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La Renaissance des années 1470 à 1560

 
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Camille BLEUNVEN


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MessagePosté le: Sam 14 Jan - 21:53 (2012)    Sujet du message: La Renaissance des années 1470 à 1560 Répondre en citant

La Renaissance des années 1470 aux années 1560
Ariane Boltanski et Aliocha Maldavsky



Renaissance et Grandes découvertes


1510 - 1511 : contrôle par les Portugais de Goa puis de Malacca
exploration, découverte et conquête espagnoles des civilisations des plateaux mexicains et andin (décimation par la brutalité des conquérants et le choc microbien)
transfert des institutions politiques et religieuses de la péninsule vers une Amérique (contestation de la brutalité de Las Casas)
thalassocratie portugaise = pouvoir sur la mer fondé sur la possession d'une flotte maritime (militaire et marchande) importante, la maîtrise des routes commerciales et le contrôle de quelques points stratégiques sur terre


Géographie et techniques de navigation


  • développement de la construction navale : caravelles de grande taille (à l'origine, petits bateaux de pêche portugais)
  • progrès de l'art du pilotage : navigation astronomique → Libros del Saber ou « tables alphonsines » (commandé par Alphonse X de Castille), traités sur la construction et l'utilisation de l'astrolabe (instrument servant à mesurer la hauteur des astres au-dessus de l'horizon, construit par des scientifiques arabes à partir des descriptions de Ptolémée, Almageste) ou du quadrant
  • développement de la cartographie avec l'introduction d'une échelle de latitudes (position entre les pôles Nord et Sud)
  • étude des meilleures routes en fonction des vents (configuration des alizés en particuliers) et des courants de chaque zone
  • usage de la boussole depuis le 14è
  • trois types de cartes en Europe à la fin du 15è
    • carte des théologiens schématique et symbolique : figuration de l'ordre cosmique
    • Cosmographie, Claude Ptolémée : géographe alexandrin du 2è = vaste synthèse des acquis de l'Antiquité (textes, cartes)
    • carte maritime ou portulan (apparue au 13è en Italie et en Catalogne) destinée à la navigation mais aussi à faire partie de collections princières (instruments de domination politique)
      seconde moitié du 16è = apogée de la cartographie portugaise (production d'atlas)



Conséquences économiques des Grandes Découvertes


  • désenclavement de la Chine et de l'Orient
  • circulation planétaire des hommes et des marchandises, produits agricoles et commerciaux, monnaies, maladies => échanges

nuance : « Dans la première moitié du 16è siècle, l'expansion européenne a bouleversé le monde; dans la seconde moitié le reste du monde commence à bouleverser l'Europe » (Chaunu, Conquête et exploitation des nouveaux mondes)


  • bouleversement des circuits commerciaux : principalement en Atlantique => essor de la façade atlantique de l'Europe
  • l'arrivée des Portugais dans l'océan Indien met fin au monopole musulman sur la route des épices et le commerce en Afrique orientale ainsi qu'à la mainmise des Vénitiens sur la diffusion des produits orientaux en Europe
  • Anvers (Belgique) = plaque tournante du commerce européen et principal centre financier (domination estompée avec la révolte des Pays-Bas dans les années 1560)
  • besoin de métaux précieux : orpaillage (technique d'extraction de l'or par filtrage), pillage des richesses des Aztèques et des Incas par les Espagnols
    seconde moitié du 16è : développement des mines d'argent de Potosi et de Zacatecas (Nouvelle Espagne = Amérique centrale, Mexique, sud de l'Amérique du Nord) => l'argent américain prend le relais de l'or d'Europe centrale et de celui apporté de Guinée par les Portugais depuis les années 1470 => banqueroute de la monarchie des Habsbourg d'Espagne en 1557-1560
    nuance : hausse de la demande intérieure des villes en pleine expansion démographique => hausse des prix
  • esclaves contre armes, bétail, nourriture, livres, tissus : traite des Noirs par l'Atlantique ne se développe vraiment qu'à partir du dernier tiers du 17è



// croissance urbaine en Europe => émergence de classes marchandes et industrielles dont l'activité et l'utilité sociale bénéficient d'une reconnaissance croissante


L'impact intellectuel


  • Mythes et représentations des Nouveaux Mondes



De nombreuses histoires évoquent en Europe la réalité d'une route occidentale vers la Chine et le Japon, des expéditions auraient eu lieu du temps de Charlemagne (8è). Un grand nombre de terres et d'îles peuplent la géographie imaginaire, nourris de récits de marins, de comptes rendus médiévaux (Marco Polo) et de légendes antiques ou bibliques.


