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Epistémologie

 
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Charles
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Inscrit le: 26 Oct 2011
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MessagePosté le: Sam 29 Oct - 14:13 (2011)    Sujet du message: Epistémologie Répondre en citant

HISTOIRE ET EPISTEMOLOGIE
DE LA GEOGRAPHIE




Ce n'est que très récemment que spécialistes et géographes se sont intéressés à l'histoire de la géographie.
Historiographie : Etudier l'histoire d'une discipline (ruptures-continuités)
Epistémologie : du grec episteme, « connaissances, savoirs » et logos, « le discours ». Réfléchi sur la façon dont se construisent les savoirs (contexte, démarches, outils, finalités...)
Paradigme : Etat des connaissances à un temps T, admises et reconnues par la communauté scientifique d'une même discipline.


Selon l'étymologie, la géographie (grec gaia, « la Terre ») est l'étude, la description de la Terre. Ses savoirs sont divisés en 4 parties :
  • Géographie « grand public »

[*] Géographie appliquée
[*] Géographie scolaire
[*] Géographie universitaire (objets, finalités, démarches, outils, concepts et notions, acteurs. Et ce dans différents domaines)

Les chercheurs et géographes sont toujours déterminés par un contexte, influencés par des engagements.


Relations entre historiographie et épistémologie?


A. Des savants « géographes » plus qu'une géographie scientifique de l'Antiquité aux Lumières


La plupart des savants « géographes » n'étaient pas de véritables géographes. Ils étaient plutôt astronomes, juristes, philosophes, etc. Pourtant, la connaissance géographique a dès ses débuts eu des buts précis, afin de pouvoir s'orienter sur la terre et la mer, appréhender les environs, établir les orientations (dans le but des croisades par ex.).






  • La chorographie (du grec choros, « le lieu »)


C'est une géographie descriptive se basant sur les récits d'anciens (L'Iliade, L'Odyssée), à la fois réelle (lieu précis) et imaginaire. C'est une représentation de l'espace par une société de l'Antiquité. Géographie historique, sociale et culturelle, géopolitique... Cette géographie ce base également sur les périples grecs (coloniser de nouvelles terres), les témoignages (ex : Historié de Hérodote) décrivant ainsi les contrées gecques , perses et même des populations locales, des modes de vie, etc. A cette période hellénistique, la bibliothèque d'alexandrie, au carrefour des civilisations, a permi de diffuser et collecter des témoignages.
Strabon, Geographie (période de l'Empire romain) : centrage sur Rome.
La majeure partie des objets d'étude sont les éléments naturels (plantes, roches...)






  • La cosmographie (astronomie)

Pour les grecs, afin de connaître la Terre, il faut connaître l'univers, les astres → lien avec l'astronomie. Vers VIème siècle, dans la région d'Inie, la géométrie permet à des savants d'établir des théories : Anaximandre de Millet (disciple de Thalès, établit l'idée d'une sphère céleste), Parménide, Eurodoxe (disciple de Platon, met en avant la géocentricité, et propose la mise en place de lignes imaginaires).

Ils établissent même un découpage géométrique du monde pour pouvoir se repérer. La première carte est le cadastre de Bedolina (Italie du Nord), qui dâte de -1500. Eratosthène, directeur de la bibliothèque d'alexandrie, établit une autre carte montrant un monde très étiré et centré sur la Méditérannée. C'est aussi lui qui, le premier, parvient à calculer la circonférence de la Terre.
Le second géographe est Ptolémé (IIe siècle ap. J.C.) : il transmet les connaissances grecques au monde latin (parvenues à l'occident par les musulmans).






  1. La géographie médiévale et moderne




  • La géographie descriptive : d'un monde connu à un monde nouveau



A cette période, les musulmans sont « majoritaires » dans le monde connu, ce qui permet un développement des connaissances géographiques : Al Idrisi (XIIe siècle) réalise une Mappemonde, ouverte sur l'Europe, et non uniquement sur le monde arabo-musulman.
Ibn Battûte (XIVe siècle) parcourt l'ensemble du monde musulman (du Maghreb à la Chine ancienne) et nous transmet ses témoignages sous le titre Voyages, dans un but religieux.
Du côté occidental latin, deux grands voyageurs nous laissent des traces de leurs voyages pour récouvrir l'Orient : Marco Polo et Guillaume de Ruysbroeck.


