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La Renaissance, histoire d'une révolution culturelle

 
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Camille BLEUNVEN


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MessagePosté le: Sam 14 Jan - 21:52 (2012)    Sujet du message: La Renaissance, histoire d'une révolution culturelle Répondre en citant

La Renaissance, histoire d'une révolution culturelle
Eugenio Garin





Renaissance et culture
Le terme de « Renaissance » (Rinascimento en italien) s'est affirmé vers la moitié du XIX ème siècle, bien qu'il fût en circulation depuis longtemps déjà pour spécifier un moment de l'histoire de l'Italie, daté à sept siècles après la chute de Rome d'après Leonardo Bruni d'Arezzo.
Entre le Moyen Age et les Temps Modernes, la renaissance se présente comme un moment privilégié de valeur indiscutable.
Citations incontournables:
Ulrich Von Hutten: « juvat vivere » (il est beau de vivre)
Machiavel, De l'art de la guerre, « cette province semble née pour ressusciter les choses mortes, comme on a vu de la poésie, de la peinture et de la sculpture ».
Renaissance= foisonnement culturel, ne vas pas de pair avec une évolution positive dans le domaine économique et politique (périclitation des industries, retour à une agriculture féodale).
=>sens tragique de la vie humaine, humanité mauvaise, univers catastrophique et de mourants mis en avant par Léonard de Vinci, Léon Battista Alberti, Machiavel, Michel-Ange, Savonarole,....
Renaissance = fait de culture car réallumage des bûchers pour sorcières, réformateurs et hérétiques + ostracisme des israëlites


La conscience de l'âge nouveau
Conscience polémique: prgm de rupture pour instaurer d'autres rapports entre homme et nature.
Mvmt de la renaissance marqué en Italie par: retour au monde antique et savoir classique + proclamation que l'époque médiévale est révolue(fin du monde barbare).
Vasari: les arts comme la vie des hommes ont une naissance et mort, mais également une résurrection (crise médiévale, renouveau à la renaissance).
Vasari distingue trois composantes de cette culture de la renaissance:
- »le vieux »: manière grecque, survivance de l'esprit clasique sans son souffle originel
- »le moderne »: manière gothique issue de la « barbarie médiévale », éloignée du réel et du naturel
- »l'antique »: école qui s'inspire de la réalité
La renaissance renoue avec l'histoire: définit et sonde le Moyen Age et redécouvre l'Antiquité + s'est rendue compte de l'usage que la MA avait fait de l'Antiquité.


La découverte des classiques
Dès la fin du Trecento italien, au moment où Rome abandonnée par les papes et secouée par les luttes des grandes familles contraste avec l'école de Pétrarque qui qui fait planer une sagesse alimentée aux sources classiques, apparition d'une manière différente de peindre.
Phrases de Cola invitent à un réveil national, rêve d'une Nouvelle Rome, appel à la liberté Romaine.
Pt de dpt renaissance= recherche de manuscrits, monuments, inscriptions, souvenirs, et une étude des langues latines, grecques et hébraïques pour établir des liens avec le patrimoine.
Reprise de l'enseignement du grec, envie de constituer des bibliothèques et musées =>liberté des villes italiennes =>liberté des arts
Effervescence de la culture grecque: traduction de La République de Platon par Chrysoloras (chaire de grec en 1397) et parallèlement, production d'oeuvres « modernes » rebelles comme le Defensor Pacis de Marsile de Padoue.
Le Pogge, retrouve et édite, publie de nombreux textes anciens comme par exemple Cicéron,.. et il écrit également de nombreuses lettres => « les livres deviennent des choses vivantes ».
Avec une reconstruction philologique des textes, ils confrontent la civilisation des textes anciens et la leurs, ce qui leur permet d'acquérir le sens des dimensions historiques et d'affiner leur capacité critique.
La découverte de textes originaux ramenés en Italie permit un nouveau départ à la recherche scientifique « qui disposa d'instruments rénovés, et d'une grande perfection ».


