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Le Duché de Bourgogne

 
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Alexis


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MessagePosté le: Lun 6 Fév - 18:33 (2012)    Sujet du message: Le Duché de Bourgogne Répondre en citant

Le Duché de Bourgogne (1363 – 1477) : Une puissance alternative entre la France et l’Angleterre du XIVème et XVème siècle.
  

Présentation des quatre Ducs
 

Philippe le Hardi (1363 – 1404)

1363-1373 : Lutte contre les  Anglais
Reconquête des territoires  perdus lors du traité de  Brétigny
1380 : Mort de Charles V  (Gouvernement des  Oncles)
1384-1404 : Politique  matrimoniale
1385: Paix de Tournai.  Philippe comte de  Flandres
1396 : Bataille de Nicopolis  (Bulgarie)


Le principat fondateur de Philippe le Hardi (1363 – 1404)

Jean II le Bon (Roi de France) père de Philippe le Hardi met fin à la première partie de la Guerre de Cent-Ans (1337 – 1453) par le traité de Brétigny en 1360. Dans un royaume de France malmené, il fait don à son fils Philippe du Duché de Bourgogne pour services rendus en 1363. Bien qu’on ait coutume de dire que le duché fut reçu en apanage (fief) par Philippe, ce tout jeune Duché des Valois va vite devenir autonome. Dès lors, comment le duché de Bourgogne va-t-il prendre son essor et s’émanciper progressivement de la tutelle française sous Philippe le Hardi et ses successeurs ?
Le duc Philippe II de Bourgogne est plus restée dans l’Histoire comme un prince fin diplomate plutôt qu’un grand chef militaire. Pourtant ce dernier, à défaut d’une grande expansion territoriale avant 1384 pour son duché, participe à la reconquête des territoires cédés à l’Angleterre (Poitou, Périgord mais surtout la Picardie, région que ne cesseront de convoiter les ducs de Bourgogne). Progressivement le duc valeureux s’acquiert une réputation à la cour de France et participe même à l’éducation de son neveu Charles VI alors trop jeune pour monter sur le trône de France en 1380 (12 ans). C’est le « gouvernement des oncles » Mais Philippe va très vite mener une politique d’alliance matrimoniale  opportuniste et ne  tarde pas à se hériter du Comté de Flandres en 1384. Cette première conquête avec l’aide du jeune Roi de France, l’amène à être Comte de Flandres en 1385. La Paix de Tournai met fin à la révolte gantoise et Philippe est désormais le nouveau seigneur des Flandres. Cet conquête permet au duc d’accroitre sensiblement ses richesses tant la draperie flamande est florissante à cette époque.
Fort de 7 enfants à marier, Philippe II ne va de cesse de conclure des alliances avec les grandes Maisons d’Europe dans le but unique d’agrandir les possessions bourguignonnes. Il est par exemple au cœur du mariage entre Isabeau de Bavière et du Roi de France Charles VI en 1385. La même année il rapproche encore plus la Maison de Bavière de celle Bourgogne en unissant son fils Jean à Marguerite de Bavière « très riche pays que l’Alsace. Cette politique débouche aussi sur un prestige grandissant à la cour de Bourgogne. Une pratique qui se réitère avec les maisons de Savoie et de Hainaut.
Très chevaleresque, le duc est prêt à tout pour renforcer le prestige du Duché et profite de la relative faiblesse du royaume de France pour s’aventurer à un idéal encore répandue la croisade. Son fils et dauphin Jean combat à Nicopolis en Bulgarie en 1396, mais la défaite face aux Ottomans est cuisante « mortelle déconfiture » et le duc est même contraint de payer une rançon pour revoir son fils en terres bourguignonne en 1398.
Philippe meurt 6 ans plus tard, non sans avoir jeté les bases d’un Duché de Bourgogne ambitieux. L’Etat Bourguignon en construction peut continuer son ascension avec Jean sans Peur.
  

Jean sans Peur (1404 – 1419)


1407-1409 : Assassinat de Louis d’Orléans. Début de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons                                                                 
1410 : « Ligue de Gien »                                       
1414 : Alliance avec l’Angleterre                                          
1418 : Prise de Paris. Fuite du duc. Ralliement à Isabeau de Bavière                   
1419 : Assassinat de Jean sans Peur   

