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Histoire de la géographie _ Paul Claval

 
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Agathe


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MessagePosté le: Mar 21 Fév - 12:45 (2012)    Sujet du message: Histoire de la géographie _ Paul Claval Répondre en citant

Histoire de la Géographie,.
Paul Claval 1995, éditions PUF, 128p


Professeur émérite à l’Université de Paris-Sorbonne. Il est également l’auteur du « Que sais-
je ? », Histoire de la Géographie française de 1870 à nos jours.


L’ouvrage
L’ouvrage remonte aux origines de la géographie dans l’Antiquité grecque et montre son
évolution au fil des siècles. On nous montre comment la géographie a traversé le Moyen Âge, la
Renaissance mais aussi le siècle des Lumières et notre monde contemporain. L’auteur cherche enfin
à nous éclaircir sur la nouvelle géographie qui évolue dans un monde tourné vers la mondialisation.

TABLE DES MATIERES

Introduction 3
Chapitre I – L’héritage antique et sa modernisation 9
Chapitre II – Les Lumières et la géographie
32
Chapitre III – La naissance de la géographie scientifique :
des pionniers à l’évolutionnisme
49
Chapitre IV – Le temps des écoles nationales, 1890-1950 68
Chapitre V – La nouvelle géographie 91
Chapitre VI – Postmodernité et tournant culturel 103
Chapitre VII – Les géographes face à la globalisation 113
Conclusion 124
Bibliographie 126


INTRODUCTION

« Les hommes doivent comprendre le milieu dans lequel ils sont installés pour l’exploiter et
l’aménager » de sorte que la géographie est l’essence même de la construction d’une vie et, de
surcroît, de l’organisation sociale des hommes. Mais comment cette organisation peut elle se faire
puisqu’elle est décidée par des haut-représentants qui ne peuvent connaître tous les espaces
géographiques ? C’est bien parce qu’ils dirigent des élus locaux qui, eux, sont à même d’organiser le
territoire qu’ils connaissent.
Qu’est-ce que la géographie ? Localiser les territoires par rapports à des points référents ? Observer
et décrire les espaces dans leur singularité ? Comparer, interroger et comprendre ces singularités qui
laissent pourtant apparaître des ressemblances ? Rechercher les causalités qui expliquent les formes
observées ? S’orienter ou se repérer tout simplement ? Ou encore seulement connaître et savoir où
nous sommes ?
La recherche géographique implique un certain nombre de démarches :
souci de localiser ce dont ils rendent compte
géographes observent et décrivent les réalités concrètes qu'ils voient dans le paysage + analysent la manière
dont les formes qu'ils repèrent sont liées entre elles + partage avec l'écologie
géographes reportent les résultats de leurs observations sur des cartes
géographie doit être appréhendée comme une discipline scientifique, mais certains de ses aspects s'inscrivent
plutôt dans la logique des genres littéraires
l'homme s'oriente, se repère, vit et se reproduit à la surface de la Terre. Il se bâtit, à travers son expérience et
grâce à ce qui lui a été transmis, une image du milieu où il est installé. Il agit sur le monde et le transforme en
fonction de la perception qu'il s'en fait.
Les façons d'être au monde et d'y inscrire son existence varient d'un lieu à l'autre. De plus,
l'histoire de la géographie ne s'éclaire vraiment que lorsqu'on prend en compte à la fois le contexte
intellectuel et l'arrière-plan politique et administratif qui caractérise chaque époque.
« Les sociétés n’existent qu’inscrites dans des espaces bien délimités » écrit Paul Claval.
Pourtant, à l’heure où les diasporas croissent et où les flux humains s’intensifient et dans un monde
qui tend à devenir un « village planétaire » [Mc Luhan], on peut se demander si les sociétés ne sont
pas en train de s’autodétruire au profit d’une société froide dirigée par un gouvernement mondial.
C’est alors que la géographie postmoderne et plus exactement contemporaine tente de comprendre
ces évolutions et de déceler l’origine de cette uniformisation du monde. Par géographie, nous
entendons aujourd’hui géopolitique, analyse des flux de marchandises, de capitaux, de personnes.
Nous entendons richesse et pauvreté, abondance et famine, densité et désert.
Lecture

