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La ville

 
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Charles
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Inscrit le: 26 Oct 2011
Messages: 12

MessagePosté le: Dim 6 Nov - 00:12 (2011)    Sujet du message: La ville Répondre en citant

La ville,
un objet d'étude de la géographie


Introduction
La ville est aujourd'hui l'un des objets principaux de la géographie, et c'est un objet qui a pris une place croissante depuis l'institutionalisation de la géographie à la fin du XIXe siècle, ce qui est à mettre entre autre en relation avec le processus d'urbanisation qu'a connu notre société.
Les géographes étaient souvent appelés comme experts par l'Etat, lorqu'il s'agissait de politique d'aménagement par exemple.
Evolution historique : La ville : latin villa, qui évoque la villa romaine. Il s'agit d'une exploitation agricole qui se trouve à la campagne. Progressivement, le sens de ce terme s'enrichi, et la ville devient un groupe de maison, un village. Ce n'est enfin qu'à partir du XIIIe siècle que le mot ville prend son sens d'agglomération urbaine née autour d'une ancienne cité.
Définition géographique : évolue dans le temps, en fonction des paradigmes de la géographie, mais surtout elle évolue dans l'espace, le terme de ville n'ayant pas la même définition dans certains pays d'Asie qu'aux EU ou qu'en France.


« Objet d'étude » → La ville a pu être étudiée certes par la géographie universitaire mais aussi par un autre champ, celui de la géographie appliquée (urbanisme, aménagement du territoire).
D'autre part, la ville est un objet d'étude qui intéresse plusieurs branches de la géo : géo urbaine, géo de l'analyse spatiale, géo sociale, géo économique, géo culturelle, géographie historique, géohistoire, et même aujourd'hui la géo physique, qui s'y intéresse à travers le développement durable (la ville durable).


Limites chronologiques et spatiales du sujet : les deux derniers siècles, pour la dimension épistémologique. Puis on va se centrer sur de nos jours. En ce qui concerne les limites spatiales, on va regarder de près plutôt la production des géographes français, avec des incursions ponctuelles dans la géo étrangère. Différents exemples de villes seront pris dans le monde.


Fils directeurs :
  • Comment les géographes français ont-ils pensé cet objet d'étude qu'est la ville, au fil des paradigmes?
  • Dans le paradigme actuel, quelles sont les approches géographiques de la ville?



Quel que soit les objets d'étude, on retrouve toujours les mêmes angles d'attaque (environnement, aménagement, etc.)




  1. Définir la ville



Corpus de textes n°1


Très longtemps, critères de l'INSEE (200 000 hab. ect.)
  • Le critère démographique pose un pb en terme de calcul, de limite (seuil?)
  • Critère économique : activités scpécifiquement urbaines? Définition européenne. Pb : selon la culture à laquelle on appartient, les critères ne sont pas les mêmes.
  • Critère politique : gouvernance urbaine. Limites administratives. Mais pour autant le critère politique ne suffit pas.
  • Critère morphologique : paysages urbains. Mais même problème que pour le critère économique : cette définition ne s'applique pas par exemple en Asie.



Paysage urbain : Prise en compte de :
  • plan des villes
  • Type d'architecture
  • Bâti

Localiser et dater le paysage urbain.
A partir de ce critère, on identifie les quartiers, les types de plan.


Critère fonctionnel, lié aux activité. Discréminer les espaces dans la ville. Mais plusieurs critiques :
  • existe-t-il des fonctions urbaines spécifiques? Il y a eu présence d'industries dans les campagnes, la fonction industrielle n'est donc pas spécifiquement urbaine. Est-ce l'industrie qui créé la ville, ou l'inverse?
  • Fonctions intellectuelles dites supérieures aujourd'hui située dans les métropoles. Pour autant, ça n'a pas tjrs été le cas. Au MA, les centres intellectuels étaient les abbayes (situées en campagne).

Il y a des corrélations fortes entre certaines activités et la ville, mais ce n'est pas systématique.
  • même si une ville a un certain nombre de fonctions qui la caractérisent, ces fonctions peuvent changer (ex : Brest n'est plusvraiment une ville militaire).



Ce critère fonctionnel est souvent associé à celui de la centralité. La ville est un centre politique, économique, culturel, etc. → Critère spacio-fonctionnel, idée que la ville pôlarise l'espace.


Le critère spatial est un critère qui permet de travailler sur la ville. Relève de l'organisation de l'espace. A permi d'atudier tout ce qui concerne les dynamiques spatiales (réseaux urbain à l'échelle étatique, européenne, mondiale : archipel métropolitain mondial).
Critère qui a aussi permi de travailler sur les dynamiques spatiales à l'intérieur de la ville : périurbanisation, métropolisation, les mobilités à l'intérieur de la ville. Critère critiqué par certains géographes (démarche nomothétique, modélisation) mais a tout de même permi de cartographier la ville.


Critère social, devenu socio-culturel. Cf cours épistémologie. Au départ, la ville est le lieu où s'observe une ségrégation spatiale.
Lieu où les intéractions sociales sont optimisées grâce à la co-présence.
Critère culturel : la ville est associé à l'idée (ou idéal) de civilisation (on parle de civilisation urbaine). Valeurs, idéologies associées à la ville (ex : les villes utopiques).


Critère historique, où les géographes se posent des questions sur les conditions qui président à la naissance des villes et les interrogations sur la fin des villes.
  • Naissance des villes : Ex : Marcel Roncayolo (1926 – ), géographe vidalien, a travaillé sur la ville de Marseille. Pour lui, pour qu'il y ait création d'une ville, il y a d'abord nécessité d'un surplus agricole dans les campagnes. Naissance de la ville, division du travail, puis hiérarchisation et spécialisation des tâches (autre chose que des agriculteurs).
    Cette condition de la naissance de la ville est aujourd'hui contestée. Même à l'époque du Néolithique, des regroupements ont existés parfois avant qu'il y ait une agriculture sédentaire. La chaine de causalité est donc remise en cause.
    Dans les villes asiatiques par ex, cette chaine de causalité ne fonctionne pas (campagnes denses, et quand il y a surplus agricole ça va principalement vers les campagnes).
  • Fin des villes : Françoise Choay. Non pas la fin de la ville comme espace mais la mutation de la ville par le mot urbain. Elle propose de passer de la ville à l'urbain pour remettre en cause la définition de la ville par rapport à la campagne. Pose donc la question de la fin des campagnes.