Grand intriguant et volontiers déstabilisateur dans les querelles qui opposent Français et Anglais, Jean sans Peur laisse l’image d’un Duc revêche qui va poursuivre la politique entamé par son père en se montrant plus incisif que prudent.
Jean sans Peur a d’emblée un rêve : reconstituer l’ancienne Lotharingie (territoire allant des Pays Bas à la Suisse en passant par l’Ouest de l’Allemagne). Tentant de profiter de la démence de Charles VI, il se heurte pourtant à l’opposition du frère du roi, Louis d’Orléans, ce dernier étant lui-même hostile à la politique expansionniste des Ducs de Bourgogne. Louis d’Orléans rachète par exemple le Luxembourg avec les deniers de la couronne !  Pour régler un conflit larvé depuis des années, Jean sans Peur ne voit rien de mieux que d’assassiner Louis d’Orléans en 1407 pour avoir enfin accès au conseil de régence et ainsi imposer ses vues à Paris. Bien qu’il justifie son geste, l’acte de Jean sans Peur ne passe inaperçu : c’est le début de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons qui prend fin en 1435 seulement. La « Ligue de Gien » alors constituée regroupe les grands seigneurs du royaume de France qui s’opposent fermement aux Duc de Bourgogne. Cependant, Jean sans Peur a de son côté conclu une alliance avec les Anglais. Le royaume de France est dès lors dangereusement menacé. En 1418 Jean sans Peur entre triomphalement à Paris devant une population en liesse qui ne goûte guère le parti des Armagnacs. Le duc  retourne alors dans ses Etats Bourguignons et commet l’erreur à l’instigation du dauphin Charles, futur Charles VII de se rendre à une entrevue conviant les deux hommes. Il est en 1419 assassiné sous les yeux du dauphin, les tensions entre Maison des Valois et Maison de Bourgogne connaissent peut-être leur paroxysme avec cet évènement.


Philippe le Bon (1419 – 1467)


1420 : Traité de Troyes                                             
1422 : Charles VII roi de France                                                                     
1430 : Création de l’Ordre de la Toison d’Or                                 
1433 : Annexion de la Hollande, de la Zélande et du Hainaut                         
1435 : Traité d’Arras                                                    
1443 : Fondation des hospices  de Beaune  par Nicolas  Rolin                         
1453 : Fin de la Guerre de Cent Ans                                                                    
1454 : Vœux du Faisan                                          
1465 : « Manifeste du Bien public »


Philippe III de Bourgogne ne va pas fondamentalement changer la politique expansionniste éprouvée par son grand-père et son père. Dans un contexte plus apaisé qui marque la fin de la guerre de Cents Ans en 1453, sa cour est connue pour son raffinement et il devient un grand mécène (cf. III).
Pour venger son père, le tout jeune duc n’hésite pas à signer le Traité de Troyes en 1420 aux conséquences dramatiques pour la couronne de France : Charles VI déshérite le dauphin Charles et prévoit que le trône de France échoue à Henri V alors roi d’Angleterre. Heureusement pour le royaume de France, les deux souverains meurent tous les deux en 1422 et Charles VII hérite d’un royaume  dont les possessions ne vont guère au-delà de la Loire, territoires contrôlés par les anglos-bourguignons. Le nouveau souverain peut toutefois compté sur Jeanne qui parvient à le faire sacré à Reims le 17 juillet 1429. Philippe le Bon, pourtant pair de France (distinction honorifique) est naturellement absent à cette cérémonie. L’année suivante les Bourguignons assiège Compiègne et la livre alors aux mains des Anglais. Charles VII apparait bien seul.
Dans le même temps, l’année 1430 est une année faste pour Philippe le Bon qui se marie avec Isabelle de Portugal, créé l’ordre de la Toison d’Or (distinction honorifique décerné à ses proches, et prend possession du duché du Brabant fruit de la politique matrimoniale mené par son grand-père Philippe le Hardi. Peu après suivent la Zélande, la Hollande et le Hainaut (Pays-Bas, 1433).
1435 va pourtant marquer un tournant dans la politique étrangère de Philippe le Bon déçu par le relatif échec de son alliance anglaise. Le Traité d’Arras que nombre de souverain signent : Portugal, Ecosse, Angleterre, Pologne et bien sûr la Bourgogne. C’est un peu le Yalta de l’époque. Charles VII reconnait les conquêtes picardes et hollandaises de Philippe le Bon. Il va même jusqu’à reconnaître l’indépendance du Duché en l’échange de la reconnaissance de son titre de Roi de France. Autrement dit, le Duc de Bourgogne n’a plus aucune suzerain ni vassalité à assumer en vers le Roi de France. L’Etat Bourguignon a proprement parlé vient de naître. L’Angleterre est évidement mécontente et n’admet pas la fin du Traité de Troyes. Le duc de Bourgogne menacé de représailles notamment en Flandres, trouve en Charles VII un allié de circonstances précieux, puisque ce dernier accorde la Guyenne (Gironde) et la Normandie aux Anglais. La paix est préservée mais la Guerre de Cents Ans n’a pas encore vécue ses dernières heures.
En 1443, Philippe le Bon acquiert le Luxembourg, ce qui a pour effet de mettre ce duché sous l’emprise Bourguignonne (qui n’est définitive qu’en 1451). Le Royaume de France est progressivement encerclé tandis que le Duché de Bourgogne devient un des plus étendus et des plus riches d’Europe.                                                   Cette même année voit la fondation des Hospices de Beaune, premier hôpital moderne à l’instigation du chancelier Rolin (1422 – 1462). Mécène, homme d’un grand talent diplomatique et d’une richesse presque incomparable à la cour de Bourgogne.
En 1453, la Guerre de Cent Ans s’achève et Philippe reprend la vieille idée de son grand-père : le vœu du faisan qu’il forme l’année suivant doit amener les chevaliers bourguignons à reconquérir Constantinople, un projet qui ne voit cependant jamais le jour, le duc ayant déjà bien des occupations en Europe
Louis XI dit « l’universelle aragne » en raison de son habileté à désamorcer les alliances, devenu Roi de France en 1461 connait bien le Duché de Bourgogne pour y avoir séjourné cinq ans de 1456 à 1461 profitant de la généreuse hospitalité du Duc. Son arrivée au pouvoir ne passe pas inaperçue puisqu’il se montre dur avec la Guyenne, les Duché de Bretagne et d’Anjou notamment. En réaction le duc confie à son fils Charles de Bourgogne la direction de la « Ligue du Bien Public » en 1465, sorte de coalition des nobles du royaume s’opposant à Louis XI. Après la bataille de Montlhéry (aux environs de Paris) et le Traité de Conflans, le roi est contraint de renoncer aux villes de la Somme et au port de Boulogne. Cet acte marque le début d’une longue haine viscérale entre les deux souverains qui ne prend fin qu’après une longue décennie.
  

