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Dom Juan

 
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Camille BLEUNVEN


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Inscrit le: 28 Oct 2011
Messages: 29

MessagePosté le: Sam 5 Nov - 17:44 (2011)    Sujet du message: Dom Juan Répondre en citant

Don Juan
[Max Frisch]




ERSTER AKT
1. Szene
Devant le château.
Nuit. Musique. Un jeune homme se faufile jusqu'au marches et monte pour pouvoir espionner depuis le balcon du château. Un paon hulule. Là quelqu'un arrive sur la le balcon et le jeune homme se cache derrière une colonne.


Donna Elvira. Don Juan ? Don Juan ?
Donna Inez. Il n'y a personne ici.
Donna Elvira. Son cheval blanc est dans l'écurie.
Donna Inez. Vous vous méprenez totalement Donna Elvira. Qu'est ce qu'un homme ferait dans catte obscurité ? Je frissonne, et le paon hulule, huh, ça me traverse jusqu'à la moelle à chaque fois que je l'entend.
Donna Elvira. Don Juan ? Don Juan ?
Donna Inez. Les palmiers dans le vent. Ca claque comme une épée sur une marche en pierre. Je connais ça, Donna Elvira, je l'entends chaque nuit, et, à chaque fois que je vais à la fenêtre, il n'y a rien d'autre que des palmiers dans le vent.
Donna Elvira. Il est arrivé, cela je le sais, son cheval blanc est dans l'écurie...


2. Szene
Elle disparaît, et le jeune homme fait un pas en avant pour l'épier ; il doit une fois encore se cacher derrière la colonne à l'arrivée d'un vieillard et du père enrobé.
Tenorio. Patience ! Parler moins fort père Diego. Et si le garnement ne venait vraiment pas ? Il sera bientôt minuit. Patience ! Ne prenez pas mon fils sous votre protection. Il n'a pas de coeur, je le dis, il est comme sa mère. Froid comme la pierre. A vingt ans : je n'ai rien à faire des femmes. Et ce qui est grave, père Diego : c'est qu'il ne ment pas. Il dit ce qu'il pense. Ce qu'il aime, il me le dit en face, ce qu'il aime, c'est la géométrie. Que ce jeune homme me fait du souci ! Vous le dites vous même, son nom n'apparaît dans aucune confession. Et lui, c'est mon fils, mon unique fils, mon descendant ! -à vingt ans et toujours pas intéressé par les femmes, père Diego, pouvez vous vous l'imagniez ?
Pater Diego. Ayez de la patience.
Tenorio. Vous connaissez la Célestine -
Pater Diego. Shut.
Tenorio. La célèbre entremetteuse espagnole, celle qui fait même des curés ses clients, mais pas mon fils. Et pourtant j'ai payé ! Et lorsqu'il va dans un bordell, il joue aux échecs. Je l'ai vu de mes propre yeux. Echecs !
Moins fort Tenorio.
Il ne s'intéresse pas aux femmes !
On vient.
Le jeune homme m'achèvera, vous verrez père Diego, d'un coup dans le coeur.


