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La Russie Soviétique et l'Europe (1917 à 1945)

 
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Tristan


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MessagePosté le: Dim 19 Mai - 12:53 (2013)    Sujet du message: La Russie Soviétique et l'Europe (1917 à 1945) Répondre en citant

LA RUSSIE SOVIÉTIQUE ET L’EUROPE (1917-1945) 
   
Introduction
 
            La Russie tsariste s'est engagée dans la guerre en 1914 avec l'espoir de faire diversion par rapport aux difficultés internes d'un régime de plus en plus contesté, et d'effacer les déboires de la guerre russo-japonaise de 1905. L'expansionnisme russe stoppé en Extrême-Orient entendait bien se redéployer en direction des Balkans, où la Russie se présentait comme la protectrice des Slaves orthodoxes face à l'Empire austro-hongrois, et en direction des Détroits qui contrôlaient l'accès de la Mer noire à la Méditerranée. En réalité, la guerre a précipité la chute du tsarisme et ouvert la voie à deux révolutions qui ont abouti à la signature d'une paix séparée avec l'Allemagne et à la naissance d'une nouvelle Russie, la Russie bolchevique, représentée par Lénine (1870-1924). Ces bouleversements marquent un véritable tournant dans les rapports que cette dernière entretient avec les pays européens de l’époque. Dès lors, quel rôle joue la Russie soviétique dans l’organisation de l’Europe de 1917 à 1945 ? De toute évidence, le passage de la Russie tsariste de Nicolas II à la Russie soviétique de Lénine est à l’origine de nouveaux rapports avec cette Europe, et ces révolutions sont elles-mêmes le symbole de la montée des nationalismes dont le point culminant est la seconde guerre mondiale, théâtre des affrontements idéologiques.
 
I)                  De la Russie tsariste à la Russie soviétique : de nouveaux rapports avec l'Europe (1917-1929)
 
 
A) Le régime tsariste en guerre, les révolutionnaires russes entre guerre et paix, et la reconnaissance diplomatique
 
   Au départ, la crise austro-serbe déclenchée en juin 1914 par l'attentat de Sarajevo, n'avait débouché que sur un conflit limité à l'Autriche-Hongrie et à la Serbie. A la faveur de cette crise, la Russie tsariste entendait bien, en se portant au secours de la Serbie, s'opposer à l'influence austro-hongroise dans les Balkans dont l'axe d'expansion vers la Méditerranée venait recouper celui de l'impérialisme russe panslave. Confortée par l'alliance franco-russe réaffirmée à l'occasion du voyage en Russie du président de la République, Raymond Poincaré, le 20 juillet 1914, la Russie a décrété dès le 30 juillet une mobilisation générale à laquelle l'Allemagne s'est empressée de riposter en lui déclarant la guerre. En Russie et à Saint-Pétersbourg la capitale, rebaptisée Petrograd, cette guerre, voulue par le régime tsariste, devait rallier l'opposition et unir le peuple derrière le tsar, Nicolas II, face au vieux rival germanique dans un réflexe patriotique d'union sacrée.
   En août 1914, La Russie a mobilisé plus de 10 millions d'hommes, mais le « rouleau compresseur » russe sur lequel le commandement français avait fondé beaucoup d'espoirs s'est avéré illusoire. En réalité la Russie ne parvint à acheminer que 7 millions d'hommes sur le front et seulement 1 million en première ligne. Les armées russes mal équipées, mal armées, mal préparées, mal commandées, constituées essentiellement de paysans peu motivés au combat, ont été battues par les Allemands dès le 30 août 1914 à Tannenberg. En 1915, le front était percé de toutes parts ; la Pologne et la Lituanie étaient occupées par les Allemands qui atteignaient la Berezina. Les armées russes avaient subi d'énormes pertes : 1 million de morts, 900 000 prisonniers, de très nombreux blessés. C'était la fin de l'illusion d'une guerre courte et facile, l'enlisement dans une guerre longue, totale, que la Russie n'avait pas les moyens d'assumer.

   Les troupes russes étaient démoralisées ; les désertions se multipliaient. La situation économique du pays était catastrophique : effondrement de la production agricole ; pénurie et rationnement ; manque de combustibles ; flambée des prix ; transports désorganisés. Les tensions sociales se multipliaient : colère dans les queues devant les magasins ; manifestations ; grèves. Sur le plan politique, l'union sacrée se disloquait ; un complot envisageait de destituer le tsar au profit de son fils qui aurait été placé sous la régence du grand-duc Michel ; le moine Raspoutine, très influent à la cour, était assassiné. La crise politique, économique et sociale qui s'amplifiait confortait les dirigeants bolcheviques qui avaient refusé l'union sacrée en 1914 et participé en 1915 à la conférence pacifiste de Zimmerwald en Suisse, dans leur volonté de transformer la guerre qu'ils qualifiaient d'impérialiste en guerre révolutionnaire. L'incapacité du régime tsariste à gagner la guerre dans laquelle il avait engagé la Russie a finalement entraîné sa chute.
 
 
   La Révolution de février 1917 qui a renversé le régime tsariste de Nicolas II a débouché sur l'instauration d'un double pouvoir : celui du gouvernement provisoire contrôlé par des modérés, et celui du Soviet de Petrograd où les Bolcheviks de retour en Russie étaient de plus en plus influents. Le gouvernement provisoire décida de maintenir en place l'état-major tsariste, de maintenir les alliances nouées par le régime tsariste et de continuer de combattre aux côtés des pays de l'Entente. Le Soviet de Petrograd quant à lui appela à « une paix blanche ». Lénine à la tête du parti bolchevique exigeait dans les « Thèse d'avril », l'arrêt immédiat de la guerre par la fraternisation des soldats sur le front. Le gouvernement provisoire poursuivit la guerre, mais s'avéra incapable de lancer une contre-offensive ; les troupes allemandes avançaient sur le territoire russe ; les désertions se multipliaient au sein des armées russes. En mai 1917, sous la pression des soviets, le gouvernement provisoire a proposé de réunir une conférence internationale à Stockholm pour y discuter du principe d'« une paix sans annexion, ni contribution », mais ce fut un échec. Le gouvernement provisoire présidé par Kerenski se trouva affaibli par le coup d'état militaire déclenché par le général Kornilov, que seuls les syndicats et les soviets parvinrent à briser.
 