Dès les années 1970, Henri LEFEBVRE propose le terme d'urbain qu'il distingue de la ville. C'est l'éclatement, l'étalement de la ville, alors que la ville est caractérisée entre autre par sa centralité et sa monumentalité.




      1. Ville et organisation de l'espace



  1. Différencier l'espace




    A) Localiser la ville dans l'espace



1. Le site
A partir du site et de la situation. Site = lieu absolu dans l'espace. En général, ce site relève d'une décision topographique (donnée physique).
Position absolue parce qu'il y a des coordonnées liées au site (longitude, latitude, altitude).
Les géographes ont plus ou moins proposé des types informels de sites :
  • Sites de défense
  • Sites de franchissement
  • Sites liés à une ressource
  • Sites carrefour (villes portuaires par exemple)

Pas de démarche modélisatrice. Généralisation à partir de cas particuliers.
Risque : raisonnement déterministe. Pour l'éviter, il faut contextualiser la création de la ville, la replacer dans son contexte historique, et voir qu'une ville n'est pas liée uniquement au site. La création d'une ville est liée aux moyens techniques et financiers d'une société à un temps T. → il faut mettre en valeur la relativité de la notion de site, à la fois dans le temps et dans l'espace. Un site à l'origine un atoût peut devenir par la suite une contrainte pour la ville.
De plus, aujourd'hui, l'étalement urbain est tel que le site n'est plus pertinent pour expliquer l'organisation urbaine. Les villes ont plusieurs sites.
Le site détermine aussi le plus souvent le plan de la ville, mais pas toujours. Là encore, les géographes ont proposé des typologies informelles de plan. 3 types :
  • Plan orthogonal ou en damier (villes romaines, villes nouvelles)
  • Plan radial-concentrique (assez spécifique des villes européennes)
  • Plan « de type irrégulier », ou plan « sans type particulier » (peu approfondi)

Le plan permet de distinguer les phases de la croissance urbaine de la ville, il intéresse les géographes de la géo culturelle : rapport des hommes à l'espace (géographicité) et contemporain à un temps T d'une idéologie portée sur l'espace par une société.


2. La situation
Peut être repérée à partir de plusieurs critères, comme le maillage.
Mais elle peut aussi s'apprécier dans la place de la ville dans des réseaux (ville carrefour / enclavée, etc.).
Détermination des limites : limite ville/campagne n'est plus pertinente. Les géographes parlent donc de moins en moins de ville, mais parlent d'espace urbanisé.
Cette évolution des géographes est aussi présente dans la façon d'établir les limites administratives. INSEE a mis en place la limite de l'aire urbaine (prise en compte de l'étalement urbain).

En général, l'espace urbain est consitué d'une ville-centre, puis d'espaces suburbains (banlieues), d'espaces périurbains, puis d'espace rurbains (en continu ou en discontinu), et l'espace exurbain. = espace urbain type, non systématique.
Dans la ville-centre (centre-ville + quartiers périphériques). Les espaces suburbains sont continus avec la ville-centre.
Les espaces périurbains sont entre les espaces suburbains et les espaces rurbains ou ruraux. Ils sont en discontinuité spatiale avec la ville-centre. Ce sont des espaces qui progressent sur l'espace rural et qui sont désormais à dominante urbaine. Cad que la population dépend de la ville (mode de vie urbain, travail en ville, loisirs, etc.).


Ce qu'on appelle agglomération c'est la ville-centre + les banlieues.


Les espaces rurbains sont des espaces liés à la ville. 40% de la population est liée à la ville (au moins).


Lieux exurbains : espace de faible superficie qui relève fonctionnellement de la ville. Ex : gar TGV au milieu des champs. (Paris-Tours passe par Vendôme. Mais la gare TGV est située dans les champs, à 5/6 km de la ville de Vendôme.
Valable aussi pour les aéroports.




Problèmes :
  • terme de banlieue (pas de connotation négative).
  • Terme « périurbain ». A l'origine, veut dire « autour de la ville ». Peut donc commencer dès que la ville-centre s'arrête, et donc inclure les banlieues.





B) L'espace urbain est-il uniforme?
Document.
Les géographes ont proposé un certain nombre de modèles.


    1. Modèles liés à la sociologie : approche sociale et fonctionnelle de l'espace.

Ex :
  • Modèle de Burgess, 1925. Construit sur le modèle des villes de Chicago puis généralisé aux villes industrielles. 1 critère : prix du sol, du foncier. 5 auréoles successives, qui correspondent à autant de phases de l'espansion urbaine. Corrélation entre le prix du foncier et le lieu de résidence des catégories sociales.



  • Modèle des secteurs : Hoyt en 1939. Vient perturber l'organisation concentrique de Burgess.
  • Modèle de Harris et Ullman, 1945. Construit à partir du cas de 142 villes étasuniennes et qui combine un certain nombre de facteirs : infrastructures, activités complémentaires, activités incompatibles, prix du sol. Déjà en 1945, on observe une polinucléarité (présence de noyaux multiples et non pas un seul centre), ce qui apparaît en Europe bc plus tard.

  • Modèle factoriel de l'écologie urbaine (1945). Combine trois facteurs : statut socio-économique, familial, ethnique. En superposant ces 3 statuts dans l'espace, il modélise l'espace urbain, ce qui rend le modèle pertinent pour expliquer l'organisation socio-spatiale pour la plupart des villes d'Australie, d'Europe.