Charles le Téméraire (1467 – 1477)


1468 : Alliance du duc avec l'Angleterre                                       
1472 : Echecs en Picardie                                              
1473 : Conférence de Senlis. Ordonnance de Thionville. Echecs de l'alliance avec le Saint-Empire                                                                           
1474 : Ligue de Constance. Guerre de Bourgogne.                                      
1475 : Traité de Picquigny qui met fin à la Guerre de Cent Ans et à l’alliance anglaise.     
1477 : Bataille de Nancy. Mort de Charles le Téméraire


Très orgueilleux de caractère, doté déjà d’une jolie réputation de guerrier, le nouveau duc Charles le Téméraire à le même rêve que son grand père Jean sans Peur : il règne déjà sur la Bourgogne, la Franche-Comté et les Pays-Bas, mais veut conquérir la Champagne, la Lorraine et l’Alsace pour reconstituer l’ancienne Lotharingie.
Les évènements se déroulent plutôt comme prévu pour le Téméraire au début de son règne. Une entrevue a lieu avec son plus grand ennemi Louis XI en 1468, c’est le Traité de Péronne. Au départ Louis XI cherche à négocier avec son le bourguignon sur le sort de la Bretagne, mais son véritable but est d’encourager la rébellion liégeoise en l’absence du maitre des lieux. Il veut aussi éviter la résurrection d’une « Ligue du Bien Public » Charles le Téméraire est informé et, pour le détail, retient littéralement le roi de France qui assiste à l’écrasement de la révolte liégeoise. Il est dit que Louis XI ne pardonna jamais cet instant inédit de l’Histoire de France au Duc de Bourgogne.
Pour atteindre son but, le Téméraire n’hésite pas à refaire une alliance avec l’Angleterre en épousant Marguerite d’York en 1468, sœur du Roi d’Angleterre Edouard IV. L’enjeu est bien sûr de raviver les velléités anglaises sur la France et de relancer la guerre de Cent-Ans pour le nouveau duc de Bourgogne. Louis XI déjoue cependant l’habile manœuvre en achetant le retrait des Anglais en 1475 au traité de Picquigny, entérinant définitivement la Guerre de Cent-Ans. Pour autant Charles le Téméraire ne se démobilise pas et prend tour à tour Dinant et Liège (Belgique) puis la Champagne et l’Alsace. Cependant la révolte commence à gronder entre l’Alsace et la Suisse qui admette de plus en plus difficilement cette nouvelle hégémonie bourguignonne.
Le duc toujours avide de solution tente de s’allier à l’Empereur du Saint-Empire Romain Germanique, Frédéric III de Habsbourg. Une alliance, qui pour être bien vue, se solde néanmoins par un autre échec lors de l’entrevue de Trèves en 1473.
Dès lors les premiers échecs militaires du Téméraire s’ensuivent. Le Duché pour être grand, devient de plus en plus difficile à diriger et l’habileté diplomatique de Louis XI n’aide en rien : puisque le roi finance sans scrupules tous les adversaires du duc. Ainsi le siège de Beauvais en 1472 est vain face à la volonté farouche des Beauvaisiens symbolisée par Jeanne Hachette autre héroïne du XVème siècle. Le duc se rabat alors sur Rouen mais la même avidité démesurée de conquête engendre les mêmes conséquences. Seulement, parvient-il à acheter le petit duché de Gueldre (Pays-Bas actuels).
Le rêve de Charles le Téméraire sérieusement ternie par les alliances déjouées et les échecs répétés ne va pas tarder à se ternir irrémédiablement. De 1474 à 1477 a lieu la guerre de Bourgogne qui a vite raison des ambitions du duc. L’Alsace est vite perdue, et surtout les mercenaires suisses que Charles employaient à son service se rebellent ! La perte des possessions suisses est rapidement effective, et le repli du Téméraire va s’accentuer rapidement du fait de l’alliance entre Louis XI et ces mêmes Suisses.
L’évènement final est précipité à Nancy en 1477, là où le duc veut encore assoir sa domination sur la Lorraine. Son armée en infériorité numérique, mal organisée et qui est plus encore affaiblie par la trahison d’un de se ses généraux corrompu par les Français, scelle le sort de la bataille. La déroute et totale et devant l’obligation de battre en retraite, « le Grand Duc d’Occident comme on l’appelle alors (l’appellation est significative de sa puissance) trouve la mort le 5 janvier 1477.
Louis XI est le grand gagnant de la chute très rapide du duché et à laquelle il a grandement contribué. Il affirme sa puissance et consolide le domaine royal en récupérant : le Comté et le Duché de Bourgogne, la Picardie, l’Artois et les riches Flandres. De son côté, Marie de Bourgogne fille du défunt duc, apporte en dot les possessions allemandes, luxembourgeoises et belges à son époux Maximilien de Habsbourg lors de son mariage à Gand.