Quant à l'époque moderne et à la géographie, elles sont marquées par les grandes découvertes : Collomb, Vasco de Gama, Magellan... On a donc une meilleure connaissance des routes maritimes, commerciales, du contour des continents, etc. Elles vont aussi changer les données géographiques et géopolitique. D'autres grands voyageurs vont poursuivre leur quête, avec une finalité scientifique : Bougainville, Cartier, Cook.


  • La cartographie (= géographie technique)




La majorité des cartes arabo-musulmanes étaient centrées sur le monde musulman, selon les codes de Ptolémé.
Dans le monde occidental latin, les cartes sont imaginaires : elles placent Dieu au centre de l'univers.
A l'époque moderne, le premier type de carte est celui de la carte marine cotière. Le second est celui des cartes liées au pouvoir. En France, au XVIe siècle, la Charte Gallicane est une carte faussement historique de la Gaulle. Il y a aussi la Projection de Mercator, plaçant l'Europe au centre, à une taille supérieure à la réalité. Le pouvoir met en place un corps de géographes (apparaissant au XVIe siècle et voulant dire « cartographes »). A partir du XVIIe siècle, la cartographie se spécifie avec la création de « corps d'ingénieurs géographes ».
Colbert favorise la cartographie de la France (162 cartes couvrant le pays, faites par les Cassini).


  1. La réflexion géographique au temps des Lumières



Varenius divise la discipline en deux : géographie régionale et géographie générale. Ensuite, Philippe Buache (XVIIIe) propose d'utiliser les éléments naturels comme l'eau.
Des philosophes comme Kant s'intéressent aussi à la géographie.




B. Naissance et affirmation de la géographie scientifique (XIXe et XXe siècle)


  1. La géographie : une science naturelle (XIXe siècle)




La géographie est avant tout l'étude du milieu naturel et de l'influence de l'homme.


  • Les apports de la géographie allemande



A.Von Humboldt (1769-1859) voyage énormément. Il est l'auteur de Cosmos : essai sur la description physique du monde. Pour lui, l'homme ne peut influer sur la nature. C'est une vision déterministe. Il se base sur ses nombreux voyages.
Karl Ritter (1779-1859) essaye d'établir une relation entre le milieu naturel et l'inégalité entre civilisations. Il a une démarche multiscélaire.
Friedrich Ratzel (1844-1904) est influencé par Darwin sur l'évolution des espèces et de Ernst Haeckel sur l'oecologie (étude de l'intéraction des êtres vivants dans un même milieu, etc.). Dans son Anthropogéographie, il réalise une typologie des « espèces humaines » : séparation des « Naturvölker » (primitifs) et des « Kulturvölker » (civilisés). Il est le premier à réaliser une géographie humaine, en est le précurseur même si elle est influencée par le naturalisme, pose les bases de la géographie politique et s'intéresse à la géographie historique.




  • Le renouvellement de la géographie française à la fin du XIXe siècle




Passe par deux géographes :



Il rédige de 1875 à 1894 La géographie Universelle (17 volumes), puis en 1905 L'homme et la Terre.
Sa conception de la géographie est proche de celle de RITTER : comme lui, il pense que l'homme et la Terre doivent être reliés par un lien solidaire et harmonieux. C'est-à-dire qu'il réfléchie à une géographie qui doit travailler et rendre harmonieuses ces relations → finalisme écologique très présent.
Il lie également la géographie à la littérature, en décrivant les paysages de manière littéraire.
Enfin, RECLUS aurait souhaité que la géographie soit davantage rattachée à la faculté des sciences qu'à la faculté des lettres.
[*] Vidal de la Blache (1845 – 1918) Historien de formation, il se tourne vers la géographie à l'occasion de son doctorat sur Hérode. Il voyage en Turquie, où il découvre les idées des géographes allemands. Il bénéficie de plus d'un contexte de mise en avant de la géographie pour initier un processus d'institutionalisation de la géographie.
Prof à l'ENS puis à l'université, il est soucieux d'un enseignement de la géographie à la fois à l'Université, mais aussi à l'école.
Il est à l'origine de la création de la première chaire de géographie à l'université (qu'il occupe), ainsi que de la création d'une revue de géographie, Les Annales.
Il est également à l'origine des programmes scolaires : il produit des atlas, des cartes → institutionalisation étroitement liée à l'Histoire.
Par l'école, l'idée est de faire adopter par les français la République à travers l'histoire-géographie. Ces deux disciplines créent l'unité nationale, permet de mettre en place des mythes nationaux. (au détriment d'une autre discipline : la sociologie).
1903 : Tableau géographique de la France
1922 : Principes de la géographie humaine (posthume)
Son projet était de fonder la discipline autour du paradigme : « la géographie doit être une science carrefour/synthèse entre les sciences de la nature et les sciences de l'homme » (! : c'est le milieu naturel qui prime dans cette relation qui ne va que dans un sens : influence du milieu naturel sur l'homme). Sa démarche est donc inductive. Selon lui, les facteurs naturels sont fondamentaux mais il prend quand même en compte les facteurs humain et historique à côté des facteurs physiques. → C'est ce que Lucien Fèbvre nommera le Possibilisme (fondateur des Anales).
V. de la Blache apporte donc quelque chose en plus que les géographes allemands. De plus, il insiste sur le choix d'une échelle pertinente pour étudier tel ou tel objet géographique. Mais en réalité, il choisira souvent une échelle régionale. A côté de cette échelle, c'est l'échelle mondiale qui est privilégiée.
Outils qu'il privilégie : carte topographique et autres (climatique, géomorphique, de la végétation...) et paysages (on a pu dire que la géographie vidalienne était aussi la science du paysage), qui est à la fois un outil du géographe et un concept. Les paysages qu'il privilégie sont les paysages ruraux (la France est très rurale à cette époque).
Il prône d'autre part les relations avec d'autres sciences « voisines » : botanique, géologie, économie et histoire.
Cette géographie vidalienne marque durablement, elle est dominante jusque dans les années 1960 à l'université, fin 1970 dans la géographie scolaire (cours descriptif : milieu, populations, activités)