Les Grecs et les origines de la renaissance
En plus des livres, de par la menace turque, arrivée de nombreux grecs en Italie =>noyaux importants de langue grecques.
Recherche de l'idéal politique de l'état-cité de la Grèce Classique et un retour aux dieux anciens pouvant signifier un retour aux gloires classiques => résurrection hellénique.
Interprétation de Vasari au sujet des arts plastiques: L'humanisme réagissait non seulement au gothique mais aussi à la rude manière grecque.
La récolte des livres amène Bessarion à dire que «seuls  la culture et les livres des anciens peuvent nous rendre conscients de notre substance humaine, car ils nous donnent, avec le souvenir, le sentiment de nous-mêmes, grâce à l'écoulement du temps et à la confrontation du passé ».(voir citation p52)
Mais les livres étaient aussi « le recueil admirable de ce qu'il y avait de mieux dans le domaine des sciences naturelles et mathématiques ».
Une des composante de cette nouvelle culture est la redécouverte des liens entre la civilisation grecque et le monde romain.
=>La défaite de 1453 et la chute de Byzance avaient marqué ,en réalité, un réveil singulier et une reprise vigoureuse de la science hellénique.
Par la médiation de l'Italie, la Grèce devenait l'institutrice du monde moderne.


Humanisme et renaissance: connexion ou antithèse?
La présence des anciens, bien que le mythe fut consciemment reçu, fut critiquement pesée. Ils n'invitent pas à une répétition d'eux même mais à une compétition.
L'effort de résurrection du passé encourage comme une maïeutique (donner le jour à une civilisation qui en soit digne).
La nouvelle culture naît de l'IMITATION, mais non des anciens et de la nature, plutôt des démarches suivies pour les atteindre.
L'étude des textes classiques engendra la pédanterie grammaticale, l'imitation passive, l'idée de compétition, et alimente l'activité créatrice.
La tendance à privilégier les studia humanitatis, les lettres, renforça le sentiment de la valeur qu'ont la nature et les choses, les sciences et les techniques.
Nouveau proverbe: la vérité progresse avec le temps (veritas filia temporis).
Les modernes vont à l'école des anciens pour retrouver la possibilité de les dépasser, mais également car ils voient ds l'imitation un moyen de parvenir à une nouvelle originalité.
Le Politien affirme que « chacun doit chercher à être soi-même et s'exprimer soi-même »; « tout peintre se peint soi-même » selon Cosme de Médicis
L'étude des anciens alimente l'esprit et l'exerce, mais ne l'asservit nullement, ils aident à libérer l'esprit.
Le topique des abeilles insiste sur l'importance d'une pluralité des lectures et des auteurs pour se forger sa propre personnalité, son propre style.
Dvlpmt d'une nouvelle anthropologie: l'homme n'est pas conditionné par une espèce, il ne désigne pas nécessairement une essence; il est un acte de choix, qui se détermine et se structure de manière autonome (selon Pic de la Mirandole).
Nouvelle manière de concevoir l'espae chez les artistes: la perspective (rendre dans un plan l'espace à trois dimension).
Le lien entre l'homme et la nature se simplifie en une humanisation de la nature et en théorie de l'animation universelle: tout porte, comme l'homme une âme.


Les bibliothèques, l'invention de l'imprimerie
Le mouvement humaniste concentre son œuvre sur l'activité éducatrice et sur l'organisation des instituts où elle peut se déployer.
Passage d'une écriture gothique à une littera antiqua, plus claire, élégante et facile à lire.
La clarté de l'écriture est la composante, si petite soit-elle, d'un besoin de communiquer plus aisément et largement. La circulation des textes antiques permet à un plus grand nombre d'hommes de s'abreuver de sagesse éclairante =>actif travail des ateliers de librairies (recopiage).
Bibliothèques = instruments efficaces pour la diffusion de l'humanisme (se constituent des collections de livres, aussi bien chez les maîtres d'école qu'aux nobles et hommes d'eglise.
La curiosité littéraire a engendré la philologie et l'histoire, elle a encouragé la science et la technique.
Invention de l'imprimerie en Allemagne et épanouissement en Italie: cette technique fournit une prompte réponse à l'exigence d'accroître le plus possible la publicité du livre.
Le public de plus en plus large de diffusion des livres a contribué à la rédaction en volgare de ces derniers. Les vulgarisateurs partagent l'avis que les grands livres doivent pouvoir être accessibles au « peuple ».
La diffusion de la culture est des plus importantes car la culture est une composante essentielle de la politique (revêt un caractère civique).
Grâce à l'imprimerie, la Renaissance italienne s'étend à toute l'Europe.