  
Les Ducs Bourgogne : Une dynastie qui voulut être un Empire

La disparition prématurée de Charles le Téméraire montre le caractère éphémère de la branche cadette des Valois à laquelle il appartient : éphémère.
En effet le Duché de Bourgogne, d’abord simple apanage a conquis sa légitimité de manière dynastique nous l’avons vu, mais surtout en croisant le fer avec l’épée pour devenir la troisième puissance de l’Europe occidentale après l’Angleterre et la France. Les ducs de Bourgogne ont assurément joué un rôle dans l’Histoire de France que tout duché peut leur envier : bien loin de se contenter d’un simple figurant se limitant à appliquer les décisions d’un pouvoir supérieur, les ducs de Bourgogne par leurs ambition, leur puissance financière, et secondairement le rayonnement artistique qui régnait à leur cour (surtout à partir de Philippe le Bon), ont laissé une trace indélébile et presque atemporel. L’Ordre de la Toison d’Or est toujours présent de nos jours puisque cet héritage bourguignon est aujourd’hui une décoration décernée par l’Autriche et l’Espagne. 
La volonté immuable des Ducs de s’imposer comme une puissance européenne durable a certes échoué, mais il est certain que sans ce long intermède bourguignon de presque 115 ans, le royaume aurait connu une  évolution tout autre. La double alliance entre Angleterre et Bourgogne aurait pu changer le destin de France. A défaut de cela, la Bourgogne nous fascine toujours par les quelques monuments transmis, notamment les Hospices de Beaune. Son vin, dont les Ducs surent tirer bien des bénéfices, en fit une région de prestige. La révolution picturale transmise par les Flamands au moyen de la peinture à l’huile est également une avancée considérable dans l’histoire de la peinture occidentale.
D’une manière générale, les Ducs de Bourgogne ont su concentrer un certain idéal du Moyen-Âge finissant qui allait inaugurer des temps renaissants : Déclin de la féodalité, conquêtes chevaleresques, stabilisation et centralisation de l’Etat, mécénat.
  

Sources :
B. SCHNERB L’Etat Bourguignon / J. CALMETTE Les Grands Ducs de Bourgogne / J. FAVIER Louis XI  / J. HEERS Louis XI


Dernière édition par Alexis le Ven 24 Fév - 19:14 (2012); édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 6 Fév - 18:33 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Alexis


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MessagePosté le: Lun 6 Fév - 18:40 (2012)    Sujet du message: Le Duché de Bourgogne Répondre en citant

Le Duc de Bourgogne en son duché : Droits, institutions et pratique du pouvoir


 
A)    Le principat fondateur de Philippe le Hardi (1363 – 1404)

Statut du Duché
Fief : Jean II le Bon exige « Foi et hommage ». Le Duc de Bourgogne reconnait la possession de son duché grâce à l’action du Roi. « Souveraineté et ressort du Roi », justice du domaine royale s’applique en Bourgogne. Fin de la frappe monétaire ducale remplacée par la monnaie royale. Pairs : Ducs de Bourgogne, de Normandie, d’Aquitaine, de Flandre, de Toulouse et de Champagne.
1363 : Acte de concession du duché de Bourgogne par Jean le Bon à Philippe le Hardi = donne à perpétuité à « ses héritiers [du duc] de son propre corps et procrées en légitime mariage ». Pas de loi salique, puisque la Bourgogne capétienne admet le contrôle du duché par une femme. En cas d’extinction de la lignée ducale, la Bourgogne est rattachée au domaine royal.
CCL : A cette date le Duché de Bourgogne n’est déjà plus un apanage rallié à la couronne de France mais un fief autonome qui devient peu à peu souverain. Le détenteur n’en est autre que le duc.

Charges et droits d’un principat (1364 – 1384)

1er pair de France = charge honorifique. Plus grand propriétaire foncier du duché. Incarnation de la féodalité = ses vassaux lui rendent l’hommage.
« Baronnie du duché » : Droit selon lequel le duc, détient un droit supérieur qui va au-delà de la féodalité. Exercice des « droits supérieurs de la justice » = la justice si elle n’est pas rendue par le duc est délégué en vertu de ses pouvoirs. « Souveraineté territoriale » aussi bien sur les clercs que sur les laïcs.
- Monopole des Poids et des Mesures. « Toutes ses choses sont appelés trésors et appartiennent seulement au prince ». Prince propriétaire du sous-sol !
- Et autres droits sur les finances (cf. II)

« Le duc de Bourgogne est celui qui tient la seigneurie de tout le duché de Bourgogne et les autres honneurs que Dieu lui a donné. Et pour cela, il lui appartient de garder la paix du pays, de gouverner le peuple par la verge de justice et d’apurer tous les comptes par loyauté ; et pour cela, il doit arrêter par ses baillis et mettre en prison les barons, les voleurs, les pillards, les meurtriers, les ravisseurs de femmes et les autres malfaiteurs, et ceux qui sont de mauvaise renommée, qu’ils aient ce qu’ils méritent afin que le peuple que le duc a à gouverner puisse être en paix ».  Anonyme XIVème siècle.