  • Modèle de Mann, 1964, à partir de la ville de San Francisco. Remet en cause l'organisation de type centre-périphéries du modèle de Chicago. On observe ici une polynucléarité des centres (plusieurs centres)

  • Modèle de Kearsley en 1983. Gentrification, périurbanisation
  • Modèle de White en 1987. Propose un certain nombre d'évolution modélisées. La ville du XXIe conserve son coeur, le centre. Toujours des quartiers péricentraux



voir le document « fiche 46 »




Les géographes n'ont jamais réussi à modéliser les villes asiatiques, tant elles étaient différentes les unes des autres.

    2. Les coupes-modèles paysagères : une approche morphologique

voir le document « fiche 51 » et « fiche 8.1  la diversité des formes »


Coupes synthèses. L'objectif est de différencier les profils morphologique des villes en terme de bâti et les strates successives qui ont organisé la ville : ville traditionnelle → ville industrielle → ville de service.
Modèles faits à partir d'une démarche inductive (étude de cas), et chaque modèle synthétise la combinaison des points communs entre tous les cas étudiés. Construction théorique à partir du terrain.
L'intérêt de ces modèles : introduisent une troisième dimension. Volume, paysage. On parle de « paysage urbain », mais qui est ici réduit à ses éléments visibles.


Trois grandes strates :
  • Ville traditionnelle, ou ville originelle, historique. Composée essentiellement de la ville-centre. On peut en général observer que cette ville traditionnelle a une population et un bâti denses. On a aussi une concentration des pouvoirs. Centralité et monumentalité. Elles sont en général de faible étendue. C'est une superficie sur laquelle on se déplace avec une « métrique pédestre » (à pied ou en transports en commun). On peut discréminer des disparités socio-spatiales. En général, les populations aisées étant dans le centre, là où le prix du foncier est élevé, les populations pauvres se trouvent en périphérie.
    = centre-ville et quartiers péricentraux.



  • Ville industrielle. // phase d'industrialisation. Quartiers péricentraux, espaces suburbains et périurbains. Aujourd'hui, on trouve surtout l'industrie dans les espaces suburbains. (selon les modèles). Au fur et à mesure que l'indstrialisation progresse, il y a étalement urbain.
    On constate tout de même peu à peu une spécialisation des espaces au sein de la ville industrielle. Ex : fin du XIXe – début XXe : les fonctions industrielles, commerciales, résidentielles sont très entremêlées. Puis peu à peu, on a une spécialisation de ces espaces en différentes fonctions (industrielle, résidentielle ouvrière/aisée, etc.).
    Les disparités socio-spatiales sont de plus en plus marquées, selon deux logiques : centre/périphéries et ouest/est.

  • La ville de services. Les services sont présents partout dans les espaces de la ville. On peut toutefois remarquer une hiérarchie entre les services de proximité (présents dans tous les espaces de la ville, centre-ville et espace périurbains) et les services rares présents dans les centres-ville (boutiques de luxe, spécialisées, etc.).
    Dans les espaces suburbains, sont apparus de nouveaux espaces de services (centres commerciaux, universités,hôpitaux, quartiers d'affaire (pour les grandes villes comme Paris : la Défense) technopoles, etc.). Sont présents aussi des équipements collectifs liés à ces services.
    Ces services sont aussi présents dans les espaces périurbains, mais de manière discontinue (selon l'urbanisation). On n'y trouve pas de services rares.
    Disparités socio-spatiales liées à la localisation des services : les populations aisées sont celles qui se trouvent à proximité des services et des services rares. Ou si elles en sont éloignées, elles peuvent les atteindre rapidement par des moyens de transport.





En réalité, il y a une grande diversité des espaces urbains.


  1. Diversité des espaces urbains



  1. Limites des modèles

Ces modèles ont été surtout produits pour les villes d'Amérique du Nord et d'Europe. Lorsqu'ensuite on a cherché des modèles pour les autres villes dans le monde, c'était en général une application, une confrontation avec les modèles du Nord. Risque : vision américano/européeo – centrée.
Mais y a-t-il un modèle de ville africaine? Nombreuses différences entre les villes d'afrique du Nord musulmannes, les villes d'Afrique subsahariennes et les villes d'Afrique du sud. Il faudrait au moins trois sous-modèles.
Problème : si on applique à ces villes des modèles tels que ceux des villes du nord, on risque de ne pas traiter l'espace urbain en tant que tel, mais de l'étudier selon les visions de la colonisation.
Deuxième risque : même quand on prend des villes d'Amérique du nord ou d'Europe, les modèles ne sont pas valide pour toutes les villes de l'espace d'origine, comme par exemple le modèle de la ville de Chicago qui n'est pas applicable à celle de Los Angeles.
D'autre part, la plupart de ces modèles ont été construits pour de très grandes villes → se pose le problème de villes de tailles différentes.
On remarque également une évolution très rapide de l'espace urbain, qui peut invalider rapidement une partie ou tout le modèle à un temps T+1.
Enfin, les modèles ne prennent pas en compte les critères socio-culturels : représentation, perception de la ville par les individus, c'est-à-dire le rapport subjectif que peuvent avoir les individus avec la ville.
Par exemple, le centre est délimité, mais selon les individus les limites ne seront pas les mêmes : les cartes mentales sont différentes. Se pose un problème : comment quantifier la subjectivité, et comment la cartographier ensuite?
Actuellement, des géographes essayent de réfléchir sur des démarches qui permettraient de quantifier et cartographier la subjectivité.


pour toutes ces raisons, les modèles ont des limites, même s'ils permettent quand même la généralisation pour les espaces urbains.




  1. Diversité des centres, des périphéries



Centre-ville + espaces péricentraux (= ville originelle)


  • Souvent le centre est un centre des affaires (Etats-Unis : downtown), que l'on appelle CDB (attention, expression à n'utiliser que pour les villes nord-américaines).

En Europe, le centre des affaires est plus récent que le centre historique, et ne se trouve pas au coeur de la ville, mais est en périphérie de l'hypercentre. (les villes européennes sont des villes plus anciennes). C'est le cas de la Défense à Paris.
Cette dissociation centre des affaires/centre historique est prononcée en Europe.


