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La sculpture de 1848 à 1914

 
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Anaële


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MessagePosté le: Mar 14 Mai - 19:20 (2013)    Sujet du message: La sculpture de 1848 à 1914 Répondre en citant

Sculpture de 1848 à 1914 

Ø La sculpture modifie-t-elle le rapport de l’artiste à la réalité ? 
  1. Sculpture et société (rapport à la société, démocratisation de cet art)
a) Contexte
b) Un art marginalisé
c) Expositions
 
2. L’aventure de la sculpture moderne (techniques de sculpture, leur explication, matériaux utilisés, etc.)
a) Rupture avec les traditions
b) Une technique nouvelle
c) L’art futuriste
 
3. Sculpture comme expression (avec les différents mouvements, ce qu’ils veulent exprimer)
a) courants traditionnels
b) inspiration culturelle pour un art plus moderne
c) un art « généreux »
 
INTRODUCTION
Inscrite dans l’espace réel, la sculpture défie le temps; nous en connaissons maints témoignages émouvants d’époques révolues, car elle met toujours directement en jeu l’image et le travail de l’homme qui s’est adonné à la taille et au modelage avant même de construire ou de peindre. La statuaire, pour bien des époques, constitue la seule empreinte de la conscience que nous ayons eue de nous-mêmes et de l’univers.
Cependant, de toutes les formes d’expressions artistiques, la sculpture demeure peut-être, aujourd’hui encore, la plus méconnue. Souvent liée à l’espace public par sa taille et son poids, elle ne bénéficie pas auprès du public de toutes les prérogatives que celui-ci accorde aux autres arts. Elle ne saurait du reste se voir et s’épanouir comme la peinture: elle entretient de nombreux rapports avec l’architecture et demande des partenaires sociaux pour atteindre sa dimension monumentale.
Il nous a semblé indispensable, dans ce parcours de près de un siècle (1848-1914) de sculpture, de nous attacher à l’évolution d’un art dont les finalités sont indissociables de l’esprit et de ses formes: le choix des jalons a porté sur le début de la sculpture sous le Second Empire jusqu’en 1914 ou la représentation formelle de la sculpture est remise en cause. A chaque tournant de l’Histoire, les conditions de la commande, l’image que l’homme se donne de lui-même, sa conscience de l’espace, ses possibilités techniques se renouvellent et créent de nouvelles exigences.
Quelles fonctions lui a assignées depuis le milieu du XIXème siècle une civilisation qui ne se donne plus de contraintes théologiques et métaphysiques, une époque où le temps n’est plus synonyme d’éternité, mais instrument de mesure de l’espace? C’est la France qui s’impose alors comme référence universelle. Son esprit de démocratie expérimente de nouvelles nécessités pour la sculpture. Sortant des églises et des cimetières, celle-ci est alors étroitement liée à l’évolution de l’espace urbain, elle orne et désigne les nouveaux bâtiments publics et invente le monument commémoratif et pédagogique.
A l’aube du siècle, la création sculpturale s’internationalise: elle quitte pour un temps l’espace social pour se développer à l’échelle de l’atelier, de la collection privée, du musée. Une floraison de grandes personnalités permet de renouveler notre conscience du réel: la sculpture réalise de nouvelles et inattendues possibilités métaphoriques, trouvant même le pouvoir fétichiste propre à nos temps modernes.
