  1. La géographie devient peu à peu une science humaine (début XXe, années 1960)



C'est une géographie qui étudie toujours les relations entre le milieu naturel et les hommes. Mais on ne s'en contente plus : on étudie les intéractions entre le milieu et les hommes (influences réciproques).


  • Une primauté de la géographie physique


Portée par les héritiers de La Blache, elle se traduit par la création de la chaire de géographie physique en 1909, occupée par De Martonne*. Puis en 1912 est créée la chaire de géographie humaine occupée par Demangeon*. Enfin, est créée en 1928 la chaire de géographie régionale pour A.Cholley*. [* = tous élèves de Vidal de la Blache]


La géographie physique voit son importance affichée à l'école (nombreuses cartes géomorphologiques proposées aux élèves).
1944 : création de l'agrégation de géographie. (avant il n'y avait qu'une agrégation histoire mention géogrpahie)
A cette époque, tous les profs géographes des universités françaises (ils sont une trentaine) sont vidaliens.


Mais :
Géomorphologie (Sous-branche de la géographie physique, étude des formes du relief terrestre). L'association géographie régionale-géomorphologie pose problème car elle est déconnectée des mutations de la société, devenue urbaine à partir du milieu du vingtième siècle.


L'enseignement a alors tendance à perdre de son prestige, car il n'est plus en phase avec l'évolution contemporaine de la société. De plus, la démarche possibiliste de Vidal de la Blache est devenue déterministe.




  • Un rôle limité mais croissant pour la géographie humaine




L'étude des paysages ruraux lui permet de se développer, le paysage étant pour les géographes de l'époque une alliance entre la nature et l'Histoire.


  • Jean Brunhes : Il s'intéresse de près aux organisations sociales dans tel ou tel lieu. Certains géographes pendant cette période affirment la primauté de la géographie humaine sur la géographie physique : c'est le cas de Maurice de Lannou (« Le milieu est avant tout un milieu social », 1949)






  • Pierre Georges contribue à renforcer le rôle de la géographie humaine en tournant la géographie vers la compréhension des problèmes contemporains.






  • M.Sorre écrit en 1961 L'homme sur la Terre. Pour lui, le milieu naturel ne doit être qu'un élément parmi d'autres du milieu social.


C) Renouvellement des approches géographiques et morcellement disciplinaire à partir des années 1960



Ce renouvellement se fait en 2 temps :


  • La géographie devient une science sociale (années 60-80).


On établie des relations (réciproques) entre les sociétés et leur espace. On étudie pas les individus mais leurs comportements de groupe.



1 – Géographie de l'analyse spatiale


Les précurseurs sont les allemands. Depuis 150 ans, ils travaillent sur l'analyse spatiale, mais leurs travaux ne sont découverts en France qu'à partir des années 1960.
Exemples :

[*]Christaller, propose en 1933 la théorie des places centrales : il établit une hiérarchie entre les villes (calcule mathématiquement une équation entre les services et les distances).



Apports anglo-saxons : Sociologie urbaine de Burgers et Parc dans les années 1920. Ils proposent un modèle urbain à partir de la ville de Chicago. Ce modèle montre une rapport de domination de la ville sur la périphérie. Il montre également la ségrégation spatiale. Pour ces sociologues, l'espace est avant tout social (et pas le milieu naturel).


