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un Printemps arabe ? (conférence à l'UBO)

 
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tinaig


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MessagePosté le: Mer 15 Fév - 13:22 (2012)    Sujet du message: un Printemps arabe ? (conférence à l'UBO) Répondre en citant

UN PRINTEMPS ARABE ? 

L’impact du fait colonial les sociétés arabes 
par Daniel Rivet 

Quand commence la colonisation ? Est-elle seulement le fait des Européens ? Se fait-elle de la même manière selon les pays ? Selon les colonisateurs ?


I. Comment commence la colonisation ?


L’Egypte est un des premiers pays à être exploré dès 1798. Peu à peu, les britanniques y transfèrent des techniques et des entreprises. Mais peut-on déjà parler de colonisation ? D’une certaine manière, oui, car la violence envers les égyptiens est déjà présente, mais il faut attendre la fin du XIXe pour que les outils et la gestion des colonisés se mette en place.  
Or les européens sont-ils les seuls colons ? Les turcs reprennent le projet de colonisation des européens pour tenter de l’appliquer au Moyen-Orient. L’Egypte elle-même essaye de s’approprier le Soudan en 1822 (une avant-garde de l’Europe ?), qui prouve une intériorisation rapide des mentalités des européens. Durant la construction du Canal de Suez, les britanniques influencent les égyptiens qui se rapprochent peu à peu, idéologiquement, des mentalités européennes. 
Quelle est l’identité du colonisateur ? Les français se montrent assez fermés d’esprit lorsqu’ils arrivent en Afrique du Nord : ils perçoivent les maghrébins comme un peuple archaïque, barbaresque car constitué en tribus et non en cités, preuve de leur simplicité. Au Proche-Orient, c’est différent, car cette région est perçue comme le berceau de la civilisation européenne et impose le respect.  
Les anglais restent moins longtemps à la tête de ses colonies. L’Egypte accède à l’indépendance dès 1922, après avoir vécu 40 ans sous protectorat anglais. 15 000 britanniques s’y étaient installés, principalement comme conseillers durant les travaux du Canal de Suez. Ils investissent énormément dans la culture du coton (capitaux) mais n’imposent pas leur langue et facilitent le commerce avec la population en favorisant le libre échange (indirect rule). Les anglais n’investissent pas "affectivement" et restent surtout des aventuriers. Au contraire, les français s’installent en plus grand nombre et plus longtemps (de 1881 à 1956 en Tunisie, de 1830 à 1962 en Algérie et de 1912 à 1956). Ils s’approprient les terres et les mettent en culture (vin,…). En échange, ils promettent un pacte colonial. Ils investissent dans les infrastructures, "émotionnellement" (souhait d’être aimés et respectés par les populations). Les français construisent un nouveau peuple pour lequel l’Algérie était le pays et la France la nation.  