3. Szene
Dom Gonzalo, le gouverneur arriva.
Pater Diego. Est-ce qu'il arrive ?
Don Gonzalo. Il n'est pas encore minuit.
Tenorio. Don Gonzallo, conte de Séville, ne pensez pas du mal de mon fils. Don Juan sera un gendre touchant, lorsqu'il viendra, Conte, car je ne peux pas croire qu'il a oublié la date de ses noces, cela non, je ne peux pas le croire.
Don Gonzalo. Il a une longue chevauchée, ce jeune homme, et de durs jours derrière lui. Je ne pense pas de mal de votre fils, il s'est battu courageusement.
Tenorio. Est-ce vrai ?
Don Gonzalo. Je ne vous flâte pas parce qu'il se trouve que ce soit votre fils, j'annonce seulement qu'il a lutter historiquement pour la patrie : il est le héro de Cordoba.
Tenorio. Je ne l'en croyais pas capable.
Don Gonzalo. Moi mon plus, père Tenorio, je ne l'en croyais pas capable, je le dis ouvertement. Mon espion m'a donné du jeune homme, une image qui donne à réfléchir. Ca veut dire qu'il plaisante, même à propos de moi.
Tenorio. Garçon, garçon !
Don Gonzalo. Je l'appelle dans ma tente. Pourquoi, lui demandais-je entre quatre yeux, dans quel but avons nous guider cette croisade ? Et comme il a seulement rit, j'ai cherché plus loin : pourquoi haïssez vous les païen ?
Tenorio. Qu'a-t-il répondu ?
Don Gonzalo. Il ne haït pas des païens.
Tenorio. Garçon, garçon !
Don Gonzalo. Par contre, il a dit que nous avons beaucoup à apprendre des païens, et, quand je l'ai rencontré la fois suivante, il était couché sous un chène et lisait un livre. Un livre arabe.
Tenorio. De la géométrie, je sais, que le diable emporte la géométrie.
Don Gonzalo. Je lui ai demandé pourquoi est-ce qu'il lisait cela.
Tenorio. Au nom du ciel, qu'a-t-il répondu ?
Don Gonzalo. Il a seulement rit.
Tenorio. Garçon, garçon !
Don Gonzalo. Je ne nie pas, père Tenorio, que son rire m'ait irrité. C'était un ordre monstrueux lorsqu'à Cordoba je l'envoyais à la forteresse ennemie pour mesurer ; je ne pensais pas qu'il eut osé le faire. Je voulais seulement le voir une fois que son sourir serait parti. Et, en fait, il m'a prit au sérieux. Le lendemain matin, il est venu me voir dans ma tente. Il n'était pas blessé d'une semelle, un papier dans la main, je n'en croyais pas mes yeux : il m'a rapporté la distance qu'il y avait d'ici à la forteresse ennemie, noir sur blanc : 942 pieds.
Tenorio. Comment a-t-il fait cela ?
Don Gonzalo. C'est Don Juan, Tenorio ! J'ai dit et je l'ai prit dans mes bras devant tout les autres officiers, dont aucun n'aurait eu un tel courage : je te connaissais mal, mais depuis cette heure, j'appelle votre enfant mon fils, fiancé de mon Anna, chevalier des croisades espagnoles, héro de Cordoba !
Une musique retentit.
Tenorio. Comment a-t-il fait cela ?
Don Gonzalo. Je le lui ai aussi demandé.
Tenorio. Qu'a-t-il répondu ?
Don Gonzalo. Il a seulement rit.


4. Szene
Donna Elvira apparaît, un masque à la main.
Donna Elvira. Que le bal masqué commence ! Elle fait quelques pas de danse sur la musique. A l'intérieur ils dansaient déjà.
Je suis la femme
Et l'étang avec la lune cette nuit,
Tu est cet homme
Et la lune dans l'étang cette nuit,
La nuit ne fera de nous qu'un
Il n'y a aucun visage,
L'amour est aveugle,
Mais la mariée et le marié ne le sont pas.
Pater Diego. Nous n'attendons plus que le marié.
Donna Elvira. Le marié est là !
Tenorio. Mon fils ?
Donna Elvira. Son cheval blanc est dans l'écurie. Je l'ai vu depuis ma fenêtre, votre fils, père Tenorio, est le gracieux cavalier qui à chaque fois s'élance sur son cheval, hop la ! Et il saute comme s'il avait des ailes.
Où est Donna Anna ?
Donna Elvira. Je suis la mère de la finacée mais je me sens plus promise que mon enfant. Nous sommes les dernier sans masques. J'espère qu'il ne prendra pas pour sa fiancé ! Toi aussi mon époux, tu devrais mettre un masque, la coutume est la coutume, et si je peux demander, plus aucun nom ne sera connu, sinon la bal masqué n'aurait aucun sens.


5. Szene
Un couple masqué apparaît.
Sie. Et si c'est toi ! Je parie mon amour que c'est toi. Laisse moi voir tes mains
Er. Ce serait une erreur.
Sie. Aucun homme n'a de mains comme les tiennes.
Er. On nous entend.