CHAPITRE 1 : L’HERITAGE ANTIQUE ET SA MODERNISATION

I. La géographie dans la culture et la société grecques

Le premier chapitre nous apprend que les grecs magnaient la géographie comme un savoir
empirique. Elle se transmettait de générations en générations. Au IIIe siècle av. J-C, Eratosthène fait
l’expérience des puits de Syène : « Au solstice d’été, le soleil frappe le fond des puits à Syène, en
Haute-Egypte, alors qu’il est à 7°12 du zénith à Alexandrie : puisque la distance de Syène à
Alexandrie est de 5 000 stades, le tour de la Terre compte 252 000 stades (un peu plus de 36 000 km)
à l’équateur. » [Histoire de la Géographie ; Ch1, I, 2]
« La géographie a pour but de cartographier le monde habité, l’œcoumène. » (Œcoumène =
Oikoumènos grec = Terre habitée, monde humain)
« Les grecs en sont alors arrivés à concevoir la Terre comme une sphère, à en évaluer la dimension,
et à repérer les lieux à sa surface. Leur connaissance de l’astronomie leur a appris à distinguer des
points et des lignes remarquables à la surface de la Terre. » [ibid] Voici donc le point essentiel de la
géographie antique : la découpe de la surface de la Terre en zones. Trois zones sont ainsi repérées :
les zones polaires, les zones tempérées et la zone chaude. Les grecs ajoutent à cela les tropiques,
l’équateur mais aussi les cercles polaires. (Environ au IIe et Ier siècles av. J-C)

II. Savoir et savoir-faire géographiques au Moyen Âge

Au Moyen Âge, les savoirs géographiques acquis à l’Antiquité par les grecs et romains
semblent bafoués. Il y a des tensions entre les trouvailles antiques et les savoirs imposteurs des
chrétiens. « Les mappemondes se contentent alors de représenter le monde habité, que l’on
suppose plat. » La Sainte Eglise veut imposer sa gloire et sa puissance et sa parole est divinisée et,
par conséquent, peu ou pas du tout contestée.
1498 : Vasco de Gama découvre une route qui lie le Portugal à l’Inde et, de surcroît, offre un tout
nouveau réseau entre l’Europe et l’Asie.
« Si la Terre est sphérique, pourquoi ne pas se lancer à travers l’Océan ? *...+ Christophe Colomb
parie pour la route occidentale et découvre, au nom des souverains espagnols, les Antilles et le
Nouveau Continent à partir de 1492. »
« Les vues de l’œcoumène qui s’étaient élaborées depuis deux millénaires volent en éclat, mais les
cadres mentaux antiques que l’on vient de redécouvrir permettent d’intégrer les nouvelles données
dans un schéma cohérent. »

III. La Géographie et la Renaissance
Les Découvertes incitent les peuples de la Renaissance à s’approprier des données
géographiques pour faciliter l’expansion outre-mer.
« L’effort de la Renaissance porte d’abord sur la cartographie ». La géographie connaît au 16e siècle
un tournant religieux : « À l’espoir d’accéder à la vie éternelle s’ajoute la volonté de donner une
emprunte réellement chrétienne au cadre où se déroule l’existence des hommes : c’est un des
thèmes essentiels de la Réforme ; la Contre-réforme le reprend en écho ». De plus, « les calvinistes
pensent que la Faute a affecté la Terre tout autant que l’Humanité » et veulent « percer le mystère
de la volonté du Seigneur » en tentant d’élucider l’énigme de la Terre. Ils pensent qu’en comprenant
la Nature, ils trouveront ce qu’attend le Seigneur.