  
   Les Bolcheviks devenus majoritaires au Soviet de Petrograd déclenchèrent une insurrection armée qui chassa le gouvernement provisoire. Le pouvoir bolchevique issu de la Révolution d'octobre 1917 promulgua immédiatement un décret sur la paix qui dénonçait les accords secrets signés par le régime tsariste et confirmés par le gouvernement provisoire, et sollicita un armistice avec la volonté d'aboutir à « une paix démocratique et juste sans annexion ni contribution ». Le 15 décembre 1917, un armistice suspendait les hostilités entre la Russie et l'Allemagne. La négociation d'une paix avec l'Allemagne fit l'objet d'un débat contradictoire parmi les dirigeants bolcheviques : fallait-il transformer la guerre en guerre révolutionnaire destinée à exporter la révolution ? Ou bien fallait-il temporiser, faire traîner les négociations jusqu'à ce que la révolution éclate en Allemagne, thèse défendue par Trotski ? Ou encore, fallait-il mieux mettre fin au plus vite à la guerre, même au prix d'une paix humiliante, pour sauver la révolution d'octobre en Russie même où de nombreux opposants s'étaient dressés contre les Bolcheviks, thèse défendue par Staline ?
En février 1918, les combats ayant repris, les troupes allemandes menaçant Petrograd, Lénine se rallia à la théorie du répit défendue par Staline. Le 3 mars 1918, la Russie bolchevique signa à Brest-Litovsk un traité de paix séparée avec l'Allemagne qui entraînait pour elle la perte de nombreux territoires : la Finlande, les pays baltes, la Pologne, l'Ukraine, une partie de la Biélorussie et la moitié de l'Arménie.
 
   Dès le printemps 1918, les pays de l'Entente décidèrent de faire le blocus de la Russie et d'envoyer des troupes combattre aux côtés des Armées blanches contre l'Armée rouge organisée par Trotski. Cette intervention avait pour objectif de punir les Bolcheviks d'avoir signé un traité de paix séparé, de maintenir un front en Russie, mais aussi de préserver les intérêts économiques des pays intervenants menacés par la collectivisation et de tuer dans l'œuf la révolution bolchevique avant qu'elle ne se propage à d'autres pays d'Europe. Par cette intervention dont les motivations idéologiques et économiques prirent rapidement le pas sur les considérations militaires, les Allemands devenaient des alliés objectifs des pays de l'Entente face aux Bolcheviks, tandis que de son côté la révolution bolchevique s'exportait en Allemagne avec l'insurrection spartakiste. Bien qu'elle ait finalement échoué, cette intervention a néanmoins contribué à prolonger la guerre civile et à pousser le pouvoir bolchevique à radicaliser les mesures de collectivisation et de répression prises dans le cadre du communisme de guerre.
En 1921, la Russie est un pays en pleine désagrégation économique et sociale. Pour faire face aux difficultés, Lénine décide un repli stratégique provisoire,  la Nouvelle politique économique (NEP), qui a pour but un redressement économique. Tout en respectant les objectifs socialistes du régime, une relative détente culturelle et sociale est autorisée. Mais parallèlement, la prépondérance du parti communiste fait régner centralisation et autoritarisme. Cette stabilisation permet à la Russie, qui a repris dès 1920 des relations commerciales avec les autres pays, d’obtenir la reconnaissance diplomatique.
 
