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Guerres d'Italie

 
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Camille BLEUNVEN


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Inscrit le: 28 Oct 2011
Messages: 29

MessagePosté le: Mer 7 Mar - 20:56 (2012)    Sujet du message: Guerres d'Italie Répondre en citant

I. Les causes des Guerres d'Italie

            A. Les origines

Période charnière de la fin de l'ère des princes et le début des guerres d'Italie qui sera à l'origine de la Renaissance. La renaissance marque la fin du Moyen Age et l’arrivée des temps modernes, les historiens s’accordent à dire qu’elle débute après la chute de Constantinople en 1453. On en ressent les prémices puis une montée en puissance au cours du XVe siècle, mais son apogée intervient tout au long du XVIe siècle.

            1. L'âge d'or des Etats princiers

Au milieu du renouveau général de l'Europe qui marqua la fin du Moyen Age, des principautés se formèrent et jouèrent par la suite un rôle de premier plan dans de nombreux pays comme la France, l'Allemagne et l'Italie.
Ainsi, en Italie et en Bourgogne, tout particulièrement, certains princes acquirent une grande influence et parvinrent à fonder de véritables dynasties. Le duché de Bourgogne devint même, vers le milieu du XVème siècle, une grande puissance européenne. En Italie, les communes, affaiblies, se trouvèrent bientôt sous la dépendance d'un seigneur. Comme l'expliqua Machiavel dans son oeuvre le Prince, le seigneur parvint à s'imposer soit par la loi, soit par la force, soit par l'argent, soit encore par les trois réunis. En effet, Machiavel écrivait dans son livre « Vous devez savoir qu'il y a deux manières de combattre : l'une avec les lois, l'autre avec la force. La première est propre à l'Homme, la seconde aux bêtes. Mais puisque souvent la première ne suffit pas, il faut bien recourir à la seconde. Quand le prince se trouve dans la nécessité de se conduire comme les bêtes, il doit choisir pour modèle le renard et le lion... ».

            2. L'Italie en fragments et les principautés italiennes

A la fin du Moyen Age, la péninsule italique était sous la domination de six puissances. La maison de Savoie s'installa au Piémont, le royaume de Naples, au sud, était rattaché à l'Aragon. Venise restait une république aristocratique, tournée vers le grand commerce maritime. Au centre, à côté des Etats de l'Eglise, Florence et Milan étaient les deux principautés prépondérantes. Mathilde reviendra sur ces trois puissances un peu plus tard.
Cependant, nous pouvons évoquer rapidement les différentes principautés italiennes. En Italie, en effet, la présence de la papauté et les rivalités entre les grandes cités empêchèrent la formation d'un Etat national sur le modèle de la France, de l'Angleterre et de l'Espagne... au contraire, les principales seigneuries se renforcèrent.

            3.  Le déclin des princes et le début des guerres d'Italie

Dès 1512, les Médicis - grande famille de Florence au XVIème siècle -, aidés par l'armée espagnole rétablirent leur pouvoir sur Florence qui connaissait jusqu'alors la République. Les Médicis gouvernèrent ainsi Florence avec le titre de grands-ducs de Toscane  jusqu'au XVIIIème siècle. Mais à la fin du XVème siècle, l'ère des princes touchait à sa fin. L'Italie devint alors la proie des souverains étrangers, l'Etat bourguignon fut intégré aux possessions des Habsbourg, famille dont on parlera un peu plus tard. L'Europe entière allait être prise dans le grand affrontement qui se préparait entre le roi de France et l'empereur. En effet, les rois de France avaient depuis longtemps des prétentions sur la péninsule et ses multiples villes-Etats. C'est ainsi qu'au XIIIe siècle, Naples était sous le contrôle de Charles d’Anjou, frère de Saint Louis, ce qui donnait au roi le droit de prétendre au trône. Charles VIII voulu reconquérir le territoire de son aîné, et entre dans Naples en 1494. Alors débute les guerres d'Italie qui ne prendront fin qu'en 1559 avec la paix de Cateau-Cambrésis.



            B. Les principaux rois qui s'affrontent lors des guerres d'Italie

Charles VIII : Né à Amboise en 1470 et mort en 1498 au Château d'Amboise. Fils de Louis XI et de Charlotte de Savoie. En 1483, Louis XI décède et c'est donc son fils Charles VIII qui lui succède à l'âge de 13 ans. Trop jeune pour régner, il reste sous la tutelle de sa soeur ainée Anne de Beaujeu jusqu'en 1491.
Le règne de Charles VIII peut être perçu comme le point de départ de la Renaissance française. Fiancé à Marguerite d’Autriche, le souverain refuse cette union et fait le siège de Rennes pour pouvoir épouser Anne de Bretagne, elle-même promise à l’empereur autrichien Maximilien. Il atteint son but en 1491, ce qui évite à la France d’être encerclée par les possessions autrichiennes. Mais cette union provoque la colère du père de Marguerite, qui n’est autre que Maximilien de Habsbourg.
Le monarque a des vues sur la péninsule italienne et notamment sur Naples.
Le roi ramène dans des bagages nombre d’œuvres d’art qui témoignent de la richesse culturelle et des progrès techniques faits par les provinces italiennes.
A la mort de Charles VIII, Louis XII lui succède.

Louis XII : Né au château de Blois en 1462 et mort le 1er Janvier 1515. Fils de Charles 1er d'Orléans qui décède lorsque son fils n'a que 3 ans. Celui-ci est alors placé sous la tutelle de son cousin Charles VIII et du roi en place Louis XI. En 1476, Louis XI, voulant se débarrasser de la branche d'Orléans, marie Louis XII à sa fille Jeanne.
Charles VIII a un accident en 1498 et décède. Sans enfant vivant pour reprendre son flambeau, c’est le jeune Louis qui est sacré.
Après avoir annulé son mariage avec Jeanne, Louis XII épouse Anne de Bretagne et poursuit les conquêtes italiennes entreprises par Charles VIII et conquiert ainsi le Milanais en 1499.
Louis XII est considéré comme populaire, combattant, juste car il se montre bon gestionnaire dans les affaires courantes de son royaume. Ceci lui valu le surnom affectueux de père des peuples.
Malheureusement Anne de Bretagne meurt en 1514, et Louis part en troisième noces avec Marie d’Angleterre, la sœur du roi Henri VIII, ce qui suggère entre les deux pays un rapprochement non négligeable.
A sa mort en 1515, Louis XII laisse son gendre François Ier prendre le pouvoir à sa suite.