CHAPITRE 2 : LES LUMIERES ET LA GEOGRAPHIE

I. La naissance de l’Etat moderne, la bureaucratie et la statistique

« Les géographes disposent désormais, pour leurs descriptions régionales, de précisions
chiffrés qui leur manquaient jusqu’alors. »
« La géographie du XVIIIe siècle milite pour la rationalisation de l’administration et cherche sur
quels critères fonder les nécessaires découpages territoriaux. » De plus, la géographie « refuse
l’emploi de critères de délimitation qui ne seraient pas scientifiques et cherche ainsi à s’affranchir de
l’arbitraire des divisions purement administratives et politiques. »

II. La cartographie scientifique
« Les cartes sont d’autant plus importantes que le rôle de l’artillerie de campagne ne cesse de
s’accroître. »
Le XVIIIe siècle fait naître le métier d’ingénieur-géographe : la cartographie prend alors un tournant
scientifique puisque le but premier de ces manœuvres est la cartographie du monde – celle-ci devant
faciliter les conquêtes impériales du XIXe siècle.
Au XIXe siècle, les géographes développent la cartographie thématique : celle-ci permet de
« présenter de manière synoptique les données toujours plus riches recueillies par les enquêtes ».
« A la fin du XVIIIe siècle, les blancs sont circonscrits aux aires polaires et à l’intérieur des
continents. »

III. Une nouvelle conception de la nature : voyages et sciences naturelles.
« Le but des grandes explorations maritimes [comme ceux de Cook, Bougainville ou
Lapérouse] n’est pas seulement cartographique : les gouvernants se passionnent pour un champ où
l’investigation scientifique fait merveille, celui de l’histoire naturelle. »
En effet, les populations, les géographes et leurs gouvernants vont connaître un engouement quant
à la description de la faune et de la flore mais aussi du relief, du climat et de tout ce qui peut
caractériser les paysages conquis. Le naturalisme dont ils font preuve s’étend jusqu’à définir le plus
précisément possible les races humaines.

IV. Géographie et philosophie
« La géographie trouve dans l’atmosphère des lumières des conditions favorables à son
renouvellement : progrès de la statistique et de la cartographie liés à la rationalisation de l’Etat,
développement de la géographie physique et de certaines formes de géographies humaines comme
conséquence de la nouvelle optique naturaliste, renouvellement de la pédagogie sous l’influence de
Rousseau. »
Kant va également apporter ses lumières philosophiques sur la géographie : « C’est par sa réflexion
sur les conditions de la connaissance que Kant apporte des éléments nouveaux à la géographie. »
« Il faut donc que la raison se présente à la nature tenant, d’une main, ses principes qui seuls
peuvent donner aux phénomènes concordant entre eux l’autorité des lois, et de l’autre,
l’expérimentation qu’elle a imaginée d’après ces principes » [Kant ; Critique de la Raison pure (1781),
e
Préface de la 2 édition, P.U.F., 1968, trad. Tremesaygues et Pacaud, pp. 17-18.]
Il ne peut donc y avoir de connaissance géographique sûre qui ne soit d’abord fondée sur un savoir
empirique issu de l’expérience du pur donné naturel. En clair, l’expérience de la nature (et a fortiori
l’expérimentation) est essentielle pour donner matière à réflexion.
Herder et la géographie : La géographie qu’appelle la philosophie de Herder n’est pas une simple
description du monde : elle doit expliquer l’histoire de chaque peuple, et la marche générale vers le
progrès.

