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Exposé n°2, Les Jeux [Charles & Charlotte]

 
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Charlotte


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MessagePosté le: Sam 3 Déc - 13:11 (2011)    Sujet du message: Exposé n°2, Les Jeux [Charles & Charlotte] Répondre en citant

En ligne :
-> L'intégralité de notre exposé (ci-dessous)
-> Je peux aussi, si vous le voulez, rajouter un certain nombre de photos, de statues notamment, en lien avec le cours sur les arts.







Introduction aux Jeux Panhelléniques    
 

Jeux panhelléniques. Ces mots ne vous disent peut-être rien, mais ne vous inquiétez pas, c'est normal. Si l'on parle de jeux antiques, on pense tout d'abord aux jeux olympiques, ce qui est évident vu la trace que ceux-ci ont laissé dans l'Histoire, ancienne comme récente. Mais les Jeux Olympiques ne représentent en réalité qu'une partie de ces jeux panhelléniques. En premier lieu, il ne faut pas mélanger jeux romains et jeux panhelléniques. Les premiers ne consistaient qu'en une débâcle de violence, d’où leur nom de jeux du cirque, et les seconds opposaient des cités grecques unifiées pour l'occasion dans des «combats», enfin plutôt des affrontements sportifs pacifiques.    
Le terme «jeux» comme nous l'entendons dans la langue française vient en réalité du latin et non du grec, car on n'utilisait pas ce mot à l'époque. On utilisait le terme «agon» qui signifiait compétition. Cela renforce l'idée selon laquelle les jeux étaient bel et bien une compétition et non un divertissement. Le terme de «panhellénique» vient lui directement du grec, et désigne le rassemblement de tous les grecs, «pan» étant un préfixe marquant une idée de totalité et «hellénique» signifiant tous ce qui se rapporte à la Grèce.    
Nous étudierons les jeux panhelléniques dans la Grèce antique, en expliquant tout d'abord l'idée de panhellénisme, qui a en quelque sorte permis l'essor des Jeux, puis nous aborderons l'exemple des jeux, qui sont la représentation la plus marquante du panhellénisme, en nous appuyant finalement sur les Jeux Olympique, l'exemple le plus probant.    
 

I. Le Panhellénisme    
 

 

A) Qu'est-ce que le panhellénisme ?    
 
Le terme de panhellénisme est un apport assez récent de la langue française, car son équivalent en grec nous est inconnu. Пαυέλληυες est le doux mot hellénique qui traduit au mieux l'idée de panhellénisme, tout en n'étant pas sa traduction littérale exacte. Cette absence d'équivalence entre termes est paradoxale, car le panhellénisme est par définition une chose ancienne, et une chose grecque, mais ceux-ci n'avaient manifestement même pas de terme exact pour le qualifier !    
En fait, le panhellénisme représente ce sentiment que les hellènes ont de faire partie d'une communauté, cette union de toutes les cités états contre un ennemi commun, le barbare, le non grec. Ce terme est né du besoin qui se faisait sentir de désigner tous les grecs pris ensemble, lorsque contrairement à leurs habitudes, ils cessaient pour un temps d'agir chacun de son côté. Ce sentiment contenait une l'idée d'une politique commune à tous, ce dont Hérodote et les athéniens étaient très conscients : c'est parce que justement les athéniens avaient conscience qu'il existait un certain nombre de traits définissant les hellènes qu'ils adoptaient une politique fondée sur le refus de toute possibilité d'entente avec le barbare, ennemi n°1 du monde grec.    
Mais le panhellénisme avait aussi, et même surtout, une dimension sentimentale, qui faisait s'exalter tout ce qui était, en fait, l'héritage commun de tous les grecs, tout ce qui pouvait les unir dans une sorte de fraternité et aussi dans la fierté d'un passé glorieux, qui était capable de s'enrichir encore. Ce même sentiment poussait d'ailleurs aussi à déplorer les luttes entre Grecs.    

 
 

 

B) Quelles sont les limites du panhellénisme ?    
 
Mais le panhellénisme était, quelque part, une réalisation difficile : tout d'abord elle se heurtait à l'esprit particulariste des Grecs qui, s'ils n'avaient aucune peine à retrouver les liens de parenté qui les unissaient les uns aux autres, restaient avant tout des athéniens, des spartiates, des thébains ou des argiens. Les cités mettaient effectivement un soin jaloux à sauvegarder et à défendre leur indépendance. Bien que capables de se grouper momentanément devant un danger qui les menaçait toutes, elles n'avaient rien de plus pressé, une fois ce danger écarté, que de repousser tout ce qui pouvait être considéré comme une limitation de leur souveraineté. Et rien n'était plus cher à l'esprit hellène que la cité : et il faut considérer que les rivalités entre cités existent de façon quasiment perpétuelle, chacune essayant de devenir assez forte pour jouer en Grèce un rôle capital, pour avoir ce que l'on appelait l'hégémonie, c'est-à-dire une domination sans partage, et qui était surtout convoitée par des villes comme Athènes et Sparte, qui se livraient une guerre sans merci.     
 