Un des premiers géographes français à intégrer ces apports est Philippe Pinchemel (1923 – 2008). Il va travailler sur les réseaux urbains en France en utilisant une démarche déductive. Il est important aussi car il contribue à développer la géographie urbaine, ainsi qu'une branche de la géographie appliquée : aménagement du territoire (// années 1960 : villes nouvelles)/ Pour lui, la géographie reste l'étude de lieux singuliers : l'héritage vidalien est encore présent. Grâce à ses travaux à la charnière de la géo vidalienne et spaciale, il contribue à l'essor de la géo urbaine et de la géo appliquée de l'aménagement du territoire.
// contexte favorable années 1950 : politiques d'aménagement du territoire, moment où on crée des institutions pour gérer ces aménagements : la DATAR en 1963 (Délagation à l'aménagement du territoire). Aménagements touristiques, autoroutes, villes nouvelles, aménagement Languedoc-Roussillon, etc.


Cette géographie se fait en liaison avec les mathématiques (statistiques, économie...) et intègre de nouveaux outils.


Roger Brunet (1937 - ) Autre géographe qui intègre ces apports mais plus tardivement que Pinchemel : il adopte au début une démarche vidalienne classique, thèse de gaomorphologie régionale, qui porte sur les campagnes toulousaines. Sa thèse anexe a par contre un titre qui « sonne » analyse spatiale : « phénomènes de discontinuité en géographie ». Il conçoit la géo spatiale de lutter contre la sclérose (dans les années 60) de la géo vidalienne qui règne à l'université. Il a un but ambitieux (le différencie de pinchemel) : refonder la géographie et rétablir une unité disciplinaire autour de l'analyse spatiale, et non plus autour de la géographie vidalienne. Ne plait pas à tous les géographes. En effet la démarche de l'analyse spatiale est différente de la géo vidalienne : c'est une démarche déductive, modèlisatrice (créer des modèles de l'espace), quantitative (vidalienne : démarche qualitative) et nomothétique (cette géo de l'analyse spatiale va permettre d'établir des lois mathématiques qui organisent l'espace. La géographie vidalienne elle a une démarche diographique.). → faire table rase de la géo vidalienne. Fait débat, Brunet a beaucoup de mal à se faire entendre.
[Nomothétique : grec « nomos », « lois »]
Il propose aussi de moderniser les outils utilisés pour la géographie : préfère utiliser les statistiques par exemple. Il va aussi renouveller l'approche de la cartographie. Dans la géo vidalienne, les cartes importantes étaient les cartes topographique et géomorphologique. Il renouvelle la façon de représenter l'espace en introduisant les chorèmes = éléments de base qui structurent l'espace géographique. Il traduit graphiquement des processus spatiaux comme la diffusion, la traction, les flux, les pôles, etc. Se traduit par la mise en place de figurés linéaires, etc. (croquis du secondaire).
Il se tourne aussi vers la géographie appliquée : celle de l'aménagement du territoire. Travaillera pour la DATAR, etc. Pour Brunet, la géographie est une science sociale : l'espace est avant tout le produit, le résultat de l'action des sociétés.
Il va essayer d'institutionaliser cette approche de la géographie, comme l'avait fait Vidal quelques années plus tôt. Il créé comme Vidal une revue, L'espace géographique (existe toujours) en 1972. Il essaye aussi d'avoir une certaine influence à travers un laboratoire de géographie, RECLUS (Réseau d'étude des changements dans la localisation et les unités spaciales). De fait, à la différence de Vidal, Brunet échoue dans son institutionalisation, dans sa refondation de l'unité de la géo autour de l'analyse spatiale. Il échoue pour plusieurs raisons à l'université : tous les postes de pouvoir sont détenus par des vidaliens, de plus il se trouve à Toulouse, et puis même parmis ceux qui constatent que la géo vidalienne est sclérosée, un grand nombre n'est pas d'accord de réduire la géographie à la géo spatiale.
Mais il aura une forte influence dans les domaines politique et scolaire : puissant renouvellement de la géographie scolaire (croquis bac), primaire et secondaire.




2 - De la géographie politique à la géopolitique


La géographie française va se trouver à l'écart des avancées qui existent dans les autres pays sur la géo politique, parce que la géo vidalienne se réduit à une géo physique et géomorphologique. C'est également à cause de la vision de la géographie politique allemande, qui a nourrit les idées du nazisme. Comme pour les géographes française, géographie politique = géo politique allemande = nazisme, on s'intéresse très peu à la géographie politique dans l'après guerre. Poid du contexte. Après la 2nd GM, les universités françaises sont marquées par le marxisme.