 
            B) Les Alliés et le problème soviétique
 
La révolution bolchevik et l'établissement d'un régime soviétique en Russie posèrent aux Alliés des problèmes très complexes : quels rapports les Alliés entretiendraient-ils avec le gouvernement soviétique ? Quelles seraient les frontières du nouvel État russe ?
Il y a tout d’abord une politique de soutien aux Russes blancs. Ils désignent la partie de la population russe n'ayant pas accepté la révolution russe, ou plus spécifiquement la prise de pouvoir par les bolcheviks. C’est l'ensemble des personnes ayant quitté la Russie après la Révolution d'Octobre, voire après la révolution de février. Dans la plupart des cas, l'expression « Russes blancs » se réfère aux opposants monarchistes à la Russie soviétique, partisans du Tsar et de la Russie impériale. La Triple Entente est méfiante face au gouvernement soviétique => entre traité Brest-Litovsk (3 mars 1918) et fin guerre contre Allemagne l'Entente soutient les mvt contre-révolutionnaires et maintient en Sibérie la « légion tchécoslovaque » formée d'anciens prisonniers de l'armée Austro-hongroise. Les anglais débarquent à Mourmansk le 11 mars 1918, Japonais et Américains en août à Vladivostok. But : créer front occidental contre Allemagne mais Wilson craint d'irriter peuple russe par intervention alliée et se résigne pour protéger tchèques.
A partir 11 novembre 1918, les bolcheviks dénoncent traité Brest-Litovsk. Alliés et USA hésitent : faut-il négocier avec les bolcheviks ? Lutte armée et soutien des Russes blancs ? Politique du blocus ?
D'abord lutte armée. 1er déc. 1918 gouv « panrusse » de Sibérie est accaparé par des éléments de droite sous la direction de l'amiral Koltchak, qui bénéficiait de l'appui anglais. Puis, général Berthelot (commandait troupes alliées en Roumanie) annonce envoi de 150 000 hommes à Odessa, et fournis aux Russes blancs une partie de ses stocks. 19 décembre : une division française arrive à Odessa.
Modification d'attitude : novembre décembre : bolcheviks font reconquête Ukraine, Russie blanche et pays baltes et infligent échecs aux Tchèques et troupes de Koltchak en Sibérie. Les 1ers, 16 et 21 janvier 1919, Lloyd George (croyait au succès final des bolcheviks), Wilson et Clemenceau se prononcèrent contre les projets de Berthelot. Les bolcheviks multipliaient les propositions pour des pourparlers de paix (23 déc. 1918, 12 et 17 janvier 1919) alors que Lloyd George fait adopter un projet nouveau : convoquer à Paris les représentants des divers gouvernements qui se partageaient la Russie. Mais Wilson, d’accord avec Lloyd George, envoya le 22 février un expert de la délégation américaine à la conférence de la paix, William Bullitt, à Moscou, pour s’informer de la condition des bolcheviks. Bullitt rencontra Tchitchérine et Lénine, avec lesquels il eut de nombreux entretiens. Le 14 mars, Lénine et Bullitt aboutirent à un projet de paix : tous les gouvernements de Russie conserveraient leurs territoires. Les relations commerciales reprendraient avec la Russie bolchevik, les troupes alliées y seraient retirées. Lénine pensait que les gouvernements russes blancs s’effrondreraient d’eux-mêmes. Mais quand Bullitt revint à Paris, son plan ne fut pas pris en considération. S’en suivit la politique du « cordon sanitaire ». Ce revirement s’explique sans doute par le déclenchement de la révolution communiste en Europe. Le 21 mars 1919, Bela Kun prit le pouvoir en Hongrie. Un congrès communiste tenu à Moscou annonça la création de la IIIe Internationale et le début d’une « Nouvelle ère révolutionnaire » (avec le manifeste du 10 mars 1919).Les Alliés, d’une part se méfiaient des bolcheviks, d’autre part croyaient à la victoire possible des Russes blancs. Wilson proposait de laisser la Russie aux bolcheviks, il disait, je cite : « ils cuiront dans leur jus jusqu’à ce que les circonstances aient rendu les Russes plus sages ». Le 26 mai, la France, l’Angleterre, les USA et l’Italie adressèrent à Koltchak (un russe blanc) une note dans laquelle ils déclarèrent qu’ils étaient prêts à le reconnaître à la seule condition qu’il adopte les méthodes démocratiques et reconnaisse l’indépendance de la Finlande et de la Pologne. Ils adoptaient donc une politique nouvelle que Foch préconisait dès le 25 mars 1919, que Clémenceau appelait le «barrage continu », et que l’on a ensuite nommée le « cordon sanitaire ». En mai, Koltchak dut faire face à d’immense difficultés intérieures, et décida de battre en retraite vers la Sibérie, abandonna Omsk en novembre, ne fut pas soutenu par les Tchèques qui gardaient le Transsibérien. Il démissiona le 14 janvier 1920, fut livré aux bolcheviks et fusillé le 7 février. Son armée se réfugia autour de Vladivostok sous protection japonaise. La plus grande partie de l’armée capitula.
A la suite de cet échec de la politique du soutien aux russes blancs, il y eut divers succès en ce qui concerne l’établissement des frontières soviétiques. Dans la région de la mer Baltique, la Finlande se proclama indépendante dès le 5 décembre 1917. Le 14 octobre 1920, fut signé un traité de paix avec la Russie à Youriev, qui attribuait la plus grande partie de la Carélie à la Finlande, mais qui permettait cependant aux russes d’y transiter librement. Au sud de la Finlande, les trois pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) avaient aussi proclamé leur indépendance en février puis en novembre 1918. Dès le 20 août 1919, les puissances alliées avaient reconnu provisoirement cette indépendance en réservant la décision définitive à un arbitrage de la Société des Nations. La France voulait créer contre la Russie un bloc des Etats baltes, et une conférence se réunit à Helsingsfors, en janvier 1920. Mais la Litunie était en mauvais termes avec la Pologne et l’Estonie préférait une paix immédiate. La conférence échoua le 2 fev, et la paix russo-estonienne fut signée. A cette occasion, Lénine déclara : « Ce traité est une fenêtre que les ouvriers russes ont percée sur l’Europe occidentale ; c’est une victoire inouie sur l’impérialisme mondial, une victoire qui change le cours de la révolution prolétarienne russe et qui concentre toutes ses forces sur la reconstruction intérieure du pays. ». Les Letons, quant à eux, eurent à lutter avec les bolcheviks et aussi avec les Allemands. Von der Goltz, s’empara du pays au printemps 1919, mais l’Entente, lors de la signature du traité de Versailles, exigea de l’Allemagne son rappel. Il céda donc en juillet, pour reprendre la lutte d’août à octobre, au nom d’un « mouvement de Russie occidentale ». Les Lettons et les Estoniens furent soutenus par des vaisseaux français et anglais. En novembre, Russes et Allemands évacuèrent le pays. Paix fut signée le 15 juillet 1920 avec Allemands et le 11 août avec les Soviets. La Lituanie dut également lutter contre les bolcheviks. En Octobre, se constitua un gouvernement favorable à l’Entente et la lutte commença contre les Allemands qui, en raison de la pression Alliée, évacuèrent le pays en décembre. Enfin, la reconstitution de la Pologne, décidée par le traité de Versailles posait un pb de frontière plus sérieux. Elle était dévastée par la guerre. Joseph Pilsudski y avait fait proclamer la république le 22 novembre 1918. Mais il était en mauvais termes avec les Alliés (il avait commandé jusqu'en juillet 1917 la Légion polonaise contre les Russes). Il fallut faire fusionner son gouvernement avec celui du Comité national polonais patronné par l'Entente. On y parvint (janvier 1919) grâce à l'intervention du pianiste polonais Ignace Paderewski. À la fin de 1918 et au début de 1919, les Polonais luttèrent contre le Allemands. Le 16 février, ceux-ci durent cesser les hostilités sous la pression des Alliés. Simultanément, les Polonais combattaient à l'Est contre les Ukrainiens et s'emparèrent de Lwow. Une commission alliée ne réussit pas à interrompre cette lutte : la Pologne rejeta les conditions proposées le 12 mai par la commission et conquit toute la Galicie orientale. Le 27 mai la conférence de Paris menaça de couper le ravitaillement de la Pologne. Plus au nord, les polonais luttaient contre les Russes et, en mai 1919, ils occupaient une frontière qui s'étendait jusqu'à Minsk. Les Soviets proposèrent, le 22 décembre 1919, la paix à la Pologne, sur la base de l'indépendance totale, et s'engagèrent à ne pas franchir les lignes sur lesquelles ils étaient installés.
 
 
            C) L’Europe et la Russie de Staline  de 1924 à 1929 : des rapports très conflictuels
 