3. Sculpture comme expression (avec les différents mouvements, ce qu’ils veulent exprimer)
a) du Néo-classique au Romantique
La sculpture est pour l’artiste qui la conçoit un moyen d’émancipation face aux autres arts, tels que les arts picturaux. L’œuvre de l’artiste reflète sa personnalité, ce qu’il est. On dit qu’il est tout entier dans son œuvre. Les sculpteurs, dans leurs œuvres cherchent avant tout à reproduire l’illusion du mouvement, à leurs donner un caractère propre à chacun. « On ne peut rénover qu’en cherchant le style du mouvement » dit le sculpteur Boccioni en 1912. Plus on n’avance dans le temps, plus les sculpteurs cherchent donc à innover leur art, à trouver de nouveaux chemins qui vont le transformer, faire vivre de différentes manière leur sujet. Avant d’en arriver là, les artistes sculpteurs ont traversé de nombreuses phases, courants artistiques qui ont évolué avec le temps. Ils se sont donc inscrits dans des mouvements que l’on pourrait  qualifier de « traditionnels », à la différence de l’art futuriste. Le courant classique fut le courant que l’on pourrait qualifier de base pour les sculpteurs. Tout sculpteur s’adonnant à sa passion  commence par étudier la sculpture classique, s’inspirant des modèles esthétiques de l’Antiquité, même indirectement. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le mouvement dit Néo-classique voit donc le jour. Le cas de David est un exemple parfait de la formation des jeunes sculpteurs qui se fait au XIXe, selon un cursus très précis, suivit à l’Ecole des beaux-arts, qui succéda d’ailleurs à l’ancienne Académie en 1796. L’effet recherché est donc la mise en valeur de la grandeur de la culture antique, du majestueux de la statuaire. Pierre-Jean David d’Angers, né à Angers le 12 mars 1788 et mort à Paris le 5 janvier 1856 est un sculpteur et graveur-médailleur. Il intégra les Beaux-arts, il est l’exemple parfait de la formation des jeunes sculpteurs du XIXe siècle. En 1812, il écrit à Roland : «  vous devez vous faire une idée de l’embarras où se trouve un jeune homme (qui comme moi n’a pas beaucoup d’expérience) dans une ville pleine des ouvrages de tant de maîtres et où par conséquent, se rencontrent tant de routes différentes à suivre (…). Je pense que l’étude constante de l’antique et de la nature peut produire un grand effet. » L’Antiquité est donc considérée par les artiste comme majestueuse, et c’est ce que tend à incarner le néo-classique. Pour cela, elle doit être connue parfaitement,  les artistes font donc des voyages, qui vont les aider dans leur inspiration. Ces voyages concernent les villes, très marquée par la culture antique, comme Rome, Florence, Naple, autant dire, les villes italiennes. La beauté parfaite est recherchée, mais dans des contraintes plus contemporaines. Le « Bernin antique », tel qu’a été surnommé Thorvaldsen (1770 – 1844) est considéré comme l’un des meilleurs dans ce domaine, notamment par une technique qualifiée de brillante, une vive imagination, le sens du mouvement et le gout d’une grâce voluptueuse l’incitent alors à se dégager des modèles classiques. Il souhaite avant tout mettre en avant le sens de la vie. La beauté féminine est ce qu’il met le plus en valeur car elle répond mieux à l’attente contemporaine.  La violence n’est normalement pas le domaine de prédilection de la sculpture néo-classique. Cependant on la retrouve dans certaines œuvres, notamment à cause de scènes représentées qui sont, en soit, violentes, comme l’épisode ou Thésée tue le centaure, ou encore la mort de Nisus et Euryale dans l’Eneïde (Turnus et ses hommes mirent un soir le siège devant le camp des Troyens. Ces derniers étaient alors un peu désemparés, Énée étant parti rechercher des alliés. Une fois la nuit tombée, Nisus et Euryale décidèrent de sortir du camp afin de prévenir Énée de la situation. Ils sortirent alors du campement en toute discrétion. Par la suite, ils durent traverser le camp des Rutules, qui étaient tous endormis. Ils en profitèrent pour en tuer silencieusement un grand nombre (les victimes les plus célèbres: Rhamnés, ami et conseiller de Turnus, le noble seigneur Remus, le jeune et beau Serranus) puis s’enfuirent après qu’Euryale se fut emparé de certaines de leurs armes. Mais, peu de temps après, un groupe de cavaliers ennemis aperçurent Euryale, à cause de son casque qui se reflétait au clair de lune. Nisus parvint à s’enfuir, mais Euryale ne le put, encombré par son butin. Ce dernier fut alors encerclé par ses ennemis. Nisus, s’apercevant que son ami ne l’avait pas suivi, rebroussa chemin, et tua deux Latins en lançant ses javelots. Le chef des cavaliers, Volcens, croyant qu’Euryale était responsable de la mort de ses hommes, menaça de tuer le Troyen. C’est alors que Nisus sortit de l’obscurité, affirmant qu’il avait lui-même tué les deux Latins. Malgré cela, Volcens tua Euryale d’un coup d’épée, puis Nisus