II. Un choc au contact de l’Occident ?


La découverte de l’Occident se fait en 3 temps. Les premiers maghrébins sont des étudiants ou des envoyés en mission. Leurs histoires prennent la forme de récits de voyages. Mais à l’époque, aller à l’Ouest, c’est se mettre en danger, c’est aller vers l’étranger, risquer son identité. Il existe toujours un grand refus d’occidentalisation. Les premiers occidentalistes prennent des risques en allant en Europe, tout comme les premiers travailleurs : "On va à l’Ouest pour la soupe", répondent-ils. Cela ne les empêche pas de préserver leur pureté culturelle traditionnelle (prières, rituels,…). Cependant, certaines angoisses persistent : peur de perdre leur identité au contact des chrétiens ou de leur culture (faut-il porter les vêtements européens ?). 
Peu à peu, les maghrébins s’adaptent aux européens, tout en accédant à une modernisation "défensive". Les colonisés souhaitent se protéger contre les lois imposées par les européens, mais en même temps, ils veulent accéder à une modernisation afin de profiter utilement des institutions européennes. Il leur faut trouver un équivalent de ces institutions dans leur propre culture afin de limiter au maximum le choc avec l’Europe et également pour se défaire de leurs souverains. Ils prônent l’adoption par l’adaptation : ils connaissent déjà les valeurs de liberté, d’égalité (justice-équité), et de fraternité mais les adaptent au modèle européen afin de réformer leur société, tout en critiquant à la fois les européens. 
Enfin, il faut nous intéresser aux maghrébins ayant reçu une éducation européenne et ayant fréquenté des écoles bilingues. On assiste à un véritable mélange des civilisations, où la nouvelle génération parvient à dépasser les querelles passées et qui se dit contemporaine à l’Europe, à sa modernité. Ils se sont assimilés à l’Occident, car ils le portent en eux. Ils sont peu nombreux, à l’avant-garde (on voit apparaître des arabes chrétiens en Egypte entre 1922 et 1936). Son universalisme est puissant, mais son drame est qu’elle est coupée du peuple (cf. Journal de substrat de campagne) : c’est une élite "biculturée" mais faussée avec sa société.  
Mais qu’en est-il des femmes ? Elles commencent à s’émanciper dès les années 1920, mais reste pensée comme un problème : "mères des citoyens, sœurs des martyrs". Les femmes partent également vers l’Europe où elles peuvent réellement s’y émanciper 
.III. Fin de l’époque coloniale : un conflit de générations


Peu à peu, s’instaure un conflit entre pères et fils, le fils en sait plus que son père car a reçu une éducation européenne : cette opposition est renforcée, donc, par le fait colonial. On note également une perte de crédibilité des anciens car les jeunes délaissent les cultures traditionnelles (culte des esprits, religion, traditions patriarcales) au profit d’une culture occidentale (des lycées à Fès réinterprètent Tartuffe afin de se moquer des anciens). Les fils tentent d’éradiquer les vieilles traditions. Les privilégiés partent dans les villes européennes et y forment des associations étudiantes maghrébines, des mariages : Paris devient la destination rêvée.  
La naissance de cette élite va permettre une renaissance politique. Formée en France, elle va chercher à négocier les indépendances, souvent assez aisée mais déclassée par rapport à son éducation. Elle monte avec les intellectuels et les brigadistes des partis, dans la mouvance française, profondément imprégnée par la culture française, marquée par son idéal jacobin. Cette élite va s’installer principalement dans les centres villes. Au contraire, les activistes ont reçu une éducation millénariste (djihad) et ce sont eux qui souhaitent reprendre l’indépendance par la force, n’ayant pas reçu de véritable culture politique.  

 
IV. Réponses aux questions (avec Jean-Pierre Filiu)

Solidarité générationnelle entre les pays ? : On ne peut pas dire qu’il existe une solidarité générationnelle entre les pays : peu de gens ont aidé à la révolution. Il n’existe pas de transnationalisme mais chaque révolution sera subjective, propre à chaque pays (l’effet échos ne transcende pas les frontières. Il y a une volonté de vaincre seul, sans l’aide des autres pays arabes, même si on aurait tendance à le croire (djihâd) : il n’existe pas de transnationalisme. Les pays arabes ont leur histoire propre et il est très peu probable que cette révolution puisse être comparée à la chute du bloc communiste : il n’y aura pas forcement d’explosion des frontières. 
Le cas de la Libye : une révolution gâchée par l’intervention de l’OTAN ? : La révolution libyenne vient juste de commencer. Sans l’intervention de l’OTAN, Kadhafi aurait pu tenter de déstabiliser les révolutions en Tunisie et en Egypte. La Libye devient très vite un lieu de rassemblement pour les proches de Ben Ali et de Moubarak. Mais l’OTAN n’aurait pas pu renverser seul le régime de Kadhafi : les révoltés n’ont pas adopté les plans opérationnels suggérés par l’OTAN et ont toute de même réussi à faire tomber Kadhafi. Aujourd’hui, il leur faut reconstruire une société politique libyenne (nouvelles institutions,…). Seuls les libyens peuvent faire leur Histoire. Le régime kadhafiste s’étant basé sur l’abnégation de la vie et la mort progressive de la société va être très difficile à surmonter car les révoltés ont toujours vécu dedans.  
Peut-on considérer qu’il existe une cyclicité tous les demi-siècles des renaissances arabes ? (il faut savoir que les historiens considèrent que le monde arabo-musulman a subi plusieurs "renaissances" au cours du dernier siècle : la première au début des années 1900, la seconde à la fin de la colonisation et avec l’indépendance des pays et une troisième, qui prend son origine avec les révoltes du printemps dernier) : On a pu noter une oscillation entre des périodes d’ordre (despotisme du régime) et de désordre (révolte, anarchie). Mais à aucun cas on ne peut parler de cyclicité des périodes de renaissance, car croire à une cyclicité de l’Histoire, c’est nier le destin des hommes, des peuples.  
La Syrie risque-t-elle l’implosion ? : Les dictateurs ont recours aux pires manœuvres pour conserver le pouvoir : pour eux, la démocratie, c’est le chaos. Bachar Al Assad souhaite déclencher une guerre civile plutôt que de se cantonner à une révolution pacifiste de la part de ses opposants.  