François Ier : Né en 1494 en Charente et mort au château de Rambouillet en 1547. Fils de Charles d'Orléans et de Louise de Savoie. L’enfant reçoit une éducation approfondie sur les arts et lettres au moment ou la culture italienne est en pleine essor. Ses précepteurs découvrent quelqu’un de curieux, courageux et ouvert. Louis XII, son beau-père après son mariage avec Claude, n’a pas enfanté d’héritier et compte donc sur lui pour lui succéder. En 1515, Louis XII décède et François Ier accède alors au trône.
Homme lettré, cultivé, parlant italien permettra à la Renaissance de se développer en France en faisant venir des artistes italiens tels que Leonard de Vinci en France. De plus, François Ier crée le Collège royal qui deviendra par la suite le célèbre Collège de France, grand foyer humaniste.
La Renaissance c'est aussi l'architecture, c'est pourquoi le roi va rénover plusieurs édifices comme les châteaux de Blois et d'Amboise mais surtout, il va construire le château de Chambort, célèbre pour ces 365 cheminées. Au total, se sont ainsi 7 châteaux qui doivent leur changement ou leur naissance à François.
François Ier, malgré l'apparence paisible de son règne participe tout de même aux guerres d'Italie, notamment face à son rival Charles Quint, représentant des Habsbourg, roi d'Espagne et d'Autriche. Ainsi, les 13 et 14 Septembre 1515, François Ier se bat contre les armées Suisses. Là a lieu la bataille de Marignan d'où François Ier sortira vainqueur et qui lui fit valoir un grand succès après seulement quelques mois de règne.
François Ier profite de son règne pour accorder des subventions conséquentes aux artistes et à la recherche. De plus, son amour des châteaux et son art pour la guerre plongent le royaume dans un déficit non négligeable. Les taxes augmentent alors. De plus, le roi n'hésite pas à réprimer dans le sang les divergents religieux et notamment les protestants qui sont les plus visés.
A la fin de son règne, les conquêtes françaises sont quasiment inexistantes en Europe mis à part la province Milanaise.
A sa mort en 1547, son second fils, Henri II, monte sur le trône de France.
Il restera l’image d’un roi autoritaire, homme à femmes, mais aussi d’un amoureux de la culture, généreux mécène, protecteur des artistes et écrivains. A sa mort, les finances du royaume sont à l’agonie, plombées par les guerres et les copieuses subventions accordées aux artistes et aux architectes. Sa gestion parfois impulsive et son égoïsme l’ont desservi, mais son charisme et son courage sont restés dans les esprits.

Henri II : Né en 1519 à St-Germain en Laye et mort en 1559 aux fiançailles de sa fille aînée Elisabeth à Paris. Fils de François Ier et Claude, il est sacré à Reims en 1547, à la mort de son père.
En 1533, son union est proclamée avec l’héritière des Médicis, Catherine. Mais cette dernière va souffrir à partir de 1536 de la présence de sa rivale, Diane de Poitiers, qui devient maîtresse officielle du dauphin. En effet, son frère meurt cette même année et Henri devient donc l’héritier du trône de France. Il attend donc 12 ans avant de pouvoir monter sur le trône en 1547, il est alors âgé de 28 ans.
Henri II suit les traces de son père et met donc un point important à combattre contre les Habsbourg. Cependant, Henri II Doit renflouer les caisses du royaume laissées à mal par son père. Ainsi, il fait augmenter fortement les taxes ce qui provoque une révolte à Bordeaux. Le roi voit son autorité défiée et envoi un signal fort en direction des autres contestataires : la ville est privée des ses avantages, désarmée, 200 000 livres d’amende lui sont infligés et 140 personnes sont condamnées à mort. Pour l'art et la culture, Henri II suit les traces de son père mais de façon moins extravagante.
Henri, catholique fervent, doit faire face au début de son règne à une montée du protestantisme, et ce même au sein de sa cour. Cette constatation lui fait prendre des mesures énergiques : la répression est ainsi féroce.
Il s’oppose ouvertement à la reforme qui prône la tolérance envers la religion protestante et signe l'édit de Chateaubriant qui condamne à mort toute personne pratiquant ce culte.
En 1559, Henri II va connaître une fin éprouvante et tragique aux fiançailles de sa fille aînée Elisabeth : à Paris lors d’un combat de joute contre le capitaine de la garde écossaise Gabriel de Montgomery, le roi reçoit la lance de son adversaire dans l’œil. Malgré les efforts de ses médecins et notamment d’Ambroise Paré, il agonise une dizaine de jours et s’éteint le 10 juillet. Son fils François II lui succède alors.
Moins extravagant que son père, il a néanmoins poursuivit son œuvre tant sur le plan politique qu’artistique. Confronté à des problèmes de trésorerie, il vit le pouvoir des protestants grandir sans jamais vraiment pouvoir s’y opposé. Sa mort amène d’ailleurs les guerres de religion en France et son bilan est terni par la défaite de St Quentin.

Roi René, roi de la maison d'Anjou : roi de Naples de 1282 à 1285.

Charles Quint ou Charles V : Né à Gand en 1500 et mort en 1558 au monastère de Yuste en Espagne. Fils de Philippe Ier, dit Philippe le Beau, Habsbourg roi de Castille de 1504 à 1506 et duc de Bourgogne à partir de 1496, et de Jeanne Ière, dite Jeanne la Folle, fille de Ferdinand d'Aragon et de Isabelle de Castille.
A la mort de son père, en 1506, Charles Quint hérite du royaume de Bourgogne, puis, en 1515, de la principauté des Pays-Bas. Quand Ferdinand d'Aragon décède en 1516, Charles Quint devient roi des Espagnes et des Deux-Siciles. En 1519, la mort de son grand-père paternel, Maximilien Ier, empereur germanique, ouvre à Charles Quint une succession délicate. En effet, François Ier, roi de France, prétend lui aussi à la couronne impériale. En 1520, Charles Quint est proclamé empereur du Saint-Empire et roi de Germanie à Aix-la-Chapelle. Se crée alors une rivalité intense entre Charles Quint et François Ier. Le règne de Charles Quint sera donc marqué par des luttes incessantes avec François Ier, notamment pour prétendre à la gestion des royaumes d'Italie.
Charles Quint, très croyant, ne cessera de combattre tout au long de sa vie contre le protestantisme. Avec Luther, le protestantisme prend de l’envergure que l’empereur du Saint-Empire ne cessera de combattre tout au long de sa vie. De nombreuses tensions se créent, notamment en Allemagne, et oblige le Saint-Empire romain germanique à signer la paix d’Augsbourg destinée à mettre fin à la lutte entre les luthériens et les catholiques en Allemagne.
Epuisé par ces diverses luttes, Charles Quint décide d'abdiquer en 1555. Cependant, les conditions politiques ne permettent pas la transmission de l’héritage à une unique personne, il cédera d’abord les Pays-Bas (en 1555) et l’Espagne (en 1556) à son fils Philippe II, puis les possessions autrichiennes et la dignité d’empereur romain germanique à son frère cadet, Ferdinand Ier de Habsbourg, en 1556. Ce dernier est définitivement élu le 24 mars 1558 empereur romain germanique.
Charles Quint aura eu cinq enfants de son alliance avec l'infante Isabelle de Portugal.