vengea son ami en tuant Volcens, et enfin mourut à son tour.) . Avec l’arrivée de nouvelles commandes, un vent de modernité souffle sur le Néo-classique. Les sources d’inspiration se renouvellent. Le Romantisme commence alors à être exploité. Même s’il existait déjà depuis la fin du XVIIIe siècle, ce mouvement fut particulièrement élaboré au XIXe siècle. En effet, après les espoirs de la Révolution française, et face au matérialisme de la révolution industrielle, l’individu réclame son droit à la subjectivité, au rêve. Le sensible domine la raison, et les créations de l’imaginaire sur la représentation classique de la nature humaine. L’inspiration antique est rejetée… Plus tard, à partir de 1840, ces sculptures considérées comme non académiques seront rejetées presque systématiquement et exclues des Salons à l’instar du romantisme se caractérise aussi par son inspiration puisée dans les modèles de la Renaissance ou dans la littérature avec de grands écrivains comme Shakespeare ou plus encore Dante, auteur de La Divine Comédie dont les personnages vont marquer l’œuvre de Rodin (La Porte de l’Enfer, tirée de cet ouvrage va demeurer inachevée). Héritier de Michel Ange dont il se réclame, mais également de Carpeaux ou de Daumier aux modelages nerveux, Rodin, dernier sculpteur romantique, va rompre avec l’académisme et l’esthétisme existants. Après son Balzac (1898), refusé par la Société des gens de Lettres qui en avaient fait la commande, et placée aujourd’hui au carrefour Montparnasse et Raspail, on pressent l’épuisement de la figure humaine.
Si le romantisme existait déjà en peinture depuis 1820, il faudra attendre 1831 avec le Roland furieux de Duseigneur pour que le romantisme apparaisse en sculpture. D’après Baudelaire, les œuvres du romantisme sont « une manière de sentir ». Pour Thoré, elles sont une agitation de l’âme. Le romantique cherche donc à toucher celui qui admire l’œuvre au plus profond de lui-même, sentiment qui peut se traduire par une tension interne, dramatique, souvent qualifiée de « sauvage », une recherche de mouvement, d’expression parfois portée à l’outrance et ne reculant devant aucune déformation. Pour cela, les artistes n’hésitent pas à se lancer dans des recherches scientifiques, pour permettre des rendus illusionnistes. Cependant, il faut attendre le 2nd Empire (1852) pour que les sculpteurs romantiques obtiennent une reconnaissance officielle. Ainsi de nombreuses œuvres qui avaient été créées depuis quelques années ne voient réellement le jour qu’à cette période-là. C’est par exemple le cas de l’Ophélie de Préault, considérée comme son chef d’œuvre, dont le plâtre exécuté en 1842-1843 avait pourtant été exposé au Salon de 1850-1851. Malheureusement de nombreuses œuvres avaient déjà disparu… Comme pour le néo-classique, le romantique cherche sa source d’inspiration dans les voyages, mais aussi dans la littérature propre à chaque pays. Voici quelques exemples : le Loke de Freund (renvoie aux légendes scandinaves), les Lutins de Moine (s’apparentent au Djinns de Victor Hugo), le Paradis perdu de Milton et le Faust de Goeth contribuent à peupler les Salons romantiques de démons et d’anges rebelles, êtres maudits dans lesquels de nombreux artiste se plaisent à se reconnaitre. Après avoir puisé dans la peinture, les sculpteurs romantiques s’inspirent de nombreuses sources littéraires de Shakespeare, Tasse, l’Arioste, mais aussi chez les romanciers contemporains. Ils franchissent donc les limites du temps et de l’espace. C’est ce que suggère La course fantastique de l’hippogriffe qui emporte Angélique et Roger, héros du Roland furieux de l’Arioste. Si Chateaubriand met à la mode les indiens d’Amérique, Victor Hugo contribue au gout pour le Moyan-Age. Préault s’aliment surtout dans la Divine Comédie de Dante, ou il montre ce dernier aux enfers avec Virgile. Cette vision annonce celle de Rodin, avec l’enchevêtrement des corps, apparitions des nerfs très précise. A l’époque donc ou fleurit une littérature érotique, reconnue comme telle, où les photographies obscènes de Belloc sont découvertes et condamnées, le sexe est à la mode pour mieux être censuré, et le public, devant Rodin, ne détourne pas les yeux, les couples de La Porte sont un exutoire.  Il créé comme cela de nombreuses petites œuvres impudiques, le plus osées sont réservées à ses amis. Les artistes sont friands d’innovation, ainsi Rodin tente d’accorder la sculpture au diapason de la peinture. Son art est « impressionniste » en ce sens que ses figures isolées sont réalisées dans le modelage de la lumière, et que ses compositions obéissent aux lois de la nature, de la lumière, « la grande collaboratrice » qui suggère les plans, définit les formes, découpe les profils, fait vibrer la matière comme de la chair, creuse des trous, gonfle des bosses, et organise les détails dans une homogénéité perpétuellement renouvelée.
 