D'autre part, dans les villes récentes ou colonisées, on a un centre dual = centre-ville d'origine + ville nouvelle. En général, plans différents. Si on prend le cas des villes arabo-musulmanes (ex : plan de Fez voir document) cela se traduit par la médina. Elle a des lieux précis (kasba, medersa, souk/bazar). Ville de Kano (figure 1.3, Nigeria) : les différentes zones ne sont pas entremêlées (ville ancienne, quartiers industriels, ville européenne, etc.)
Ville de Pékin → centre et hyper-centre (autrefois cité interdite). Pas de grande influence de l'urbanisme nord-américain. Tout est centré autour de deux villes originelles : la ville tartare et la ville chinoise (cité interdite). Centre très étendu, mode de fonctionnement très différent.


  • En ce qui concerne les quartiers périphériques de la ville centre : grande diversité selon les espaces urbain. Industrialisation présente, mais répartition différente des populations en fonction de leurs révenus, et différente selon les villes considérées.

Ex : au Etats-Unis, formation de ghettos qui abritaient des populations pauvres, souvent des minorités (ghettos noirs, quartiers hispaniques, etc.). Mais attention, ne pas associer minorité et pauvreté. Les populations aisées sont présentes dans l'hypercentre ou les banlieues (suburbs)
En Europe, la disparité est celle de centre (aisés) / périphéries (pauvreté). Ex : Paris. Même si on y applique le clivage est-ouest (ou plutôt nord-est / sud-ouest), il y a encore des arrondissements où il peut y avoir coexistence de populations aux revenus très différents, comme le 17e.


Périphéries se distinguent en deux : périphéries proches et periphéries éloignées.
Cette diversité est liée à l'histoire urbaine de ces espaces. Ce que l'on peut dire, c'est que les phases de l'expansion urbaine de ces espaces périphériques sont différentes dans le temps et dans l'espace pour les villes du nord et les villes du sud.
  • Villes du nord : on arrive assez facilement à différencier les différents espaces au fur et à mesur de l'industrialisation et de la tertiarisation des villes. Par exemple, on peut discréminer la fonction résidentielle (selon les critères de type habitat individuel (dominant dans l'espace périurbain) / habitat collectif (ville-centre et espaces suburbains). En général, la fonction commerciale s'étale le long des axes de communication (voies ferrées, routes, noeuds autoroutiers, etc.). La fonction industrielle est en général présente dans les espaces suburbains, et n'est que ponctuellement présente dans les espaces périurbains.
    lorsque l'on a affaire à une ville du nord, on peut reconnaître les différentes phases de l'expansion urbaine.

    Quant à l'espace périurbain, on parle de paysage/espace hybride. Il peut en effet y avoir présence d'espaces résidentiels, de lotissements. Mais il peut aussi y avoir présence d'espace agricoles (cultures). C'est au Japon qu'il occupe une superficie très importante et justifie l'expression de paysage hybride. On parle là-bas de konjukâ (« imbrication »).

  • Ville du sud : les phases sont difficiles à repérer. La croissance urbaine a en effet été plus tardive, en général l'industrialisation est moindre, et parfois on passe directement de la ville-centre à un espace périurbain. Cette espace périurbain, à la différence des villes du nord, est souvent marqué par la faible présence ou l'absence d'équipements collectifs, par une urbanisation très désordonnée (que beaucoup d'auteurs qualifient d'anarchique, dans le sens où elle n'est pas liée à un aménagement) et discontinue. L'habitat le plus souvent est informel, et a une très grande diversité. On observe surtout de très fortes disparités socio-spatiales, et fragmentées dans l'espace → on parle de fragmentation socio-spatiale (on peut avoir coexistence d'une rue à l'autre de quartiers riches et de quartiers pauvres).
    Ex : carte d'Abidjan. (voir document).
    Très souvent à propos des villes du sud, on parle de « bidonville ». En réalité, certes il peut y avoir des quartiers type favelas (Amérique du sud), slums (Inde). En réalité, il peut y avoir cohabitation dans un même espace de riches et de pauvres, au lieu d'une séparation très nette. La fragmentation socio-spatiale domine.





Quand on regarde ville par ville, on remarque qu'on se trouve plutôt dans la diversité.


  1. Dynamiques spatiales liées à la ville



A) La centralité


  1. définir et mesurer la centralité



La centralité, c'est l'idée d'une action pôlarisante d'un élément central (centre-ville, ou ville-centre, ou métropole, etc.) sur sa périphérie.


  • Théorie de Christaller. 1933.

L'objectif de Christaller à l'époque était de rendre compte de la hiérarchie urbaine en fonction de trois critères : la taille, l'espacement et le nombre des villes.
Ice faisant, il étudie la relation entre la taille de la ville et ses fonctions. Selon lui, une ville est avant tout définie par sa fonction d'éc5hange. Sont donc présents dans la ville des commerces, des services. La ville a une zone d'influence, limitée par le critère du transport, de la distance, du moyen de transport utilisé par les hommes.






D'autre part, plusieurs autres approches ont été proposées par les géographes pour étudier la centralité d'un lieu :
  • Critère économique : plus on se rapproche du centre, plus le coût est cher
  • Densité : le centre est plus dense que les banlieues
  • Critère socio-culturel : a travers plusieurs questions, on essaye de qualifier la centralité d'un lieu. Qu'est-ce qui fait qu'un lieu est central? On prend en compte les représentations des individus.





  1. Caractériser les dynamiques actuelles



Différentes dynamiques observables :


  • Renforcement de la centralité pour les centres-ville d'origine :

        • Renforcement lié à la métropolisation. Notamment les métropoles de rang mondial, ou villes globales.
          Métropole = concentration des hommes, des capitaux, des fonctions stratégiques de commandement et de fonctions rares dans différents domaines.
          On remarque une polarité multi-scalaire. Ex : Paris exerce une centralité à l'échelle régionale, à l'échelle étatique, et à l'échelle mondiale.
          Centralité de la métropole qui n'est plus liée au territoire métropolitain mais liée de plus en plus au fait que la métropole est intégrée à des réseaux. On dit que la centralité est déterritorialisée et réticulaire (réseaux). On a ici affaire aux métropoles mondiales.