(Dans cette partie je ne dirai pas tout ce qui est écrit, je dirai juste l'essentiel pour chaque roi)


            C. Une volonté de suprématie


Malgré l'absence d'une unité nationale, comme nous l'avons dit précédemment, l'Italie est, au XVème siècle, la région la plus prospère et la plus urbanisée d'Europe. Sa richesse a ainsi attisé la convoitise des rois de France qui rêvaient de la contrôler.
Les guerres d'Italie débutent par une volonté de suprématie de la part de la France sur le pays voisin. Cependant, les conquêtes se voient faussés par l'intervention des Habsbourg, mais aussi de la papauté. Ainsi, au commencement, Charles VIII voulu reconquérir le territoire de Charles d'Anjou, et entre alors dans Naples en 1494. Mais il est chassé d’Italie par une allaince composée du royaume d’Aragon, Venise, Milan, le pape et l’empereur Maximilien. Son successeur Louis XII entend revenir et conquiert à nouveau Naples en 1498, mais le roi d’Aragon le défait encore. Finalement un compromis est trouvé : l’Aragon conserve Naples tandis que Milan tombe sous l'autorité française. Mais le pape Jules II souhaite que l’Italie soit unifiée sous sa seule autorité et parvient à chasser les français en 1512 avec l’aide des Suisses, des Anglais, de l’Aragon et de Venise.
Arrivé sur le trône en 1515, François 1er réaffirme son désir de reprendre le Milanais, et bat le duc de Milan, allié des Suisses, à Marignan. Charles Quint, roi d’Espagne, approuve cette possession française et François en profite pour faire la paix avec les Suisses.
Nous pouvons alors voir que les guerres d'Italie seront un conflit faisant intervenir plusieurs pays comme l'Allemagne, l'Espagne, la France mais aussi plusieurs rois.
Ainsi, Mathilde va dans une seconde partie vous développer plus amplement ces guerres d'Italie avec comme fil conducteur cette volonté de suprématie de la part, d'une part des rois de France et d'autre part de la Maison d'Autriche composée de la famille des Habsbourg.






 
 
 
 
 
Partie II : LES CONFLITS D’AMBITION ET LES GUERRES DE MAGNIFICENCE
A-    LES GUERRES D’Italie AVANT CHARLES QUINT (1494-1515)
1- Les causes des Guerres d’Italie
à  L’état de l’Italie ne pouvait à l’époque qu’encourager ces entreprises. Morcelés en petits Etats et divisée contre elle-même, elle ne pouvait manquer d’éveiller les convoitises et de tenter les ambitions des princes voisins, plus puissants.
è Les principaux Etats Italiens étaient :
le Duché de Savoie : Situation géographique = territoire de part et d’autres des Alpes, lui donnaient une importance particulière, mais les princes n’avaient jusque là joué qu’un rôle effacé.
la République de Venise : Malgré les préjudices subis du fait de la conquête turque, elle est encore puissante par l’étendue de son domaine italien de terre ferme et de ses possessions extérieures. Egalement par son commerce, sa marine qui lui assurent sa richesse. « Venise la Riche »
le Duché de Milan : où le régent, Ludovic le More, s’apprêtait à usurper le pouvoir sur son neveu, le jeune duc régent : Jean-Galéas Sforza. Ce qu’il fera en 1479.   Le Duché de Milan est également au cœur des guerres d’Italie, puisque que Charles, le duc d’Orléans est l’héritier légitime de ce Duché par héritage de sa mère Valentine Visconti qui était elle-même fille du duc Jean Galéas qui instaura le Duché de Milan en 1395. Mais ce fut Francesco Sforza époux de la fille naturelle du dernier Visconti Philippe Marie Visconti qui prit le pouvoir et s’autoproclama Duc en 1450. Les Sforza règneront sur le Duché jusqu’en 1535 avant de se soumettre à Charles Quint. « Milan la Grande »
la République de Gênes : batailles internes, doit se mettre sous la protection du Duc de Milan « Gênes la Superbe »
la République de Florence : avait imposé sa domination à toutes les villes de Toscane, mais tombe sous la tyrannie des Médicis (1494 : Pierre de Médicis s’oppose au passage de Charles VIII à Les 2 frères Jean et Laurent de Médicis soutiennent eux, rentrant de leur court exil le gouvernement républicain de Jérome Savonarole, adoptant le surnom « ami du peuple » Popolani. « Florence la Belle »
les Etats de l’Eglise : Alexandre VI Borgia, venait d’être élu Pape, cherchait à fonder    solidement la domination de sa famille et s’y employait avec une absence complète de scrupule dans le choix de ses moyens. « Rome la Sainte »
le Royaume de Naples : où régnait un prince aragonais. Ferdinand Ier (enfant bâtard)
            àoutre ces Etats, il y avait à l’époque en Italie beaucoup de petites maisons souveraines, telles la maison de Gonzague (Duché de Mantoue), la maison d’Este ( Duchés de Ferrare et de Modène) ou encore la maison de Montferrat dont le marquisat se trouvait entre le Piémont et le Milanais.
Conclusion : Avec sa richesse et sa brillante civilisation et en même temps  ses divisions et sa faiblesse nous comprenons que l’Italie fût un territoire convoitée et à portée des rois frontaliers. Certaines de ces entreprises sont elles-mêmes favorisées par les Italiens eux-mêmes qui y voient un moyen de défaire certaines alliances à leur profit. Ainsi, L’entreprise de Charles VIII contre Ferdinand de Naples est encouragée par Ludovic le More, parce que Jean Galéas, son neveu qu’il veut destituer était uni par les liens de mariage à la maison régnante de Naples et également parce que les barons napolitains que Ferdinand avait proscrits avaient trouvé asile en France. A Florence, le moine Jérôme Savonarole souhaitait l’arrivée des Français qu’il annonçait comme une expiation des pêchés de l’Italie. A Rome, les cardinaux espéraient qu’elle les délivrerait de la tyrannie d’Alexandre VI.