6. Szene
Don Gonzalo et Tenorio enlevèrent leurs masques.
Don Gonzalo. Allons-y.
Don Gonzalo et Tenorio s'éloignèrent.
Donna Elvira. Un mot Pater Diego !
Le couple masqué s'embrasse.
Pater Diego. Qui est ce couple sans gène ? Je connais sa voix. Ce n'est quand même pas Miranda !
Donna Elvira. Vous devriez lui parler.
Pater Diego. A Miranda, la prostitué, ici au château ?
Donna Elvira. A Donna Anna
Le couple masqué s'embrasse.
Donna Elvira. La pauvre enfant est toute bouleversée, elle veut se cacher, elle a peur de l'homme, elle tremble de tous ses membres, l'heureuse, depuis qu'elle sait qu'il est arrivé.
Pater Diego. Le gracieux cavalier qui à chaque fois s'élance sur son cheval, hop la ! Et il saute comme s'il avait des ailes.
Donna Elvira. Diego ?
Pater Diego. Continue !
Donna Elvira. Pourquoi ce regard sombre ?
Pater Diego. [Notre église espagnole n'était pas si impreignée de l'idée du salut, bientôt, un dixième des aumônes sera englouti ensuite] je pourrais moi aussi sauter d'un cheval au lieu de dégringoler d'un mulet.
Donna Elvira. Diego ?
Pater Diego. Continue !
Donna Elvira. Je n'ai pas juré que je tiendrai mon infidélité. Père Diego ! Nous voulons rester ami. Tu sembles oublier que je suis mariée mon chèr, et si jamais je trompe mon mari dans un amour naissant, ce que le ciel interdit, je serais seule à le tromper, pas vous.
Pater Diego. Elvira -
Donna Elvira. Cela, mon ami, une fois pour toute.
Pater Diego. Shut.
Donna Elvira. Allons voir Donna Anna.


7. Szene
Donna Anna et Père Diego s'éloignent, le couple masqué reste, ainsi que le jeune homme derrière la colonne.
Sie. Erreur ! - Comment peux-tu dire cela ? Alors tout serait une erreur, ce qu'il y a entre un homme et une femme. Tu penses que je ne reconnais pas ton baiser ? Je t'ai trouvé et reconnu. Pourquoi ne l'admets-tu pas ? Tu penses qu'avec un masque tu peux me tromper. Dois-je enlever mon masque pour que tu me reconnaisses ? On me jeterait à la rue si je venais à retirer mon masque -
Elle enlève son masque.
Er. Miranda !?
Sie. La pute - oui : pour vous.
Er. Comment oses-tu -
Sie. Je t'aime. J'ai osé cela, oui, je t'aurais retrouvé parmis des centaines. Je t'aime. Pourquoi as-tu peur ? Vous m'avez pris dans vos bras, mais c'était comme de l'eau qui passe à travers un tamis, tout, même quand tu me gardais dans tes mains ["jusqu'à ce" dans le sens "inclus" > "même quand tu"]. Pourquoi as-tu peur ? Tu n'as aucune expérience avec les femmes, as-tu dit, et j'ai rit, ça t'a vexé, je sais, tu as mal interprété mon rire - puis nous avons joué aux échecs.
Er. Aux échecs ?
Sie. Là j'ai découvert tes mains.
Er. Je ne joue pas aux échecs.
Sie. J'ai rit, car tu es plus attentif plus que tous les hommes de Séville réunis. Je te regardais : concentré dans tes échecs, le premier homme qui a le courage de faire ce qui lui plait, même dans un bordel.
Er. Je suis Don Roderigo.
Sie. Mais bien sûr !
Er. Pourquoi souris-tu ?
Sie. Don Roderigo ! Tu dois te moquer de moi, je comprend, car lui aussi m'a prise dans ses bras. Don Roderigo, je le connais et tous les autres, ils ne se différencient que par le nom, je me demande souvent, s'ils se reconnaissent eux même. Les uns comme les autres. Quand ils se taissent et me prennent dans leurs bras, ce sont des formules. Ils sont si ennuyeux, ton ami Don Roderigo en fait partie. Tu ne peux pas savoir à quel point tu es différent, c'est pourquoi je te le dis.
Er. Et si j'étais vraiment Don Roderigo, si je le jure par dessus tout et même sur ce que j'ai de plus chèr ?
Sie. Alors je rierais de tout, de ce qu'un Don Roderigo a de chèr, et je tiendrai ta main. Je vous ai reconnu. Laissez moi vous embrasser. Ce sont les mains qui me rendent à moi-même, des mains comme personne d'autre n'en a, et ce sont les tiennes : Don Juan !
Er. Don Juan ? Elle embrasse ses mains. Tiens, il est là-bas.