Les années 1920 sont marquées par de nombreuses conférences et de nombreux traités qui s’en suivent, mettant d’ores et déjà en place l’échiquier de la seconde guerre mondiale. Dès 1925, la conférence de Locarno, qui se réunit du 5 au 16 octobre, aboutit ainsi à un ensemble de traités. Le plus important fut celui  qui établit une garantie mutuelle des frontières franco-allemande et belgo-allemande sous la garantie de l’Angleterre et de l’Italie. L’article 2 spécifie que si l’Allemagne envahit la zone démilitarisée, on pourra recourir aux armes contre elle. A ce traité principal, étaient annexées des conventions d’arbitrage entre l’Allemagne d’une part, la France, la Belgique, la Pologne et la Tchécoslovaquie d’autre part. Un traité d’alliance franco-polonais et un traité franco-tchécoslovaque y étaient aussi juxtaposés. A l’est, et à  la mort de Lénine en janvier 1924, Staline, qui est depuis 1922 secrétaire général du parti communiste, l’emporte sur les autres prétendants au pouvoir qu’il élimine de 1925 à 1929 par une série de « purges ». En 1927, il obtient l’exclusion du parti des opposants « de gauche » qui, comme Trotski, préconisent le passage immédiat au socialisme. Puis en 1929, il fait condamner les opposants « de droite » qui, suivant Boukharine, proposent de s’appuyer sur les paysans et d’envisager une transition lente vers une économie totalement socialiste. En 1929, Trotski est exilé à vie et Staline est seul maître du pouvoir. Il a développé une idée simple, facile à comprendre par la masse des militants peu éduqués politiquement : il faut avant toute chose construire « le socialisme dans un seul pays », il est inutile pour l’instant d’organiser la révolution internationale pour s’étendre dans le monde. Contrairement aux autres chefs du parti, Staline est l’un des très rares à être issu du peuple et à le comprendre. Les portraits et les statues de Staline se multiplient sur les places et dans les édifices publics. La propagande impose l’image d’un dirigeant juste et bon. Toutes les cellules du parti multiplient les louanges à l’égard du « guide du prolétariat mondial, la camarade Staline ». La propagande influence même les étrangers. En Europe occidentale et méditerranéenne, la période qui s’étend de 1925 à 1929 est moins agitée que la précédente. L’URSS, dont le gouvernement est maintenant reconnu par la plupart des États européens, subit de 1924 (mort de Lénine) à 1927 (exclusion de Trotski du parti communiste) une grave crise intérieure qui l’empêche de se mêler activement à la politique européenne. Elle craint la constitution d’un « front antisoviétique » et considère le traité de Locarno comme une menace. De plus, elle condamne fortement la SDN. Au contraire, la politique italienne est plus active, notamment dans les régions danubienne et balkanique, et cette activité suscite un renforcement des alliances françaises. Les rapports germano-soviétiques étaient à peu près cordiaux depuis le traité de Rapallo (16 avril 1922), qui avait posé les bases d’une certaine collaboration politique et économique entre les deux pays. Pendant la conférence de Locarno, le commissaire du peuple russe aux affaires étrangères, Tchitchérine, en séjour dans une ville allemande,  fit des démarches auprès du gouvernement allemand pour la conclusion d’un traité d’amitié et de neutralité. Le dirigeant allemand Stresemann, peut-être comme moyen de pression sur les occidentaux, accepta la signature d’un accord économique le 12 octobre 1925, puis celle d’un accord politique à Berlin le 24 avril 1926. Quelques mois plus tard, l’entrée de l’Allemagne dans la Société des Nations inquiéta les russes, qui considéraient cet organisme comme un instrument de la politique capitaliste dirigé contre l’Union soviétique. Pour empêcher la signature d’un accord de garantie des frontières orientales, contracté par la Pologne en 1925, l’URSS offre à cette dernière et aux États baltes la signature de traités bilatéraux de non-agression et de neutralité. Seule la Lituanie accepta la proposition soviétique, la Pologne et les pays baltes proposèrent au contraire un pacte de garantie d’ensemble le 5 mai 1926. En France, on conservait encore un fragile espoir d’obtenir le remboursement des dettes russes.  Une conférence franco-soviétique s’ouvrit à Paris en février 1925, pour étudier ces problèmes. Mais la délégation soviétique, présidée par l’ambassadeur Rakovsky, réclamait la restitution de la flotte russe de la mer Noire qui avait été internée à Bizerte, et de divers autres biens. La conférence prit fin par un échec en mars 1927. Dans l’intervalle, un autre événement avait accru la tension : la signature du traité franco-roumain. L’URSS riposta par une note du 2 octobre 1926, protestant contre un traité qui sanctionnait l’annexion de la Bessarabie par la Roumanie. Après cette note et l’échec des pourparlers sur la dette russe, un fort mouvement se dessina en France en faveur d’une rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. Mais c’est avec l’Angleterre que les rapports furent les plus mauvais. L’origine de la tension réside dans la grève générale, lancée en mai 1926 par les « Trade Unions », suivie par la grève des mineurs qui aboutit à un échec. Or, cette grève avait été annoncée par Zinoviev au 14e congrès du parti communiste, en décembre 1925. Les syndicats russes firent des collectes en faveur des mineurs anglais. Le gouvernement conservateur britannique adressa, le 12 juin 1926, une note de protestation aux Soviets contre le fait que les syndicats soviétiques finançaient les syndicats anglais. Plus tard, Chamberlain menaça l’URSS de rompre l’accord commercial, voire les relations diplomatiques. Le 12 mai 1927, la police anglaise s’empara des archives du représentant commercial des Soviets. L’URSS protesta contre cette violation de l’immunité diplomatique. Quelques jours après, le 15 juin 1927, eut lieu une conférence entre Chamberlain, Stresemann, Briand, Vandervelde et le comte Ishii, où fut abordé le problème des rapports avec l’URSS. Chamberlain proposa à Stresemann d’exercer son influence sur le gouvernement russe pour aboutir à un rapprochement économique entre la Russie soviétique et l’Europe. Il se refusait à toute croisade « antibolchevique ». Stresemann, pour sa part, déclara au Reichstag, le 23 juillet, que l’Allemagne ne voulait pas participer  à une action commune contre l’URSS. Après l’assassinat d’un de ses diplomates, l’URSS  rompit également les relations diplomatiques avec la Suisse. Il faut attendre 1929, et l’adhésion de l’URSS au pacte Briand-Kellogg pour voir s’améliorer les rapports de l’URSS avec les principaux pays européens.
 
II)               1929-1939 : la montée des tensions et des nationalismes.
 
A)    Une crise éco qui aboutit à une impossible concertation internationale (1929-1933)
 
La crise de 1929 :
Replis nationalistes entrainent la défense du producteur national, xénophobie, racisme. L'URSS est décrié pour ses réserves de blé et de pétrole.
 
1930-1933 : l'impossible concertation internationale
ce qui a accentué la crise :
-l'incapacité des grands Etats riches et puissants à organiser un système cohérent des échanges internationaux, en acceptant de jouer collectivement les règles du libre échange et en aidant les pasy en difficulté.
-le mélange des considérations purement politiques et de considérations économiques qui interdit certaines solutions pourtant bénéfiques
-la médiocrité et la confusion des analyses théoriques économiques et monétaires, incapables de proposer des schémas clairs et efficaces, adaptés à l'ampleur du séisme, d'où de multiples tâtonnements dans le choix des solutions.
 
L'URSS amorce un virage économique, d'une stratégie économique de relative ouverture vers l'étranger (ses besoins en machines devaient être couverts par ses exportations de pétrole, bois, céréales selon les experts soviétiques du premier plan quinquennal) à un strict repli sur soi.
le prolétariat en URSS : le totalitarisme a pour objectif affiché l'instauration d'une société sans classe. Tous ceux qui n'adhèrent pas sont considérés comme des ennemis à éliminer : les bourgeois, les koulaks, les ingénieurs (relations avec l'étranger ?). but : exterminer les ennemis de classe qui ne pense pas comme le chef du parti.
Jeunesses communistes : komsomols.
Ministère de la propagande surveille : presse, radio, livres, cinéma (1930 apparition du cinéma parlant) et diffuse mots d'ordre du régime. Les artistes au service du régime => la peinture met en scène une vision idyllique de la vie quotidienne et le cinéma glorifie les héros de l'Histoire russe tels que Alexandre Nevski, Pierre le Grand, Koutouzov. (le cuirassé Potemkine, 1926)
 
 
Les rapports franco-soviétiques étaient très mauvais jusqu'en 1930, mais en 1931 projet d'amélioration des relations commerciales et de traité de non-agression, qui fut signé le 29 novembre 1932 par Litvinov et Herriot. Ce traité leur interdisait d'intégrer une coalition dirigée contre l'autre, de se mêler des affaires intérieure de l'autre. Le gouvernement soviétique s'éloignait ainsi de la politique d'amitié avec l'Allemagne théoriquement en vigueur depuis les traités de Rapallo et de Berlin. L'arrivée d'Hitler au pouvoir en 1933 et le fait qu'il détruise le parti communiste allemand enveniment leur relation.
 