Institutions et pratique gouvernementale : Un souci de justice et de paix.

1384 : Mort de Louis de Male, beau-père du duc qui obtient le comté de Flandres. Préservation des baillis déjà institués.

Centralisation de l’Etat en Flandres :

-    Chancellerie du comte de Flandres + Chancellerie de Bourgogne = Gouverneur de la chancellerie. Nicolas Rolin.
-    1386 : Siège du conseil et de la chambre des Comptes fixé à Lille = qui en plus de contrôler les finances, avait une compétence judiciaire (les justiciables pouvaient faire appel des décisions faites par les agents comtaux, enquêtes ouvertes contre les officiers. Il faut pour l’administration du duché « gouverner en bonne justice et police ». Conseil de Dijon réplique de Lille en Bourgogne. Les comptes des institutions financières « centrales » sont contrôlés par la Chambre des Comptes de Lille qu’à partir de 1420.

Un bon gouvernement selon Philippe le Hardi : Préservation de la paix et des droits du souverain. Le maintien désiré de l’ordre engendre une protection du faible contre le fort, la lutte contre des guerres intestines privées qui nuiraient au duché, la protection des sujets du Duc contre les ravages des Grandes Compagnies.
Le « Grand conseil » Philippe le Hardi a coutume de déléguer ses pouvoirs à son chancelier (Jean Canard étant le premier). Il s’entourait d’un « Grand conseil » organe décisionnel accompagnant la cour itinérante du Duc. On y entre sous nomination du Duc.
Via ses ordonnances, le duc délègue aussi son pouvoir à des gouverneurs ou capitaine généraux lorsqu’il est en campagne. C’est le cas de son neveu Guillaume de Namur qui occupe cette charge de 1386 à 1389. Les pouvoirs de ce dernier sont conséquents puisqu’il agissait dans les domaines judiciaire, administratif, militaire et financier. Mais la délégation pouvait aussi survenir au sein de la famille ducale : le duc confie le pouvoir à son jeune fils Jean (futur Jean sans Peur) et à son épouse Marguerite de Male dans les années 1370 lorsqu’il forme le désir d’envahir l’Angleterre. Dans ce cas, Jean occupe la place de « lieutenant général et gouverneur ».  La charge reste très restrictive puisqu’elle est soumise au desiderata du Duc. Ce dernier, dans une ordonnance, écrit notamment que « toutes les finances qui pourront être levées dans le pays de monseigneur […] seront envoyés à mondit seigneur [en Angleterre] »
 



B)    De Jean sans Peur à Charles le Téméraire


Gouvernement de l’Etat Bourguignon

On l’a vu, la pratique du pouvoir à la Cour de Bourgogne ne varie pas beaucoup de celle de la Cour de France : le Duc gouverne seul, il tire son pouvoir de Dieu et non du Roi de France. Toutefois ses nombreuses conquêtes extérieures au  Duché, l’oblige à déléguer son pouvoir. Une pratique déjà constatée sous Philippe II de Bourgogne et imitée par ses successeurs : en premier lieu Jean sans Peur duc de Bourgogne de 1404 à 1419.  Ainsi, lorsque le nouveau duc Jean quitte en 1414 les Flandres pour se rendre au Luxembourg puis en Bourgogne, il fait de son fils Philippe, Comte de Charolais, lieutenant et gouverneur général des comtés de Flandres et d’Artois. De même, qu’il est à charge pour son épouse Marguerite de Bavière, de veiller aux destinées de la Bourgogne pendant ses absences, notamment sur le plan militaire. En dépit de cette délégation, pour Philippe comme pour Marguerite le pouvoir s’exerce au moyen de conseillers avisés dans tous les domaines de la vie politique, qu’ils soient administratifs ou judiciaires. Citons : Jean de Vergy, maréchal de Bourgogne ou encore Guillaume Courtot et Dreu Maréchal, maître de la cour des comptes. Même situation entre Philippe le Bon, troisième duc de Bourgogne de 1419 à 1467 avec Isabelle de Portugal. Charles de Bourgogne ou Comte de Charolais est quant à lui « gouverneur et lieutenant général des Pays-Bas ». La transmission du pouvoir ne se fait donc pas sans préparation et sans continuité à la cour de Bourgogne.
 

Un chancelier influent sous Philippe le Bon : Nicolas Rolin (1422 – 1462)


« Le chancelier de monseigneur », est le véritable dirigeant de l’Etat Bourguignon quand le Duc fait la guerre.

Fonctions : garde des sceaux, diplomatie (ordonnances), « chef de la justice », président du conseil ducal.

« Ce chancelier avait l’habitude de tout gouverner tout seul, et manier et porter tout, en matière de guerre, de paix ou en matière de finances. De tout et en tout le duc s’en remettait à lui et se reposait sur lui comme principal, et il n’y avait ni office ni bénéfice, en ville ou aux champs, en tous ses pays, ni don d’emprunt qui tout pour lui ne se fît et conduisît et ne dépendît de lui comme de celui qui regardait tout » Georges Chastellain.