8. Szene
Il montra du doigt le jeune homme que l'on appercevait derrière la colonne où il était resté caché. Miranda le vit et hurla comme si l'on venait de la transpercer avec un couteau. Au même moment commençait la danse Polonaise, mains dans la mains, Miranda fut prise dans la chaîne et disparue derrière son masque.
Don Roderigo. Juan, d'où viens-tu soudain ?
Don Juan. Ecoute.
Don Roderigo. Qu'est ce que tu fais aux alentour du parc ? On t'atend mon ami, et tous se demandent où est le fiancé. Pourquoi ne rentres-tu pas à l'intérieur.
Don Juan.Si tu es mon ami, Don Roderigo, je te demande de me rendre un service, pas la peine d'en parler, pour toi c'est une babiole, pour moi, tout en dépend. Je le sens, c'est tellement clair : ici et maintenant, dans cette nuit, va se décider, ce qui dorénavent sera certain. Je le sais depuis une heure, Roderigo, et ne peux rien y faire. Moi non ! Soudainement la décision de toute une vie dépend d'un stupide cheval blanc, c'est épouventable. Veux-tu bien m'aider Roderigo ?
Don Roderigo. Je ne comprend pas un mot.
Don Juan. Va me chercher le cheval blanc dans l'écurie !
Don Roderigo. Pourquoi ?
Don Juan. Je dois partir loin Roderigo.
Don Roderigo. Partir ?
Don Juan. Tant que je suis encore libre - Rires dans le château ; Don Juan prend son ami par l'épaule et lui montre l'arrière plan obscure. - Roderigo, j'ai peur.
Don Roderigo. Toi, le héro de Cordoba ?
Don Juan. Laisse cette absurdité.
Don Roderigo. La Séville toute entière parle de ta célébrité.
Don Juan. Je sais, ils croient vraiment que je me suis faufillé jusqu'à Cordoba pour mesurer la forteresse, que j'ai mis ma vie en jeu pour leur croisade.
Don Roderigo. Ne l'as-tu pas fait ?
Don Juan. Pour qui me prends-tu ?
Don Roderigo. Je ne comprend pas...
Don Juan. La géométrie pour débutants, Roderigo ! Mais même quand j'ai dessiné dans le sable pour leur expliquer, les hommes n'ont pas compris, c'est pourquoi ils parlent de merveilleux, et Dieu du ciel, quand notre mortier a enfin atteint sa cible, j'ai souris et ils devinrent méchants. Il a l'air effrayé. Roderigo -
Don Roderigo. De quoi as-tu peur ?
Don Juan. Je ne peux pas la voir !
Don Roderigo. Qui ?
Don Juan. Je n'ai aucune idée de quoi elle a l'air.
Don Roderigo. Donna Anna ?
Don Juan. Aucune idée, aucune idée... J'étais à cheval toute la journée. J'avais envi de la rencontrer. Je suis à cheval à longueur de temps. J'aurais déjà pu être là depuis des heures ; lorsque j'ai vu le mur de Seville, je me suis accroupie près d'une citerne jusqu'à ce que la nuit tombe... Roderigo, soyons honnêtes !
Don Roderigo. Certainement.
Don Juan. Comment le sais-tu, qui tu aimes ?
Don Roderigo. Mon chèr Juan -
Don Juan. Réponds !
Don Roderigo. Je ne te comprend pas.
Don Juan. Je ne me comprend pas moi-même Roderigo. Là-bas, dehors à la citerne, dans le reflet de l'eau -tu as raison, Roderigo, c'est étange... Je crois que j'aime. Un paon hulula. Qu'est-ce que c'était ? Un paon hulula. J'aime : mais qui ?
Don Roderigo. Donna Anna, ta fiancée.
Don Juan. Je ne sais même pas à quoi elle ressemble - Soudain, un groupe de gens drôlement masqué passa rapidement devant. Est-ce qu'elle était là ?
Don Roderigo. La fiancée ne porte pas de masque. Tu es troublé par ton bonheur, c'est tout Juan. Laisse nous entrer ! Il est minuit passé.
Don Juan. Je ne peux pas !
Don Roderigo. Où dans tout le monde veux tu aller ?
Don Juan. Loin.
Don Roderigo. Rejoindre ta géométrie ?
Don Juan. Là où je sais que je sais : -oui... ici je suis perdu. Lorsque j'ai chevauché dans la nuit autour du château, j'ai vu à une fenêtre une jeune fille : j'aurais pu l'aimer, la première venue serait la bonne, toutes, aussi bien que mon Anna.
Don Roderigo. Peut-être que c'était elle.
Don Juan. Peut-être. [Et ensuite, je dois jurer, penses tu, tel un aveugle, et tous peuvent venir et dire, c'était elle ?]
Don Roderigo. Shut !
Don Juan. Tu ne vas pas me trahir Don Roderigo, tu ne m'as pas vu.
Don Roderigo. Où ?