Comment se fait l'intégration de la politique en géographie dans les années 1960?
Dans les années 1960 en histoire, on assiste à un retour de la politique (mise entre parenthèse depuis les anales avant la guerre), avec un historien : René Raimond.
Ce changement se produit quand la géo devient une science sociale, également avec les apports anglo-saxons. Comme toute société est encadrée par un gouvernement, il apparaît légitime de s'intéresser à la géographie politique.


Trois thèmes sont privilégiés :
  • Les acteurs de la vie politique (partis...)

[*] La justice spatiale (en quoi le gouvernement peu contribuer à établir une justice dans l'espace)
[*] Les représentations du politique



Troi échelles sont privilégiées :
  • Echelle inter-étatique (ou internationale)

[*] Echelle étatique
[*] Echelle infra-étatique (géographie politique des communes, des régions...)



Cette géographie politique va tourner également autour de tout ce qui concerne les éléctions.


Dans les années 1970, un géographe va mettre en avant le terme de géopolitique : Yves Lacoste (1929 - ) va publier en 1976 La Géographie, ça sert d'abord à faire la guerre. Ce livre est important car considéré comme étant un fondement de la branche géopolitique. Il propose pour la géographie une démarche systémique : on doit sortir de la démarche possibiliste vidalienne : plusieurs facteurs doivent expliquer un fait géographique. D'auutre part, il pense que la dimension politique dans la géographie doit faire de la géographie une géographie de l'action, une géographie engagée (en relation avec le pouvoir, les institutions). Il conçoit la géopolitique comme une géographie qui va servir à nourrir les décisions des politiques. Il crée une revue, Herodote, en 1976. Dans le numéro1, l'éditorial, on voit sa conception de la géographie. (Hérodote car considère qu'il est l'un des premiers géographe du politique de la discipline. Il se réclame aussi de Reclus, moins de Vidal, mais reconnaît que Vidal a eu des pistes pour la géographie politique (La France de l'est) )
Au départ, le terme « géopolitique » ne vient pas tout de suite. Sous titre de sa revue : « stratégie, géographie, idéologie ». Modifie le sous-titre de sa revue en 1982 : « revue de géographie et de géopolitique ».
Yves Lacoste rencontre beaucoup de gens qui le critiquent. À la différence de R.Brunet, il reste marqué par la géographie vidalienne : reste dans une démarche inductive (étudie les cas particuliers à partir du terrain), il est opposé à toute démarche modèlisatrice.
Evolution du possibilisme vers le systéisme, sinon pas un changement aussi important que ce qu'avait proposé Brunet. Mais à la différence de ce dernier, il réussit à institutionaliser la géopolitique en créant un DEA (aujourd'hui master), un laboratoire et un institut français de géopolitique, à Paris VIII.
Géopolitique = Etude des rapports de force entre des acteurs sur un territoire.




3 – La géographie physique


Dans un premier temps, durant les années 1960 – 1970, ça va très mal pour la géo physique, marginalisée au fur et à mesure que la géo devient une science sociale. Marginalisation rapide, en une dizaine d'années. A tel point que certains géographes physiciens décident de quitter la faculté des lettres pour ralier la faculté des sciences où se trouve le département « sciences de la terre ».


Un géographe est important dans ce domaine : Georges Bertrand. Il renouvelle le domaine en proposant un nouveau concept : le géosystème (démarche systémique).
Influence de la géographie russe, qui a mis en place une démarche systémique dans la géographie.
Le Géosystème c'est l'idée que le géographe physicien doit étudier les éléments abiotiques (sans vie : maatière, roches), anthropiques (l'homme), et biotiques (faune et flore). Etudier les relations entre ces trois éléments. Ce qu'il propose n'est pas un éco-système : pour les écologues, l'homme n'est qu'un être vivant parmi d'autres (biotique).


G.Bertrand va finalement réussir à ancrer le géosystème parmi les géographes physiciens, d'une part parce qu'ils ont besoin de renouveau, et d'autre part parce qu'un autre géographe, héritier de Vidal, avait déjà ouvert la voie : André Cholley.


André Cholley : n'avait pas parlé de système mais de combinaisons (mais = système). Un de ceux qui vont tenir la chaire de géographie régionale.