2) L’expédition de Charles VIII : conquête et perte du royaume de Naples (1494- 1497)
           
1508 «  Ainsi était entrée en Italie, une flamme, une peste qui non seulement changea les états mais aussi les façons de les gouverner et les façons de faire la guerre. » Guicciardini  
 
Le Prince, Machiavel « avant que Charles, roi de France ne passât en Italie, cette province était sous l’empire du pape, des Vénitiens, du roi de Naples, du duc de Milan et des Florentins. Ces potentats devaient avoir deux soucis principaux : l’un, qu’un étranger n’entrât pas en armes en Italie, l’autre, qu’aucun d’entre eux n’agrandît son état. Ceux dont on se souciait le plus étaient de pape et les Vénitiens. »

 
 
Avant de partir à la conquête de Naples, Charles VIII voulut s’assurer la neutralité de ses voisins qu’il paya chèrement : à Henri VII d’Angleterre il versa une importante somme d’argent, à Ferdinand d’Aragon il restitua sans indemnité, le Roussillon et la Cerdagne, à Maximilien d’Autriche, la Franche-Comté et l’Artois. Pour ces deux dernières concessions elles furent fort contraires à l’intérêt national et elles ne devaient même pas valoir à Charles VIII l’intérêt qu’il en attendait.
Fin de l’été 1494, les troupes françaises concentrées dans les Alpes franchissent le col du Mont-Genèvre et marchèrent sur Pavie, puis sur Florence (17 novenbre) où Savonarole venait de renverser Pierre II de Médicis et où Charles VIII fit une entrée triomphale, enfin sur Rome (31 décembre). Alexandre VI effrayé, effrayé, s’était réfugié au château Saint-Ange : il se résolut à capituler et accepta toutes les conditions du Roi.
Le 21 février 1495 le roi fait son entrée à Naples d’où s’enfuit Ferdinand II d’Aragon, roi de Naples depuis l’abdication de son père quelques jours avant Alphonse II
 