 

 

 
La jeunesse face à l’autorité en Egypte 
par Assia Boutaleb 
Les concepts de jeunesse et d’autorité sont assez flous, il nous faudra donc essayer de décrypter les enjeux de ce paradoxe. La jeunesse est bien évidemment une force de cette contestation, mais nous en avons fait, à travers les médias, l’image d’un "idéal type", d’un modèle intelligible pour tous. Or il faudrait parler de jeunesses. De même, il n’existe par une seule figure emblématique de cette révolution comme on aimerait nous faire croire. Il nous faudra donc étudier les différents visages de cette jeunesse égyptienne, le rôle qu’elle a joué dans la révolution et sa place dans la société actuelle. 

I. Les jeunesses égyptiennes


Tout d’abord, les jeunes égyptiens n’ont pas tous participé à cette révolution : très peu de jeunes de la campagne ont pris part aux manifestations. De plus, il faut comprendre dans le mot Jeunesse, la population entre 15 et 29 ans. Or, l’Egypte n’a jamais été aussi jeune qu’aujourd’hui et ne le sera plus jamais. En effet, cette jeunesse représente près de 66% de la population égyptienne et n’a eu de cesse d’augmenter depuis les 20 dernières années (27% en 1988, 36% en 2006).  
Cette jeunesse est de plus en plus et de mieux en mieux éduquée (aujourd’hui 61% des jeunes ont été scolarisés), mais reste la principale tranche de la population touchée par le chômage (sur le 1,7 millions de chômeurs, 83% sont des jeunes de moins de 30 ans et 43% ont moins de 25 ans !), ce qui la contraint à rester de plus en plus longtemps chez ses parents. De plus, on est jeune tant que l’on n’est pas marié, or on assiste à un retardement du mariage (notamment dû au chômage) ce qui entraîne un allongement de la jeunesse.  
Il faut ajouter à cela qu’en Egypte, on est considéré comme "jeune" politiquement parlant jusqu’à 40 ans : en dessous de cet âge légal, on est jugé comme "mineur social". Ces "jeunes" ont donc massivement participé à cette révolution afin de pointer du doigt leurs aînés et l’autoritarisme du pouvoir.  
L’Etat égyptien a donc tenté d’ériger la jeunesse en source de légitimation (création de mesures en direction de la jeunesse). Depuis les années 2000, il commence à faire des efforts pour la jeunesse (facilite notamment l’accès à l’Internet) : les jeunes y trouvent là un exutoire. On note donc une explosion des blogs où on commente la vie politique. Des groupes se créent qui relient les images de la politique du gouvernement (tortures,…) dès 2006. Un des groupes les plus connus est Kibaya, créé en 2004, qui souhaite briser les tabous de la succession de Moubarak. Il est formé de vieux militants des droits de l’homme des années 1960-70. Il souhaite fédérer les différents mouvements politiques et devient le modèle de la jeunesse (dénonciation des scandales financiers et politiques du gouvernement Moubarak).  
L’autoritarisme égyptien prend sa forme dans la puissance de Moubarak et ses proches, des hommes d’affaires capitalistes riches et puissants (on a noté depuis quelques année une croissance du nombre d’hommes d’affaire et de l’affairisme, très critiqué par la jeunesse sur Internet et relayé par manifestations et grèves dans le pays). Ces groupes se relient aux revendications sociales (ex : le "Groupe du 6 Avril" qui reprend des dénonciations sur la vie chère et le règne des affaires qui connaît une extension très rapide et appelle à la manifestation le 6 avril). Le 24 janvier 2011, vieille de la révolte, il comptait 200 000 sympathisants sur Facebook. 
Cette "Génération Facebook" appelle à la révolution active et est présente depuis 2006. Mais elle n’explique pas à elle seule la mise en place de cette révolution bien qu’elle y ait fortement aidée. En effet, sur 80 millions d’égyptiens, seuls 23 millions ont un accès régulier à Internet dont 8 millions à Facebook et 500 000 à Twitter. 