C) Deux expressions parmi les plus célèbres du panhellénisme : La guerre de Troie et les guerres Médiques.    
Le panhellénisme prend pour la première fois tout son sens grâce à la littérature, dans le récit de l'Iliade d'Homère. Effectivement, pour récupérer Hélène, l'épouse de Ménélas, le roi de Sparte, tous les peuples de l'Hellas vont s'allier à sa cause et assiéger la ville de Troie, en Asie Mineure. Dans le chant numéro 4 de l'épopée d'Homère, Agamemnon, roi de Mycènes, fait l'inventaire de tous les peuples présents dans les plaines troyennes : des mycéniens et des spartiates sont présents en nombre, bien sûr, mais aussi des crétois, des myrmidons, des athéniens, des représentants d'Ithaque et de Pylos... Cette union des peuples aura raison de la résistance troyenne, car Hélène sera arrachée des mains du prince troyen Pâris et rendue à son époux le roi sparte Ménélas.     
C'est aussi notamment au nom du panhellénisme que les hellènes vont se liguer contre les Perses lors des Guerres Médiques (499 – 479), et former ainsi une symmachie, c'est-à-dire une alliance militaire entre plusieurs villes : les hellènes s'allient autour d'Athènes, et sont dirigés par un spartiate. Les protagonistes ont aussi pris conscience de ce pourquoi ils se battaient et de ce qui les unissait : la défense d'une cause commune, la lutte contre le barbare. Durant ces guerres, les hellènes avaient enfin l'impression qu'ils formaient un tout bien distinct des autres peuples du monde.    
 

 

II – Manifestation la plus représentative du panhellénisme, les Jeux.    

Comme nous l'avons vu dans la première partie, le panhellénisme est donc cette sorte de sursaut d'orgueil hellénique, qui, face à l'adversité convient qu'il lui est bénéfique, sinon indispensable, de se reconnaître une culture et des us et coutumes communs. Pour cela, en 776 avant notre ère, le roi d'Elide dénommé Iphitos, se fiant à l'oracle de Delphes, va déclarer une trêve sacrée dans tout le Monde hellénique afin de pouvoir célébrer quelque chose qui en peu de temps, va se révéler être un événement incontournable dans la vie de tous les hellènes : nous allons vous parler des Jeux. Nombreux sont ceux qui ignorent que ces jeux sont d'origine hellénique, et que leur création remonte à l'Antiquité grecque.     
A) Naissance des Jeux



En premier lieu, il faut reconnaître qu'un flou mythologique règne autour de l'histoire de la création des jeux. A vrai dire, on se sait pas réellement qui a inventé, instauré ces Jeux, et quand. Ce dont nous nous doutons, c'est qu'ils sont bien antérieurs à la date symbolique de 776 av. JC.     
→ Pour le poète Pindare, c'est le demi-Dieu Héraclès (Hercule pour les romains) qui aurait, pour célébrer le succès de ses 12 travaux, fait édifier à proximité de la tombe de son grand-père Pélops, un temple dédié au culte de Zeus, son père. Il aurait instauré aussi un périmètre sacré, l'Altis, et organisé à l'intérieur de celui-ci les premiers Jeux Olympiques.     
→ Mais pour d'autres, les jeux trouvent leur origine dans le mythe dudit grand-père d'Héraclès, Pélops, roi de Pise, et fils de Tantale, le roi de Lydie ou de Phrygie. Les Jeux auraient été créés suite à la victoire de Pélops sur le roi Oenomaos, (roi de Pise en Elide et fils du dieu Arès), dans une course de chars. Pélops voulait épouser Hippodamie, la fille d'Oenomaos, et le père avait promis la main de sa fille à quiconque le battrait à la course : en cas de perte, le prétendant était tué. Oenomaos agissait ainsi car l'oracle de Delphes lui avait annoncé qu'il serait tué de la main de son gendre. Il cherchait donc à vaincre l'irrémédiable en faisant s'affronter les chevaux des prétendants à son équipage magique. 12 prétendants avaient déjà été tués quand Pélops se présenta. Mais celui-ci soudoya le cocher d'Oenomaos, qui sabota le char de son maître et entraîna la mort de celui-ci. Pélops obtint la main d'Hippodamie, l'épousa et devint roi de Pise. On dit qu'il aurait instauré les Jeux à Olympie en mémoire de son beau-père, car comme on va le voir, les Jeux ont une valeur funéraire.     
 