9. Szene
Don Juan enjamba la ballustrade et disparu dans l'obscurité du parc. Don Roderigo remit son masque, Père Diego et Donna Anna apparaissent, tous les deux démasqués.
Pater Diego. Là mon enfant, nous sommes seuls.
Donna Anna. Non.
Pater Diego. Comment non ?
Donna Anna. Un homme !
Don Roderigo Je suis l'homme
Et la lune dans l'étang cette nuit,
Tu es la femme
Et l'étang avec la lune cette nuit,
La nuit ne fera de nous qu'un
Il n'y a aucun visage,
L'amour est aveugle,
Mais la mariée et le marié ne le sont pas.
Il fit une révérence et s'éloigna.
Donna Anna. Peut-être que c'était lui ?
Père Diego suit l'alarme et Donna Anna s'assit seule dans la nuit. Le paon hulula de nouveau d'un cri rauque. Soudain, envahie par la peur, elle sauta par la même ballustrade que Don Juan auparavent pour s'échapper. Donna Elvira revint.
Donna Elvira. Anna ? Où est-elle ? Anna !
Pater Diego revient à son tour.
Pater Diego. Bien sûr que c'est une prostitué, elle s'appelle Miranda, tous les hommes connaissent son nom, une pauvre créature, elle n'a rien a faire ici. Bien sûr qu'elle appartient à la rue. Il vit le banc vide. Où est Donna Anna ?
Donna Elvira. Anna ? Anna !
Pater Diego. Elle doit déjà être à l'interieur...
Donna Elvira et Père Diego rentrèrent à l'intérieur, silence, le paon hulula une fois encore d'un ton rauque.