b) inspiration culturelle pour un art plus moderne (dès la fin de l’antiquité on qualifié de « moderne » toute activité culturelle qui s’affirmait libérée des formes et des idées reçues)
 
C’est donc à  la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, que nait l’art moderne, qui a séduit de nombreux sculpteurs. Inhérent à celui-ci, l’impression «était à l’origine un nouveau style pictural dont le nom venait du célèbre tableau de Claude Monet "Impression Soleil Levant" (1874). C’est une forme d’art qui consiste à prendre l’impression ressentie comme principe de création artistique en laissant de côté tout détail inutile. L’artiste impressionniste se propose de représenter les êtres et les choses d’après ses propres impressions sans se préoccuper des règles généralement admises. La lumière prend une importance primordiale. Ainsi Monet disait ne pas prendre un objet, mais la lumière sur cet objet. L’œuvre de Rodin au goût d’inachevé et de fragmentaire préfigurait l’art moderne. De là à dire que la sculpture de Rodin est impressionniste, il n'y a qu'un pas. Certes, ses figures sont modelées dans la lumière, isolées par elle ; dans ses bronzes, les détails l'accrochent, dans ses marbres, la matière, comme translucide, semble la restituer. La lutte est constante entre la forme et la lumière, mais, par la nature même de la sculpture, la forme en définitive l'emporte, laissant toutefois jouer sur sa surface une magie rayonnante qui anime et fait vivre tout ce qui pourrait venir de l'académisme. Chez Rodin se trouvent opposés, ou réunis, un reste de romantisme titanesque et la vibration sensuelle de l'impressionnisme. Mais Rodin n'alla pas aussi loin dans l'impressionnisme et dans la dissolution des formes que l'Italien Medardo Rosso, arrivé à Paris en 1884, pour lequel « rien n'est vraiment matériel dans l'espace, tout est air, lumière, rien n'est limite, tout bouge ».   La sculpture prend donc dans la 2nde moitié du XIXe et au XXe siècle une place sans précédent consacrant à la fois la tradition et ce passage vers l’art moderne. Cet art demeure très contraint, obéissant à des critères académiques stricts et soumis très largement aux goûts de ses commanditaires, dont l’Etat, protecteur des arts, qui est à l’origine de plusieurs commandes notamment sous Louis Philippe puis sous le second Empire et la troisième République. (sculpture d’elias robert (1821-1874) Allégorie de l’industrie – 1867 )
 
Ce changement va se coupler à l’art nouveau, avant-gardiste, qui s’appuie quant à lui sur l’esthétique des lignes courbes. L’artiste contraint désormais la nature à se plier à sa vision du monde et même à s’effacer devant elle. Il devient un prospecteur, un créateur de formes désireux d’inventer un univers inédit pour le substituer au monde familier qui l’entoure. Les tendances artistiques non figuratives s’accommodent mal de cette forme d’art. Cependant, c’est ainsi que naissent les grands courants artistiques comme le fauvisme, le cubisme, l’abstraction, le surréalisme, au début du XXe siècle. Mais, face à ces conceptions abstraites, cubistes ou surréalistes a toujours subsisté une sculpture où la tradition plastique héritée du passé demeure vivante et active. (Carpeaux : la Danse). Tous les artistes sont mus par une force novatrice et une audace créatrice. Ce siècle laissant le champ ouvert à l’initiative, jamais la diversité des styles n’aura été aussi manifeste, les chassés croisés entre l’abstraction et le figuratif aussi incessants, et le nombre de réponses apportées par les artistes à leur interrogation sur l’art aussi multiple. Le passage du XIXe au XXe sera alors ressenti plus consciemment que les tournants des siècles précédents. On y voit la fin d’une époque, et le début des temps nouveaux et modernes dont témoignent les expressions « art nouveau » et « modern style ». Les jeunes modernistes étudient ce nouveau mouvement de fond en comble, mais se sentent prêts à s’en dégager quelques années plus tard pour explorer d’autres directions, de nouvelles idées. Les jeunes artistes comme Matisse, Picasso, Brancusi, Maillol n’hésitent pas à créer des œuvres inachevées, dépourvues de tout membre. Pourtant elles n’étaient pas considérées comme des bozzetti (=etudes), mais bien comme des œuvres complètes. Le torse soit sans tête soit sans membre devient d’ailleurs un domaine de prédilection chez des sculpteurs comme Maillol (Torse dit l’action enchainée), ou encore chez Rodin, qui toujours explore de nouvelles pistes.
 