 
→ Le voyageur grec Pausanias, lui, dans sa Périégèse, attribue à un autre Héraclès la création des Jeux Olympiques. « Son » Héraclès, pour ainsi dire, vivait dans l'Ida et était l'aîné des cinq frères Curètes. Gardien du temple de Kronos, dans la province de l’Elide, entre 2500 et 2300 ans avant J.C. Héraclès aurait proposé à ses jeunes frères (Peoneos, Epimèdes, Iasios et Idas) une course à pied qui verrait le vainqueur couronné d’un rameau d’olivier sauvage. Il nomma alors Olympiques les jeux qu’il venait d’inventer.     
 

D'autres versions existent sur la création des jeux panhelléniques, ces trois-ci ne sont que les plus couramment utilisées. Mais pour d'autres, le dieu des dieux Zeus lui-même aurait instauré les Jeux Olympiques, en symbole de sa puissance nouvelle. La création des Jeux Olympiques serait donc le fait d'on ne sait pas bien qui, qui aurait agi on ne sait pas bien quand. Mais leur histoire serait une succession de disparitions et de réhabilitations.     

 
On retient l'année 884 av. JC comme étant une date fondamentale dans l'Histoire de Jeux panhelléniques. Au IX e siècle av JC, la peste et les guerres intestines ravagent le Péloponnèse. Afin d'y remédier, le roi d'Elide, Iphytos, voit en la Pythie leur dernière solution pour remédier aux maux dont ils sont victimes. L'oracle de Delphes lui conseille de rétablir les Jeux Olympiques en l'honneur des dieux afin de les apaiser. Iphitos, en cette fameuse année 884, va obéir à la Pythie et déclarer une trêve sacrée, en accord avec son ennemi Lycurgue, roi de Sparte. Est ainsi déclaré que durant les célébrations, le territoire des jeux sera une zone neutre : interdiction absolue de s'y battre.     
 
Mais à présent on situe tout de même de manière assez précise l'année des premiers Jeux officiels : ceux-ci se seraient pour la première fois déroulés en 776 avant Jésus Christ. A partir de cette date, en effet, le temps aurait été mesuré en terme d'Olympiades, qui servent de repère chronologique commun à tous les grecs ; une olympiade est la période de 4 ans qui sépare deux sessions de Jeux Olympiques. Ainsi, lorsque l'on parle de la deuxième année de la troisième olympiade, il faut comprendre que l'on fait allusion à l'année 767 avant notre ère.     
 

Seulement, il ne s'agit ici que des Jeux Olympiques : or, les jeux panhelléniques sont au nombre de quatre. Il nous faut aussi parler des jeux pythiques, isthmiques et néméens. La présentation de ces jeux sera cependant plus succincte, car nous n'avons que 45 minutes de parole, et que nous avons choisi de nous focaliser sur les jeux olympiques. Pourtant il nous faut quand même en parler, aussi allons-nous commencer par les jeux pythiques.    

 
Ceux-ci ont été instaurés en 586 sur les hauteurs de Delphes et sont les plus importants après les Jeux Olympiques. Ils se déroulaient en général au cours du mois d'août ou de septembre de la troisième année de l'Olympiade. Mais là où les jeux olympiques étaient dédiés à Zeus, les jeux de Delphes, eux, étaient consacrés à Apollon, le dieu des oracles. Le sanctuaire de Delphes est celui qui, aujourd'hui encore, est le mieux conservé. Les jeux pythiques sont tout d'abord un concours musical : les concurrents composaient chacun une ode célébrant la victoire d'Apollon sur Python. Le compositeur qui glorifiait au mieux le dieu était sacré vainqueur et se voyait remettre une couronne de laurier en signe de victoire. En 582, à l'exemple d'Olympie, des épreuves gymniques, de poésie et des courses de chars sont instaurées.     