L'autre est réduit à des références déjà connues (en particulier, au savoir des Anciens). Découvreurs, explorateurs et conquérants craignent la rencontre avec les monstres des confins de l'œkoumène (partie habitable de la terre, limitée à l'Europe, à la Méditerranée et à ses abords orientaux pour les Anciens), croient voir des Amazones, réputées vivre dans une immense île pas loin du Cathay. Certains cherchent le royaume du Prêtes Jean, souverain chrétien chassé d'Aise par les Mongols et dont on pense qu'il est installé en Afrique centrale.
compilés et cartographié : Atlas Catalan (1375)
Journal de bord de Christophe Colomb : exemple typique de l'univers mental au temps des découvertes


préoccupations eschatologiques (sur les fins ultimes de l'homme et de l'Univers)
  • prophéties apocalyptiques
  • crainte de la venue de l'Antéchrist (personnage de l'Apocalypse dont l'arrivée sur terre est censée précéder le retour du Christ, la fin du monde et le jugement dernier)
  • influence du millénarisme (croyance dans le retour du Christ pour un règne universel censé devoir durer mille ans, selon l'Apocalypse) franciscain



La présence en Europe d'imprimeurs germaniques, allemands et flamands dès le début des années 1470, permet la production et la diffusion de textes et d'images qui alimentent les rêves des marchands et navigateurs : Fasciculus Temporum, Werner Rolewinck (1480, Séville) = abrégé illustré de l'histoire du monde


  • Élargissement du monde connu



Martin Waldseemuller (présentation de la lettre de Vespucci à l'ambassadeur de Florence, publiée en France sous le nom de Mundus Novis en 1503) a nommé America le continent récemment découvert.


La concurrence entre les nations d'Europe sur le terrain des expéditions se traduit par des publications
Pierre Martyr d'Anghiera (humaniste milanais au service des rois catholiques d'Espagne) : premiers textes largement diffusés sur les découvertes américaines
recueils de voyages compilant les textes disponibles sur les expéditions portugaises et espagnoles
Martin Fernandez de Enciso, Suma de Geografia (1519) : premier livre imprimé en catalan sur les Indes
Grynaeus, Novus Orbis Regionum (1532) : plus gros ouvrage publié sur les découvertes, largement diffusé
après les années 1540 – 1550 : collections les plus complètes et mieux structurées : vénitien Gian Battita Ramusio
controverse de Valladolid oppose Bartolomé de Las Casas à Juan Gines de Sepulveda (1550) sur le statut des Indiens et par conséquent, des autres peuples de la terre
=> émerveillement constamment renouvelé, mélange de peur et de paralysie, de désir et d'ignorance
=> réflexion sur l'homme et la nature humaine : mythe du bon sauvage (repris par les philosophes du 18è)


années 1550, même si les mythes ont la vie dure (Eldorado), l'image du monde a considérablement changé : le monde est pensé dans sa globalité à l'aune de (en prenant pour référence) l'universalité des valeurs européennes et chrétiennes


Imprimerie (1450) et circulation du savoir à la Renaissance


maturité : 1520 – 1540


Du manuscrit à l'imprimé : une lente transition


Le livre avant l'imprimé, typographique et presse manuelle


livre > liver : écorce
l'édition de textes et le livre comme support d'écriture (papyrus, parchemin, vélin = peau de veau mort-né) précèdent l'invention de l'art d'imprimer
au XIIè siècle en Occident, papier sous forme de rouleau ou volumen (manuscrit enroulé autour d'un bâton utilisé dans l'Antiquité et au Moyen-Age), puis de codex (forme de livre, apparue au Iiè et généralisée au IVè siècle, utilisant un assemblage de cahiers cousus ensemble et composés de feuilles de parchemins pliées = modèle du livre imprimé)


aux XIIè et XIIIè, l'essor des universités et le développement d'écrits de type juridique rompent le monopole monastique sur la culture écrite + humanisme => forte demande d'ouvrages, à laquelle la technique de la copie peine à faire face, le livre est rare car la copie et le support sont chers
  • création des conditions favorables à la recherche de techniques de reproduction en série : la gravure sur bois (xylographie = reproduction de textes et images) connaît un essor au Xvè
  • baisse du prix du papier (amélioré par les italiens) : divisé par 2 à deux reprises (entre 1350 et 1450 puis 1450 – 1500)
  • utilisation de caractères mobiles en métal (typographie)
  • recherche d'encres épaisses et à séchage rapide, adaptées à l'impression recto verso et à l'utilisation de la presse (Gutenberg a une famille d'orfèvres)



1- fabrication d'un poinçon sur un métal moins dur = matrice sur laquelle la lettre est gravée en creux et qui sert de moule à la fabrication des caractères dans un alliance de plomb, d'étain et d'antimoine => fabrication de plusieurs matrices à partir d'un poinçon
2- disposition des caractères sur une forme
3- encrage des caractères
4- l'ensemble est placé sous la feuille de platine de la presse qui actionné à la main permet d'imprimer la feuille


publication de calendriers, de grammaires latines, Bible (1454 – 1455) : volume in-folio (réalisé à partir de feuilles de papier pliées en deux) en caractères gothiques (180 exemplaires dont 30 en vélin)