CHAPITRE 3 : LA NAISSANCE DE LA GEOGRAPHIE SCIENTIFIQUE : DES PIONNIERS A
L’EVOLUTIONNISME


I. Le premier XIXe siècle
Au début du XIXe siècle, « la mobilité des hommes et des biens progresse du même coup : sur
mer, grâce au bateau à vapeur dès les années 1810, sur terre, grâce au chemin de fer, qui fait ses
débuts dans les années 1820. Les rapports de l’homme et de l’environnement en sortent
bouleversés : les gains de productivité réduisent le nombre de travailleurs nécessaires à la
production des aliments ; les campagnes commencent à se vider au profit de villes qui peuvent faire
venir de loin l’eau, l’énergie et les denrées vivrières qu’elles consomment. La croissance des centres
urbains n’est plus limitée par les ressources disponibles dans un rayon de quelques dizaines de
kilomètres alentour. »
De plus, « le mouvement d’institutionnalisation de la science s’accélère. Il avait commencé au XVIIIe
siècle avec la création des académies des sciences. » Le monde des Universités échangent ainsi sur
des théories géographiques et « c’est dans ce cadre qu’avaient été imaginées les expéditions
indispensables pour vérifier certaines hypothèse. »
En effet, « les grands voyages à la manière de Cook, Bougainville ou Lapérouse, et l’expédition
d’Egypte, ont apporté de si riches résultats que la plupart des géographes se consacrent à en faire
connaître les enseignements et à organiser l’exploration des zones encore mal connues. »

II. Les fondateurs : Alexandre de Humboldt et Carl Ritter
Humbold va découvrir le rôle crucial des vents dans la répartition climatique du monde. Chez
lui, on découvre la diversité des territoires (notamment celui du Nouveau Monde).
Carl Ritter, qui écrit Géographie Générale comparée1, choisit de faire une « description régionale de
la Terre, qui utilise la comparaison pour faire comprendre les spécificités de chaque pays et les
orientations de son histoire. » La géographie physique tient une place cruciale dans le travail de
Ritter : il est au courant des progrès de la géomorphologie, de la climatologie et de l’océanographie.
Cependant, « il ne propose pas de réflexion systématique sur la nature des constructions régionales
et sur les rapports des groupes humains et de leur environnement. »
En revanche, « Ritter est attentif à l’impact des nouvelles techniques de la Révolution industrielle
[sur la géographie] : il est un des premiers à signaler le rapetissement du monde que provoque la
navigation à vapeur et à s’interroger sur sa signification. »
« Ritter importe en définitive plus par l’ambition qu’il confère à la géographie que par les résultats
qu’il apporte. »
1
Extrait de la préface : « Nous étudierons ainsi tous les rapports essentiels dans lesquels les peuples sont placés sur le
globe de la Terre : ces rapports nous conduiront à reconnaître toutes les directions dans lesquelles ils marchent à leur
développement sous l’influence fatale de la nature. »

III. Après 1860 : un nouveau contexte
Tout d’abord, il faut noter que l’isthme de Suez est achevé en 1869. Le commerce avec l’Asie
et l’Océanie en sort facilité. Les chemins de fer avaient déjà largement favorisé l’essor du commerce
en Europe : nous assistons à la fin du XIXe siècle à la croissance des relations internationales et à
l’époque coloniale.
« L’évolutionnisme darwinien donne à la géographie une tâche essentielle : rendre compte de la
différenciation des formes vivantes. » (P63)
« C’est en tant que discipline globale que la géographie est pourtant le plus affectée par la
thématique évolutionniste : n’est-ce pas le rôle de notre discipline que d’étudier les rapports des
hommes et de l’environnement ? Le thème mis à la mode par Herder prend une nouvelle dimension
dans l’optique du darwinisme. » (P64)

IV. Friedrich Ratzel et la naissance de la géographie humaine
« Ratzel cherche à établir à établir les lois générales qui régissent l’influence du milieu sur
les groupes humains : il s’attache ainsi à l’étude des relations qui se développent pour ainsi dire
‘‘verticalement’’ entre les sociétés et l’environnement où elles vivent. » (P64)
Friedrich Ratzel montre donc l’importance du mouvement entre les hommes et les sociétés dans le
monde.
Il « établit une distinction fondamentale entre les Naturvölker, les peuples qui sont restés à l’état de
nature et ne peuvent survivre qu’en s’adaptant à l’environnement où ils vivent, et les Kulturvölker
dont les techniques matérielles et les modes d’organisation sociale et politique sont assez évolués
pour qu’ils puissent s’isoler du milieu naturel. »
« La géographie politique apparaît donc à Ratzel comme la part la plus originale de la géographie
humaine des sociétés évoluées. »