La géographie physique va donc très clairement évoluer vers une géographie environnementale, qui va ensuite se décliner, se renouveller, s'enrichir.
Quelques années plus tard, Yvette Veyret développe tout ce qui tourne autour de la géographie des risques, et joue un rôle dans la géographie scolaire (chapitres « les risques » et « eau » en seconde)
4 – Géographie historique et géohistoire


La géographie historique est une branche de la géographie qui existe de manière assez structurée depuis le XIXe siècle (chaire de géographie historique). La géographie historique a alors pour but d'étudier la dimension historique de l'espace : on étudie à des âges successifs les différentes strates d'un espace. La démarche est possibiliste, et cette géo historique est surtout considérée comme le décord de l'Histoire.


Dans la première moitié du vingitème siècle, une deuxième définition vient s'ajouter, avec le geographe R.Dion, qui amène une démarche rétrospective (il part d'aujourd'hui et retourne en arrière). Étudier un espace dans un temps passé pour expliquer son organisation d'aujourd'hui. Il va par exemple appliquer cette démarche à l'étude du vignoble et des paysages ruraux liés au vignoble.


Dans la Seconde moitié du vingtième siècle → déclin de la géo historique. A partir des années 1960, la géo devient une science sociale, et se définit comme une science du temps présent. Or la géo historique étudie le passé → déclin. De plus, à l'université, les rapports institutionnels entre l'histoire et la géographie s'éloignent, leur chemin se sépare. (pas à l'école, à l'université). Et ce malgré les travaux de grande qualité de géographes historiques.
Pour autant, au milieu du vingtième siècle nait la géohistoire, avec Fernand Braudel. Il est très important en géographie puisqu'en 1947 il soutient une thèse qui s'intitule La Méditerranée et le Monde méditerranéen au temps de Philippe II. Cette thèse est novatrice car le personnage historique clé de son ouvrage c'est la Méditerranée, et nom Philippe II.
De plus, Braudel met en parallèle deux types de temps :
  • Le temps long, des permanences (géographie)

[*] Le temps cours, des événement, de l'action (Histoire)

Son but est de lire l'Histoire des société à travers leur espace.
Braudel propose un certains nombre d'éléments novateurs, utilise le terme de géohistoire mais ne change pas par rapport à vidal et fèbre : la géographie reste le décor de l'Histoire.




  • La géographie, une science sociale qui se réhumanise (années 1980)




1 – La géographie sociale


Intéractions entre les sociétés et leur espace. Mais l'individu est réintroduit dans les recherches des géographes. En effet, à partir des années 1980, on se trouve dans un monde de la guerre froide finissant, et les idéologies dominantes de la fin du XXe perdent de leur puissance : renouvellement des idéologies. Etudes et recherches à l'échelle des individus.


La géographie sociale est une branche de la géographie qui s'est strucuturée tardivement. Si des travaux de la géographie sociale sont faits par des géographes comme Pierre Georges, cette branche ne se structure véritablement qu'à partir des années 1970 – 1980 : en 1973, Paul Claval écrit Principes de la géographie sociale. A.Fremont, en 1984, écrit Géographie sociale.




Armand Frémont (1933 - ) Comme lacoste et Brunet, il a fait une thèse vidalienne de géomorphologie régionale. Il essaye de renouveller la démarche et les objets : à l'origine d'une notion : l'espace vécu. Ecrit en 1976 La région, espace vécu. Il met en avant le fait que lorsque l'homme perçoit l'espace, c'est de façon subjective. Il n'y a pas que ses sens à percevoir l'espace mais aussi son inconscient, son imaginaire... Pour lui, cette perception subjective de l'espace ne peut pas être prise en compte par des outils mathématiques. Par conséquent, il ouvre la géo sociale à d'autres science : l'anthropolohie, la psychologie par exemple. Il va également intégrer de nouvelles sources à la géographie, comme la littérature et la peinture. En cela, Armand Frémont réintroduit l'individu.
Dans sa démarche, Frémont se veut oecuminique (idée de rassembler les démarches entre elles : possibiliste, systémique et modélisatrice)




2 – La géographie culturelle


La dimension culturelle est présente en géographie depuis longtemps. Paysages produits par des sociétés, des cultures. Cette géo se structure à partir des années 1980. En effet, dans la géo classique vidalienne, très souvent la dimension culturelle était réduite à l'étude des paysages, et surtout à l'étude des techniques agraires.
A partir des années 80 – 90, la géo culturelle intègre d'autres approches venues du monde anglo-saxon : étudier les intéractions entre les faits culturels et l'espace. (relations réciproques).