è Guicciardini et Machiavel en tant qu’historiens et non hommes politiques rappellent combien le passage en Italie du Roi de France est perçu comme un évènement important. Ils rappellent tous deux les prodiges qui annoncent sa venue : dans le ciel d’Arezzo on a vu pendant plusieurs jours des hommes armés qui combattaient furieusement. A Florence, Savonarole, prieur du couvent dominicain de San Marco annonce que le glaive de Dieu va s’abattre bientôt. Ce qui bien plus impressionne les contemporains c’est en réalité l’incroyable vitesse à laquelle l’armée de Charles VIII traverse l’Italie, se jouant des obstacles et des difficultés dont la moindre n’est pas que malgré les usages guerriers Charles VIII commence sa campagne en automne sans craindre la mauvaise saison qui rend les déplacements plus difficiles.
è Selon Guicciardini, l’armée comprend 200 gentilshommes de la garde du Roi, 1600 lances (composées d’un homme d’armes et de deux archers à cheval et de deux pages ou deux valets ).  12000 fantassins, parmi lesquels 6000 Suisses et 3000 Gascons (les meilleurs « piétons ») du Royaume de France, les seuls, dit-on, qui soient comparables aux Suisses). Un des points forts de l’armée française est leur artillerie, 70 pièces qui sont plus maniables et plus légères que les bombardes utilisées en Italie, elles tirent des boulets en métal et non en pierre, tirées par des chevaux et non des bœufs ce qui a comme heureuse conséquence de ne pas ralentir la marche de l’armée française. La réputation de «  cet engin plus diabolique qu’humain » avait précédé l’arrivée des troupes française et les ambassadeurs florentins et vénitiens avaient prévenu que face à de telles armes, les murailles les plus fortes ne serviraient à rien.
Mais l’enthousiasme ne dura guère, si la population avait accueilli avec chaleur les Français, l’arrogance de ces vainqueurs et leur violence, les fit changer d’avis : Philippe de Commynes : «  par toute l’Italie, [les peuples] ne désiroient qu’à se rebeller, si du costé du roy les affaires eussent  esté bien conduictz et en ordre et sans pillerie ; mais tout se faisoit au contraire, dont j’ay eu grand deuil pour l’honneur et la bonne renommée que pouvoit acquerir en ce voyage la nation de France » . De plus pendant que Charles VIII préparait mollement la croisade contre Constantinople, but ou prétexte de son expédition une ligue se nouait contre lui parmi les Etats italiens : la Ligue de Venise : la descente victorieuse de Charles VIII inquiète les puissances italiennes. Tous ont compris le changement du rapport de force face à un roi si puissant. Le 31 Mars 1495, à Venise est signée une ligue entre Venise, le pape Alexandre VI, le duché de Milan, Henri VII, l’empereur Maximilien de Habsbourg et le roi d’Espagne, Ferdinand le Catholique. Le lendemain matin Commynes est convoqué par les Vénitiens qui lui annoncent qu’ils avaient conclut une ligue à 3 fins : la  première défendre la chrétienté contre le Turc, la seconde, la défense de l’Italie, la tierce à la préservation de leurs états. Averti, Charles VIII quitte l’Italie craignant que les princes ne deviennent plus puissants et empêche leur retour en France à Bataille de Fornoue (1495)
à Gilbert de Montpensier qui est nommé vice-roi est garde le royaume à Naples, capitule devant Ferdinand II en juillet 1946.C’est l’échec complet de l’entreprise de Charles VIII qui pourtant n’avait pas renoncé à ses projets pour l’Italie lorsqu’il mourut d’un accident au château d’Amboise en avril 1498.
3- Les guerres de Louis XII : les affaires de Milan et de Naples
Charles VIII ne laissant pas d’enfant la couronne échut à l’ex-duc d’Orléans, son plus proche parent qui devient Louis XII. Le premier soin du nouveau roi fut de reprendre l’entreprise italienne. Il n’avait pas seulement hérité des prétentions de son prédécesseur sur Naples ; il revendiquait également le duché de Milan comme héritier, par son aïeul, des Visconti qui avaient régné avant les Sforza.  Une première expédition dirigée par un condottiere italien passé à la solde du roi de France ( Trivulce) fit en vingt jours la conquête du Milanais, pendant que Ludovic Le More s’enfuyait.
Milan fit une réception triomphale à Louis XII (1499). Mais Ludovic ayant levé une armée de mercenaires suisses, ne tarda pas à rentrer dans son duché et à reprendre Milan. L’armée Française rencontra celle de Ludovic à Novare : les capitaines suisses au service du Duc se laissèrent acheter et Ludovic fut pris au moment où il s’enfuyait déguisé en moine (1500).  Il fut enfermé au château de Loches où il meurt en 1508. Le gouvernement du Milanais est donné à Charles d’Amboise neveu du principal conseiller du roi : George d’Amboise. Les Suisses en se retirant, prennent Lugano et Bellinzona s’assurant ainsi l’entrée de l’ Italie. Et qu’ils possèdent encore aujourd’hui. Après avoir conquit le Milanais, Louis XII entreprend  immédiatement celle de Naples.
En 1500 est signé entre Louis XII et Ferdinand d’Aragon le traité de Grenade par lequel tous les deux se partagent par avance le royaume qu’ils doivent conquérir de concert. Mais une fois la conquête faite, les deux alliés se brouillent au sujet de l’exécution du traité de partage et la guerre éclata. Les français furent chassés par les troupes espagnoles, après les défaites de Cérignoles et du pont Garigliano en 1503. Finalement en 1504, lassé de fuir, Louis XII finit par abandonner le royaume de Naples à Ferdinand d’Aragon, par le traité de Blois.  
Mais l’Italie est très vite à nouveau bouleversée par la politique fougueuse de Jules II qui est élu pape en 1503 et rêve de dominer la péninsule. Doublement ennemi de Venise parce qu’il était Gênois et que la république avait empiété sur l’Etat pontifical. Il forma donc une ligue contre elle : la ligue de Cambrai (1508). Il entraine tous ceux ui pouvaient avoir un grief contre elle : Louis XII, Maximilien et Ferdinand. Louis XII, gagne contre les Vénitiens en 1509 à Agnadel. Mais après cette victoire, le pape ayant obtenu ce qu’il voulait des Vénitiens, il donna brusquement une nouvelle orientation  sa politique et entreprit de chasser d’Italie les Barbares en l’espèce les Français en n’hésitant pas à utiliser d’autres Barbares, bien plus barbares …
De nouveau réconcilier avec les Vénitiens, il forma avec elle et les Suisses une coalition dans laquelle entrèrent Henri VIII d’Angleterre, Ferdinand d’Aragon et enfin Maximilien. Ce fut la Sainte-Ligue(1511). S’ensuivit des batailles, la France lle-me^me fut envahit, eb 1512, Ferdinand pris la Navarre et en 1513, les Suisses prirent la Bourgogne en assiégeant Dijon. Louis XII comme Charles VIII a échoué dans sa politique italienne. Mais la péninsule n’avait rien à gagner, car les espagnols tenaient maintenant Naples et Milan, en attendant qu’ils en devinssent également les maitres, était au pouvoir des Suisses.
è François I et la reconquête du Milanais : 1515.
François I, n’était pas homme à se satisfaire des échecs de ses prédecesseurs et dès le début il voulu faire valoir ses droits hérités, en Italie. Son premier objectif fut la conquête du milanais. Au mois de septembre 1515, huit mois et demi après son avènement, une brillante victoire sur les Suisses à Marignan lui rendit le duché. Son succès eut d’autant plus de retentissement que pour la première fois, on avait vu les Suisses, toujours vainqueurs des princes depuis Charles le Téméraire, reculer devant les Français. Fut signé en 1516, un traité avec les Suisses : le traité de Fribourg, ou alors la Paix perpétuelle. La même année, Léon X, qui était le successeur de Jules III et qui fut d’abord hostile aux Français, établie un arrangement po. Puis un concordat fort avantageux pour le Roi. Enfin, son futur rival, Charles d’Autriche, qui venait de succéder à son grand-père Ferdinand le Catholique en Espagne, signa avec lui le traité de Noyon : Charles devait épouser une princesse française qui devrait recevoir pour dot la partie du royaume de Naples réclamé par la France.
CCL :  Si l’on prend, l’expression dans son sens étroit, la date où nous sommes arrivée marque la fin des guerres d’Italie. Non pas que l’on cesse, à partir de ce moment de se battre en Italie et à cause d’elle ; mais ces guerres ne sont désormais qu’un élément d’une lutte plus générale, celle de la France et contre la maison d’Autriche, arrivée alors à l’apogée de sa puissance. L’enjeu de cette lutte est est dès lors, bien autre que la possession de Milan ou de Naples ; il s’agit de savoir qui l’emportera ou de Charles Quint dans ses visées à la monarchie universelle, ou de la France dans la défense de son intégrité et de son indépendance. Aux guerres d’ambition et de magnificience qu’on été jusqu’alors , pour les souverains français, les expéditions d’Italie, vont se succéder des guerres d’intérêt national pour la propre sauvegarde de France et celle, solidaire, de l’équilibre européen.
 
A-    L’IMPERIALISME DES HABSBOURG – RIVALITE DE LA France ET DE LA MAISON D’Autriche
 
1)      François Ier et Charles Quint
La puissance de la maison d’Autriche ou maison de Habsbourg était un danger pour l’Europe et particulièrement pour la France que ses possessions enveloppaient de trois côtés : Au Nord, l’Est et Sud. La lutte des deux maisons qui allait durer 2 siècles débuta pour une rivalité personnelle entre leur chef. Lorsque la mort de Maximilien, en 1519, rendu vacante la dignité impériale, trois candidats se présentèrent au suffrage des princes électeurs : Henri VIII d’Angleterre, François I et Charles Ier d’Espagne, petit-fils de Maximilien. Henri VIII se retira avant ‘élection et les deux autres rois restèrent en compétition. Malgré les sommes énormes que François I avait prodigué aux électeurs, ceux-ci lui préférèrent son rival, qui fut élu et prit le nom de Charles Quint.
Battu sur ce terrain, François I le fut également dans la lutte diplomatique qui s’engagea entre lui et son heureux rival. Dans la célèbre entrevue dite du Camp du drap d’or (1520), il ne réussit qu’à blesser l’amour propre d’Henri VIII, par la magnificence inouïe qu’il déploya alors que Charles Quint gagnait à sa cause le cardinal Wolsey, ministre du roi d’Angleterre en lui promettant la tiare pontificale et flattait Henri VIII en le choisissant comme arbitre entre lui et François I. Le pape Léon X qui avait d’abord soutenu le roi de France, finit par joindre ses troupes à celle de l’Empereur (1521).
 