La sensibilité des sculpteurs qui se veulent plus modernes se base sur leur perception face au monde qui les entoure. En effet, le sculpteur a besoin d’une plus grande réceptivité, d’une plus grande écoute, d’un bonheur permanent, qui est l’unique possibilité de l’ouverture sur l’extérieur. De cette manière l’artiste se nourrit de ce qu’il voit, il s’en enrichi. Telle est la conception qu’adopte Rodin. Il note dans ses carnet : « … accoudé à la fenêtre, je baigne mon front dans la vapeur du matin, et les pensées de mes affaires s’éloignent, le merle chante et déjà a fini, mais l’atmosphère amoureuse du printemps est sillonnée de mille petits cris d’oiseaux (…) la création si douce me pénètre et mon âme reprend sa place dans la nature, et les chiens quand je vais descendre vont me flatter – pendant ce temps mon peuple de statues m’attendent pour se laisser voir et travailler avec moi ». Rodin vénère la nature et s’en inspire. Au-delà de voir, l’artiste vit. Les animaux sont aussi une grande source d’inspiration pour les sculpteurs. Restons avec Rodin. Au moment où son père part en retraite anticipée (en 1861), Rodin se familiarise avec l’anatomie animale dans les livres d’abord et, non loin de là, dans les jardins publics et autres lieux bucoliques, comme le Jardin des Plantes. C’est donc dans un sous-sol qu’il se réfugie pour (je cite) « copier des morceaux d’animaux, des pattes de lions ». Cependant il délaissera ses études anatomiques pour travailler sur le vif la morphologie animale, au marché aux chevaux d’un quartier voisin. Si Rodin s’est surtout tourné vers le dessin en ce qui concernait les animaux, d’autres sculpteurs y ont consacré de nombreuses œuvres. Cette sculpture animalière d’édition ou monumentale va connaître un développement sans précédent et les artistes français bénéficient alors d’une réputation internationale :, statue équestre par Cain, antoine louis …
 
Dans ce domaine, il convient de souligner le rôle essentiel d’Antoine-Louis Barye qui par son talent, sa persévérance et sa détermination réussit à imposer la sculpture animalière, alors rejetée par les milieux artistiques officiels (Lion assis, Jaguar dévorant un lièvre...). Ses premières œuvres font leur apparition au Salon de 1831. Il a été suivi dans cette voie par d’autres grands maîtres : Pierre-Jules Mêne, Auguste-Nicolas Cain, Emmanuel Frémiet, Christophe Fratin, Jules Moigniez, Alfred Jacquemart...De très nombreux élèves de ces grands sculpteurs ont ensuite été à l’origine d’une véritable vague de sculptures à sujets animaliers. En voici quelques un : Georges Gardet, Isidore Bonheur, Paul Delabrière, Paul Comoléra, Comte du Passage.
 
L’instant : certains sculpteurs trouvent leur inspiration dans la vie qutodienne, ils sont liés au mouvement de l’impressionnisme, on les appelle les sculpteurs de l’instant, exemple : la femme surprise (entre 1896 et 1911) de Edgard Degas 1834-1917)
 
 
c) un art « généreux »
 