La nouvelle éducation
Cette révolution appartient à la Renaissance française: cf lettre que F. Rabelais fait écrire par le vieux Garguantua à son fils Pantagruel = exaltation d'un monde nouveau, plus serein et plus libre.
=>exhortation: la nouvelle culture doit avant tout s'abreuver aux classiques dans la langue originale. Rabelais met en avant l'importance de l'échange continu entre les livres antiques et l'expérience.
Une génération a donc réussi à transformer radicalement les études, en créant vraiment des hommes nouveaux: la rupture entre le gothique et l'humanistique fut brusque, radicale, rapide et presque soudaine => nouveaux auteurs, nouveaux livres de classe, nouvelles méthodes d'enseignement,...
Le renouvellement culturel du XVème gravite autour de 3 institutions: les nouvelles écoles d'arts libéraux, les chancelleries, les cours.
L'humanisme s'occupe de préparer les futurs gouvernants des états-villes en leur fournissant des instruments propres à leur tâche: techniques rhétoriques, formules de rédaction, connaissances historiques, économiques et morales, ainsi qu'une vision générale de la vie. Plutarque est considéré comme étant le plus approprié à cet effet.
L'humanisme s'affirme difficilement et avec retard dans les universités, en effet, ces dernières sont liées à une forte tradition médiévale.
C'est par l'influence de l'étude des lettres que se développa le renouvellement de la science =>la révolution scientifique se fit aussi par le moyen d'une rupture polémique avec le savoir médiéval et d'une lecture des auteurs scientifiques grecs de l'antiquité.
Voir Guarino de Vérone,philologue et illustre professeur de grec, il fut le créateur d'une importante école à renommée européenne, école où se mêlent riches comme personnes plus modestes. Il s'appuie sur les textes grecs, aussi bien littéraires que scientifiques et montre l'importance de relier les deux. L'enseignement y mêle exercices intellectuels et physiques, et une atmosphère familiale y règne. Guarino insiste sur la nécessité d'enseigner le métier d'homme, avant tout autre art ou tout autre discipline.
Puis deux types d'enseignements: celui qui permet d'être un bon citoyen dans une république libre; et celui qui permet d'être un bon courtisan, de savoir se comporter à la cour.
Au delà de l'expérience humaniste: Montaigne. Tout petit, on lui fit apprendre les langues anciennes, que tout le monde tentait de parler du mieux qu'il pouvait, si bien qu'il ne connaissait pas sa langue natale. Après réflexion donc, il prône pour converser l'apprentissage de notre langue et celle de nos voisins avant les langues anciennes.


Thèmes et problèmes de la réflexion politique: cité réelle et cité idéale
Baldassar Castiglione, Le Courtisan, écrit platonicien qui met en avant un triomphe de la noblesse et de la courtoisie, qu'il montre par la consonance entre le monde de la nature et le monde humain, entre l'harmonie et la beauté de l'un et celle de l'autre, cette convergence de grâce et d'amour.
Nicolas Machiavel, Le Prince, traite du thème de la politique, leur côté cyclique et répétitif, et montre que les hommes sont ce qu'ils sont parce qu'ils vivent en société qui est réglée par des lois que la raison et l'expérience peut saisir. Il montre également que les valeurs morales et religieuses traditionnelles changent et perdent leur sens.
Or, le prince et le courtisan sont en étroite relation, l'un exécutant les ordres de l'autre.
Machiavel pose la religion comme instrument « idéal » pour éduquer et diriger les citoyens. Or, l'Italie du XVI ème a perdu « toute religion », et donc toute capacité à distinguer entre le bien et le mal.
S'oppose à ces visions pessimistes , l'Utopie de Thomas More (qui propose un monde où l'idéal de la liberté et de la justice se réalise) et L'éloge de la folie d'Érasme (il reste fidèle à l'instance humaniste, à la fois en l'homme spirituel, libre de ses choix), ouvrages se plaçant sous le signe de Platon.