Rôle du conseil ducal perçu par Olivier de la Marche dans ses Mémoires

« Et pour le conseil, tant de ses grandes affaires que pour la justice, le duc a un chancelier en chef, un évêque, chef du dit conseil en son absence, quatre chevaliers notables, huit maîtres des requêtes, quinze secrétaires, huissiers, fourriers et autres officiers à ce servant. Et quand le duc n’est pas en guerre, la chambre du conseil se tient prêt de celle du duc. Et le duc se trouve souvent à ce dit conseil, et principalement à déduire et déterminer  de grandes sentences et de grandes affaires, et il prend la peine de ouïr toutes les opinions. Et nul ne peut entrer en ce conseil sans y être mandé par le duc ou sans chancelier, sinon ceux qui y sont ordonnés et les chevaliers de la Toison d’Or et les maîtres d’hôtel. Et je me dispense de parler de l’autorité du chancelier parce que l’on sait bien partout qu’un chancelier préside, et même en la présence du prince c’est lui qui demande à chacun son opinion. Il a le grand sceau en ses mains et est le premier homme nommé et le premier officier et devant toutes choses ».

Les réformes judiciaires de Philippe le Bon à Charles le Téméraire (1467 – 1477) : Le problème de la Justice et de la Souveraineté


Persistance d’une cours supérieure de justice les « Grands Jours » ou « Parlement », juridiction d’appel qui siégeait en particulier à Beaune. Les baillis flamands jouent toujours un rôle important dans l’exercice de la justice et une « une cour de Hollande » est créée à La Haye lorsque Philippe le Bon conquiert la Zélande. En 1473, Charles le Téméraire établit un Parlement unique à Malines (localisation) dans le but de renforcer la centralité de son Etat.        
La question de la prépondérance judiciaire conformément à l’acte de donation en 1363 de la France sur la Bourgogne, pose problème lorsque le Téméraire entreprend la grand tâche centralisatrice de son Etat. Ce dernier veut faire reconnaître une cours de justice indépendante de celle de France où ses sujets déposent leurs requêtes. En effet, la France avait toujours gardé la « souveraineté et le ressort » en matière de justice sur l’antique apanage bourguignon, ce qui ne pouvait satisfaire le Duc. Voici ce que nous en dit Olivier de la Marche :
« Et en ce temps le duc Charles mit sus Parlement qui résidait à Malines auquel ressortissaient tous ses pays deçà la Champagne. Et de ce Parlement n’avait ailleurs ni appels, ni ressort. Et il pourrait mettre demandé comme il pouvait y contraindre ses sujets qui auparavant ressortissaient à la France, comme ceux d’Artois, Flandre, de Boulonnais et des terres engagées, qui sont des seigneuries tenues de France et de toute ancienneté. A cela je réponds que, par appointement fait et par fait jurée entre le roi de France et lui, fut accordé par le roi que, au cas où il romprait la paix Péronne, ou y contreviendrait, il tiendrait quitte le duc de toute fidélité ou hommage qui lui pouvaient appartenir pour lui et pour ses héritiers rois de France au profit du duc et de ses héritiers. Or cette paix fut rompue par le roi de France, ainsi que le maintenait le duc, votre grand-père. Par quoi il se disait souverain en ces dites seigneuries et en jouit comme souverain jusqu’à sa mort ».
 


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Alexis


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MessagePosté le: Ven 24 Fév - 19:08 (2012)    Sujet du message: Le Duché de Bourgogne Répondre en citant

Chronologie : Duché de Bourgogne (1363 – 1477)
 
  • PHILIPPE II de BOURGOGNE dit le Hardi (1363 – 1404)

1360 : La paix franco-anglaise de Brétigny met fin à la Guerre de Cent Ans.
1363 : Philippe le Hardi acquiert le duché de Bourgogne en apanage.
1364 : 8 avril Mort du roi de France, père du duc,  Jean II le Bon à Londres.
1365 : Charles II de Navarre prétendant au duché de Bourgogne, règle le conflit avec le Roi de France Charles V (1364-1380) par la signature d’un traité.
1369 : Philippe II le Hardi, duc de Bourgogne, épouse Marguerite de Mâle héritière du comté de Flandres. Le duc combat les Anglais en Normandie et dans le Poitou jusqu’en 1373.
1372 : Entrée triomphale de Philippe à Paris
1375 : Philippe négociateur à la Trêve de Bruges conclue entre Français et Anglais
1384 : La Franche-Comté, les comtés d’Artois, de Flandre, et de Nevers sont incorporés aux domaines du duché de Bourgogne à la mort de Louis de Mâle, père de la duchesse.
1385 : Philippe, oncle du roi de France Charles VI (1380 – 1422), met fin à la révolte des Gantois et se fait reconnaître comte de Flandres à la paix de Tournai.
1396 : Bataille de Nicopolis (Bulgarie). Les coalisés occidentaux sont défaits par les Ottomans. Jean sans Peur, héritier du duché est fait prisonnier. Début de la présence ottomane en Bulgarie (fin en 1878 !).
1404 : Mort de Philippe et avènement de Jean sans Peur (1404 - 1419). Premières tensions entre Jean sans Peur et Louis d’Orléans frère du roi Charles VI et amant de la reine Isabeau de Bavière.
 