A la fin des 18 jours de révolution (du 25 janvier au 11 février 2011), on a eu tendance (médias européens) à mettre en exergue des figures emblématique de cette révolution, notamment au moyen de stéréotypes ("la jeunesse égyptienne vient de se réveiller" est une considération des plus fausses, on l’a bien vu précédemment). En effet, avant d’être blogueurs, les jeunes sont d’abord activistes politiques : ils se rapprochent souvent de partis politiques, opposants de Moubarak, qui représentent pour eux un espoir de changement. Mohamed El Baradei (prix Nobel de la Paix en 2005) crée l’Association Nationale du Changement et propose aux égyptiens de les mener vers la démocratie. Il attire de nombreux jeunes en instaurant une défiance vis-à-vis des partis politiques officiels.  
Il existe donc des espaces (Internet) et des partis d’opposition. Il faut noter cependant que les partis officiels d’opposition entretiennent une forme de vassalité vis-à-vis du parti de Moubarak. La jeunesse a donc une forte volonté de changer la moralité des activités publiques. Ils ont des revendications "morales" et la communication de la jeunesse se fait donc au-delà d’Internet.  

 
II. Vers une gouvernance de la jeunesse ?  

 
Malheureusement, la jeunesse n’arrive pas à se fédérer en un unique parti et donc ne peut présenter de projet alternatif à celui des "adultes". Il faut ajouter à cela le fait qu’il n’existe pas de transition des savoirs révolutionnaires en savoirs politiques : il n’y a pas de fédération au-delà de la protestation). 
La vision que nous, occidentaux, avons de l’activisme révolutionnaire est faussée par les médias nous ont relayé l’image des cyber-activistes, laissant de côté l’existence d’une jeunesse islamiste, confrontée au même conflit de génération. Elle-même tente de se démarquer des anciens, des Frères Musulmans (notamment de son Bureau de Guidance) qui aliène les jeunes islamistes qui commencent à s’en démarquer. Exemple caractéristique : les Frères Musulmans ne rejoigne des révolutionnaires de la place Tahrir qu’à partir du 4e jour tandis que les jeunes islamistes sont présents dès le 1e jour. Il y a un décalage de plus en plus important avec les aînés. Se crée alors un courant indépendantiste (le "Courant Egyptien") qui rassemble des jeunes de toutes horizons politiques autour d’une volonté de changement.  
De plus, un événement tel que la révolution politise la jeunesse : les groupes de jeunes sortent du virtuel pour réellement pointer du doigt le rôle du gouvernement Moubarak et aujourd’hui de l’armée. Les jeunes ont fédéré d’autres catégories sociales mais se sont eux seuls qui poursuivent cette révolution tandis que l’autoritarisme perdue aujourd’hui avec l’armée.  
L’Egypte est en pleine période de transition : de nouveaux partis de constituent mais les jeunes n’ont toujours pas la place qu’ils méritent car sont victimes de la méfiance des institutions traditionnelles. On a affaire à différents groupes (coalition), de plus en plus nombreux, qui refusent de se regrouper en un unique parti politique (tentative avec "La Révolution Continue"). 
Moins de 10% des sièges de l’Assemblée sont à des jeunes (environ 4 députés), ce qui prouve bien le rejet de la jeunesse, reléguée au statut de mineure social par rapport aux aînés. Ils maintiennent cependant la pression face aux nouvelles institutions (manifestations et affrontements de rue avant les législatives), mais commence à être trop perçue comme jusqu’au-boutiste par le reste de la population qui ne souhaite qu’un retour à la normale. L’influence de la jeunesse se rétrécit qui ne peut plus convaincre au-delà d’elle-même.  