        • Rénovation ou revitalisation des centres-ville. Notamment des pays du nord, ou des pays émergents du sud qui appartiennent au réseau métropolitain mondial). phénomène de gentrification. Il y a des programmes de rénnovation (améliorer l'ancien bâti), ou de réhabilisation (on rase et on reconstruit par-dessus), ou de revitalisation. Cela se traduit par une hausse des prix du foncier, cela favorise la concentration de populations aisées.
          Ex : requalification du quartier des docks à Londres, reconquête des water-fronts aux Etats-Unis.
          Muséification : la rénnovation passe par la mise en valeurs du patrimoine (villes européennes : grand patrimoine historique). Ex : Pékin



Pékin : Pékin, autour de la Cité Interdite : les Hutongs. Quartiers aux ruelles étroites, constructions basses (habitations carrées) fermées sur la rue et cours au milieu. Pas de processus de réhabilitation mais de rénnovation : destruction systématique → évacuation des habitants, relogés à la périphérie de la ville. A la place : centres des affaires ou hôtels, etc.
Idem pour Shanghaï.


  • De la centralité mononucléaire à la centralité poly-nucléaire :



Redéploiement de fonctions du centre-ville (tertiaire supérieur) vers d'autres espaces.
  • Exemple de Tokyo → [voir document]. On observe un glissement des immeubles de bureau vers les espaces péri-centraux (anciens terre-pleins industriels) → innitiatives individuelles. On obeserve également un redéploiement en périphérie de centre des affaires (5/6 km du centre-ville). Ces centres des affaires ont fait l'objet d'un aménagement, sont localisés autour des principales gares de banlieues (faciliter la mobilité).
    La centralité devient polynucléaire. Repéploiement en plusieurs noyaux.
    Mais la logique centre/périphéries demeure. Le centre initial conserve pour l'instant le plus de pôlarité. Il est très puissant : on constate que le quartier des affaires initial est situé à côté du Palais Impérial (pouvoir politique), du quartier politique des Ambassades et Ministères, et du quartier commercial. N'ont été déplacés en périphérie que les affaires économiques.
    La dimension commerciale, boutiques de luxe, etc → reste dans le centre initial.
  • Edge-cities aux Etats-Unis. Espaces hybrides : fonction commerciale (shopping-malls) et résidentielle. En général, edge-cities organisées autour de noeuds autoroutier. Localisées en espace suburbain et périurbain.
    Là aussi, la logique centre/périphérie n'est pas complètement inversée, le centre initial reste dominant. Mais 40 à 50% des bureaux sont situés dans les Edges-Cities. Et il n'y a plus que 2 villes aux Etats-Unis (NY et Chicago) où plus de la moitié des bureaux sont situés dans le centre.
    Ces edges-cities concurrencent la centralité du downtown (centre-ville).







  • Glissement de la centralité



    Cas du Caire.
    On ne passe pas d'une centralité mono-nucléaire à une centralité poly-nucléaire, mais un centre est remplacé par un autre à un autre endroit.

Cas de Berlin.
La partie est n'a jamais récupéré une forte centralité commerciale et économique.




B) La périurbanisation


1. Définir et caractériser la périurbanisation
Dynamique spatiale récente. Milieu du XXe siècle aux EU, à partir des années 70 en Europe, et plus tard ailleurs.
Elle se caractérise par un étalement urbain le long des axes de circulation (étalement par tâches) le long des routes, des voies ferrées. On constate une discontinuité spatiale. C'est en cela que les espaces périurbains se différencient des espaces suburbains.
Mixité des paysages et des fonctions.
Paysages → fonction résidentielle. (pays du nord : soit habitat collectif, soit habitat individuel, très divers / Pays du sud : habitat informel (bidonvilles, favelas, slums) qui peut être très diffut, très fragmenté dans l'espace périurbain)
Pôles autour des noeuds de circulation.


Les fonctions industrielles dans les espaces urbains sont présentes en lien avec la tertiarisation de l'économie. Présence par exemple de pôles technologiques, ou technopôles, en lien avec des services (universités ou labo de recherche)
La fonction agricole peut également être présente dans les espaces périurbains. Pays du Nord : espaces résiduels, ou zones maraichères (consommation des urbains). Pays du sud : fonction agricole très présente, les espaces périurbains restant marqués par la ruralité et sous-équipés (en axes de transport et épuipements collectifs).
Distance entre le domicile et le travail.






    2. Facteurs explicatifs



Pays du nord : desserrement urbain.


    Facteurs socio-économiques :
    - Moindre coût du foncier
    - Double activité qui permet l'achat de deux voitures



Facteur socio-culturel :
- rapport à la nature, idéalisation de la campagne (plus paisible, paysan, moins pollué, etc.)
Il y a les phénomènes, et les faits.
Amélioration des réseau de transport.




Pays du sud : lié à l'exode rural.


facteurs socio-économiques :
Meilleur niveau de vie, plus de services, etc.
Facteurs socio-culturels :
Ville = Modernité, plus de liberté.
Facteur technique :
La ville du sud est parcourue à pied : quand les ruraux arrivent, ils s'entassent aux bords des villes → processus d'expansion. Quand ces populations arrivent à déménager vers le centre, cela induit une hausse de leur niveau de vie.




Pays d'Asie : les désakota
Espaces hybrides qui se sont constitués en général dans les espaces entre les grandes villes.
Terme construit à partir de plusieurs termes indonésiens : ville – campagne – processus.
Espaces à proximité des très grandes villes, le plus souvent des métropoles.
A la différence des autres espaces périurbains évoqués plus haut, ces espaces avaient déjà une forte densité de population avant l'urbanisation.
On constate dans ces espaces une très forte mixité des paysages et des fonctions. Davantage que dans les autres espace périurbains évoqués.
Les désakotas conservent une fonction agricole très importante. On a même un certain nombre d'habitants qui sont des actifs agricole et ont une double activité : agriculteurs et travaillent à l'usine/au bureau, etc. = pluriactivité des ménages.
D'autre part, très forte mobilité des individus à l'intérieur de ces espaces, rendue possible par l'ancienneté et la densité des réseaux de transports, préexistants à l'urbanisation.