Intermezzo
Celestina et Miranda apparaissent sur l'avant scène.
Celestina. J'ai dit ne hurle pas ! Et ne me raconte pas de banalité. Lorsque tu ne sais pas que
Miranda. Celestina ?
Celestina. Tu dégoulines d'âme.
Miranda. Celestina, pourquoi dois-je partir ?
Celestina. Amoureuse ! Et tu oses l'être sous mes yeux ? Tomber amoureuse d'un homme en particulier. -Ton baluchon est là, et maintenant casses-toi... Ne vous ais-je pas encore et toujours averti qu'il fallait laisser vos âmes en dehors de tout ça : laisser vos âmes hors du jeu ? Je connais le refrain du vrai amour. Comment sinon en serais-je arrivée là tu crois, à diriger un bordel ? Je connais les sanglots lorsque l'âme vient. Une fois et jamais plus ! Cela je me le suis jurée. Ne suis-je pas comme une mère pour vous ? Une créature comme toi, seigneur dieu, belle et vendable, tu gémis souvent comme le ferait un animal et tu bavasses comme une dame : ses mains ! Son nez ! Son front ! Et qu'a-t-il d'autre Lui ? Je l'ai déjà dit. Ses orteilles ! Ses lobbes d'oreilles ! Ses mollets ! Je l'ai déjà dit : qu'a-t-il de plus que les autres ? Mais je l'avais vu venir, ces yeux pétillants depuis des semaines - cette vie intérieure.
Miranda. Oh Celestina, ça n'est pas pareil.
Celestina. Dehors !
Miranda. Oh Celestina -
Celestina. Pour la dernière fois : j'ai dit dehors ! Je ne tolère aucune déviance sur le seuil de ma porte. Tomber amoureuse d'une personnalité ! Il ne me manquait plus que ça ! Et tu oses me raconter des histoires, à moi, la dirigeante des entre-metteusse espagnoles : tu aimes une personnalité ?
Miranda. Oui, que Dieux m'assiste !
Celestina reste sans voix.
Miranda. Oui.
Celestina. Alors remercies moi pour avoir fait ton éducation.
Miranda. Oh Celestina -
Celestina. Oh Celestina, oh Celestina ! Tu penses que tu peux te moquer de moi, au milieu de la nuit ? Tu peux me mentir comme un homme tu le sais ? Dieu te regarde, oui, tu en as besoin; maintenant je ne m'occupe plus de toi, aussi vrai que je m'appelle Celestina. Je sais que mon nom est redevable. Pourquoi crois-tu que les hommes viennent à nous ? Maintenant tu tombes amoureuse, maintenant tu les différencies ? Je vous l'ai dit jours après jours : il y a aussi des femmes dehors, des femmes de toute sorte d'âge et toutes disponibles, mariées, pas mariées, tout ce qu'ils veulent. Alors pourquoi viennent-ils ici ? Je veux te le dire mon trésor : ici, mon trésor, les hommes refoulent leurs mauvais sentiments. Et c'est ce pourquoi ils paient avec de l'argent ou de l'or. Qu'a dit Don Octavio, le sage juge, lorsque ils voulaient que ma maison ne ferme ? Il [...] a-t-il dit, et certes publiquement : tant que nous aurons une bonne réputation [...] a-t-il dit : et ça signifie : je suis protégée par l'état. Penses-tu que je serais protégée par l'état si je faisais quelque chose qui n'est pas autorisé ? Je n'achète là aucune intériorité. Compris ? Je n'achète aucune jeune fille, à l'intérieur, elles rêvent toutes[...] Prends ton baluchon, j'ai dit, et disparais.
Miranda. Que dois-je faire ?
Celestina. Te marier.
Miranda. Celestina -
Celestina. Tu le mérites. Maris-toi ! Tu aurais pu devenir une prostitué extraordinaire, la meilleure de l'époque, désirée et gâtée. Mais non ! Tu dois aimer. S'il vous plait. Tu vas être une Dame. S'il vous plait ! Tu penseras à nous mon trésor, quand il sera trop tard. Une prostitué ne vend pas son âme -
Miranda sanglote.
Celestina. Je t'ai dit ce que je pensais. Ne hurle pas sur le seuil de ma porte, nous sommes une maison de joie.
Elle part.
Miranda. Je l'aime...




2. Akt
1. Szene


Dans une pièce du château.
Donna Anna est assise vêtue de son habit de noce, et entourée de dames affairées, Donna Inez peigne la mariée.