Fin 1933, après 4 années de crise, SDN en plein désarroi (pb désarmement).
Les impératifs nationaux conditionnent la politique extérieure
Pendant les années 30, notamment lorsque la politique des coups de force préfigure la marche vers la guerre, la détermination claironnée des dictatures en impose à tous. Dans les relations internationales, ce sont les dictatures qui mènent le jeu : elles n'hésitent pas à recourir à la menace armée. La diplomatie de « sa Majesté le canon » devient la règle.
 
La tactique stalinienne
pendant les années 20, la Russie soviétique avait cultivé de bonnes relations avec l'Allemagne, pour des raisons politiques, économiques et militaires. Ainsi, en avril 1931, la signature d'un accord germano-soviétique entraina une augmentation des importations soviétiques en Allemagne. En juillet 1932, un autre accord commercial améliorait les conditions de vente et de crédit entre les deux pays.
 
Rôle de la propagande :
la « manipulation des foules » trouve son point d'orgue dans les grandes manifestations, défilés militaires et rassemblements populaires sur la Place Rouge à Moscou. Elles sèment le doute chez les populations adverses. La propagande moderne façonne les mentalités collectives d'une telle manière que les responsables politiques doivent prendre en considération les effets des opinions publiques sur la conduite des politiques externes. Plus que jamais l'image de l'Autre influence la détermination dune politique extérieure. On peut alors parler de « réussite des régimes totalitaires », avec par exemple le mythe Staline, bonhomme simple à la pipe, auquel on voue un culte. Hors des Etats totalitaires, on soudoie des groupes de presse, des associations, on organise des « voyages d'information » qui montre que la dictature est porteuse d'efficacité, d'ordre et de bonheur. L'exposition internationale de Paris en 1937 est une excellente occasion pour faire des pavillons allemand, soviétique et italien des vitrines spectaculaires. Les bâtiments de l'URSS et d'Allemagne se font face, comme un symbole de la lutte pour la domination de l'Europe, la faucille et le marteau face à la svastika.
La totale manipulation des foules permet aux leaders les plus impressionnants volte-face diplomatiques sans rencontrer d'opposition. Le système des relations internationales devient alors une partie de poker où le bluff est roi.
 
 
B)    Des alliances régionales qui n'empêchent pas la suspicion (1933-1936)
 
L'arrivée d'Hitler au pouvoir en 1933 marque un tournant dans les relations germano-soviétiques : en effet celui-ci est anti-bolchevique. Cela et le réarmement de l'Allemagne pousse Staline à signer des conventions bilatérales de non-agression avec presque tous ses voisins, garantissant les frontières établies. Dans ces conditions, la normalisation des relations diplomatiques entre l'URSS et d'autres Etats s'accentue : entre 1933 et 1934 de nombreux Etats européens (Espagne, Roumanie, Tchécoslovaquie, Hongrie, Bulgarie) et surtout les Etats-Unis de Roosevelt (dans un but purement économique : un nouveau marché) reconnaissent le régime soviétique.
Dans un second temps, à la fin de l'année 1933, l'URSS s'engage dans la négociation de pactes régionaux d'assistance mutuelle à la place des pactes de non-agression, pour permettre des actions plus efficaces contre l'Allemagne si elles deviennent nécessaires. L'ambassadeur soviétique à Paris propose aussi la signature d'une convention de défense mutuelle, multilatérale (car elle concerne, outre l'URSS et la France, la Belgique, les Etats baltes, la Pologne et la Tchécoslovaquie) en ce sens. Ce rapprochement avec la France est également encouragé par des accords économiques (août 1933), par des voyages ministériels et des contacts militaires. Cependant, les deux Etats restent un peu méfiants l'un envers l'autre. Suite à ces évènements une entrée de la Russie soviétique à la SDN est débattue. C'est chose faite le 18 septembre 1934, grâce au français Barthou. La seule chose que la SDN apporte à l'URSS est la convention de la conférence de Montreux du 20 juillet 1936 qui déclare un nouveau statut des Détroits, qui exclut complètement les navires de guerre dans la Mer Noire en temps de guerre, sauf pour les Etats limitrophes, et en temps de paix les flottes des Etats non riverains ne pourront dépasser un faible tonnage, ni naviguer pendant plus de trois semaines sur cette mer. Ces résultats limités renforcent la tendance à l'isolement parmi les responsables soviétiques. C'est un argument supplémentaire pour l'autarcie économique débutée par les plans quinquennaux. Incapable de trouver des crédits nouveaux à l'étranger, de dégager des surplus conséquents de l'exportation, voici l'URSS incitée à fermer ses frontières. Le commerce extérieur soviétique se contracte considérablement ; entre 1930 et 1934, l'indice en valeur des exportations tombe de 100 à 20, celui des importations de 100 à 11 ; en 1937 les indices sont à 26 et 20. or les résultats obtenus par les plans quinquennaux sont insuffisants pour assurer rapidement à l'URSS les moyens d'une puissance économique indispensable à une armée moderne de grande efficacité. Les responsables soviétiques se déchirent sur cette question, ce qui donne lieu à une phase d'épuration, arrestations, condamnations entre fin 1936 et début 1937.
 
L'alliance franco-russe entre 1934 et 1937 :
11 janvier 1934 : accord commercial signé.
elle soulève des objections au sein de la classe politique française : pour certains ce n'est pplus une vieille alliance de revers mais un pacte avec le diable. Les communistes français sont perdus devant la remilitarisation de la Russie, alors que le socialisme prônait l'antimilitarisme. Cette alliance montre parfaitement l'interdépendance de la vie politique intérieure avec la conduite de la politique extérieure. La droite au pouvoir en France estime qu'on peut lier une alliance avec Staline à des fins locales. La question qui se pose est seulement celle des capacités militaires de l'Armée Rouge. La France envoie donc en URSS un de ses généraux, Loizeau, qui rédige à son retour un rapport favorable à une alliance militaire, mais le général de l'armée de terre Colson le fait disparaître. En septembre 1936, le sous-chef d'état-major Schweisguth, après un même voyage, conclut à l'intérêt de l'URSS comme base de ravitaillement et d'armement pour les alliés orientaux de la France (Roumanie et Pologne) mais alliance militaire=danger. Daladier, lui, est partisan de l'immobilisme. La conclusion à Paris le 2 mai 1935 d'un pacte d'assistance mutuelle par Laval et Potemkine n'est alors qu'une façade, car soumis aux conditions d'action de la SDN. Cependant, quelques jours plus tard, Laval obtient de Staline que les communistes français arrêtent d'attaquer l'armée française. Mais la confiance n'est pas réelle.
L'alliance franco-soviétique devient dès le milieu de 1935 un instrument de propagande des deux côtés. Les opposants aux Parti Communiste français (PCF) l'accusent d'avoir accéléré la création du Front Populaire. En 1936, Hitler profite de ces tergiversations pour justifier son action en Rhénanie par un « encerclement franco-russe ».
 