  • JEAN sans PEUR (1404 -1419)

1406 : Traité de commerce entre le roi d’Angleterre et le duc de Bourgogne
1407 : Jean sans Peur fait assassiner Louis d’Orléans. Début de la Guerre civile entre les Armagnacs (France) et les Bourguignons (1407 – 1435) = Lutte de pouvoir et d’influence pour s’emparer du pouvoir et du trône face à un Charles VI dont la démence est déjà reconnue.
1408 : A la bataille d’Othée (près de Liège) Jean écrase les révoltés Liégeois. Entrée triomphale à Paris.
1409 : Paix de Chartres entre Armagnacs et Bourguignons.
1410 : Traité de Gien = coalition des Armagnacs en vue de combattre le duc de Bourgogne. Le 2 novembre est signée la paix de Bicêtre.
1411 : Charles Ier d’Orléans, fils de Louis, réclame justice pour son père, Jean répond à son défi et entre dans Paris à la fin de l’année. Henri V roi d’Angleterre sollicité par les deux factions, prend parti pour le duc de Bourgogne.
1412 : Alliance entre Bourguignons et Anglais. Début du soutien bourguignon à l’Angleterre pendant la guerre de Cent Ans (fin en 1435)
1413 : Les Etats généraux réunis à Paris s’opposent à la guerre civile.
1414 : Banni du Conseil du roi de France Jean sans Peur quitte Lille pour Paris qu’il assiège. Victoires royales en Picardie. Paix d’Arras entre Armagnacs et Bourguignons.
1415 : Désastre français d’Azincourt face aux archers anglais.
1418 : Prise de Paris par Jean sans Peur. Réunion du parlement de Paris sous influence bourguignonne puis massacre d’Armagnacs avec notamment la mort de Bernard VII d’Armagnac, un des principaux chefs.
1419 : A l’occasion d’une entrevue avec le dauphin Charles à Montereau, le duc de Bourgogne est assassiné. Son fils Philippe prend le parti du roi d’Angleterre Henri V.
 
  • PHILIPPE III DE BOURGOGNE dit le Bon (1419 – 1467)

1420 : Traité de Troyes. Philippe, duc de Bourgogne et représentant du royaume de France, signe avec l’Angleterre cet accord qui prévoit qu’Henri V succède à Charles VI sur le trône de France ! Henri V reconnu comme Haeres et Regens Franciae par Isabeau de Bavière tandis qu’elle reconnait comme bâtard son fils et dauphin Charles.
1421 : Victoire des Anglo-Bourguignons sur les Armagnacs à la bataille de Mons-en-Vimeu (Picardie).
1422 : Mort de Charles VI. Avènement de Charles VII (1422-1461) le Victorieux ou le Roi de Bourges qui renie le traité de Troyes et se proclame Roi de France près de Bourges.
1428 – 1429 : Jeanne d’Arc au secours de Charles VII à Chinon. Paix de Delft entre Philippe le Bon et une comtesse de Bavière. Charles VII signe à Compiègne (Picardie – Oise) une trêve de quatre mois avec le duc de Bourgogne.
1430 : Création de l’ordre de la Toison d’Or par Philippe le Bon à l’occasion de son mariage avec Isabelle de Portugal. A l’expiration de la trêve, ce dernier met le siège devant Compiègne et en profite pour capturer Jeanne d’Arc qu’il livre aux Anglais. Philippe devient duc de Brabant, de Lothier et de Limbourg.
1433 : La Hollande, la Zélande et le Hainaut sont annexés par les Bourguignons.
1435 : Traité d’Arras qui met fin à la guerre civile qui déchirait le royaume et à l’alliance qui unissait les Bourguignons aux Anglais. Le duc agrandit son domaine en Picardie et aux Pays-Bas actuels. Le roi de France lui abandonne la Somme, l’Auxerrois…
1437 : « Vêpres brugeoises » où Philippe manque d’être assassiné. Charles VII entre à Paris.
1441 : Edit qui vise à limiter la prolifération de mauvaise qualité en Bourgogne. Concordat entre les ducs de Bourgogne et le Saint-Siège. Mainmise des ducs sur les dignités épiscopales et leurs bénéfices hors du royaume de France.
1443 : Fondation des Hospices de Beaune, un des premiers hôpitaux pour les pauvres, à l’initiative de Nicolas Rolin (1376 – 1462) chancelier du duc, et de son épouse Guigone de Salins. Prise du Luxembourg par les Bourguignons.
1445 : Par l’ordonnance de Louppy-le-Châtel, le roi Charles VII crée les premières troupes armées professionnelles (compagnies d’ordonnance). Les troupes du dauphin Louis ravagent la Bourgogne lors de leur retour de Suisse.
1451 : Les Luxembourgeois bien que résistants, passent sous souveraineté bourguignonne
1452 : Premier patient accueilli aux Hospices de Beaune.
1453 : Victoire française à la bataille de Castillon qui met fin à la Guerre de Cent Ans (1337 – 1453). Conquête de la Guyenne (Gironde) alors possession anglaise.
1454 : Vœu du faisan formulé par Philippe le Bon et sa cour lors d’un banquet d’aller délivrer Constantinople prise par les Turcs l’année précédente.
1461 : Mort de Charles VII. Avènement de Louis XI (1461 – 1483).
1464 : A l’occasion de la réunion des Etats-généraux des Pays-Bas voulue par les ducs de Bourgogne, Louis XI signe à Abbeville la surséance (suspension) de tous les procès et différends concernant les limites de la France et de la Bourgogne.
1465 : Publication du « manifeste du Bien public » base de la Ligue du Bien public révolte nobiliaire contre le roi de France Louis XI et menée par Charles comte de Charolais, futur duc de Bourgogne. Après une alliance avec les Liégeois contre la Bourgogne, Louis XI se replie sur Paris suite à la bataille de Montlhéry qui l’oppose à Philippe. Le roi renonce aux villes de la Somme qu’il restitue à Charles. Fin de la révolte et Charles matte les révoltés Liégeois.
1466 : Louis XI reprend la Normandie à son frère Charles de Berry. Nouvelle révolte féodale orchestrée par Charles et François II de Bretagne. La ville de Dinant (Belgique) est prise et rasée par les Bourguignons.
 