 
Mais avant les jeux pythiques ont été instaurés les jeux Isthmiques, dès l'année 589 av. JC. Ils se déroulaient dans la ville de Corinthe tous les deux ans, les premières et troisièmes années de chaque Olympiade, au printemps, c'est-à-dire au mois d'avril ou de mai. Les festivités étaient dédiées au dieu de la mer et des chevaux, Poséidon.     
Les jeux néméens, quant à eux, ont été pour la première fois célébrés en l'année 573 av. Jésus Christ et se déroulaient en Argolide. Il célébraient le personnage d'Héraclès en juillet, lors des secondes et quatrièmes années de chaque olympiade.     
Mais il serait erroné de croire que seuls les hommes adultes ont le droit de participer aux jeux panhelléniques : en effet, les femmes aussi ont leur propre compétition, les jeux héraïques, en l'honneur de la déesse Héra, évidemment. Ces jeux se déroulent l'année des Jeux Olympiques, dans la même ville d'Olympie, et sont ouverts à toutes les jeunes filles célibataires. Une seule épreuve est proposée, c'est une course de 160m. Ces jeux pourtant ne sont pas très renommés.    
 
B) Un événement incontournable.    
 

Ces jeux panhelléniques, qui sont donc au nombre de 4 (5 si l'on compte les jeux héraïques), sont très vite devenus un événement incontournable de la vie des hellènes. D'une part parce qu'ils étaient ouverts à tous les hellènes, s'ils étaient citoyens grecs, et parce qu'au cours de la trêve sacrée, durant laquelle l'Elide était neutre et où il était interdit de se battre sous peine d'amende, les spartiates côtoyaient les athéniens, de même que les macédoniens, bref, des athlètes et des spectateurs de toutes les régions de l'Hellis et de ces colonies. Le stade olympique, à titre d'exemple, pouvait accueillir plus de 45 000 personnes : cela donne une idée du nombre d'hellènes que les jeux panhelléniques ont pu rassembler.     
Il faut simplement noter que l'expression « tous les hellènes » est à nuancer ; tout le monde ne pouvait assister aux jeux panhelléniques. Tous les citoyens hellènes pouvaient se rendre à Olympie, à Delphes, et assister aux épreuves, mais leurs épouses non, sous peine d'être jetées du haut du mont Typaeon. Les seules femmes à pouvoir encourager les athlètes étaient la prêtresse Chamyne de Déméter et toutes jeunes filles célibataires. Les métèques et les esclaves aussi étaient refoulés, de même que les enfants ne participant pas aux épreuves.     
C'est également devenu un événement incontournable car depuis toujours, le sport occupe une place de choix dans la culture grecque : depuis l'époque mycénienne, l'activité sportive est très conseillée et ceux qui la pratiquent régulièrement sont très nombreux : l'athlète est très bien vu, il représente l'idéal de l'homme hellène, un homme parfait. Chaque grande cité était dotée d'un gymnase, d'un palestre, d'un stade, ou bien des trois à la fois, car l'éducation du corps et celle de l'esprit étaient indissolubles, pour les hellènes. Le corps et l'esprit formaient en un tout, le développement de l'un était aussi important que le développement de l'autre. Avec les hellènes, l'expression « un esprit sain dans un corps sain » prenait toute son envergure. Les enfants, en général, commençaient le sport à l'âge de 7 ou 8 ans : on comprend ainsi pourquoi les jeux panhelléniques ont pu acquérir une telle importance.     
 
 
C) Les valeurs véhiculées.    
 

Parce que des hellènes de toutes les régions venaient regarder les athlètes s'affronter et parce que le sport occupe une place des plus importantes dans la culture grecque, les jeux panhelléniques occupent une place des plus incontournables dans le monde hellénique. Mais aussi parce que les jeux véhiculent un certain nombre de valeurs, dont trois que l'on peut qualifier de plus importantes que les autres :    
J'ai déjà parlé un peu de l'athlète, homme idéal, celui qui cultive son esprit tout comme la forme physique. Les représentations d'athlètes sont parmi les plus nombreuses de la statuaire antique grecque, et permettent ainsi de faire circuler un certain de nombre de valeurs relatives à l'homme, physique comme morale : le grec idéal est un athlète, il est fort, courageux, robuste, et surtout, participe aux jeux non pas pour l'argent, mais pour les honneurs, il est honnête et intègre.     
Mais les jeux panhelléniques avaient aussi, à l'origine, une valeur funéraire. Chaque sanctuaire de jeux est situé à proximité d'un tombeaux de héros : Pélops est enterré à Olympie, par exemple, de même que Python serait enseveli à Delphes. Mais les jeux organisés lors de cérémonies funéraires sont relatées au mieux par Homère grâce aux funérailles de Patrocle, à la fin de l'Iliade, dans le chant 23. En l'honneur de Patrocle, tué lors d'un combat par le troyen Hector, Achille organise des jeux funéraires, et notamment une course de chars, des combats, des épreuves d'habileté, lesquels sont disputés par Ménélas, roi de Sparte, Ulysse d'Ithaque, Ajax de Salamine, ou encore Agamemnon, roi de Mycènes.     
Ces jeux, par ailleurs, avaient aussi une forte importance culturelle, de nombreux hommes célèbres se sont retrouvés sur le site d'Olympie ; des généraux au sommet de leur gloire, comme Thémistocle, des philosophes se livrant en public à de véritables joutes oratoires et recrutant des disciples, comme Pythagore ou Socrate puis Platon, des écrivains en quête d'inspiration viennent y puiser l'inspiration, tel est le cas pour Démosthène et Pindare. Hérodote lui-même y assoira sa renommée : on dit que son nom n'était ignoré de personne à Olympie, et que depuis qu'il avait commencé à relater le récit des guerres médiques, il fut plus connu que les vainqueurs eux-même.     
Durant toute la durée des jeux, on pouvait se cultiver, s'instruire, en visitant des expositions artistiques, scientifiques et littéraires qu'ont pu organiser des particuliers généreux et cultivés. Mais, évidemment, ce ne sont-là que des à côtés ; les grandes attractions demeurent la célébration du culte et les jeux. Surtout les jeux.    
 