 
L’enjeu de la révolution des égyptiens est dans les mains des jeunes, mais on ne leur accorde pas cependant la place qu’ils méritent, ni aucune légitimité. Cette jeunesse reste donc confrontée à l’autoritarisme qui ne cesse de perdurer : la révolution égyptienne n’a pas triomphé, mais elle n’est pas encore terminée ! 


 

 
Enjeux du conflit israélo-palestinien sur les révolutions arabes 
par Bernard Botiveau 

 
I. Les relations entre Egypte, Israël et Palestine 

 
L’Egypte a toujours eu un intérêt pour la Bande de Gaza. En 1948, Gaza appartenait toujours à l’Etat Palestinien. Entre 1949 et 1950, la Cisjordanie est annexée par la Jordanie et le Bande de Gaza est administrée par l’Egypte, qui ne l’annexe pas cependant car elle ne souhaite pas jouir d’une influence directe sur le territoire palestinien. L’Egypte paye donc un prix très fort pour préserver la Palestine (Frères Musulmans très proches et actifs à Gaza). L’Egypte n’a de cesse de soutenir la cause palestinienne. 
Aujourd’hui, l’Egypte entretient des liens très forts avec la Palestine mais reste passif depuis les accords d’Oslo : on instaure des contrôles entre les deux pays (tourisme, migration), mais ces contrôles restent dirigés et imposés par les israéliens. A la suite de la deuxième Intifada, Israël exige que la Palestine soit plus sécurisée et l’Egypte accepte la construction d’un mur autour de Gaza. Mais Gaza et l’Egypte continuent à commercer et se crée alors "l’économie des Tunnels" qui permettait de faire circuler bétail, électronique, riz,… Mais Moubarak fait construire un mur encore plus bas afin de limiter au maximum les échanges (il y a quelques mois, une partie du mur a été détruite et on a assisté à un véritable exode vers l’Egypte afin de s’y faire soigner ou pour acheter de la nourriture).  
Le Sinaï pose un grand problème pour l’Egypte : elle a du mal à contrôler la région, soumise à de nombreux trafics (drogue, migration, prostitution) de l’Afrique vers Israël. C’est aussi le lieu de passage des pipe-lines vers Israël, sans cesse sabotés. Les militaires égyptiens vont être amenés à jouer un plus grand rôle dans cette région.  
De plus, depuis les élections palestiniennes en 2006, le Hamas est au pouvoir à Gaza et a permis à l’économie palestinienne de s’améliorer, ce qui déplait fortement à l’Occident (refus de la soumission aux ordres des américains). Se pose donc aujourd’hui le problème d’un gouvernement autonome palestinien.  
Cependant, le cas de la Palestine n’est pas un des mots d’ordre en Egypte qui malgré un soutien affiché (exhibition de drapeaux palestiniens sur la place Tahrir durant la révolution, drapeaux israéliens brulés et ambassade israélienne attaquée afin de monter le soutien actuel à la Palestine et moyen de pression contre les Etats-Unis) ne prend pas position aux côtés de la Palestine.  