3. Les effets spatiaux liés à l'urbanisation


Démarche multiscalaire : spatialiser à différentes échelles.


  • A l'échelle locale de l'espace urbain :

B.Kayser a étudié les espaces ruraux. Certains auteurs tels que lui ont parlé de fin des campagnes.
Agriculteur : jardinier du paysage, qui aurait pour fonction de préserver l'environnement.
Pour d'autres auteurs au contraire, la périurbanisation permettrait une renaissance rurale par la revitalisation d'un espace rural en déclin (vieillissement des fonctions, etc.) la présence d'urbain permet la réhabilitation du bâti, l'aménagement de noveaux équipements au fur et à mesure que les habitants s'installent. Permet aussi le renouvellement de la ruralité au sens où les périurbains peuvent choisir d'habiter la campagne parce que pour eux c'est une identité qui est inscrite dans le local. → importance du voisinage, de l'activité locale, etc.
Images stéréotyé.
Espace périurbain, espace rurbain.
Urbanisation composité : initiatives privées (gens achètent certaines maisons). L'espace reste majoritairement rural, mes des urbains viennent habiter là.


  • Dans les pays du sud au contraire, on se pose la question de la ruralisation des villes, par les ruraux qui viennent habiter les espaces périurbains.
    Cette rurbanisation est visible par le fait qu'on constate une forte progression de l'agriculture dans l'espace périurbain, et notamment en Afrique.

En général, lorsque les ruraux arrivent dans ces espaces, on trouve une liaison à la campagne.
Pour un certain nombre de villes des pays en développement, il n'y a pas eu véritablement d'industrialisation de l'espace urbain, et on est tout de suite passé à la phase de tertiarisation de l'économie.


  • A l'échelle locale, on peut définir des profils de villes centre-périphéries.

On constate qu'il n'y a pas pour l'instant de renversement de la logique centres-périphéries. On constate aussi qu'en France, l'étalement urbain n'est pas le même pour toutes les villes.
Selon l'histoire de la ville, on a des espaces suburbains plus ou moins importants, de même pour les espaces suburbains.
Ex : Rennes. Ville-centre, espace suburbains relativement peu important. Ce qui est important, c'est l'espace périurbain (ville qui s'est étalé lors de la tertiarisaiton de l'économie). Villes industrielles : le contraire (espace périurbain limité, espace suburbain important)


  • A l'échelle étatique :

La périurbanisation des villes modifie-t-elle la hiérarchie urbaine?


  • A l'échelle mondiale :

A par l'observation d'un processus présent dans tous les espaces ruraux, il s'agit ici de comparer. Pb de délimitation de la ville et de l'espace urbain selon les pays. De même pour la délimitation espace périurbain/espace suburbain (en France, défini, mais aux EU par exemple, très dur.




C) La métropolisation


Comment passe-t-on de la ville à la métropole?


1. De la ville à la métropole


Une métropole est un espace qui concentre des hommes, des activités rares liées à des fonctions de commandement. Elle peut être métropole à différentes échelles (régionale, étatique, mondiale = globale).
La métropole, c'est à la fois la centralité et la pôlaritation (attirer des flux, des capitaux, etc.)
On constate que la métropole est spécialisée dans les activités à forte valeur ajoutée, dites du tertiaire supérieur : assurances, finances, services rares, tout ce qui concerne et tout ce qui est appelé « fonction abstraite » par Scheibling.
Ces activités du tertiaire supérieur nécessitent une main d'oeuvre très qualifiée, et très mobile d'une métropole à l'autre.
On constate aussi une corrélation entre la diversité des activités de la métropole et sa taille. Plus la métropole est de rang supérieur, plus les activités sont diversifiés. Et plus les activités sont diversifiées, plus la métropole est qualifiée de complexe.




2. facteurs explicatifs : pourquoi y a-t-il métropolisation?


Facteur économique :
Mutation de l'économie, tertiarisation. Société post-industrielle. On passe d'un système économique industriel (taylorisme) à tertiaire. La tertiarisation de l'économie favorise la métropolisation. Cela entraine d'autre part une compétition entre les grandes villes à l'échelle internationale, phénomène lié à la mondialisation. Cela permet d'effectuer des économies d'échelle (concentrer en un lieu la main d'oeuvre et les activités → moins de perte de temps, moindre coût financier)


Facteur démographique :
Ce sont les grandes villes démographiquement qui deviennent des métropoles, à une échelle donnée. Seuil : 10ène de millions d'habitants.
A l'échelle étatique (en France), les métropoles sont les villes dépassant 100 000 habitants (aux EU le seuil n'est pas le même, ni dans les autres pays)


Il faut différencier métropole de mégalopole. Certains géographes en comptent trois à l'échelle mondiale : la Mégalopolis de l'Amérique du Nord, celle du Japon, et celle de l'Europe (cette dernière pose davantage problème et débat : espace urbain moins dense, fortes discontinuités territoriales)
La métropole est un type d'espace urbain. Dans la mégalopole, on trouve aussi des espaces ruraux. Dans la Mégalopolis par exemple, une grande partie est rurale.


La Mégapole désigne une ville qui peut avoir une vaste superficie et un nombre d'habitant dépassant le seuil de 10 millions.
Dans les pays du Sud, on a affaire à des mégapoles qui ne sont pas des métropoles (pas forcément concentration de richesse et de fonctions de commandement). Chine, Inde, Afrique.


La métapole est une vaste aire urbaine étendue, qui a tendance, au fur et à mesure de son étalement, à perde de sa dentité. Ville qui s'étale de manière très irrégulière et discontinue.