2)      Succès de Charles Quint (1521-1530)
1521 : début des conflits entre Charles Quint et François I. Malheureusement pour ce dernier les armes ne lui réussirent guère mieux que la diplomatie. Sur les 3 théâtres où les hostilités débutèrent, François I n’éprouva que des échecs.
à 1521 : en Navarre : Lesparre fut battu et pris
à 1521 : dans le Luxembourg, Mézières fut assiégée par le comte de Nassau, Bayard sauva néanmoins la ville.
à1522 : en Italie, Lautrec perdit le Milanais après avoir été battu par les Espagnols de Pescaire. De plus, 2 évènements vinrent aggraver les histoires de François I une alliance formelle entre Henri VIII et Charles V + la trahison en 1523 du dernier des grands féodaux français  le connétable de Bourbon.
à1524, une armée française conduite par Bonnivet fut défaite à Biagrasso, le Milanais pas récupéré. Bourbon qui avaec une armée impériale avait envahi la Provence, échoua devant Marseille, François I qui était rentré sans coup férir à Milan échoua devant Pavie (1525), blessé et perdu, il se rendit à l’ennemi.
àPour recouvrer sa liberté il se résigna à signer en 1526 le désastreux traité de Madrid : il cédait à Charles Quint la Bourgogne, renonçait à ses prétentions sur Naples et Milan. Mais l’excès même de son infortune détermina en Euroe un revirement en sa faveur. Henri VIII, le premier se détacha de Charles Quint jugé trop puissant. Louise de Savoir qui régentait pendant que son fils fut captif, pu conclure avec lui une alliance défensive. (1525)François I profita de se revirement. Et fort des protestations des  députés de la Bourgogne qui déclarèrent leur pays inséparable de la couronne, il refusa de livrer cette province à l’Empereur. En même temps, il conclut avec les princes et les petits Etats Italiens que tyrannisaient les armées impériales, la ligue dite de Cognac pour la libération de la péninsule (1526). Une nouvelle guerre fut déclenchée, Bourbon avec une armée impériale marcha sur Rome, il mourut dès le premier assaut, mais ses troupes entrèrent et se livrèrent à un pillage et à des excès. Suite à cela les français jouèrent de malchance et leur armée fut décimée par les maladies. La défection d’Andrée Doria, à la tête de la flotte gênoise, obligea les français à battre retraite. En 1529, l’Italie fut une nouvelle fois perdue pour les Français.
Charles Quint se trouva confronté à faire la paix avec la France, ca il doit non seulement faire face au progrès du luthérianisme en Allemagne et à l’avancé du Sultan qui assiégea Vienne. En 1529 fut signé le traité de Cambrai que l’on nomme le traité des Dames car il fut négocié par Louise de Savoie et Marguerite d’Autriche, la tante de Charles V. à François I  renonçait à ses droits sur Milan et Naples, mais gardait la Bourgogne.
Charles Quint devint donc pour ainsi dire maître de l’Italie, et en 1530 il se fait couronner roi d’Italie et empereur. Les princes italiens ne furent plus que des gouverneurs impériaux, et la péninsule resta sous l’emprise de la Maison d’Autriche.
 
3- Le relèvement de la France
François I n’avait pas pris sincèrement son parti de l’abandon du Milanais. Mais instruit par ses échecs et conscient de son infériorité militaire, il prépara sa revanche en s’assurant des alliés. Il lia partie avec tous les adversaires de Charles Quint. Subordonnant ses scrupules religieux à ses intérêts politiques, il s’allia avec les luthériens allemands confédérés dans la ligue de Smalkalde en 1532 puis en 1536 avec le sultan Soliman. Il admettait en même temps son alliance avec les princes catholiques allemands hostiles eux aussi à  la monarchie impériale  et il cherchait à mettre le pape lui-même dans son jeu. En 1533, Henri II, le fils de François I épousa une nièce de Clément VII, Catherine de Médicis. Inquiété par les luthériens en Allemagne et les Turcs en Hongrie et dans la méditerranée,  Charles Quint, pour faire face à cela, décida pour les premiers de  rester dans une attitude expectative et prit l’offensive contre les seconds. Ainsi en 1536, Charles Quint débarqua en personne à Tunis, que les Turcs sous le commandement de Barberousse. Cependant, François I avait reconstitué son armée en espérant ainsi ne plus être dépendant des mercenaires suisses et allemands. En 1536, il rouvrit les hostilités en occupant avec ses 42000 hommes le Piémont et la Savoie, donc le souverain, le Duc de Savoie étai allié de Charles Quint. Celui-ci riposta en envahissant la Provence. Des luttes s’engagèrent, encore une fois et il fallut attendre qu’en 1538 le pape Paul III détermine les deux souverains à conclure à Nice une trêve de 10 ans : chacun d’eux gardait ce qu’il avait pris : François I le Piémont et Charles Quint le Milanais (qu’il occupait depuis la mort de François Sforza)
Suite à cette trêve les deux souverains se rencontrèrent par deux fois. La première entre-vue à Aigues-Mortes en 1538 et deux ans plus tard à Paris.
La question du Milanais restait la préoccupation première de François I. qui espérait de son entente avec Charles Quint une solution conforme à ses désirs. Son attente fut déçue. En 1540, l’Empereur donna l’investiture du Duché à son propre fils, Philipe.
1541 : Soliman annexe une grande partie de la Hongrie à l’Empire Turc, à la suite d’une nouvelle campagne. Au même moment, une expédition maritime contre Alger constitua un désastre pour l’Empereur. La flotte espagnole fut détruite livrant la mer Méditerranée aux flottes françaises et turques. En 1542, François I  reprit les armes.  En 1543, après que Soliman ait accordé le plein concours de la flotte de Barberousse au Roi et que celle-ci vint, avec la flotte française assiéger Nice, dernier bastion du duc de Savoie, qui fut par ailleurs emporté. Néanmoins, la France est envahie au même moment au Nord, à la fois par Charles Quint et Henri VIII ( l’alliance que François I venait renouveler avec le roi d’Ecosse, Jacques V Stuart, avait repoussé le roi d’Angleterre dans une alliance avec l’Empereur. Les deux alliés se séparent après pendant la campagne, ne faisant plus front commun. Aini en 1544 fut signée une paix entre Charles V et François I.  Quant à Henri VIII, il en fit de même en 1546.
 