 
II. Réponses aux questions (avec Fabrice Balanche) 

 
Que vont devenir les Alaouites ? (Bachar el-Assad vient de la région des Alaouites et aujourd’hui, c’est cette minorité qui gouverne tout le pays : 80% de l’armée et des hauts membres du régime syrien sont alaouites) : On craint aujourd’hui que les rebelles ne tentent de se venger face à cette minorité (attachés à l’image du régime, de nombreux alaouites tirent sur des sunnites lors des rassemblements pacifistes). Si le régime tombe, ils seront sûrement contraints à se réfugier dans les montagnes. Or il parait fort peu probable pour que se forme alors un état alaouite, déjà très convoitée par les russes. 
Quel est le rôle de la Turquie dans le Moyen-Orient ? : Les turcs possèdent un atout : le détroit des Dardanelles. Elle est une puissance économique qui cherche à avoir un rôle géopolitique au Moyen-Orient. Elle se définit comme le modèle à suivre car mêle démocratie et religion. Elle souhaite y acquérir des protectorats (ex : Kurdistan). La Syrie est devenue un véritable marché pour elle, mais la Turquie a peur du problème kurde (en effet, on trouve une minorité kurde en Syrie) et de la réaction des pays de l’OTAN.  
L’Iran soutient-il la Syrie ? : La Syrie devient un enjeu géopolitique entre les pro-iraniens et les pro-américains. L’Iran a, en effet, une alliance stratégique et économique, et apporte une aide financière au Hezbollah, même si celui-ci n’intervient pas directement dans le confit. L’armée syrienne libre est, elle, soutenue par la Libye, le Qatar, le Liban (les services français ont tenté d’aider les rebelles) et la Turquie (transfert d’armes). 

 

 

 
 
Le rôle des médias dans la révolution arabe 
par Mohamed El Oifi 

 
Depuis le début du XXe siècle et de la médiatisation politique, on se demande si les médias sont consubstantiels à la politique. Les mêmes acteurs possèdent-ils les outils politiques et médiatiques ? 
On a pu observer à trois différentes reprises le rôle qu’ont pu jouer les médias sur les révolutions. La première fois, lors de la Guerre Froide, l’implosion a été permise par l’usage des médias. Dès 1953, des radios ont été créées afin de déstabiliser le pouvoir soviétique. Les médias ont joué contre la politique, appuyé à distance par les Etats-Unis (Voice of America). Deuxièmement, les médias servent de moyen de propagande pour les opposants au Shah d’Iran (cassettes). Une grande partie des idées du dissident Schariati circule au moyen de ces cassettes, créant un discours parallèle à celui du Shah (perte de légitimité et provocation de la Révolution de 1979).  

 
I. Diversité des médias et des acteurs 

 
Enfin, aujourd’hui, on peut déjà affirmer que les médias ont joué un rôle très important pour les révolutions arabes, même si aucune analyse scientifique n’a été faite à ce sujet. Mais qui a initié ces mouvements ? Quels médias ? Contrairement à ce que l’on a tendance à croire, les médias traditionnels ont eu un grand rôle dans la diffusion des idées, que ce soient Al Jazeera, la radio ou la presse. Ces médias sont relayés par les nouveaux médias tels Facebook, Twitter ou Wikileaks. Ce dernier a eu rôle important car il permet de suivre les correspondances entre les ambassadeurs, les consuls américains et d’avoir leur avis concernant le pouvoir politique en place dans les pays arabes (premiers à pointer du doigt le côté mafieux de la politique tunisienne). Les médias doivent créer un trouble chez les autorités.  
A quels niveaux interviennent ces médias ? Les médias satellitaires (télévision, radio,…) permettent la maturation des révolutions sur du long terme quant au déclenchement et au déroulement de ces révolutions, elle a été facilitée par les nouveaux médias (à relativiser cependant car seulement 2% de la population a accès à Facebook). 
Mais qui tient la ficelle des médias ? L’Etat dirige les chaînes de télévision et la radio, mais les individus contrôlent, eux, les réseaux sociaux d’Internet. Il ne faut pas non plus oublier le rôle d’Al Jazeera, chaîne qatarie diffusée dans la totalité du monde arabe qui a encouragé les révolutions et qui a été très utile aux rebelles égyptiens et tunisiens, mais a très peu diffusé les images des révoltes libyennes et syriennes. Ce soutien encourage à la résistance civile. 
Le champ médiatique arabe fonctionne sur une base régionale et à la fois nationale : il existe une presse arabe crée vers 1850, antérieure donc à la formation d’Etats-nations ainsi que des médias transnationaux (Al Jazeera), renforcés par le leadership arabe. L’utilisation d’une langue commune, l’arabe, renforce ce caractère transnational et crée un terrain politique commun (opinions "arabes"). Cela permet alors une diffusion globale des idées, une même propagation des opinions (révoltes contagieuses). Les Etats n’ont pas un caractère politique propre car subissent l’influence des autres.  