 

III Les jeux olympiques    
 

a) Histoire et importance    
 

1 -Réinstauration des Jeux    
Les Jeux Olympiques ont été créés, ou plutôt restaurés, comme il a été dit précédemment, en 884 av. JC par le roi d'Elide Iphitos. Ces jeux ont été les premiers instaurés, avant Delphes et les deux autres, et on peut être amenés à penser que c'est ce qui en fait les plus importants des jeux panhelléniques. Tout commence donc en 884 av. JC. Iphitos organise ses premiers jeux en Elide, d'abord réservés aux habitants du Péloponnèse. Cependant, faute de sources, nous ne pouvons commencer à faire une chronologie des JO qu'à partir de 776 av. JC, date de la véritable première olympiade (olympiade = durée de 4 ans entre deux sessions de Jeux Olympiques). C'est la cité d'Elis qui est chargée d'organiser ces jeux, en association avec Pise. Cette cité est resté la cité organisatrice des jeux car elle était neutre, et elle va le rester tout le temps des jeux antiques malgré la puissance de cités comme Sparte ou Athènes.    
2 -Les Jeux Olympiques, une importance incontestable    
La victoire olympique, que ce soit dès cette période ou par la suite, constitue un symbole de pouvoir et de puissance, ce qui est un aspect qu'il ne faut pas négliger en Hellas.    
Au début, dans la Grèce archaïque, c'est l'honneur qui tient la première place dans les jeux, non l'argent, par exemple. Il y a une sorte d'extériorisation de la volonté de pouvoir également, c'est pourquoi on ne rencontre que des aristocrates et non des gens du peuple. Car même si les jeux sont pacifiques,dans le sens où l'on ne peut tuer son adversaire, ils restent indissociables des événements politiques.    
Exemple, entre 768 et 736, on ne rencontre plus aucun Messénie aux jeux car la Messénie a été assujettie par les Spartiates durant ce laps de temps.    
Ensuite, autre repère temporel, c'est en 720 que l'on rencontre le premier athlète nu. Ceci ne va pas l’empêcher de remporter une brillante victoire, et il sera suivi par les autres athlètes les années suivantes. (Orrhipos de Mégare (ou Akhantos de Sparte) perd son pagne durant le diaulos. Les Hellanodices vont ainsi se mettre d'accord sur le fait que nu, l'athlète est plus libre de ses mouvements. D'un autre côté, il est aussi certain qu'aucune femme ne pourra ainsi concourir si la nudité est de rigueur.)    
De 720 à 576, on remarque que se sont principalement les Spartiates qui remportent des victoires. Cette période correspond en fait à la supériorité des Spartiates dans le Péloponnèse.    
Mais ils seront bientôt détrônés par la cité de Crotone qui, pendant toute la fin de la période archaïque, enchaîneront victoire sur victoire grâce à des héros comme Glaukios ou encore Milon.    
Des valeurs à leur apogée (776 - 431)     
Durant le Vème siècle, du moins jusqu'au début de la guerre du Péloponnèse, les JO deviennent une véritable fête panhellénique associant l'art et les épreuves physiques. On remarquera également que durant cette période, c'est la cité d'Elis qui va prendre la pleine souveraineté des jeux, écartant Pise.     
Décadence des jeux (431 - 393)    
A partir de la guerre du Péloponnèse, on voit pourtant arriver le début de la décadence des jeux. En effet, Sparte, accusée de violer la trêve sacrée, est exclue des jeux en 420. En représailles, les spartiates soumettent Elis et lui enlèvent la moitié de son territoire. Ce n'est qu'en 371 qu'enfin Elis retrouve son territoire grâce aux Thébains. De la même façon, en 365, les Arcadiens s'emparent d'Olympie pendant 3 ans. Les Eléens les attaquent pendant les 104ème Jeux Olympiques et en supprime la trace dans la chronologie.    
On voit donc que les jeux ont bel et bien perdu leur éclat du Vème siècle. C'est d'ailleurs au début du IVème siècle que l'on voit apparaître le premier cas de corruption.    
Mais la véritable période de décadence des jeux correspond à la période hellénistique. Chaque cité envoie des professionnels tout spécialement pour les jeux, promettant un spectacle fantastique, on ne respecte plus le culte de l'agon grec de Zeus. On commence donc à perdre la racine véritable des jeux. De plus, le goût du spectaculaire se développe ainsi les jeux deviennent plus brutaux, ce qui fait que ce sont les épreuves du pancrace, du pugilat et des courses de char qui évincent les combats athlétiques. Les scandales se multiplient, que ce soit au niveau des pillages des lieux sacrés, de la corruption ou de l'invasion perpétuelle des cités en Elide.    
Avec l'annexion de la Grèce par les romains, les jeux perdent définitivement leurs symbolisme car des membres non grecs sont admis. De plus, les romains ne s'intéressent pas aux Jeux Olympiques, si ce n'est pour les utiliser comme moyen de propagande. Ainsi, les empereurs romains vont se mettre à participer aux jeux, et à gagner, par corruption bien sur, comme Néron qui remporte la totalité des épreuves de la 211ème Olympiade.     
 