CHAPITRE 4 : LE TEMPS DES ÉCOLES NATIONALES, 1890-1950

I. Les trois conceptions de base de la géographie
Trois conceptions de la discipline sont en concurrence à partir des années 1890 :
1) L’objectif traditionnel de la géographie : l’étude de la différenciation régionale de la Terre.
2) L’étude des rapports des groupes humains et de l’environnement (pour ceux que la thèse
darwinienne a séduits)
3) Une définition unitaire est enfin proposée : la géographie comme étude des paysages
« Aux Etats-Unis, l’Ecole Berkeley met l’accent sur les paysages et sur les relations hommes/milieu. »
(P69)

II. L’évolution de la géographie physique
« A la fin du XIXe siècle, deux orientations se dessinent en géographie physique : la première
essaie de saisir l’originalité globale des environnements, dans l’optique écologique qui est en train
de s’affirmer ; la seconde s’attache tour à tour aux formes du terrain, au climat ou à la végétation. »
(P70)
« La rigueur géomorphologique2 davisienne et sa structure théorique séduisent les géographes, mais
les éloignent des interactions hommes/milieu, qui sont pourtant au cœur de la vocation
géographique de ce temps. » (P71)

III. L’Ecole allemande
Un mouvement du nom de Heimatskunde se développe en Allemagne : c’est l’idée qu’un
peuple s’accomplit et s’exprime à travers un paysage. Cette théorie mêlée à la thèse darwinienne
sont un mélange intellectuel subtil quoique grossier qui est à la base de l’idéologie nazie.
« En raison de son orientation vers la Heimatskunde, et parce qu’elle fait du peuple une donnée qui
ne demande pas à être analysée, la géographie allemande est largement associée à la révolution
conservatrice dont les germes étaient présents avant le premier conflit mondial, mais que la défaite
promeut, et qui explique le triomphe du nazisme en 1932. La géographie politique emprunte alors au
Suédois Rudolf Kjellèn (1846-1922) le terme de géopolitique et devient une entreprise d’analyse et
de développement systématique des idéologies territoriales propres à assurer le triomphe des vues
allemandes sur l’organisation de l’Europe et du monde. » (P75)

IV. L’Ecole française
« La situation change à la fin XIXe siècle, grâce à Elisée Reclus et à Vidal de La Blache » (P76)
En effet, la géographie française qui - au demeurant - était très active manquait « de personnalités
de premier plan » (P76)
2
Géomorphologie : domaine de la géographie qui a pour objet la description, l'explication et l'évolution des formes du
relief terrestre
« La géographie se trouve désormais en position forte dans notre pays : la part qui lui est faite dans
l'enseignement est considérable. Des sociétés multiples encouragent le développement de la
recherche. L’opinion éclairée est très réceptive au nouveau savoir. » (P78)
« La défaite de 1870 suscite en France, à la suite du rapport Levasseur, la politique de promotion de
la géographie. » (P78)
« Vidal de La Blache est un professeur irréprochable et un voyageur infatigable. Pour lui, la
géographie a pour but d'expliquer l'inégale répartition des hommes à la surface de la Terre, et de
rendre compte, pour reprendre l'expression de Levasseur qu'il fait sienne, des formations de
densité. Il n’ignore évidemment pas ce que le terrain et le paysage peuvent apporter à la
connaissance de l’espace, mais les problèmes fondamentaux n’apparaissent qu’à la suite du
traitement cartographique des données. Les densités expriment les rapports que les hommes
nouent avec leur environnement, et à la place qu’ils accordent à la vie de relation et à la
circulation. » (P78)