Motifs de critique et de renouvellement religieux
F. Guichardin dans Souvenirs et Machiavel dans Discorsi fustigent implacablement l'Eglise romaine et ses ministres, tant sur le plan des moeurs que de l'ordre hiérarchique, que des rapports avec les autres religions, la question du pouvoir temporel ou encore la nécessité de retourner à la parole authentique du Christ.
Ce qui caractérise la renaissance = culte de la nature.
=>retour dans les arts des divinités païennes et des dieux antiques
Les relations entretenues entre la politique et la religion sont très tendues à cette période (cf tentative de renverser par la force la souveraineté des papes sur Rome par Callimaque et Platina pour le mercredi des cendres 1468.)
De plus, dès le Moyen Age, l'hermétisme théologique est étroitement lié à l'hermétisme astrologique et magique.
=>L'âge nouveau de la renaissance n'est pas la venue de nouvelles religions, de nouvelles dévotions ou de nouveaux cultes; il se caractérise par un effort de clarification, de critique, tout au plus de réforme morale ou de reconsidération de la vie intérieure.
Thème commun aux humanistes: critique de la corruption et de l'hypocrisie du clergé.
A la Renaissance, l'Eglise est divisée et tourmentée, ce qui n'est pas arrangé par la chute de Constantinople en 1453.
De plus, par delà la diversité des religions, un point de concorde doit être trouvé: la recherche d'une paix est en route.
Erasme de Rotterdam s'est employé à rendre sa simplicité originelle à la théologie, il a restauré et purifié les sources premières du christianisme => il cherche à démontrer que la religion n'est pas dans les cérémonies.
Il dénonce aussi l'engagement des prêtres et autres dans les guerres de religions, et montre la place importante que détient la « grammaire » au sein de la théologie, qui se présente comme la nouvelle conscience critique.
Il veut être citoyen du monde et cherche à amener les gens à pratiquer leur propre forme de piété.
=>Il croît en une possibilité de rénover l'Eglise et la société par les voies de la culture, à travers de petits groupes d'intellectuels.
Ce point de vue n'est pas validé par Savonarole, plus pessimiste et hérétique.


La nouvelle philosophie: l'exaltation de l'homme et de la nature
Érasme: L'Éloge de la folie =>la spontanéité d'action comme ressort de l'agir humain; la folie permet la société, les unions consenties et durables
Il s'agit donc d'un document des plus efficaces sur une façon nouvelle de voir et d'apprécier la vie et ses absurdités.
La Renaissance élabora une nouvelle conception de la vie et une nouvelle vision de la nature , de nouveaux idéaux moraux, théories philosophiques et sciences.
Les auteurs (moralisateurs) réfléchissent sur une expérience personnelle qu'ils relient à des lectures et méditations: leurs ouvrages sont en rien destinés à l'enseignement, à un usage universitaire.
Impact novateur et prépondérant du platonisme de la Renaissance: il signifiait à la fois un langage et un goût. Platon, qui fut employé à la place d'Aristote, permit la pluralité des philosophies.
Simultanément se répand l'idée d'un monde ou la nature est considérée comme animée, mue par une force intime qui l'agite.
Quant à Pic de la Mirandole, il soutient que ce qui vaut en philosophie, ce n'est pas l'élégance de l'exposé, mais la substance de la pensée. Il met la signification de l'homme dans sa liberté: l'homme est pour lui le seul être qui ne soit pas conditionné par une espèce, une essence; il est donc ce qu'il se fait, le résultat de ses œuvres et de ses choix.
Il montre également le caractère hybride de la magie et de l'astrologie et cherche de plus à définir la « vraie cause » des phénomènes. =>anthropocentrisme
La vision classique du cosmos est ébranlée par les mathématiques de Cusain et les réflexions sur l'idée de l'infini.
La science et la philosophie proclament désormais l'autonomie de la recherche.