L'histoire des jeux olympiques fluctue, passant par l'idéal sportif, le respect religieux, la spécialisation, le professionnalisme, la corruption. La foule réclame sans cesse du nouveau puis s'en détourne, peut-être est-ce ce qui a mené les Jeux Olympiques à leur perte.    
L'olympisme antique aura donc duré 1168 ans.    
 

b) Olympie    
 

Si les légendes tournant autour de la création des jeux n'expliquent pas leur véritable naissance, elles donnent un caractère sacré aux jeux, et Olympie est même considérée comme un site mythologique conférant l'immortalité aux vainqueurs. Selon Pausanias, le site d'Olympie était le siège d'un oracle redouté, on y vénérait au départ des dieux anciens, Cronos et Rhéa, ce qui renforce le coté mystique de l'endroit. Olympie est à l'origine un sanctuaire de plaine cerné par deux rivières, l'Alphée et le Cladéos. C'est un grand parc ombragé de pins au pied d'une grande colline, la colline du Cronion, du nom du titan père de Zeus.    
Ce n'est qu'à partir du VII ème siècle que l'on voit apparaître de nouveaux temples, celui d'Héra puis l'autel de Déméter en bordure du stade et le temple de la mère des dieux. Il ne faut pas oublier qu'il existait également le tombeau d'Hippodamie et de Pélops dans une enceinte où l'on sacrifiait des béliers noirs. On vénère Zeus à Olympie depuis la fin de la période mycénienne, et nombre de statues à son effigie sont édifiées sur la route du stade, construite grâce à l'argent de l'amende infligée aux tricheurs. Ces statues sont apellées les Zanes.    
Pourtant, même si ces jeux sont effectués en son honneur, le temple de Zeus en lui même ne fut construit qu'en 471. A l'intérieur se trouve une statue du dieu de 12m de haut. Sur le fronton du temple se trouve représentée la préparation de la course de quadrige entre Pélops et Oenomaos, pour rappeler l'origine mythologique des jeux.     
A la base, la stade ne faisait qu'un avec le sanctuaire, et on pénétrait d'ailleurs sur la piste en passant par un passage sous terrain. A la différence des autres cités organisant des jeux, Olympie ne construisit pas de gradins en marbre ou en pierre, mais conserva ses talus de pierre pour le public.    
Seuls les jugent disposent d'une tribune située face à l'autel de Déméter. Pour en revenir au stade, deux lignes de pierre marquent le départ et l'arrivée et une borne est placé à l'est, à l'endroit où les coureurs du diaulos et du dolichos doivent faire demi-tour.    
Outre les bâtiments religieux et le stade, le sanctuaire comprend également des bâtiments à l'intention des athlètes comme un gymnase, une palestre où s'exerçaient les lutteurs et les pugilistes, mais aussi une vaste hôtellerie appelée Léonidaion, du nom de son créateur, un prytanée où les Eléens recevaient leurs hôtes et où se trouve la chapelle d'Hestia, déesse du foyer, un bouleutérion où se réunit le conseil chargé de l'organisation des concours ainsi qu'une maison des prêtres.    
    C) Epreuves et Cérémonials.    
     

