) Mais pb car éco s'internationalise et se mondialise donc démarche multiscalaire.
  • Esquisse de la région nodale/région polarisée : réflexion sur les relations internationales entre les lieux et notamment entre les capitales régionales et leurs arrière-pays. En 1911, Vidal propose « 17 régions » = regroupements de départements autour de 17 villes
  • Région : concept renouvelé à partir des années 60 → interaction espace/sctés + renouvellement

- région politico-administrative et géo de l'environnement
- région polarisée et analyse spatiale + géo urbaine
- région espace vécu et géo des représentations → relations horizontales
  • Région politico-dépressive = décentralisation
  • Région de vient liée à la géo sci sociale réhumanisée : région des identités et des représentation





    Le concept de paysage


    Concept difficile car concept n'existe pas dans le monde entier.
    Paysage = subjectivité de l'hô → partie relève forcément de l'humanisation.

  • Une dimension esthétique du paysage (XIV-XIXème s.) : concept né à la Renaissance dans le domaine de la nature. Nature devient ainsi paysage à cette époque car on peut le mesurer et le découper géographiquement + paysage acquiert de la perspective . Mais pas de souci de localisation + désormais paysage situé dans un temps t.
    Maintenant, paysage = zone urbanisée → écoles du paysage


→ Un lieu observé est un paysage par la médiation de l'hô. Concept devient autonome et se sécularise mais n'apparaît pas dans les connaissances scientifiques à cette époque.
  • Une dimension naturaliste (XIXème s.) : géographes naturalistes = géo de terrain (observer, décrire, dessiner) + ajoutent souvent un jugement de valeur.
  • Une place hégémonique du paysage (fin XIXème-milieu XXème s.) : concept mis en place quand géo devient une sci carrefour. Pour les vidaliens, ce concept va leur permettre d'aller sur le terrain.
    Paysage surtout très présent dans la géo humaine → paysages ruraux : géo rurale
     « Toute géographie est dans l'analyse des paysages » M. Saure  (1973)


→ Paysage utilisé comme un concept, un outil, un obejt d'étude.
  • Déclin du paysage (1960-1980) : critiques → une seule échelle privilégiée, l'échelle locale + paysage ne permet pas une démarche multisclaire + paysage = réalité objective et visible or regard est subjectif donc pas de généralisation
    → concept flou qui manque de scientificité
  • Réhabilitation du paysage (à partir de 1980-1990) : approche très différente. Géo sociale réhumanisée : hô/territoire
    - paysage système : George Bertrand → trois sous-systèmes. Paysage doit être approché dans sa dimension objective et subjective
    - paysage représentation : subjectivité présente dans l'individu qui regarde le paysage et construite selon des valeurs, des critères.
    → paysage est un construit social + étude des phénomènes dans le paysage (valeur d'usage du paysage + valeur marchande + valeur patrimoniale/de construction + valeur d'intégration)

 


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:02 (2017)    Sujet du message: Pour les hypos : Epistémologie de la Géographie

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