Paul Claval, pour positionner la géographie culturelle, crée une revue en 1992 : Géographie et culture. Le problème de la géo culturelle est que le terme de culture est flou. // en histoire, développement de l'Histoire culturelle. Au final, la géo culturelle a un contenu très divers. Surtout, les géographes de la géo culturelle sont parfois à cheval sur la géo sociale ou la géo historique.


Exemples :
J-R. Pitte, Histoire du paysage français.
A.Berque, fait de la géo culturelle liée à la philosophie du sujet, met en avant le concept de médiance.
Deux géographes culturels qui pratiquent des géos très différentes.




3 – La Géographie historique et la géohistoire


Géographie historique :
A partir des années 1980, retour très important de cette branche, avec notamment les travaux de J-R Pitt.
Autre géographe important : Xavier de Planhol.


Se développe surtout la géohistoire, à la fois en reprenant une partie de l'héritage de Braudel, mais en apportant des idées nouvelles, en adoptant une démarche modèlisatrice : modèles spaciaux valables à travers les âges. Exemples : modèles mis en place pour la ville de Bagdad. Etude de la dimension spaciale des sociétés à travers les âges. Exemple : comment on conçoit l'espace réservé aux morts dans un espace urbain. Utilisent la cartographie chorématique de Brunet, et les statistiques.
Exemples de géohistoriens :
  • Christien Grataloup Géohistoire de la mondialisation.

[*] Alain Reynaud, premier dans les années 1990 a écrire une géohistoire sur la Chine.





4 – La géographie humaniste


Si la géo est une science spatiale, elle doit s'intéresser de près et avant tout aux individus. Présente dès le milieu du XIXe siècle, mais se développe et se structure à partir des années 1980.
Même si dans les années 1950 le géographe Eric Dardel a une démarche novatrice, écrit L'homme et la terre, en 1952 → développe le concept de géographicité : façon qu'à l'homme d'habiter un lieu. Pour décrire cette façon, pas seulement d'un point de vue matériel mais aussi de la façon qu'à l'homme de la faire, il intègre la philo. Pour lui le paysage ne doit pas être étudié qu'à travers le voir, mais aussi à travers l'existé (façon d'habiter le lieu). La géo doit être centrée sur l'homme, passe obligatoirement par l'homme et ses représentations (littérature et arts).
Du coup dans les années 1980, l'objet d'étude de la géographie humaniste sera l'étude des relations réelles, mais aussi imaginaires (symbolique) entre l'homme et l'espace. Le but étant de rendre compte pour les géographes de l'expérience unique que chaque homme vit dans ses rapports avec le territoire. Cette géo humaniste va donc s'interesser à bc d'autres sciences sociales, sauf à l'Histoire, pour ne pas être dominée par elle.
Cette géo humaniste crée la revue Espace-temps (avec J.Levy et Grataloup).


Géographes humanistes :
  • Pierre Sansot, qui a écrit en 1983 Variations paysagères.

[*] Augustin Berque, qui a écrit en 1986 Le sauvage et l'artifice, les japonais devant la nature (expériences liées à des civilisations)







La géographie est une science qui s'est constituée tardivement (à la différence des maths, etc.) à partir de la fin du 19e, où on l'identifie vraiment comme une discipline.
L'unité de la discipline était présente dans la première moitié du vingtième siècle, et depuis c'est beaucoup plus flou : morcellement de la discipline.
Comme d'autres sciences sociales (histoire, philosophie, etc.), elle s'est récemment intéressée à son épistémologie, depuis la fin des années 1970. Retour réflexif qui n'existait pas du tout avant, on ne se préoccupait pas de savoir comment s'étaient construits les savoirs précedemment.


Chorographie : étude des lieux
Ethnographie : etude des peuples






















Etude du corpus de textes






  • Elisé Reclus : paradigme de la géographie qui relève de la science humaine et de la science de la nature. Il doit y avoir un équilibre, voire une harmonie, une solidarité, entre l'homme et la nature. Il parle des rapports entre la géographie et l'histoire. La géographie s'intitutionalise avec l'Histoire. Evoque la géographie politique. → précurseur de la géographie politique. Concept de société : « collectivité humaine » : lutte des classes, rapports de domination au sein des sociétés. Voit la lutte des classes comme une dynamique politique (alors que pour Marx c'est une dynamique économique et sociale) Met en avant le concept de milieu (« un nouveau livre où seraient exposés le climat, le sol [...] ». Géo = ambiance, et non un décor comme chez V.de la blache) → précurseur géo environnementale.