16 mai 1935 : pacte soviéto-tchécoslovaque ; qui définit les mêmes mesures d'assistance mutuelle que le pacte avec la France.
 
la clé de voûte du projet totalitaire est le chef charismatique et le culte dont il est l'objet. Issu du peuple, il est censé exprimer ses aspirations profondes.
Le « camarade Staline »
en URSS, les portraits et les statues de Staline se multiplient sur les places et dans les édifices publics. La propagande impose l'image d'un dirigeant juste et bon. Toutes les cellules du parti multiplient les louanges à l'égard du « guide du prolétariat national, le camarade Staline », « notre soleil, notre joie, notre bonheur ». la propagande influence même les étrangers, l'ambassadeur des États-Unis à Moscou écrivant : « le regard de ses yeux bruns est excessivement bon et aimable. Je suis sûr qu'un enfant aimerait s'asseoir sur ses genoux. »
la mobilisation de l'économie :
à la différence des démocraties libérales qui partent du principe que l'individu doit rester libre de produire et de commercer, l'État totalitaire entend, par la contrainte, organiser l'économie et la société afin qu'elles échappent au libéralisme dont la crise de 1929 a souligné les graves défauts.
En URSS, collectivisation et stakhanovisme
pour redresser l'économie ruinée de la Russie, Lénine avait inauguré la NEP en 1921 ; il la justifiait comme une pause nécessaire dans la construction d'une économie totalement socialiste. En 1929, Staline décide de mettre en œuvre la transformation forcée de l'économie, en collectivisant l'agriculture et en procédant à l'industrialisation accélérée du pays. Les koulaks, les paysans aisés qui disposent de qlq hectares et refusent d'entrer dans les fermes collectives (kolkhoses), sont exécutés ou déportés (5 à 10 millions de morts).
Dans l'industrie, faute de capitaux suffisants, il a fallu transformer de force les paysans en ouvriers, le soumettre à une discipline de fer,élever les cadences, punir toute absence injustifiée et récompenser les ouvriers les plus productifs, comme Alexeï Stakhanov qui, en 1935, aurait extrait l'équivalent de 14 fois la quantité de charbon fixée pour un ouvrier. Les plans quiquennaux, ont les objectifs sont fixés par Staline, adoptent des objectifs irréalisables, les échecs étant attribués à des traîtres ou des saboteurs qu'il faut éliminer.
 
 
C) Vers une nouvelle guerre civile européenne (1936-1939)
 
la guerre d'Espagne :
fin août 1936, 26 gouvernements, dont l'URSS, l'Italie et l'Allemagne avaient officiellement accepté le principe de non-intervention. Si Staline souhaitait au départ rester neutre dans ce conflit, il s'aperçut que la résistance de Madrid pourrait constituer un noyau révolutionnaire dans un conflit européen généralisé, désormais considéré comme inévitable. La guerre d'Espagne en s'internationalisant, devenait un symbole de la rivalité entre démocraties et totalitarismes. Les opinions publiques suivaient avec attention ce conflit. Le modèle économique libéral est inefficace en temps de guerre, les démocraties perdent du terrain. Or l'Europe des années 30 est meurtrie par le choc de la PGM et des nationalismes, et est donc plus favorable à des revendications guerrières qu'à  une utopie de coopération. La guerre civile européenne est en marche.
 
1937-1939 : La course vers la nouvelle guerre civile européenne
l'égoïsme des nouveaux mondes : URSS États-Unis
la stratégie stalinienne
depuis 1929, l'URSS s'est lancée dans sa seconde révolution : pour des raisons économiques, politiques et idéologiques Staline s'est lancé dans l'industrialisation et la révolution des campagnes en Russie soviétique. URSS industrielle encore fragile, mais peur des emprunts à des puissances étrangères car peur de perdre son indépendance. Accords commerciaux avec GB en 1930, Allemagne et Italie en 1931. La crise économique mondiale a bouleversé les prévisions des planificateurs : l'URSS doit puiser dans ses maigres ressources. Staline décide alors d'abandonner la NEP pour « foncer à toute vapeur ». En 1929-1930 la campagne de dékoulakisation est lancée, le premier plan quiquennal destiné à fonder en priorité une industrie lourde débute, le renforcement du pouvoir stalinien s'accentue. Dès lors, une nouvelle politique extérieure s'impose pour l'URSS : éviter à tout prix de se trouver entrainée dans des conflits externes qui la détournerait de la « construction du socialisme dans un seul pays ». La IIIème internationale est l'occasion pour l'URSS de se poser en modèle, comme la patrie du prolétariat que tous doivent défendre. La stratégie stalinienne des années 30 peut se résumer un essai pour gagner du temps afin de renforcer l'Union soviétique en détournant les menaces par une politique de neutralité bienveillante à l'égard des plus pacifiques.
 le fonctionnement d'un régime totalitaire
une terreur de masse :
seul maitre absolu au pouvoir en 1929, Staline construit en qlq années un pouvoir absolu fondé sur la terreur. Certes, en novembre 1936, est adopté par le Congrès des Soviets une nouvelle constitution, présentée comme « la plus démocratique du monde ». elle prévoit un suffrage universel secret. Elle réaffirme la publicité des débats dans les tribunaux, le droit de défense pour les accusés, les libertés de parole, de presse, de réunion, l'inviolabilité de la personne, du domicile et de la correspondance.
Toutefois, à la même date, commencent les procès de Moscou (1937-1938) qui frappent les anciens compagnons de Lénine mais aussi les cadres économiques, scientifiques et militaires : ils sont exécutés par milliers après avoir passé des aveux complets complètement extravagants, obtenus sous la torture. => les trotskistes sont des ennemis du peule « s'étaient assignés pour but de détruire le Parti et l'Etat soviétique, de miner la défense du pays, de faciliter l'intervention militaire  de l'étranger, de préparer la défaite de l'Armée Rouge, de démembrer l'URSS » Manuel d'histoire du parti communiste de l'URSS, 1938.
Le parti généralise la pratique du candidat unique désigné par lui lors des élections. La police politique, devenue le NKVD en 1934, fait régner une véritable terreur sur les « ennemis du peuple » qui sont envoyés par millions (15 millions entre 1930 et 1953) dans les camps gérés par le Goulag, l'administration pénitentiaire. 
 
En 1937 la prudence et la neutralité auprès des démocraties s'accentuent. Le 17 février 1937; Moscou fait savoir à Paris que l'aide militaire soviétique acquise en principe, dépend concrètement de l'accord des Etats voisins alliés de la France : Pologne et Roumanie. C'est déjà poser la fameuse « question cardinale » qui fera capoter les négociations militaires anglo-franco-soviétiques en août 1939. La crise du monde capitaliste a entrainé des politiques d'agression, notamment en Espagne, ce que Staline dans Histoire du Parti communiste bolchevique de l'URSS (1938) interprète comme : « il résulte que la Deuxième Guerre mondiale est commencée en fait. Elle a commencé furtivement sans déclaration de guerre […] Elle a pour but de redistribuer le monde et les zones d'influence au profit des pays agresseurs et au détriment des Etats communément appelés démocratiques. »
 
 
 
III) 1939-1945 : la Seconde Guerre Mondiale, ou l'apogée d'un affrontement idéologique.
 