Mais alors comment tout cela se termine ? Le règne d’Henri II nouveau roi de France commença avec une courte guerre contre l’Angleterre. Dont Marie Stuart en fut l’enjeu ; Les deux royaume souhaitait que cette héritière du trône écossais depuis épousât soit le jeune roi, soit l’héritier du trône, le futur François II. Finalement, un traité fut conclut. La France récupéra Maie Stuart, la Bourgogne et l’Ecosse fut laissée en paix. Une fois la paix faite avec l’Angleterre,Henri II revint à la politique de François I. Poussé par le pape Paul III, il s’insinua dans les affaires italiennes de Charles Quint contre lequel il défendait le duché de Parme. Néanmoins sa politique changea. En 1552, par des alliances secrètes, du traités de Chambord et de Friedwald, il s’allia avec les princes  allemands luthériens. Le Roi arma les princes dans leur guerre contre Charles V qui trouvèrent alors légitime que nombre de ville comme Metz et Verdun deviennent des Ville Françaises car étant de langue française. En 1552, Henri II occupa Toul et Verdun sans combat. Charles Quint se résolu à attribuer  aux luthériens la trêve de Passeau. Il réunit un grosse armée et vint assiéger Metz, mais elle résista aux attaques de l’Empereur qui du abandonner la partie. Les hostilités se poursuivirent en Italie et en Picardie. Ou en 1554, Charles Quint essuya un nouvel échec. Son fils épousa quelques semaines avant Marie Tudor, reine d’Angleterre. Mais usé par la maladie, il se résolu à abdiquer. Ainsi fut négociée la paix d’Augsbourg avec les luthériens en 1555 puis avec Henri II il signa une trêve de 5 ans en 1556. La France restait maître du Piémont.
En même temps d’octobre 1555 à janvier 1556, il abdiqua à toutes ses couronnes. Son héritage réparti en 2 branches différentes des Habsbourg. La banche espagnole, représentée par son fils, gardait avec l’Espagne un vaste empire colonial, Naples et Milan, la Franche-Comté, les Pays-bas. La branche autrichienne, représentée par son frère Ferdinand I, gardait les possessions allemandes de la maison et de l’Empire. L’Espagne devint le nouvel ennemi de la France. En effet la trêve signée ne dura pas un an. Henri II, dès le début de 1557, ouvrit à nouveau les hostilités contre Philippe II et Marie Tudor entraîna l’Angleterre dans la lutte. De nouveaux affrontements eurent lieu, sans qu’il n’y ait vraiment de vainqueur.
Les succés étaient donc partagés, mais les deux souverains étaient également las de s’épuiser et d’épuiser leurs fonds. Six mois après l’ouverture des négociations, celle-ci aboutirent sur le traité de Cateau-Cambrésis en 1559, signant par là même la fin des guerres d’Italie et la fin des conflits qui l’entourent.  
 
 
 
 
III. Les conséquences et l'héritage des guerres d'Italie

            A. Détonateur de la Renaissance française

Les guerres d'Italie peuvent être considérées comme les détonateurs de la Renaissance française. En effet, vous ne le savez surement pas mais sans les guerres d'Italie et les conflits qu'elles ont engendrés, la France aurait une toute autre culture aujourd'hui. En effet, toutes les expéditions et les conquêtes ont permi à la France de rentrer en contact avec le raffinement de la renaissance italienne qui est alors en plein essor. Les rois de France ont ainsi rapporté de leurs différentes campagnes les arts et technologies italiennes. Nous pouvons ainsi parler de « détonateur de la Renaissance  française » car sans des rois comme Charles VIII, François Ier ou encore Henri II, les châteaux de la Loire n'existerait sûrement pas. De plus, des artistes comme Leonard de Vinci ne nous seraient que vaguement connus.
Les châteaux :
            - le château d'Amboise se dresse fièrement sur les hauteurs de la commune et semble toujours monter la garde et attendre le retour de la royauté qu'il a jadis abrité. Il fut acquis par le royaume en 1434 après que son Louis d'Amboise fut confondu dans un complot contre Charles VII. Charles VIII y reçoit son éducation et entreprend différents travaux comme la construction de la chapelle St-Hubert. Cette chapelle doit aujourd'hui sa notoriété au fait qu'elle abrite la sépulture de Léonard de Vinci comme le désirait ce dernier. Le roi Charles VIII reporte sans complexe l'architecture italienne sur les modifications qu'il effectue. Le roi y mourut en 1498 à l'âge de 28 ans en ce cognant la tête contre un linteau de porte. En 1515, Amboise est mit de côté par la cour ne supportant plus la comparaison avec les châteaux de Blois et Chambord.
            - le château de Blois, dans le Loir et Cher, connu son âge d'or à la renaissance, lorsque les différents souverains du royaume de France se succédèrent dans ses murs. A partir de 1397, le domaine passe sous l'autorité des ducs d'Orléans, par l'intermédiaire de Louis d'Orléans, frère de Charles VI. En 1498, Louis d'Orléans devient le roi de France Louis XII et fait de sa ville natale Blois la demeure privilégiée de la cour qui devient le centre politique du royaume. Sous sa protection et celle de sa femme Anne de Bretagne, le bâtiment est encore remanié et son style s'inspire du gothique en vogue en ce début de XVIe siècle, puis met en chantier la chapelle St Calais jusqu'en 1508. En 1514, Anne de Bretagne s'éteint au château, suivi l'année suivante par Louis XII. Époux de sa fille Claude, François 1er, est alors sacré en 1515. Ce dernier restaure l'aile nord, remeuble le château, y adjoint une nouvelle aile avec son escalier monumental et ouvert, et amasse une grande quantité d'ouvrages. Toutefois, Blois conserve son importance royale puisque la descendance de François 1er et Claude reçoit son éducation au château. La bâtisse continue de recevoir des hôtes de marque comme Charles Quint ou Ronsard. Les monarques se succèdent ensuite sur le trône : Henri II, François II, Charles IX, Henri III qui y convoque les États généraux en 1576 et 1588.
            - le château de Chambord est situé à 14 km à l'est de Blois et est le joyau de la renaissance française. Cet ancien rendez-vous de chasse se veut à l'image de son créateur François 1er : imposant et raffiné. Et entre ses murs, on ne peut être saisi que d'admiration et de respect : 440 pièces, 365 cheminées, 84 escaliers, une propriété de plus de 5400 hectares entourée de 33 km de murs d'enceinte ce qui en fait le parc forestier clos le plus grand d'Europe. A l'origine domaine de chasse de comtes de Blois, la famille d'Orléans en fait l'acquisition en 1392, puis il devient domaine royal lorsque Louis XII monte sur le trône en 1498. En 1519, François 1er, ébloui par les demeures fastueuses italiennes qu'il a contemplé lors de ces campagnes en Italie, entreprend d'édifier un somptueux palais sur le territoire de Chambord. Cependant, de 1524 à 1526, le chantier est suspendu à cause des guerres contre Charles Quint et de la captivité de François 1er à Madrid. Ce dernier rentre en France, s'arrête à Chambord et constate que les travaux piétinent et les responsables en font les frais. Il dépense une partie non négligeable des ressources du royaume et continue ses aménagements jusqu'à sa mort en 1547.
Tous ces monuments appartiennent aujourd'hui à la République française.
Mathilde va ensuite vous évoquer les différents artistes qui ont marqué l'apport des guerres d'Italie montrant ainsi que celles-ci ont été un véritable détonateur de la Renaissance française et donc de notre culture actuelle.
 