V. La géographie américaine : le Middle West et Berkeley
Cari Sauer est séduit par les thèses allemandes comme science du paysage. Après avoir été
nommé à l'université de Berkeley, il consacre l'essentiel de son temps aux Amérindiens du Sud-ouest
des Etats-Unis et aux sociétés hispano-américaines.
« Sauer est, des géographes de son temps, celui qui est le plus sensible aux menaces que
l'exploitation sans mesure des ressources fait peser à la surface de la Terre. Celui-ci se focalise sur
les relations entre les groupes humains et leur environnement. » (P87)
Les analyses de ce géographe permettent en effet de montrer le rapport entre l’homme et son
environnement : l’homme doit s’adapter à l’environnement dans lequel il évolue puisque c’est ce
dernier qui détermine ses conditions d’existence. (Théorie déterministe)

VI. Domaines spécialisés
« Les travaux de géographie humaine se diversifient beaucoup au cours de la première moitié
de notre siècle. Les paradigmes mis en place aux alentours de 1900 en Allemagne, en France ou aux
Etats-Unis ne sont pas remis en cause, mais des résultats substantiels s’accumulent hors des chemins
déjà balisés. » (P87)
Et pour cause, les progrès sensibles du commerce international et du libre-échange font évoluer la
statistique traditionnelle vers une véritable géographie économique.
« W.Götz fixe clairement, dans un article de 1882, la tâche qui attend la nouvelle géographie
économique : faire comprendre l’échange international. » (P88)
« Elle *la géographie économique+ s’intéresse aux nouvelles formes de la concurrence et à la
montée des trusts à l’américaine et des Konzerne à l’allemande. » (P88)
Il nous est dit que pour Ratzel, les termes de géographie économique et de géographie humaine
signifiaient pratiquement la même chose. (Cf P88)

CHAPITRE 5 : LA NOUVELLE GEOGRAPHIE

I. De nouvelles interrogations, un nouveau contexte intellectuel
« La société ne demande plus aux géographes les mêmes enseignements qu’au début du XXe
siècle. La fièvre nationaliste s’est calmée dans les pays industriels. Le domaine pour lequel on a
besoin de connaissance et de savoir-faire s’est déplacé vers l’économie et l’organisation sociale. »
(P92)
« Depuis le début du XIXe siècle, la géographie se veut explicative, mais en mettant l’accent sur les
relations hommes/milieux, elle s’est condamnée à ne pas déboucher sur des lois générales, celles
qui permettent la prévision. » (P93)
« L’idée qu’il est possible de modéliser des systèmes et de comprendre leur fonctionnement quelle
que soit leur nature se répand dans le monde anglo-saxon. En France, l’intérêt va plutôt aux
structures : l’inspiration vient dans ce cas de la phonétique et des recherches de Ferdinand de
Saussure (1857-1913) et de Lévi-Strauss (1908-2009) ; elle remodèle progressivement la sémiologie,
la critique littéraire et l’anthropologie ; elle touche aussi la géographie. » (P94)
« La Première Guerre mondiale avait vu se développer l’utilisation des photographies aériennes. Leur
emploi se systématise à l’occasion du second conflit. Les planches en infrarouge complètent les
séries normales. Les images radar percent les couverts nuageux. La mise au point de satellites
d’observation conduit à une couverture de plus en plus régulière de la terre avec une résolution sans
cesse améliorée, de l’ordre du mètre pour les appareils les plus performants. La télédétection fournit
aux géographes des données récentes et précises. »
Nous voyons bien que l’évolution des techniques de cartographie de la Terre entraîne la
géographie vers une ère nouvelle. Les données statistiques de plus en plus sûres ainsi que la
cartographie de plus en plus précise permettent un renouvellement assuré de la discipline.