Facteur technique :
La métropolisatin est liée à la révolution des transports et aux nouvelles technologies, qui permettent de réduire considérablement les distances, et de localiser les services du tertiaire supérieur dans certaines villes pourtant éloignées. Flux. Joue pour la métropolisation : flux concentrés dans certains pôles, qui sont des métropoles : les hubs (« noyaux »). On y trouve des aéroports concentrant des flux mondiaux. Ex aux Etats-Unis, l'aéroport de New-York est le hub de redistribution nord-américain.




3. Effets spatiaux


  • A l'échelle mondiale, l'AMM



Proposé par Olivier Dolfus : ensemble des villes qui contribuent à la direction du monde, par la concentration de population, de richesses, d'activités de commandement. Elles sont également caractérisées par la synergie des activités entre le tertiaire supérieur (banque, finance) et quaternaire (activités de recherche, d'innovation, de direction).
D'autre part, on y trouve également un fonctionnement systémique (système-monde) en réseau qui concentre l'essentiel des flux.
Ex : 90% des décisions foncières viennent de l'AMM.
Expressions : « métropole de rang mondial », « ville-mère », « ville-globale » (dûe à S. Sassen, années 90)
La puissance de ces villes est mesurée par le PUB (Produit Urbain Brut), qui est l'équivalent du PIB pour mesurer la richesse des Etats. Ex : le PUB de Tokyo équivaut au PIB de la France.
Ces villes sont certes en réseau, mais on observe une discontinuité territoriale : elles forment un archipel. Cad qu'entre ces métropoles mondiales, on trouve des espaces plus ou moins intégrés à cet AMM.
Ce réseau est tout de même hiérarchisé : les métropoles de la TRIADE dominent. Elles ont ensuite des connexions privilégiées avec d'autres métropoles des pays du nord. On a aussi des métropoles des pays du sud qui appartienent à cet archipel → celles qui appartiennent aux pays émergents.
Pb : et la Russie? Peut-elle toujours être intégrée dans les pays du nord? Géopolitiquement, on ne peut la reclasser en pays du sud.


  • A l'échelle étatique, exemple de la France



En ce qui concerne la France, on constate que la métropolisation est renforcée à l'échelle de Paris, seule métropole française de rang européen et mondial.
On constate également que la métropolisation a renforcé certaines métropoles régionales, notamment celles concernées par la politique de rééquilibrage du territoire dans les années 60.
Il y a un immense écart entre Paris, qui concentre pratiquement toutes les activités de commandement aux différentes échelle et une forte concentration démographique, et les autres métropoles.
On constate aussi que la métropolisation n'a pas tellement modifié la hiérarchie urbaine. Elle reste pyramidale, avec la macrocéphalie parisienne. Les pentes de la pyramide se sont certes adoucies, mais elle n'a pas changé.


  • A l'échelle locale



La métropolisation entraine des recompositions spatiales à l'intérieur des métropoles : Redistribution des populations → périurbanisation
Essor du polycentrisme
Modification des paysages : modification de certains quartiers, etc.




3. Ville et territoire


A) La ville vécue
Elle relève pour les géographes d'une approche humaniste (géo sociale qui se réhumanise). Branches concernées : géo sociale, géo humaniste, et géographie politique.
S'intéresser à la ville vécue c'est considérer que la ville est un consturit social, et qu'elle relève donc de représentations mentales chez les individus.

Problèmes :
  • Difficultés pour construire les sources : le vécu relève de la subjectivité, donc du qualitatif. Il faut donc, pour construire des sources sur la subjectivité, mettre en place des sondages (complexes et couteux), avoir une démarche pluridisciplinaires (psycho, socio, etc.)
  • Problèmes de la spatialisation de la subjectivité : comment la spatialiser, la représenter, la cartographier? D'autant plus que le subjectif par nature est très individualisé. On peut regrouper des individus par type, mais cela reste énorme.

problèmes méthodologiques.


Cela fait une vingtaine d'année que la géo française s'intéresse à la ville vécue. Gros retard par rapport à la géo anglo-saxone, qui s'y intéresse depuis les années 50.
Premier géographe français à s'intéresser à la ville : Antoine Bailly, La perception des espaces urbains, 1977. Le comportement spatial des individus est lié à l'image qu'ils ont de la ville.




Subjectivité
Suppose que l'on passe de la perception d'un objet à sa représentation.
Différence entre perception et représentation? → la perception est une construction mentale qui extériorise et interprète les sensations, cad qu'un objet est pensé avant de le sentir, de le toucher (presque démarche philosophique). Alain : « cet horizon lointain, je ne le vois pas lointain, je juge qu'il est loin ». C'est donc une donnée immédiate : les individus perçoivent les objets qui les entourent en interprétant leurs sensations.
La représentation est une image mentale qui déforme la réalité. Cad que c'est le fait pour un individu d'évoquer des objets en leur absence, ou d'ajouter des significations, des souvenirs, en leur présence. Quand l'individu est dans la représentation, il ne se contente pas de percevoir l'objet, il l'enrichi par des images mentales de son esprit.


Processus de représentation tel qu'il est vu par les géographes → figure 9.1. Il y a un filtre sélectif pour chaque individu, qui peut fonctionner selon de nombreux critères. (éducation, goûts, sexe, age, stéréotypes, catégorie sociale, etc.). L'individu au final sélectionne ce qu'il veut retenir.
Les représentations d'autre part sont certes individuelles, mais il existe des points communs entre les groupes sociaux, les catégories de personnes. Ex : en fonction de l'age, le filtre ne sera pas le même. Les personnes agées tolèreront moins le bruit que des personnes plus jeunes.
Des géographes, comme un géographe dans les années 70 qui a fait un travail de sociologie : a travaillé sur les itinéraires des gens en forêt. Il en a conclu que les gens appartenant aux catégories sociales modestes utilisaient les parcours ludiques. Au contraire, les catégories les plus diplômées sont elles à la recherche d'un espace naturel, où elles auront le choix, où elles retrouveront une nature idéalisée.