A)    L'alliance germano-soviétique (1939-1941)
 
Le pacte germano-soviétique : après la Tchécoslovaquie, c'est au tour de la Pologne d'être menacée, Hitler exigeant le rattachement de Dantzig à l'Allemagne et le droit de franchir le « corridor » qui sépare la Prusse orientale du reste du pays. Les polonais refusent, soutenus par la France et la GB qui ont ouvert lesyeux trop tardivement sur les véritables visées d'Hitler. Dès lors, les démocraties ne peuvent plus compter que sur l'alliance russe pour le retenir.
Toutefois, le 23 août 1939, véritable coup de théâtre, un pacte de non-agression est conclu entre l'Allemagne et l'URSS, qui na aucune confiance dans les démocraties libérales. Conclu pour 10 ans, il est assorti d'un protocole secret qui reconnaît les droits de l'URSS sur la Finlande, les pays baltes et la Bessarabie et qui prévoit le partage de la Pologne. 1Er septembre : troupes allemandes pénètrent en Pologne => 3septembre France et Angleterre déclarent guerre à Allemagne.
Malgré ce pacte, Hitler voue une haine implacable au bolchevisme et veut coloniser l'espace russe. Projetée depuis plusieurs mois, l'opération « Barbarossa », l'offensive contre l'URSS, est déclenchée le 22 juin 1941. les premières semaines sont désastreuses pour l'Armée Rouge. Leningrad est assiégée en septembre et l'Ukraine occupée en octobre. Mais la Wehrmacht, mal équipée pour affronter le froid et la boue d'un hiver précoce, doit reculer après avoir échoué à prendre Moscou.
La neutralité russe se traduit par une participation aux organisations de défense contre le fascisme sans toutefois de déclaration officielle contre ce dernier. Staline se modère pour éviter la guerre (qui a quand même lieu peu après). Il laisse clairement entendre sa volonté de rester en dehors de du conflit à propos de la Pologne (grâce à des négociations commerciales) pour peu que les nazis acceptent de jeter les « bases politiques » d'un rapprochement germano-russe. En mai-juin 1939, cela dépend d'Hitler.
L'URSS abandonne la vieille Europe, pensant pouvoir s'éloigner de cette guerre civile qui la déchire.
Staline observe les succès des dictatures et laisse monter les velléités de guerre.
 
1939 : l'année des doubles jeux
les accords de Munich (29 septembre 1938) excluent la participation de l'URSS.
19 mars 1939 : l'URSS proteste contre l'occupation de Prague par les Allemands. Ce qui entraine des échanges avec les Anglais, qui se terminent par la déclaration unilatérale anglaise de garantie à la Pologne. Les Russes veulent une alliance militaire réciproque avec la France et l'Angleterre pour éviter le « fail » de 1935.
Lorsque Hitler envahit la Pologne en avril 1939, les puissances attendent de voir comment les autre réagiront. L'URSS passe alors au premier plan : elle est puissante, donc même si les français sont plutôt antibolcheviks, il faut absolument signer un accord militaire avec Moscou, pour inspirer la crainte d'un deuxième front aux Allemands.
Avril-août 1939 : négociations anglo-franco-russes : rideau de fumée. => anglais veulent pas s'allier aux russes, et Pologne non plus.
 
La principale erreur des alliés occidentaux est d'avoir pu croire que l'antagonisme idéologique germano-soviétique interdirait toujours aux deux dictateurs de s'entendre et que par là même ils eûssent pu manipuler Staline. Celui-ci attend son heure, il sait que le dirigeant nazi doit admettre que la conquête de la Pologne serait facilitée par une alliance entre les deux Etats totalitaires et qu'il va devoir traiter avec lui. Sous le couvert de négociations commerciales perce une entente politique, qu'Hitler fait savoir à Molotov par le biais d'un ambassadeur. Il en découle une normalisation et une amélioration des relations germano-soviétiques.
 
23 août 1939 : signature de l'accord germano-soviétique, grâce notamment à Ribbentrop. L'Allemagne se hâte de le signer pcq Hitler a prévu d'envahir la Pologne.
Objectifs russes en 1939 : renforcer sécurité de ses frontières et rendre la zone d'influence que lui accorde le traité avec l'Allemagne. L'URSS impose donc aux Etats baltes des traités d'assistance mutuelle. Bataille contre Finlande a un impact plus grand que l'invasion de la Pologne à Paris et Londres (12 mars 1940 traité de Moscou). La SDN condamne l'URSS et l'en exclue le 14 décembre.
8 septembre : entrée en guerre France GB.
12 septembre : campagne russe sur les mauvais traitements infligés aux minorités blanc-russiennes et ukrainiennes pour justifier l'invasion de la Pologne.
17 septembre : intervention soviétique en Pologne (ont attendu trêve avec Japonais) => Staline propose le partage du territoire à Hitler. Moscou centre décisionnel, et impose des bases soviétiques dansles pays baltes =>annexions déguisées.
 
1940 : Staline a peur de Hitler après avoir vu la rapidité avec laquelle il a défait la France. Le petit père des peuples renforce alors ses positions en Europe de l'Est. Le défaite franco-britannique lui permet de s'étendre sur ces territoires sans être inquiété.
En juin les gouvernements des Etats baltes sont remplacés par des gouvernements prosoviétiques qui demandent leur rattachement à l'URSS. En août se créent donc trois nouvelles républiques soviétiques socialistes. Puis Staline procède à l'annexion de la Roumanie, puis de la Bessarabie et enfin de la Moldavie. Bilan : en moins d'un an l'URSS a gagné 23 millions d'habitants (13 en Pologne orientale et 10 dans les Etats baltes).
Hitler veut arrêter cette nouvelle avance soviétique en Europe, il veut isoler l'URSS. La question du contrôle de l'Europe danubienne et balkanique, enjeu pour la sécurité soviétique, augmente la tension entre Berlin et Moscou. Les Allemands cherchent à détourner Staline vers l'Asie, mais lui veut prendre les territoires de l'Europe de l'Est. Les nombreuses et longues discussions germano-soviétiques qui s'ensuivent servent à Hitler pour endormir Staline, car lui veut conquérir l'URSS.
14    écembre 1940 : URSS exclu SDN.
 