    Regardons maintenant comment se déroulaient les JO, que ce soit au niveau des épreuves ou au niveau des cérémonies.     
    Tout d'abord, un an avant la début de la compétition, des spondophores (messagers) partaient d'Elis pour annoncer dans toute la Grèce et ses colonies le début des jeux. A partir de ce moment, la trêve est déclarée, les combats entre grecs doivent être suspendus. Le territoire éléen devient inviolable et ceux qui vont à Olympie doivent être respectés. Il est interdit d'empêcher les athlètes inscrits de participer aux épreuves. Les meilleurs athlètes de chaque cité partent immédiatement pour Olympie avec leurs entraîneurs. Ils font une étape d'un mois à Elis où ils suivent un autre entraînement et subissent une seconde sélection. Les admis à Olympie marchent pendant 2 jours d'Elis à Olympie, soit 57km, sous la conduite des hellanodices, juges du concours. Une fois arrivés à Olympie, le premier jour des festivités est inauguré par une procession qui part du prytanée jusqu'à l'autel de Zeus où plusieurs prêtres immolent cent bœufs. Dans le même temps, on chante des hymnes à Zeus et on danse autour de l'autel. Enfin, les athlètes prêtent serment en levant la main au dessus de l'autel de Zeus en jurant de combattre dans la dignité et de respecter les droits pendant que l'on sacrifie un sanglier.     
    Les jeux peuvent maintenant commencer.    
    Nous nous baserons sur le programme de la 77ème Olympiade de 472av JC.    
     

    Le premier jour a lieu l'agon des trompettistes et des hérauts ainsi que la prestation du serment que nous venons de voir. Ce concours sert à désigner le meilleur héraut et le meilleur trompettiste, l'un sera chargé de faire taire la foule par une sonnerie et l'autre fera les annonces publiques.     
    Lors de la seconde journée se déroule l'agon des juniors. Il n'effectue que quatre épreuves, le pugilat, la lutte, le saut et la course. Nous allons voir par le biais des adultes à quoi correspondent ces épreuves.    
    Le troisième jour, dans la matinée, a lieu l'agon hippique. Durant cette compétition, il y a d'abord les courses de quadriges, c'est à dire un attelage tiré par 4 chevaux qui doit parcourir 12 tours de piste, soit environ 14 km. C'est le propriétaire du quadrige qui remporte la victoire et non le conducteur du char, comme on pourrait être amené à penser. (C'est ainsi que Kyniska de Sparte, une femme, a pu remporter une épreuve des Jeux Olympiques lors des 96e et 97e olympiades et se voir ériger une statue, son char s'étant montré par deux fois le plus combattif. Les exemples de femmes vainqueurs sont peu nombreux mais marquants, car souvenez-vous, les femmes étaient interdites de séjour à Olympie.)     
    Il y a également une course de chevaux montés, qui comporte 8 tours de piste, soit 9,5km. Encore une fois, c'est le propriétaire des chevaux qui remporte le prix et non le jockey.     
    L'après midi se déroulaient les épreuves de pentathlon. On disait souvent à l'époque que les athlètes du pentathlon étaient les meilleurs car les plus complet. En effet, il devait réaliser 5 épreuves le même jour, ce qui relève du tour de force. En premier lieu, il y avait la lutte. La lutte qui était pratiquée à l'époque était une lutte essentiellement verticale, c'est dire qu'il ne fallait que déséquilibrer son adversaire avec des prises de bras, des croques en jambes ou des culbute par-dessus l'épaule. Le vainqueur est celui qui met le dos, la hanche ou l'épaule de son adversaire en contact avec le sol. Vient ensuite l'épreuve de saut en longueur avec haltères. Les Grecs considéraient que le concours de saut consistait en une épreuve de lancé du corps c'est pourquoi ils rajoutaient des poids. Le vainqueur de cette épreuve était celui qui obtenait le meilleur total sur 3 sauts. L'épreuve suivante était l'épreuve de lancer de disque. Les lanceurs se plaçaient sur le balbis, un tremplin, et lançait une seule et unique fois un disque de 5kg de 20 à 36 cm de diamètre. Le lancer de javelot était la quatrième épreuve. L'athlète doit lancer un bâton terminé par un fer aigu de 1m80. Pour se faire, il utilise une courroie de 40cm enroulée autour de la tige. La cinquième épreuve est une course, course que je vais vous expliquer dans quelques instants.    
    Mais revenons au déroulement des jeux.    
    Le quatrième jour, il n'y a pas d'épreuves, mais des sacrifices en l'honneur des dieux. De plus, un grand repas au Prytanée est organisé.    
    Le cinquième jour, les épreuves reprennent en commençant par les courses à pieds. Il existe 3 courses. La première, l'épreuve reine des jeux, est le stadion. C'était une course à pied de 200m, environ, soit une longueur de stade. C'est cette épreuve que l'on rencontre également dans le pentathlon. La seconde course est le diaulos, soit un aller retour de stade. Le dolichos constitue lui la troisième épreuve des jeux, une course de fond de 24 stades. Après ces trois courses, les épreuves de lutte, de pugilat et de pancrace se succédaient. Le pugilat consistait en une sorte de boxe. Le pancrace lui était une épreuve beaucoup plus violente car c'était un mélange de pugilat et de lutte où presque tous les coups étaient permis pour mettre KO l'adversaire sauf mordre ou crever les yeux de l'adversaire. Enfin, la course des hoplites terminait la journée. Elle était placée en dernier pour prévenir les grecs que la trêve allait arriver à son terme et qu'il allait falloir reprendre les armes. En effet, la course des hoplites consistaient en une course de 400m complètement nus, comme dans les autres épreuves me direz-vous, mais avec un casque, un bouclier et des jambières. C'est donc une épreuve plutôt plus symbolique qu'autre chose.     
    Le sixième et dernier jour, on distribue les récompenses aux vainqueurs: une couronne de d'olivier sauvage à Olympie symbolisant victoire, paix et richesse. Parfois une ode triomphale de Pindare, une statue. Les vainqueurs obtiennent le privilège de manger au Prytanée jusqu'à leur mort et gagnent aussi un ruban de laine rouge, appelé Taenia, qu'on leur noue autour de la tête et des mains. Au fur et à mesure des années, les vainqueurs sont gracieusement payés par leur cité, parfois même durant toute leur vie. Le soir, après les récompense, un grand repas en l'honneur des hôtes est organisé.    
     