Donna Inez. Laissez cela ! Je mets le voile seule, je suis la demoiselle d'honneur. Apportez seulement le miroir. Les femmes s'éloignèrent. Pourquoi tes cheveux sont-ils si humides ? Ca se laisse à peine peigner tellement c'est humide. Il y a même de la boue. Où as-tu été ? Et de l'herbe...
Donna Anna regarde droit devant et se tait.
Donna Inez. Anna ?
Donna Anna. Ja.
Donna Inez. Tu devrais te réveiller ma chérie, c'est ton jour de noces. Ils font déjà sonner les cloches, tu n'entends pas ? Et Roderigo a dit que les gens sont déjà sur le balcon, il va y avoir des noces, comme Séville n'en a encore jamias connu pense-t-il.
Donna Anna. Ja.
Donna Inez. Tu dis oui comme si cela ne te concernait pas.
Donna Anna. Ja.
Donna Inez. Encore de l'herbe ! Je voudrais seulement savoir où tu étais dans tes rêves... Elle s'en va et revient avec un miroir dans les mains. Anna, je l'ai vu !
Donna Anna. Wen ?
Donna Inez. A travers le trou de la serrure. Tu demandes : qui ? Il allait et venait comme un tigre en cage. Un instant il reste là planté et soudain, il tire un lame et la contemple. Comme pour un duel. Mais tout en blanc Anna, entièrement en soie blanche.
Donna Anna. Où est le voile ?
Donna Inez. Je vous y vois déjà, et la façon dont il va soulever ton voile qui est noir comme la nuit, et le père demandera : Don Juan la reconnais-tu ? Donna Anna, le reconnais-tu ?
Donna Anna. Et si on ne se reconnait pas ?
Donna Inez. Anna !
Donna Anna. Donne moi le voile.
Donna Inez. D'abord regarde toi dans le miroir!
Donna Anna. Non.
Donna Inez. Anna, tu es belle.
Donna Anna. Je suis heureuse ! Si seulement c'était déjà la nuit ! Je suis une femme. Regarde notre ombre sur le mur a-t-il dit, nous y sommes : une femme, un homme ! Ca n'était pas un rêve. N'ais pas honte, sinon j'aurais honte moi aussi. Ca n'était pas un rêve. Et nous avons rit, il m'a prise et n'a pas demandé mon nom, il a embrassé et embrassé ma bouche, je n'ai pas demandé non plus qui il était, il m'a prise et m'a porté pour traverser l'étang, j'ententendais ses jambes qui pataugeaient dans l'eau, l'eau noir, alors qu'il me portait pour la traverser -
Donna Inez. Le fiancé ?
Donna Anna. Lui et personne d'autre ne sera mon fiancé, Inez. Je le sais, c'est tout. Lui et personne d'autre. Je le reconnaitrai dans la nuit quand il m'attendra à l'étang. Aucun autre homme dans le monde n'a de droit sur moi. Il m'est plus familier que je ne me connais moi-même.
Donna Inez. Silence !
Donna Anna. Oh ! S'il faisait déjà nuit !
Donna Inez. Ils viennes.
Donna Anna. Donne moi le voile.
Don Gonzalo et Pater Diego arrivent.
Don Gonzalo. C'est l'heure. Je ne suis pas un homme de discours florissant. Qu'est ce qu'un père doit ressentir en ce jour, mon enfant, laisse moi te le dire par un baiser.
Pater Diego. Où est le voile ?
Tout de suite.
Pater Diego. Préparez-vous, préparez-vous !
Donna Elvira et Donna Inez s'éloignèrent.
Pater Diego. Nous sommes seuls. De quoi s'agit-il ? Parlez ouvertement conte. Pourquoi ne nous comprendrions nous pas l'un l'autre ? Un époux et un moine ? Ils s'assoient. Alors ?
Don Gonzalo. Comme cela a été dit, nous avons chevauché jusqu'au château de Cordoba, où Muhammed m'a reçu, le prince des Païens, pleurant sur sa défaite, et les courtisants autour de lui pleuraient aussi. Tout cela, dit Muhammed, vous appartient, héro des Chrétiens prenez-le et prifitez-en ! J'étais étonné par tant de magnificence; il y a là-bas un palais comme vous n'en avez jamais vu en rêve, des salles avec d'étincelentes coupoles au-dessus, des jardins remplit de fontaines et le parfum des fleurs, et Muhammed lui-même, pleurant de nouveau, m'a donné les cléfs de sa bibliothèque, que j'ai immédiatement fait brûler.