 
B)    La rupture avec l'Allemagne et le rapprochement avec les alliés (1941-1943)
 
Juin 1941 : échec rencontre Molotov/Ribbentrop invasion URSS par troupes allemandes (ainsi que les pays frontaliers) pour s'emparer des matières premières. Hitler l'annonce comme « la plus difficile décision de [sa] vie » dans une lettre à Mussolini. Son plan, surnommé « Barbarossa », avait dû être retardé à cause de la guerre balkanique du (15 mai au 22 juin). Cette attaque est l'affrontement ultime des idéologies : bolchevisme VS fascisme.
22 juin : entrée en guerre URSS : le dispositif militaire russe vole en éclats => pas assez de soldats ni d'équipements.
23 juin : Churchill annonce le soutien anglais aux Russes et leur envoie du matériel.
13 juillet : traité d'alliance anglo-soviétique à Moscou, qui est une ébauche de la Grande Alliance, l'URSS recevant un prêt-bail de la part des Américains. 
Septembre : la Wehrmacht et ses alliés s'étendent de Leningrad au nord, à Kiev au sud.
Décembre : l'Armée Rouge arrête l'armée allemande aux portes de Moscou : Hitler vient de perdre sa première Blitzkrieg et s'engage donc dans une guerre longue.
 
Pdt la SGM la diplomatie passe au 2nd plan (elle renforce les alliances existantes, gagne les neutres à la sympathie, voire à l'intervention ou hâte la conclusion de paix)et les opérations militaires au 1er.
 
De 1942 à 1945, les excellents rapports Churchill-Roosevelt contrastent avec la méfiance entre Anglo-saxons et Soviétiques.
 
Dans les premiers mois de 1942 les Alliés accumulent les défaites, alors que les soviétiques connaissent de nombreux succès pendant l'hiver 1941-1942.
un traité d'alliance anglo-soviétique est conclu le 26 mai 1942. Molotov fait même un séjour aux États-Unis. Les conférences de la Maison Blanche, de Moscou et d'Anfa avaient pour but de rassurer les Russes su la volonté des Anglo-saxons à poursuivre la lutte.
 
La première moitié de l'année 1943 est source de grandes tensions entre l'URSS et le bloc Angleterre- États-Unis à cause notamment d'une rencontre anglo-américaine pour décider de la situation d'après-guerre.
 
C)    Le règlement du conflit par les nouveaux Grands (1943-1945)
 
17 août 1943 : conférence du Quadrant à Québec. Projet de déclaration par les 4 grandes puissances (États-Unis, URSS, Angleterre, Chine) de la formation d'une nouvelle organisation internationale.
 
19 octobre 1943 : la conférence des trois ministres à Moscou traite de la libération du territoire français, le démembrement probable de l'Allemagne et des éléments constituants de la future Organisation internationale. Cette conférence est spéciale par ce qu'elle dégage : c'est la première fois qu'on voit les 3 chefs (Staline, Roosevelt et Churchill) passer de longues heures ensemble à débattre du futur du monde.
 
Janvier 1943 : l'Armée Rouge gagne à Stalingrad, en juillet idem à Kousk.
Août 1944 : elle arrive aux abords de Varsovie, mais attend janvier 1945 pour lancer la grande offensive qui la portera de la Vistule à l'Oder.
Les succès militaires soviétiques de l'été et l'automne 1944 aboutissent aux armistices des satellites de l'Allemagne (Roumanie, Finlande, Bulgarie, Hongrie) avec des clauses politiques, militaires, économiques et juridiques. Ils rétablissent les frontières de 1940, ce qui permet à l'URSS de récupérer ces territoires, marquant une rupture de ceux-ci avec l'Allemagne. En revanche, si les Tchécoslovaques attendaient avec impatience l'aide soviétique, ils déchantèrent quand ils s'aperçurent que Staline voulait les annexer.
 
Du 9au 18 octobre 1944 : accord anglo-russe sur les zones d'influence, amenant des querelles au sujet de la Pologne et du Japon, c'était malgré cela une conférence indispensable.
Le 23 octobre 1944, avec la GB et les États-Unis, l'URSS  reconnaît le gouvernement provisoire français. Charles De Gaulle essaie alors de jouer le rôle d'arbitre entre les Anglo-saxons et les Russes, il conclue par exemple des alliances avec les deux. Le 1er décembre CDG se rend à Moscou où il signe un traité d'alliance contre l'Allemagne entre le 2 et le 9 décembre, ce qui inquiète les Anglo-saxons.
 
Sur le front oriental, Hitler a lancé au printemps 1942 une nouvelle offensive destinée à s'ouvrir la route du pétrole de Bakou. Envahie en septembre 1942, Stalingrad, une ville industrielle de 600 000 habitants, est défendue pied à pied par les Soviétiques, qui mettent hors de combat 500 000 Allemands. Le 2 février 1943, le maréchal von Paulus, qui a reçu l'ordre de ne pas se replier, doit capituler. En juillet 1943, se déclenche une contre-offensive soviétique qui, au printemps 1944, chasse les Allemands de l'URSS. L'espoir a désormais changé de camp.
 
À l'est, l'Armée rouge, qui a libéré son territoire, pénètre en Pologne, prend Bucarest et délivre Budapest en février 1945. le 26 avril 1945, sur un affluent de l'Elbe, les troupes soviétiques font leur jonction avec les troupes alliées. Le 30 avril 1945, Hitler se suicide dans son bunker. Les 7 et 8 mai 1945 à Reims et à Berlin, les Allemands signent leur capitulation sans conditions.
 
Pour les Alliés, il est alors temps de fonder un nouvel ordre international plus solide que celui de la SDN. Bases posées à conférence de l'Atlantique puis conférence de Yalta, du 4 au 11 février 1945 en Crimée, avec Roosevelt, Churchill et Staline. Les futurs vainqueurs s'accordent pour mettre en place une Organisation des Nations Unies (ONU) dont la Charte de fondation est signée à San Francisco le 26 juin 1945.
 
25 avril : Russes encerclent Berlin.
26 avril 1945 : jonction Américains-Russes près de Torgau.
1er mai : annonce de la mort d'Hitler.
7 et 8 mai 1945 : signature capitulation allemande sans conditions à Reims et Berlin. => guerre terminée en Europe.
17 juillet 1945 : conférence de Potsdam, la dernière rencontre entre les 3 chefs de gouvernement.
 
Conclusion : L'année 1917 est charnière dans l'Histoire européenne car elle marque le début des revendications nationalistes responsables des conflits régionaux menant à la guerre généralisée qui se finit en 1945. Si la Russie, ou l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques est une pièce maîtresse de cette période, c'est en grande partie parce que de ce territoire les racines révolutionnaires ont grandi pour s'étendre à toute l'Europe, réveillant les nationalismes et les régimes totalitaires. L'URSS, par sa dualité dans les relations internationales, est un cas unique en Europe : elle cherche avant tout à protéger ses propres intérêts et sa conception de la société due à Joseph Staline. Les réformes entreprises par ce dernier et sa force de caractère lors des conférences internationales aboutissent à une nouvelle vision du monde, un monde bipolaire partagé par deux Etats aux idéologies aux antipodes l'une de l'autre : communisme VS capitalisme libéral


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MessagePosté le: Dim 19 Mai - 12:53 (2013)    Sujet du message: Publicité

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