 
 
  • CHARLES LE TEMERAIRE (1467 – 1477)

1467 : Charles devient duc de Bourgogne et règne sur la Bourgogne, la Franche Comté, et les Pays-Bas. Il commence par écraser les Liégeois insurgés avant d’ôter à la ville ses privilèges.
1468 : Traité de Péronne signé entre Louis XI et Charles le Téméraire. Louis XI cherche à négocier avec Charles contre la Bretagne. Dans le même temps, le roi encourage les révoltes de Liège et Gand alors possessions bourguignonnes. Charles le Téméraire retient même prisonnier le roi et ne le libère qu’après qu’il ait donné la Champagne à son frère Charles de Berry et assisté à la répression de la révolte de Liège. Louis XI ne pardonnera jamais cet affront au duc.
1469 : Après Liège, c’est au tour de la ville de Gand de perdre ses privilèges.
1470 : Louis XI annule le traité de Péronne. Il déclare à Amboise que le duc est coupable de lèse-majesté et de félonie, ce qui le prive de toute dignité, droit et fief. Début de nouvelles hostilités entre Français et Bourguignons en Picardie.
1471 : Louis XI qui promet pourtant de rendre Amiens et les villes de la Somme à Charles, ne ratifie pas le traité prévu à cet effet. Charles le Téméraire scelle une alliance avec les rois d’Aragon et de Sicile contre le roi.
1472 : Louis XI qui occupe la Guyenne se voit déclarer la guerre par Charles le Téméraire en Picardie. Premiers échecs pour le Bourguignon qui se heurte à la résistance de Jeanne Hachette à Beauvais. Charles entre en Normandie mais échoue au siège de Rouen. Philippe de Commynes (1447 – 1511) chambellan du duc, se met au service de Louis XI. La trêve de Compiègne met fin aux hostilités.
1473 : La conférence de Senlis (Oise) prolonge la trêve. Charles annexe la Gueldre et Nimègue (Pays-Bas). Entrevue de Trêves entre le duc de Bourgogne et l’empereur Frédéric III. Echec des ambitions royales du duc sur le Saint-Empire. Etablissement d’un Parlement unique à Malines (Belgique) pour centraliser le pouvoir sur ses Etats.
1474 : Création de la Ligue de Constance = villes alsaciennes + cantons suisses contre Charles le Téméraire. Filet diplomatique de Louis XI autour de la Bourgogne  = alliance avec les Suisses + tractations avec les anglais. Edouard IV (1461 – 1483), roi d’Angleterre, s’allie à Charles le Téméraire. Défaite bourguignonne à Héricourt contre les alsaciens.
1475 : Charles le Téméraire, parti à la conquête de la Lorraine, est mis en échec à Neuss (Allemagne). Par le traité de Picquigny qui met fin officiellement à la Guerre de Cent Ans, Louis XI achète le retrait anglais. Trêve de Soleuvre conclue pour neuf ans entre le duc de Bourgogne et le roi de France.
1476 : Charles entre en campagne contre les Suisses.
1477 : Charles défait à la bataille de Nancy, trouve lors de son retrait. Marie de Bourgogne (1457 – 1482) unique fille du duc, règne sur les Pays-Bas bourguignons. Les Etats de Bourgogne jurent obéissance au roi de France. Louis XI annexe le duché de Bourgogne, les comtés d’Auxerre… Il entre à Dijon le 1er février et soumet la Franche-Comté le 18. Marie se marie avec l’empereur Maximilien d’Autriche et lui apporte les Pays-Bas.
1482 : Traité d’Arras. Le Duché de Bourgogne et la Picardie sont cédés à Louis XI. Maximilien obtient les Pays-Bas et la Franche-Comté. Fin de l’épopée bourguignonne.
1483 : Mort de Louis XI. Avènement de Charles VIII (1483 – 1498)


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 01:42 (2017)    Sujet du message: Le Duché de Bourgogne

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