La science nouvelle: la connaissance de l'homme et du monde
Nombreux travaux sur le mouvement aristotélicien.
Naissance de la science moderne due à: connaissance et traduction des textes grecs, poids des techniques artisanales et artistiques,...
Les besoins du commerce encouragèrent les voyages qui permirent une meilleure connaissance de la Terre.
La naissance de nouvelles conceptions du monde permit la constitution de nouvelles structures mentales aptes à faire progresser les recherches et découvertes.
Tentative de relier la raison à l'expérience.
Léonard de Vinci est un des plus frappant exemples de la convergence entre l'art et la technique, entre la réflexion scientifique et les formulations philosophiques. Il est l'expression de l'homme qui a voulu réaliser le microcosme; il souligna la valeur de l'expérience et de l'observation.
Il reste de lui le témoignage d'une confiance en la raison, en l'expérience, en la science, en la machine que l'homme construit (cf projet de machine volante).
La renaissance est également le siècle de deux « révolutions »: la découverte du « nouveau monde » (voyages de Christophe Colomb), et l'hypothèse copernicienne (héliocentrisme).
Giordano Bruno compris que se transformait la conception commune du monde. Mise en avant de l'infini de l'univers.
Séparation de l'astronomie (science exacte) et de l'astrologie (science des divinations).=>rationnalisation des instruments de recherche.
Les chercheurs s'intéressent à l'homme et au monde physique.
Kepler (voir lois de Kepler en physique), instaure une physique céleste, et tout comme Archimède, il recherche la vérité.
Galilée atteint un équilibre entre l'usage des instruments, les découvertes et la théorisation consciente.
=>Affirmation de l'autonomie de la science vis-à-vis de la religion.


Culture humaniste et littératures nationales
Caractéristique dominante littérature renaissance = fréquence des personnalités peu communes qui cherchent à réaliser en elles-mêmes l'image de l'homme universel.
La littérature de la Renaissance est écartelée entre le latin classique et l'italien renouvelé, mais elle fleurit aussi bien dans les cours des princes que chez la muse populaire par le biais de poèmes de chevalerie et de vers burlesques.
Plus haute figure poétique de l'humanisme: Angelo Ambrogini da Montepulciano (cf Stances) => ses vers montrent une capacité constante de rendre une vision enchantée de la nature.
Ludovico Ariosto, Roland furieux, offre une œuvre emprunte de simplicité de style et de fantaisie sans limite.
Harmonisation du langage populaire et aristocratique par une ottava rima.
Ce siècle veut se rendre compte de ce qu'est l'art en général, mais qui réclame aussi des techniques pour le bâtir, des règles et des définitions pour les genres littéraires.
L'homme est scruté jusqu'aux replis de son âme et de ses comportements, y sont par la suite célébrées les valeurs de l'amour, de la foi, de la souffrance.
La traduction des livres italiens et l'enseignement du grec imposent à la France les idéaux de la Renaissance.
Le rayonnement de la nouvelle culture atteint toute l'Europe.
Voir Montaigne, Érasme, Ronsard, du Bellay,...
Renouvellement de la poésie lyrique, de l'épopée et du théâtre.


Les « beaux- arts »: architecture, sculpture, peinture
Ouverture du Quattrocento italien par La République de Platon.
Murare (construction) caractérise l'épanouissement des villes de la renaissance. Certains sont même convaincus que l'architecture peut avoir comme fonction de faire le lien avec la politique et la vie civique.
L'artiste est constructeur d'un cosmos où l'homme se trouve inséré. Ce type d'art englobe tout: science, conception du monde, poésie, morale, politique,..(cf Vinci, Michel Ange,.)
L'activité de l'artiste est donc à la renaissance l'activité suprême.
Floraison des études de perspectiva. L'artisan est qualifié d'une dignité supérieure (artiste). La situation politique influence les manières d'agir des artistes.(cf cercles culturels dans les cours).
Certains peintres comme Piero della Francesca (qualifié de « monarquede la peinture » par Luca Pacioli)fixèrent sur leurs fresques l'aspect physique de l'homme, considéré comme être privilégié, capable de dominer le monde.
Concrétisation de l'idée de la correspondance entre macrocosme et microcosme dans le caractère anthropomorphique de l'architecture.
Au Quattrocento, connexion entre la nouvelle peinture italienne et la peinture franco-flamande.
Les arts prennent une inflexion différente selon l'endroit où ils se développent: ils gardent un langage commun mais ils greffent des particularités sur la tradition ou reçoivent des apports exotiques.