II. La nouvelle géographie
« Isard lance l’idée d’une science régionale pour servir de trait d’union entre les économistes,
les aménageurs, les urbanistes et les géographes. *...+ La théorie de localisation fascine d’autant plus
les géographes qu’elle répond exactement à ce qui leur est désormais demandé : elle autorise la
prévision. » (P98)

CHAPITRE 6 : POSTMODERNITE ET TOURNANT CULTUREL

I. L’ouverture de nouvelles perspectives

Voir Homo oeconomicus
« Yi-fu Tuan parle de géographie humaniste pour le nouveau courant. » (P105)
C’est-à-dire que la géographie post soixante-huitarde se veut avant tout tournée vers cela même
qui fait qu’elle a raison d’être : les hommes. Elle veut donc étudier les processus sociétaux de
l’homme, les évolutions - ou régressions – sociales, etc.

II. La remise en cause postmoderne de la science et de la pensée occidentales
« La géographie classique et les nouvelle géographie soulignaient l’une et l’autre la stabilité
souvent remarquable de structures dans les paysages et dans les formes d’organisation de l’espace,
mais elles ne parlaient guère des acteurs qui les avaient fait naître. Les courants humanistes
renversent la situation : ils replacent l’homme au cœur de la discipline, mais passent très vite sur
le poids de la société » (P109)

III. Le tournant culturel
« Les thèmes qui attirent les chercheurs sont multiples. Ceux-ci s’intéressent aux injustices
sociales et mettent en lumière des collectivités longtemps passées sous silence (les femmes en
particulier). Ils s’attachent aux transformations de l’habitat et à ses conséquences sociales. Ils font
une large place à la circulation. Ils prennent en compte l’impact du tourisme. Le souci de
l’environnement et de la croissance durable s’affirme chez presque tous. Les dimensions
économiques et politiques de la globalisation sont également analysées. Dans le même temps, la
diversité des cultures et le rôle des religions et des idéologies sont soulignés. » (P110)
C’est cela même que nous appelons géographie humaniste : l’étude de l’organisation socio-
économique dont l’homme est au cœur du processus.
« La prise en compte de la culture par la géographie s’approfondit : les hommes appréhendent
toujours le monde à travers les images qu’ils ont apprises ; ils le racontent à travers les mots qui leur
ont été transmis ; ils agissent selon des normes qu’ils ont intériorisées. » (P111)
La géographie humaniste va tenter de déstructurer la société pour en comprendre les bases. C’est en
quelque sorte l’application d’une géographie inductive qui va faire rayonner les connaissances sur la
société. En résumer, s’intéresser aux particularités pour remonter à une structure qui résulte d’un
processus, c’est le cheminement de la pensée inductive. Les géographes cherchent à comprendre
l’origine anthropologique d’un phénomène pour en faire une loi générale. (ex : gentryfication ;
melting-pot/salad bowl)

CHAPITRE 7 : LES GEOGRAPHES FACE A LA GLOBALISATION

« L’heure n’est plus où le géographe chantait la conquête de la nature par l’homme. C’est au respect des milieux et à la
croissance durable qu’il doit maintenant inciter ses lecteurs. » (P112)

I. Communication et globalisation
« La nouvelle géographie a eu le mérite d’attirer l’attention sur les faisceaux de relations
que les hommes tissent entre eux et qui donnent naissance à des flux de bien, de personnes et
d’informations. » (P113)
« Le progrès des moyens de communication explique le bouleversement contemporain des
activités économiques. Le monde s’est rapetissé. Nous vivons dans un ‘‘village planétaire’’ *Mc
Luhan]. Cela n’est pas sans conséquence sur le plan culturel » (P115)
« La globalisation conduit donc à la fois à la banalisation de l’habitat, des villes et des paysages, et à
des réactions souvent violents d’affirmation identitaire. *...+ Les géographes d’hier ne marquaient
aucun intérêt pour les questions identitaires. C’est aujourd’hui une de leurs préoccupations
essentielles. » (P115)
(Pensons au Choc des Civilisations)