L'objet livre


  • peu à peu, s'impose la lettre romaine dessinée en Italie et inspirée de l'écriture des humanistes
  • au milieu du XVè, le livre n'a pas de titre mais est identifiable pour son incipit => il met 80 ans à s'imposer
  • lettrines gravées marquant les articulations du texte, différenciation des paragraphes, numérotation des pages en chiffres arabes
  • engagement de la réflexion sur la ponctuation et l'orthographe => normaliser le texte et faciliter la lecture
  • présence des illustrations : la xylogravure permet d'imprimer le texte et l'illustration simultanément (résultat peu précis) => développement au XVIè des livres d'emblèmes, recueils d'images symboliques associées chacune à une épigramme
  • la reliure reste jusqu'au XVIIIè une industrie distincte de celle de l'imprimerie, les livres sont vendus en feuilles et c'est à l'acquéreur de décider de la reliure



La diffusion de l'imprimerie en Europe


Production


production rapide et en masse de livres à un prix raisonnable => diffusion de nouveaux textes (1500 : entre 240 et 270 villes possédant un atelier d'imprimerie


centre de la diffusion à Mayence et les pays rhénans (31 % de l'activité), puis en Italie du Nord (40 %), à la Sorbonne en France (16 %)...


avant 1468, ce sont des textes religieux qui dominent (73 %) sur les textes humanistes (19 %)


Prix, distribution et commercialisation


  • la distribution au détail se fait par l'intermédiaire de petites échoppes de libraires et de colporteurs
  • des foires (Francfort, deux fois par an et continue encore aujourd'hui) organisaient la distribution en gros
  • le marchand libraire est à la tête d'une véritable entreprise capitaliste, il prend les décisions éditoriales, avance les fonds, contrôle la fabrication et distribue les livres, il fait travailler plusieurs imprimeurs à la fois : transmission de génération en génération et par endogamie (obligation de se marier avec un membre de la communauté) => dynasties d'éditeurs (Estienne à Paris)



Les pouvoirs de l'imprimé


Les pratiques de la lecture


  • passage de la lecture à haute voix, publique (monastères) à une lecture silencieuse et privée
  • la devotio moderna, idéal de vie spirituelle individuelle, fondée sur la lecture personnelle des Évangiles et la prière intérieure (utilisé chez les Frères de la vie commune au Pays-Bas) aurait favorisé la lecture silencieuse
  • diffusion des petits formats

cependant
  • limitée à un public lettré
  • lecture à voix haute => communication écrite indirecte



L'humanisme et l'imprimerie


réactions négatives de certains humanistes, réticents devant la standardisation du livre et des éditions faites à la va-vite et peu respectueuses de l'intégrité du texte
mais effet sur la diffusion des idées par l'accélération des échanges


Les Réformes religieuses et l'imprimé


phénomène évangélique, né en Allemagne au début du XVIè est fondamentalement urbain (tout comme l'imprimerie) : diffusion par l'imprimerie des idées des Réformateurs (« guerre des pamphlets » = court texte satirique), ouvrages en langues vulgaires (Bible, commentaires bibliques, syntèses théologiques...)
cependant l'Église tarde à percevoir toutes les potentialité de l'imprimerie en matière de propagation de la foi
domination des textes liturgiques locaux : Rituels (livres liturgiques qui rassemblent les rubriques et formules d'administration des sacrements et des rites connexes), Manuels indiquant aux curés les gestes à accomplir au moment de la messe...
concile de Trente = assemblée des évêques catholiques réunis par intermittence à Trente entre 1545 – 1563, afin de définir la position de l'Église faces aux remises en cause des Réformes protestantes, à travers des traités disciplinaires et doctrinaux => imprimerie officielle de la papauté


Contrôle politique et idéologique


nécessité d'un contrôle strict sur le contenu des ouvrages
  • censure préalable ou pendant l'impression : la Constitution d'Innocent VIII (pape), Inter multiplices, impose l'autorisation préalable à toute impression
  • censure en aval exercée par des listes d'ouvrages interdits à la vente : Index officiel, Inquisition (tribunal ecclésiastique d'exception chargé de lutter contre les hérésies) espagnole, faculté de théologie française (parlements, édits royaux)
  • contrôle politique plus doux par la pratique du mécénat (soutient par des subventions aux artistes) des princes et des nobles

=> autodafé
=> privilège : monopole commercial, de durée variable pour une ou plusieurs œuvres
cependant pénétration des idées


Bibliothèques urbaines et princières à la Renaissance


grandes collections princières : seconde moitié du XIIè (bibliothèque de Fontainebleau sous François Ier)
collections privées peu à peu accessible au public
1530 – 1540 : accroissement de la taille moyenne des bibliothèques en raison de l'abaissement du prix du livre, le livre imprimé l'emporte sur le livre manuscrit et devient un objet courant


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MessagePosté le: Sam 14 Jan - 21:53 (2012)    Sujet du message: Publicité

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