Sciences, inventions et découvertes
Pas de réelles sciences et technologie comme nous l'entendons à la Renaissance, mais méthodes de raisonnement scientifique.
Trois découvertes qui révolutionnèrent à cette époque:
-la boussole, permit découverte de nouvelles terres
-la poudre à canon transforma l'art de la guerre
-l'imprimerie permit la diffusion de textes et autre, elle répandit et perpétua la Renaissance. Les textes de l'Antiquité, les œuvres des peintres et musiciens purent traverser les frontières.
La connaissance du monde, des régions proches aux contrées lointaines, devint accessible à tous.
La Géographie de Ptolémée traduite du grec en latin par Niccolo Niccoli en 1406 puis éditée: les cartes non présentes sont redessinées et les lacunes comblées (ajout des nouvelles connaissances.
L'Histoire naturelle de Pline fut également complétée par l 'adjonction des découvertes nouvelles.
1478: ouvrage de Celse=premier traité de médecine classique imprimée, marque l'essor de la médecine empirique, de la recherche anatomique et de la dissection.
Les possibilités d'illustration apportées par l'imprimerie furent capitale dans de nombreuses disciplines: elles purent atteindre leurs lecteurs et leurs apprendre beaucoup.
Les mathématiques furent la clé de nombreux progrès: indispensables pour calculer les réductions et points de fuite en perspective, établir des cartes et des relevés, effectuer des mesures astronomiques +comptabilité et utilisation croissante des chiffres arabes favorisèrent commerce et échanges=>goût croissant de l'époque pour la recherche arithmétique. (Platon avait trouvé dans le nombre l'image de la vérité éternelle).
Pourtant le secret, le mystère et l'irrationnel continuait de dominer la pensée: les maths expliquaient combien l'infinité de l'Univers était en fait l'expression de l'unicité et omniprésence de Dieu.
« Au cœur du savoir gît le mystère , et au centre de la connaissance mystique trône l'inconnaissable Être suprême ».
Foi en l'astrologie florissante: les enseignements orthodoxes considéraient que les astres pouvaient influencer sinon contrarier le destin, incidence des planètes sur les fonctions du corps humain.
Néanmoins époque inventive: fontaines et jets d'eau (par amélioration des machines hydrauliques), nouveaux types de bateaux facilitent la navigation haute mer, pendules montres et horloges: les jours sont rythmés autrement que par le soleil.


La révolution de l'imprimerie
Première Bible de Gutenberg en 1455 à Mayence, fin XVème, Italie=plus grand producteur d'ouvrages imprimés. Sans l'imprimerie, « la Réforme aurait été une querelle de théologiens, la littérature populaire aurait été impossible, les découvertes scientifiques seraient restées ignorées ».
Michelet décrit la Renaissance comme « la découverte du monde et de l'homme ».


L'astronomie : 1543, Copernic publie sa théorie de l'héliocentrisme comme s'agissant d'une hypothèse mathématique et non d'une réalité physique.=> Prouvé par Galilée au moyen du télescope


Alchimie et astrologie
La Renaissance fût une époque préscientifique, jusqu'au XVII ème siècle, les idées avaient le pas sur l'observation et la recherche expérimentale. Idée de « correspondances: lien et sens entre concepts (4 éléments, humeurs, points cardinaux,7planètes, notes de musiques, péchés capitaux,...)La connaissance de toutes les harmonies cosmiques était la condition du pouvoir.


La musique classique naquit à la Renaissance, c'était une des plus hautes branches du savoir. Elle était associée aux théories anciennes de l'harmonie et des proportions gouvernant l'Univers. Amélioration de la forme des instruments. En privée la plupart du temps mais aucune cérémonie ne se concevait sans musique.


La Renaissance voyait la guerre comme un spectacle esthétique. Armes et armures devinrent objets d'art, l'attirail guerrier dans les combats n'étaient souvent qu'une forme de déguisement.


En médecine prédomine la théorie des humeurs: le corps humain est l'union de quatre éléments, qui se traduisent par 4 humeurs (froide, chaude, humide et sèche), matérialisé par 4 fluide corporels (sang, bile jaune, lymphe, bile noire) qui génèrent 4 tempéraments (sanguin, colérique, flegmatique et mélancolique). Être en bonne santé=tenir la balance égale entre ces humeurs. Étude des plantes et fleurs avec une particulière attention=>progrès botanique


Le temps passa d'une utilité religieuse à une utilité publique et officielle, puis domestique et enfin privée. Au XVII ème siècle, les montres étaient devenus des merveilles d'ingéniosité, aussi bien mécaniquement qu'artistiquement, et elles étaient un moyen d'afficher l'opulence de ceux qui les portaient.