II. Les mutations de la scène politique
« Les entreprises ont désormais la possibilité de délocaliser leurs productions : pour obtenir
des conditions avantageuses, elles mettent en concurrence les villes, les régions et les Etats : ceux-ci
perdent le pouvoir de contrainte et de contrôle dont ils disposaient.
D’un pays à l’autre, les nouvelles voyageaient par des voies diplomatiques, grâce aux missions
religieuses ou aux correspondants des grands journaux ou à travers les succursales des grandes
entreprises. Les nouveaux moyens de transfert des informations provoquent la multiplication
d’organisations non gouvernementales (ONG) et multiplient les contacts établis de particulier à
particulier. Ils élargissent la sphère d’action du crime et celle des mouvements terroristes. Toutes ces
évolutions affaiblissent l’Etat. » (P119)
« Les nations se regroupent en unions douanières, créent des marchés communs, fusionnent leurs
économies comme en Europe. Erodé vers le bas par l’autonomie croissante des instances locales,
l’Etat l’est également vers le haut par la montée des organisations supranationales [FMI, ONU, TPI,
...+. » (P119)

[u]III. La crise de l’environnement global[/u]
Escompter une croissance infinie sur une Terre aux ressources définies est absurde.
C’est ce sur quoi s’attardent nos géographes contemporains : déjà apparaissaient la notion de
‘‘développement durable’’ dans le rapport Bruntland dans les années 80. Aujourd’hui, « les
déséquilibres globaux se multiplient : effet de serre, destruction de la couche d’ozone,
réchauffement climatique. *...+ C’est tout le rapport des groupes humains à l’environnement qu’il
convient de repenser. » (P121)

IV. La place de la géographie dans le monde postmoderne
« Dans le monde d’aujourd’hui, cette étape *géographie explicative, comprendre comment
les hommes structurent l’espace pour permettre aux sociétés de fonctionner efficacement] doit être
précédée par une enquête sur la manière dont les hommes pensent la vie, la société et ses buts.
L’approche culturelle est indispensable pour percer les différentes dynamiques à l’œuvre dans les
sociétés qui se partagent la Terre. » (P123)

CONCLUSION

« Dans son développement, la géographie a suivi un cheminement complexe : les
démarches qu’elle implique sont apparues successivement ; la manière de les combiner n’a cessé
de changer.
La carte permet à l’observateur de changer d’échelle. Elle fait de lui un géant capable
d’embrasser du regard une région, un pays, la planète... L’image du monde réduite à des traits
essentiels, mais dûment localisés, mesurés, conceptualisés, devient intelligible. Les rapports
complexes entre les différents éléments du milieu s’y lisent, tout comme l’impact puissant de
l’homme. Support écologique, surface à aménager, espace à dominer, la terre entretient avec les
sociétés humaines des relations essentielles, mais qui prennent des formes différentes selon les
cultures ; elles se traduisent par des paysages et des modes de vie que les géographes s’efforcent
de décrypter.
Pourquoi cette diversité qui, dans notre monde, prend des formes si tenaces, si extrêmes, si
conflictuelles par fois, malgré la puissance des forces d’unification dans le domaine des savoirs
techniques ou de la communication ?
L’ambition (ou la prétention) du géographe est immense. Son regard explore le domaine
des sciences de la nature et celui des sciences sociales. Son but est de démonter le système
complexe des rapports et d’influences responsable des réalités observées. Le milieu naturel offre
des ressources et des possibilités plus ou moins favorables. Mais ce qui compte surtout, c’est
l’ensemble de techniques de production et d’organisation sociale dont disposent les groupes
installés dans tel ou tel territoire. La notion de territoire est très forte : le sentiment
d’appartenance accroché aux tombes des ancêtres, aux acropoles et aux lieux sacrés va bien au-
delà de la satisfaction des besoins naturels. » (Pp 124 & 125)



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MessagePosté le: Mar 21 Fév - 12:45 (2012)    Sujet du message: Publicité

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