  • Vidal de la Blache : géo est une science carrefour, de synthèse. Privilégie les branches de la géo physique, de la géo humaine, de la géo régionale. Les finalités sont liées à l'institutionalisation de la géographie : politique et institutionnelle, intellectuelle et culturelle. Met en avant les concepts de paysage, de « genre de vie ». Démarche inductive, mais à la différence de Reclus, il ne généralise pas.




  • Denise Pumain : la géographie est une science sociale. Parle (l.4) d' « intensité des ineractions sociales » (interaction entre les sociétés et leur espace → géographie sociale). La branche de la géographie mise en avant dans ce texte est la géographie de l'analyse spatiale, branche qui étudie l'organisation de l'espace des sociétés. La géographie sociale n'est qu'une branche de la géo sciences sociales. Elle étudie les dimensions sociales dans les interactions espace-société. Le concept mis en avant est celui d'espace (« distances », « densité », « flux », « pôles » → vocabulaire de l'analyse spaciale).

Démarche : déductive et modalisatrice (élabore des théories à partir de modèles), systémique, quantitative (statistiques). Utilise également la cartographie chrorématique (structures élémentaires). Cette démarche a des relations avec les mathématiques, l'économie, la sociologie, etc. Cette géographie de l'analyse spatiale a servi également à travailler d'autres branches de la géographie, comme la géographie urbaine.



  • Paul Claval géographe qui contribue à la géographie sociale et culturelle. S'intéresse à l'épistémologie de la géographie et à son histoire. Cela lui permet, sans renier complètement l'héritage vidalien, de pouvoir écrire dans le premier numéro de l'espace géographique (1972 – R.Brunet). Balaie les nouvelles approches qui ont eu lieu depuis les années 1960. Contexte de morcellement de la discipline. Démarche déductive, systémique. Les finalités sont intellectuelles : réflexion sur la géographie.




  • Yves Lacoste Paysages politiques (1990) → Qu'est-ce que la géographie, qu'est-ce qu'être géographe? « Il y a géographie et géographie ». Géographie qui est toujours une science sociale, mais qui s'est réhumanisée : on revient à l'échelle de l'homme, et on recentre sur l'étude des intéractions entre les h ommes et leur territoire. Géographie historique telle que Braudel la pratiquait. Yves lacoste continue à refaire venir au goût du jour la géopolitique. Critiques : d'un point de vue des démarches, pas beaucoup de changement par rapport à Vidal (démarche inductive) la seule chose qui change c'est qu'il ne reste pas dans le possibilisme, mais démarche systémique. Utilise des images (paysages, statistiques, pas pour modéliser mais quantifier des faits géographiques). → finalité politique qui domine.




  • Georges Bertrand : fait partie des géographes physiciens qui déplorent la géographie physique. Idées : étudier la relation homme/milieu dans la géo sociale. Il est pour une démarche systémique en géographie physique, multiscalaire. Le concept mis en avant est le concept de milieu social, socialisé. L'outil utilisé est le géo-système. Les géographes physiciens décident de mettre l'homme à part des êtres vivants. La finalité est sociale : la géo physique doit se renouveller, c'est une question de survie (elle risque de disparaître).




  • Philippe Pinchemel : discours de « rassembleur ». Ne renie pas l'héritage vidalien lorsque tout le monde le fait, utilise à la fois la démarche déductive et quantitative. S'intéresse au renouvellement de la géographie. Pour lui, la géographie est une science sociale qui se réhumanise, qui doit être humanisée. Pour lui, la géographie c'est l'écriture de l'interface de la terre à travers 2 notions qu'il met en place : la spacialisation des hommes. Démarche multiscalaire. Outils variés.














Paradigmes


  • XIXe : science de la Nature. Déterminisme, Humbolt




  • Début XXe : Science humaine. Vidal. Relations hommes/milieu. Science carrefour.


[*]Géo humaine (géo économique, historique, politique → population, densités, répartition des habitants)



  • Milieu XXe : Science sociale. Relations espace/société. Echelle macro → masses, acteurs collectifs. // contexte des idéologies globalisantes.


[*]Géo sociale. Claval « la ville est le lieu où il y a le maximum d'intéractions sociales. Dimension sociale de l'espace.



  • Fin XXE : Science sociale qui se réhumanise : accent mis sur l'individu. Années 1990 : fin des idéologies globalisantes, chute du mur. Relation territoire/hommes → échelle micro. 

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Voyez mon V vengeur et craignez les valeurs virginales de cette vie remplie de vicissitudes viles et vides ...


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MessagePosté le: Sam 29 Oct - 14:13 (2011)    Sujet du message: Publicité

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