Le pouvoir de l'art
Le prestige conféré par les oeuvres d'art à leurs instigateurs et protecteurs faisait l'objet d'une compétition entre les grands de ce monde. Renouer avec l'Antiquité était à l'ordre du jour: question d'étiquette et de prestige, l'imitation était à l'ordre du jour, et les conventions voulaient que l'on connaissent la poésie, la mythologie, la peinture, la sculpture,...
Par les hauts-reliefs, Donatello prouva que la sculpture peut s'approcher de la peinture.
Autre nouveauté: portraits gravés sur médailles, miniatures et petits bronzes. L'assimilation de la science de la perspective permit de transcrire en un seul plan les trois dimensions. La luminosité et la profondeur se trouvèrent rehaussées par l'emploi de la peinture à l'huile. Les tableaux sur toile et non plus sur bois sont plus facile à transporter. Retour du nu avec redécouverte art de l'Antiquité. L'imprimerie permettait de faire connaître les peintres partout.
Les collections de reproduction qui figurèrent sur de nombreux ouvrages contribuèrent à enrichir le langage visuel et le fond commun culturel des générations futures.
Les créations de l'homme voulaient s'élever au niveau de celles de Dieu.Elles chantaient la gloire de l'homme autant que la Sienne.
La considération grandissante pour les arts permit aux artistes de se faire mieux connaître. Il n'était pas nouveau de placer sa propre image dans un groupe sculpté ou sur un tableau religieux, mais l'endroit où les artistes parfois signaient pouvait être choquant.
Le culte de l'héroïsme fut aussi une caractéristique de la Renaissance: élever des monuments gigantesques était pour les artistes un moyen de faire l'apologie de leur propre talent. Mais la démesure ou l'exagération portent toujours en elles le risque de verser dans la vulgarité ou le ridicule.
L'humanité fourvoyée cherche toujours à tricher avec la mort. La croyance en une immortalité conférée par l'art donne lieu à de nombreuses oeuvres qui témoignent du pouvoir qu'on les arts de vaincre le temps, d'engendrer une renommée aussi durable qu'il soit possible de l'espérer dans un monde voué à la destruction.


Par Giorgio Vasari, Les vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes italiens, l'artiste n'est plus considéré comme un simple artisan exerçant son don.


Les médailles sont des témoignages en miniatures qui flattent les vivants et commémorent les défunts. La Renaissance surpassa les plus beaux spécimens de l'Antiquité. Visages de profils puis face, tout l'éventail des classes sociales est couvert.


Le raccourci est l'art de transposer des objets en trois dimension sur une surface plane. La perspective est l'application technique de ce principe à une composition entière, jusqu'à l'horizon.
La Renaissance redécouvre les beautés de la nudité, la précision anatomique comptait moins que la couleur et l'atmosphère. Avec la génération des maniéristes, le corps est présenté en termes d'esthétiques et attirance sexuelle.


Le culte du héros franchit toutes les frontières culturelles et religieuses. Les personnages de l'Ancien Testament et de l'histoire chrétienne vont de pair avec ceux de la mythologie classique. La force morale est aussi visible que la puissance physique.


Les progrès architecturaux entraînent du renouveau dans la conception de la décoration, de l'aménagement intérieur: peintures, fresques ou toiles brossent des sujets variés.


L'art de la décoration intérieure: au début de la Renaissance, l'idée jaillit de traiter une pièce comme une oeuvre d'art en soi, dont la décoration créerait un environnement imaginaire où des personnages fictifs évolueraient dans le même espace que le spectateur. Exemple le plus achevé: camera degli sposi de Mantegna dans le palais ducal de Mantoue.


Le projet de Michel Ange de la chapelle Sixtine combine deux méthodes de décoration intérieure: une série de caissons rectangulaires ornés et l'ouverture de la voûte entière permettant au spectateur de se situer dans cet espace fictif.


Les « grotesques » désignent aujourd'hui ce qui est laid, difforme, fantastique. Il caractérise plus l'art gothique du Nord et est éloigné des canons de l'harmonie classique (caricatures de Léonard de Vinci, Le jardinier de Guiseppe Arcimboldo,...)


La Renaissance donna une vitalité nouvelle à la sculpture en relief: maître incontesté du haut-relief=Donatello. Impact des précédents classiques, mêle gothique et expressionnisme.