 
II. Activités politiques locales 

 
Quel rôle peut-on attribuer au téléphone portable ? Les hommes ont pu se servir de leur téléphone portable pour filmer les scènes de révolte (ex : films anonymes syriens où sont indiqués à l’aide panneaux le lieu et la date de l’événement). Ces films sont ensuite transférés sur Youtube et repris par Facebook. Mais peu de personnes ont accès à Internet et encore moins à Facebook (2% de la population comme nous l’avons vu toute à l’heure), et seules quelques communautés restreints peuvent les visionner. C’est pourquoi pour espérer avoir un impact sur la population, ces vidéos se devaient d’être relayées par des médias plus importants. Al Jazeera commence à diffuser ce qu’elle trouvait sur Facebook et permet ainsi aux films d’arriver jusqu’à des communautés plus importantes (ex : la diffusion de rumeurs a permis aux tunisiens de prendre conscience qu’une révolte était en train de se mettre en place).  
Al Jazeera est appréciée dans le monde musulman, même dans le monde entier, de par son caractère libéral et devient un des acteurs indispensables des révolutions. Elle a préparé l’arrivée des oppositions au pouvoir car elle se place comme vecteur de l’opposition aux régimes depuis les années 1996 (interviews d’opposants,…). Elle a donc un rôle à long terme.  

 
III. Réponses aux questions 

 
Al Jazeera est-elle sous la seule égide des pays du Golfe ? : En effet, avec les révolutions arabes, les deux ennemis, le Qatar et l’Arabie Saoudite se rallient contre la Syrie. Cependant, la chaîne a originairement été créée pour s’opposer au régime politique saoudien et critiqua violemment la prise de parti de l’Arabie lors de la révolte égyptienne (le Qatar soutenant les rebelles, l’Arabie se rapprochant de Moubarak). La politique qatarie triomphe avec la montée au pouvoir des Frères Musulmans, alliés du Qatar, de plus en plus nombreux à arriver au pouvoir dans les pays révoltés.  
Le service International BBC a-t-elle eu un impact sur la manière de s’informer des populations ? : La BBC a été très regardée et écoutée jusqu’en 1967 (guerre de Six-Jours). Depuis quelques années, la BBC a instauré un Service National Arabophone. Mais ce service marche moins bien, Al Jazeera ayant déjà le monopole de l’audience et pouvant se permettre de faire des discours contre la politique anglophone. 
Assiste-on donc à une renationalisation des médias aujourd’hui ? : Cette idée de renationalisation a été reprise après les révolutions. Les frontières sont trop jeunes et les arabes se désintéressent de l’Etat. Mais les chaînes nationales vont jouer un rôle de plus en plus important grâce à la libéralisation politique arabe suite aux révolutions. Cela ne signifie pas pour autant la fin des médias transnationaux, qui restent toujours un phénomène structurel du monde arabe.  

_________________
L'herbe est verte, le ciel est bleu, Spectre c'est chouette.


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MessagePosté le: Mer 15 Fév - 13:22 (2012)    Sujet du message: Publicité

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