… dans son accessibilité…
 
La sculpture est un art que l’on pourrait qualifier de généreux. En effet, contrairement à la peinture par exemple, il est accessible à tous. Soit, elle ne l’est pas sous toutes ces formes. Mais à toute époque, dans toutes les villes, des statues ont été érigées pour être vues, rendre hommage, ou glorifier un empereur… La statue se comprend alors comme un enjeu politique, dont le but est de magnifier, symboliser leur puissance. Les statues sont significatives du pouvoir reconnu à la sculpture par les gouvernements. En ce sens, elle est l’affirmation du pouvoir républicain à la fin du XIXe siècle.
Les commandes étatiques s’accompagnent souvent de vastes programmes d’urbanisme associés à de grands projets architecturaux dans lesquels la sculpture va prendre sa place pour orner les principaux monuments, les espaces publiques et les cimetières (Dalou ; Triomphe de la République, place de la Nation, Paris). La France va alors s’imposer comme référence universelle grâce au talent de quelques grands sculpteurs qui se distinguent sur un fond de conformisme général et dont l’œuvre majeure va marquer le siècle : Rude (La Marseillaise, Arc de Triomphe, Place de l’Etoile 1835-1836, statue du Maréchal Ney, place de l’Observatoire à Paris, Mercure rattachant sa talonnière, 1927, Pométhée animant les arts, bas-reliefs pour le corps législatif, La douceur, jeune fille caressant un oiseau pour le tombeau de Cartellier au cimetière du Père Lachaise, Louis XIII, statue en argent pour le duc de Luynes, Gaspard Monge, statue de bronze érigée à Beaune, Godefroy Cavaignac, statue couchée en bronze au cimetière de Montmartre), Carpeaux (groupe La Danse, destiné à orner la façade de l’Opéra Garnier ou encore la fontaine de l’Observatoire), Bartholdi (le Lion de Belfort, place Denfert Rochereau à Paris ou encore la célèbre Statue de la Liberté placée à l’entrée du Port de New-York), Dalou (Le triomphe de la République, place de la Nation à Paris, bas-relief de la statue de la République, place du château d’eau, Le Centaure Nessus enlevant Déjanine, Centaure enlevant une femme Centaure lapidant un homme), Pradier (Renommées, groupes sculptés pour l’Arc de Triomphe de l’Etoile), Etex (La Paix, La Résistance, groupes sculptés également pour l’Arc de Triomphe de l’Etoile), Rodin (Le Penseur), Maillol (Méditerranée : exécutée en pierre de bronze elle a une stabilité formelle quasi cubique, elle est fortement inspirée au symbolisme lissier ) Bourdelle, Houdon (1741-1828), ou encore Bosio (1768-1845).
 
Dans la 2nde moitié du XIXe siècle, le Second Empire est l’âge d’or de l’édification des églises au style néo-gothique. Lié à l’essor de l’urbanisme, elles se multiplient dans les villes. La statuaire est de style encore une fois inspirée de la littérature, et Chateaubriand est l’initiateur de cette mode, même si d’après lui elle fut abusée, dans sa grandeur, mais aussi dans sa culminance. En effet, les artiste recherchent la hauteur, et n’hésitent pas à remplacer d’anciennes façades par d’autres de leur choix, comme pour l’eglise st laurents, en 1868.
 
Le cimetière du Père-Lachaise fut ouvert en 1804, il se couvrit très vite d’œuvres impressionnantes, qui incitèrent le public à venir s’y balader. Ce cimetière reste aujourd’hui un des lieux les plus visités de Paris. L’homme du XIXe siècle a le souci de se voir perpétuer son souvenir, avec grandeur, sentiment de douleur, mise à l’honneur … ( voir livre de jean )
 
Rodin a lui aussi édifié beaucoup de sculptures accessibles très facilement au grand public. Les  Bourgeois de Calais ont ainsi été commandés par la ville de Calais,  en 1885, en mémoire du sacrifice des héros de la ville, ou le monument à Victor Hugo, incarnent l’un et l’autre de nouvelles recherches en érigeant l’assemblage au rang de monument. Les Bourgeois de Calais sont inspirés du roman de Froissart, qui était un contemporain des héros de la ville. Ils ont été modelés dans la terre, prouesse technique pour l’époque. Ils sont modelés nus, comme à son habitude , et grandeur nature. L’ensemble de son œuvres, composée de 6 personnages doit être expressif et le public est invité, dans la négation du socle, à partager la douleur qu’éprouvent les Bourgeois de Calais. En 1888, l’Etat commande à Rodin le marbre du Baiser, qui fait scandale à l’époque, mais nous parait bien innocent aujourd’hui.  
 
La sculpture est donc un moyen d’exprimer son art grand public, dans le souci de la grandeur et de l’expression forte. 


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MessagePosté le: Mar 14 Mai - 19:20 (2013)    Sujet du message: Publicité

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