Pater Diego. Hmm.
Don Gonzalo. Et là, dit Muhammed, tandis qu'il pleurait toujours, là se trouve mon harem. Toutes les filles tombèrent en larmes. Ca embaumait étrangement les épices. Tout cela, dit-il, vous appartient, héro des Chrétiens, prennez-le et profitez-en !
Pater Diego. Hmm.
Don Gonzalo. Ca embaumait étrangement les épices.
Pater Diego. Cela vous l'avez déjà dit.
Don Gonzalo. Prenez-le et profitez-en ! dit-il -
Pater Diego. Combien étaient-elles ?
Don Gonzalo. Les filles ?
Pater Diego. A peu près.
Don Gonzalo. Sept ou neuf.
Pater Diego. Hmm.
Don Gonzalo. Je ne peux pas assister à la cérémonie du mariage sans me confesser avent Père Diego.
Pater Diego. Je comprend.
Don Gonzalo. En effet, il s'agit de mon couple.
Pater Diego. Vous m'effrayez.
Don Gonzalo. Dix-sept ans que je conserve la fidélité.
Pater Diego. C'est bien connu. Votre couple, Don Gonzalo, est le couple le plus parfait que nous pourrions montrer aux . Les Païens, avec leur harem n'ont aucune difficulté à plaisanter de nos scandales en Séville. Je dis toujours : lorsqu'un espagnol ne prend pas un homme comme vous, Conte, pour exemple du couple espagnol -
Don Gonzalo. Tout cela vous appartient, dit-il -
Pater Diego. Prenez-le et profitez-en !
Don Gonzalo. Oui -
Pater Diego. Il y avait une odeur étrange.
Don Gonzalo. Oui-
Pater Diego. Continuez !
Don Gonzalo. Les filles ne comprennent que l'arabe, sinon ça ne serait jamais allé aussi loin; lorsqu'elle me déshabillaient, comment pouvais-je leur expliquer que j'étais marié et ce que ça signifie pour nous ?
Pater Diego. Les filles vous ont déshabillé ?
Don Gonzalo. C'est ce que Muhammed leur a apprit.
Pater Diego. Continuez.
Don Gonzalo. Père Diego, j'ai commis un péché.
Pater Diego. J'écoute.
Don Gonzalo. Un péché en esprit.
Pater Diego. Comment-ça en esprit ?
Don Gonzalo. J'ai maudit la fidélité.
Pater Diego. Et ensuite ?
Don Gonzalo. Maudit les dix-sept ans de mariage !
Pater Diego. Mais qu'avez-vous fait ?
Don Gonzalo. Fait ?-
Pater Diego. Ne tremblez pas Don Gonzalo, parlez ouvertement; le ciel le sait de toute façon.
Don Gonzalo. Fait ?-
Pater Diego. Nous sommes tous pêcheurs.
Don Gonzalo. Je n'ai rien fait.
Pater Diego. Pourquoi pas ?
Donna Elvira, Tenorio, Don Roderigo, les trois cousines et toutes les femmes, enfants de coeur et joueurs de trompette apparaissent habillés sur leur 31.
Donna Elvira. Mon époux ! On est prêt. Avec les enfants de coeur et les joueurs de trompette comme il y a dix-sept ans ! On devrait redevenir jeune -
Don Gonzalo. Où est le fiancé ?
Donna Elvira. Je le trouve magnifique !
Don Gonzalo. J'ai demandé où il est.
Don Roderigo. Don Juan, mon ami, je vous demande d'être indulgent, car il a manqué la grosse fête d'hier soir. Epuisé comme il était de son long voyage à cheval, il a dit qu'il souhaitait prendre un petit moment de repos, avant de se montrer aux beau-parents et à la fiancée. Et donc, dit-il, il a passé la nuit dans le parc jusqu'à ce que les coqs le réveillent. C'est cela que je dois excuser. Il est troublé. Il n'oserait pas apparaître à ses noces, si je ne peux lui assurer, que sa nuit dans le parc lui est excusée.
Donna Elvira. Il n'ose pas ! C'est le plus sage fiancé que j'ai jamais rencontré. Il n'y a rien que je ne saurais l'en excuser. Don Roderigo fit une révérence et s'en alla.


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