    Durant tous le déroulement des jeux, les hellanodices veillent au bon déroulement et aux respect des règles. Ces hellanodices sont aidé par les alytes, une sorte de police d'Olympie, destinés à devenir plus tard hellanodices à leur tour.     
     

    On peut citer quelques grands vainqueurs des jeux olympiques comme Milon de Crotone, connu pour sa force colossale à la lutte. Il remporta 6 victoires aux jeux olympiques, 7 aux jeux pythiques, 9 aux jeux néméens et 10 aux jeux isthmiques, tout cela entre 540av. JC et 512 av. JC.     
    Il y eu aussi le coureur Léonidas de Rhodes qui remporta 12 victoires aux jeux olympiques, entre les années 164 et 152 av. JC, dont 3 victoires au stadion, diaulos et course des hoplites, lors des mêmes Jeux Olympiques de 164 av. JC.     
     

     

     

    CONCLUSION   
    → Abolition des jeux antiques par Théodose Ier en 393 ap. JC 
    → Restauration en 1898 par le français Pierre de Coubertin    
    → Pour de Coubertin, « L'important c'est de participer » → L'âme des jeux disparaît.      
     
     
    Lumière d'Olympie    
    « Dis-leur    
    De se rendre tous    
    A Olympie, »    
    Pour la 697 ème Olympiade    
    [Que des milliers et des milliers d’éphèbes,    
    Multitude de corps blancs, noirs, jaunes[/b][/size][/font]    
    Aillent se laver près de la Palestre    
    D’hier, d’aujourd’hui, de demain,    
    Et d’huile enduire leur âme et leur esprit,]    
    « Qu’ils entrent    
    [Ensuite] par la crypte grande ouverte dans le Stade    
    Pour se battre.    
    Non pas dans le massacre et l’incendie    
    Non pas avec le couteau, le fer qui brûle    
    Et la destruction de l’homme par l’homme,    
    Non pas pour de nouveaux morts, infirmes, malheureux    
    Mais pour la force et le javelot,    
    Pour le saut, le disque, la course, la lutte,    
    La course de chevaux,    
    La Vertu,    
    [Près de Castor ou d’Antipatros    
    De Diagoras ou d’Alcibiade][/b][/size][/font]    
    Qui unira le monde de l’Antiquité avec celui d’aujourd’hui,    
    De demain l’éternel    
    Et vaincra Arès une dernière fois encore.    
    Là-bas dans la clairière, Olympie    
    Veille nuit et jour et tresse pour chacun d’eux    
    Une couronne d’olivier sauvage    
    De paix grecque    
    De Paix pour le monde entier. »    
    Takis DOXAS, poète grec.    
     

     


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    MessagePosté le: Sam 3 Déc - 13:11 (2011)    Sujet du message: Publicité

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