B - La Splendeur de la Renaissance Italienne
 
Comme vous pouvez déjà le savoir la Renaissance est cet épanouissement merveilleux des arts dû à la remise en  honneur de l’Antiquité gréco-romaine. La source de cette Renaissance qui a traversé toute l’Europe est italienne, plus précisément en Toscane.
 
Le rôle de l’influente famille des Médicis à Florence n’est pas pour rien dans la grandeur de cette ville, et finalement dans la renaissance elle-même. La beauté italienne transparait ainsi aussi bien dans l’architecture que dans la peinture.
Pour vous empreigniez de ce qu’était la culture à l’époque, je vais vous montrer quelques tableaux et quelques éléments architecturaux.
CF : Diapo + nos cours sur l’Histoire de l’Art (les peintres majeurs italiens + la feuille sur les Médicis à Florence)
 
 
C-      Les conséquences : Au niveau Européen.
En France, François I amène à sa cour des érudits, fonde le collège de France. On voit que les Rois prennent davantage conscience de la place de érudits et notamment des artistes. Ceci est le symbole même de la Renaissance, et la clé de voûte de notre exposé. Nous devons ici souligner cette réalité : les guerres d’Italie ont insufflé à la France d’alors une volonté de s’embellir. A travers la Renaissance Italienne, c’est en vérité toute la classe « pensante » de cette époque d’humaniste qui peut émerger à travers toute l’Europe. Ainsi, au Nord de l’Europe se développera en même temps, mais en étant sous l’influence italienne, le berceau de la peinture flamande. Mais parler que d’art serait trahir ce que fût la Renaissance car elle fut aussi bien littéraire, qu’artistique, aussi bien politique que religieuse.
L’impulsion qu’a donné la Toscane, à l’ensemble du monde Européen allait conduire celui-ci à sa véritable mutation. Le vieux continent,  après la Renaissance, ne serait plus jamais le même.
 
àEn droit, la tendance est de concurrencer la méthode dialectique abstraite des juristes médiévaux par une interprétation philologique et historique des sources du droit romain. En sciences politiques, la proposition médiévale que la protection de la liberté, du droit et de la justice constitue le cœur de la vie politique est discutée, mais non renversée, par les théoriciens de la Renaissance. Ils reconnaissent que la tâche centrale d’un gouvernement est de maintenir la sécurité et la paix. Machiavel prétend que la force créatrice (virtù) du souverain est la clé du maintien tant de sa position que du bien-être de ses sujets — une idée encore très contemporaine.


-àLes cités-États italiennes se transforment de communes en États territoriaux, chacune cherchant à s’étendre au détriment des autres. L’unification territoriale s’effectue également en Espagne, en France et en Angleterre. Ce processus est facilité par la diplomatie moderne, qui prend sa place aux côtés du nouvel art militaire lorsque les cités-États italiennes établissent des ambassades permanentes auprès des cours étrangères. Au XVIe siècle, l’établissement d’ambassades permanentes s’étend vers le nord en direction de la France, de l’Angleterre et du Saint Empire romain germanique. 
 
àLa Renaissance est une période de remise en question des croyances séculaires. C’est une période de bouillonnement intellectuel, jetant les bases de ce qui constituera la pensée et la science du XVIIe siècle. L’idée de la Renaissance que l’Homme gouverne la nature s’apparente au concept de Francis Bacon de domination de l’Homme sur les éléments naturels, qui permet l’essor de la science et de la technologie modernes. Les notions de république et de liberté, préservées et défendues par les penseurs de la Renaissance s’appuyant sur les textes de leurs prédécesseurs de l’Antiquité, influent sur la théorie constitutionnelle en Angleterre et en France.
è Nous ne pouvons pas affirmer que si le centre premier de la Renaissance n’avait pas été l’Italie, les choses en auraient été différentes. Néanmoins, pouvons-nous nier l’influence d’un Machiavel pour l’avenir de la politique ou encore celle d’un Rabelais pour la construction de l’idée de la France fédérée autour d’une langue, qui lui est propre et se différencie du latin ?
 
 
 
 
 
 
Conclusion :


Finalement, les guerres d'Italie qui sont au départ au centre d'un conflit d'intérêt entre les plus grandes maisons européennes qui se défient alors pour la gouvernance de ces différentes régions, évoluent petit à petit, comme nous avons pu le voir à travers nos différentes parties, vers un conflit entre les deux personnalités que furent François Ier et Charles Quint. Si à l'époque ces guerres furent d'une importance européenne et personne ne pouvait alors les ignorer, la tradition historique les a cependant oubliées ne laissant de ces guerres que le fameux vestige qui hantent nos mémoires 1515 Marignan.
Néanmoins, à travers l'étude de ces guerres, nous pouvons comprendre la complexité du monde européen durant cette période et ses transformations aussi bien au niveau politique que culturel. Nous pouvons alors émettre l'hypothèse que sans les guerres d'Italie la Renaissance française que nous connaissons aujourd'hui n'aurait peut-être pas le même visage ou n'aurait peut-être même pas existée. Nous espérons vous avoir intéressé et vous avoir acquis à la défense de la mémoire des guerres d'Italie.
 


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MessagePosté le: Mer 7 Mar - 20:56 (2012)    Sujet du message: Publicité

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