Toutefois, toute représentation de la réalité pour les individus est une représentation qui est schématique et partielle, qui fonctionnne selon des règles bien précises.
toute représentation à pour objectif chez les individus une action (circuler, voyager)
la représentation est différente si l'espace est connu (parcouru et expérimenté) ou inconnu de l'individu. Ex : quand on part en voyage, on va visiter une ville qui fonctionne de la même façon que la nôtre, mais nous sommes dans un autre pays, et nous n'avons pas la même appréhension de la ville et les mêmes réactions.


La représentation de la ville est cependant partielle : on ne connait pas toute notre ville. Elle est souvent irrationnelle, en ce qui concerne par exemple le sentiment de sécurité ou d'insécurité.
Chemins pris pas des individus dans la ville : le tracé mental est plus ou moins flou.
Lieu fondamental pour l'individu : noeud, carrefour, pôles concentrant les flux (gares, aéroports, grands rond-points). Le quartier également : espace assez vaste, homogène (architectural, culturel ex : médinas nord-africaines : quartiers des tanneurs, des artisans)
Les individus subissent deux contraintes lorsqu'ils observent la ville : l'échelle, et le lieu d'observation. La distance elle-même est sibjective.
la représentation traduit donc un jugement de valeur de l'espace oservé. Valorisation, dévalorisation, ou les deux en même temps.
Certains chercheurs se sont donc intéressés à la question : quels critères doit posséder un espace pour plaire aux individus? L'espace urbain doit proposer le choix à un individu, pour qu'il puisse expérimenter la liberté : choix d'avoir plusieurs itinéraires possibles pour aller d'un point A à un point B. D'autre part, s'il n'y a pas de changement dans l'espace urbain, c'est porteur pour l'individu de monotonie, et donc d'un jugement négatif (ex : certaines cités dévalorisées sur le plan architectural et faisant l'objet de réhabilitation).


Urbanité
Terme exprimant les dimensions matérielle et immatérielle (idéologies, valeurs, représentations individuelles et collectives à l'oeuvre dans la ville) de tout espace urbain.
Comprend tout l'espace urbain.


Citadinité
Mode de vie en société propre aux habitants des villes (pas tout l'espace urbain). Fait d'être confronté souvent à l'altérité (l'autre), la diversité (sociale, culturelle, ethnique) et la densité. Cette confrontation peut être positive. Ou négative → renforcement de la promiscuité, du sentiment de peur, d'insécurité.
Renforcement de la multiculuralité.




B) La ville éclatée


Expression de plus en plus présente dans le vocabulaire des géographes, qui depuis une vingtaine d'années se sont fortement intéressés aux nouvelles formes de fragmentation urbaine. La ville est de plus en plus pensée comme un territoire non plus seulement ségrégé mais également fragmenté.


On constate qu'on a toujours une ségrégation sociale et/ou ethnique dans l'espace urbain, en fonction des quartiers. Cette ségrégation a toujours existé dans l'espace urbain. Depuis qu'il y a les villes, il y a ségrégation spatiale. Mais on est passés d'une ségrégation vertivale à une ségrégation horizontale au XIXe siècle, avec l'industrialisation de l'espace urbain. Ex : au XVIIe siècle : ségrégation verticale (même immeuble où se cotoient riches et pauvres). A partir du XIXe : ségrégation horitontale (est industriel, ouest plus riche).
Ghettos : ils ont toujours été présents dans les villes.


A côté de cette ségrégation, il y a une fragmentation. Elle peut être sociale et/ou ethnique. Elle passe par des processus de ghéttoisation, par l'existence d'espaces très pauvres : paupérisation de l'espace. On a également des processus de gentrification, d'enclavement de certains espaces (les communautés fermée, gated communities).
Il y a une diffusion ponctuelle dans la totalité de l'espace urbain : ce n'est pas forcément continue. C'est pourquoi on parle de fragmentation, et de ville éclatée. Il est parfois difficile de différencier fragmentation de ségrégation à l'échelle micro-locale.
Autre processus de fragmentation : celle de la gouvernance urbaine, à la fois par la multiplication des acteurs qui doivent diriger la ville (mairies, communautés de commune, etc.), et parfois par l'émergence de pouvoirs concourrants au pouvoir central de la ville. C'est le cas notamment lorsque dans les gated communities on veut avoir son autonomie.


Gated Communities : phénomènes observés dans les très grandes villes du monde. Lotissements sécurisés, fermés, qui appartiennent à des catégories sociales élevées, et aujourd'hui moyennes. Ex : Sun City, aux EU.
Cela peut être soit des lotissements fermés, soit des rues fermées postérieurement et qui se privatisent, les road closures. → processus illégal.
Que ce soit des rues ou des lotissement, ces enclaves territoriales concourrent à une privatisation de l'espace public, et ça peut aller très loin : certaines d'entres elles mettent en place un processus d'autonomie politique. Les habitants ne veulent plus obéir aux politiques de l'ensemble de l'espace urbain.
Ici se pose très clairement le problème de la gouvernance urbaine.


Parallèlement, il y a de nouvelles formes d'intégration urbaine face à cette ville éclatée.
- Politiques urbaines intégrées : acteurs urbanistiques, économiques, sociaux, environnementaux, culturels, et qui s'occupent des représentations de la ville.
Avant : précoccupations en terme d'aménagement du territoire.




_________________
Voyez mon V vengeur et craignez les valeurs virginales de cette vie remplie de vicissitudes viles et vides ...


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MessagePosté le: Dim 6 Nov - 00:12 (2011)    Sujet du message: Publicité

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François


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Inscrit le: 28 Oct 2011
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MessagePosté le: Sam 19 Nov - 11:30 (2011)    Sujet du message: La ville Répondre en citant

Merci bien mon cher Charles !
Le général boudov est content. Okay
_________________
U.B.90



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Morgane


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Inscrit le: 28 Oct 2011
Messages: 2

MessagePosté le: Dim 4 Déc - 18:27 (2011)    Sujet du message: La ville Répondre en citant

Béni sois-tu, je vais passer un dimanche soir d'enfer!

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:03 (2017)    Sujet du message: La ville

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