Recréer l'Antiquité
Dès Xvème, recherche des vestiges de l'architecture et de la littérature de l'Antiquité=>a renforcé le sentiment qu'il était important de les préserver et recréer. Pourtant, de nombreux ravages sont encore à déplorer: destruction de nombreux bâtiments, statues,... pour une réutilisation des matériaux. Filippo Brunelleschi et Donatello quittèrent Florence pour Rome où ils firent des fouilles et en firent de nombreux croquis =>pionniers des recherches sur la Rome antique.
Le livre de Vitruve devint la bible des architectes de la Renaissance: le De Architactura qui expose la théorie et la technique de construction.
Avant que les édifices de style Renaissance soient construits, les peintres en érigeaient les modèles (plans d 'édifices et panorama de villes de style classique).
Serlio: « La perspective ne permet pas de réaliser un ouvrage sans architecture, pas plus que l'architecture sans la perspective ».
La ville idéale attrbuée à Piero della Francesca paraît « absolument réelle » (Antonio Manetti). Cet espace urbain, conçu pour que nous y entrions, fait de notre arrivée une apothéose.
L'Eglise à dôme central fut une forme idéale pour corriger les imperfections du gothique.
La connaissance retrouvée de l'architecture ancienne inspira le style de nombreux édifices d'Europe et du monde, qui ne furent pas pour autant des copies mais suscita des créations originales.
Le Colisée symbolisait Rome elle-même: ses traits caractéristiques furent utilisés pour de nombreux bâtiments tels que les ordres décoratifs superposés, les loggias à étage et les cours entourées d'arcades. (influence considérable en raison de la superposition des ordres).
Le Panthéon, modèle des Eglises à dôme, devint le symbole de la gloire immortelle de la renommée classique.
« L 'Antiquité continua donc de vivre, remodelée par les idées de la Renaissance.[...] Emblèmes de l'architecture antique, l'obélisque et la pyramide contribuèrent à l'évolution du goût pour les modèles classiques. »


Les clés du style classique furent les ordres: doriques, ioniques, corinthiens et toscans, dont l'emploi était soumis aux règles fixant la proportion entre leur hauteur et leur diamètre, le modèle de leur base, du chapiteau et de l'entablement, et la manière de les employer les uns par rapport aux autres.


L'urbanisation de la Renaissance s'inspira des modèles antiques, de la dilection pour la géométrie, des rêves d'une cité idéale, et des notions d'urbanisme orthodoxe.


Pendant la Renaissance, survivance du style gothique(connotation religieuse) en même temps qu'une résurrection du style classique: les deux styles tendent à se mêler.


Eglises à espace central peu appréciées des prêtres (peu commodes pour liturgies) mais attrait irrésistible pour les architectes: le cercle était l'expression visuelle du divin (voir Bramante). + époque de l'avènement du dôme.


L'arc de triomphe a été remis au goût du jour par la Renaissance. Bon nombre subsistaient dans les villes d'Italie, symbole évocateur de la domination de Rome. Ils suscitaient peu d'intérêt et été élevés temporairement en l'honneur d'une personnalité dont la ville recevait la visite.


Les humanistes étaient fascinés par le théâtre grec et romain et s'attachèrent à faire jouer les pièces dans des décors classiques. Trois genres de mise en scène selon Vitruve: le comique, le tragique et le rustique. PB: on ne savait pas comment mettre en scène les pièces. L'avenir serait donc le théâtre à proscenium où la seule référence au classique serait le décor.


Vers le milieu XV ème, un nouveau style de vie devint à la mode pour la noblesse d'Italie centrale: retraite dans des villas à la campagne pour fuir une ville trop chaude et surpeuplée. Initié par les Médicis à la suite des lectures de Virgile et Pline Le Jeune.


Les obélisques, « des pyramides pointant vers les étoiles », plusieurs ont été volées aux égyptiens par les romains et implantés dans des lieux stratégiques de Rome. Les obélisques ne perdirent jamais leurs liens avec l'Antiquité et le souvenir du passé.


« Le style appelé maniérisme marqua un progrès par sa complexité, sa finesse, sa nouveauté et ses effets de surprise. Il perdit de son équilibre, de sa majesté et de sa dignité héroïque. » =>les artistes n'aiment pas à répéter ce que d'autres ont fait: ils sont donc poussés à aller de l'avant.


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MessagePosté le: Sam 14 Jan - 21:52 (2012)    Sujet du message: Publicité

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