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la Poudrière des Balkans

 
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MessagePosté le: Lun 13 Mai - 19:46 (2013)    Sujet du message: la Poudrière des Balkans Répondre en citant

La poudrière des Balkans
(1848- 1914)


Introduction


Pour l'homme qui vivait en Europe occidentale pendant les premières années du XXème siècle, rien ne devait sembler plus lointain, sans doute, que la perspective de la guerre. Cela faisait presque un demi siècle qu'il n'y avait pas eu de guerre entre les grandes puissances, et la mondialisation de l'économie conduisait à penser que la guerre était chose du passé.
Le XXème siècle a commencé, pour de nombreux historiens, en juin 1914, le jour de l'attentat qui coûta la vie à l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, et tout le monde s'accorda à dire que le conflit avait été déclenché, concrètement, par le jeune étudiant serbe qui assassina l'héritier du trône d'Autriche-Hongrie. Mais on était aussi d'accord pour ajouter que ce crime avait été simplement le prétexte et non la cause de la guerre qui embrasa d'abord les Balkans, puis le reste du monde.
Quel enchaînement des causes a-t-il conduit à la Première Guerre mondiale ? Et pourquoi a-t-elle éclaté à ce moment là, en 1914, dans les Balkans ?
Nous allons tenter de montrer que le monde européen, en 1914, n'était pas une zone paisible, où la guerre éclata de manière inattendue entre les grandes puissances. Tout au contraire, c'était une zone parcourue de tensions, la question n'était pas de savoir s'il y allait avoir une guerre, mais plutôt où et quand les troubles risqueraient d'éclater.


Géographiquement, la péninsule englobe l'Albanie, la Serbie, le Monténégro, la Roumanie, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, la Grèce, la Macédoine,et la Turquie d'Europe. C'est une région essentiellement montagneuse (Chaînes Dinariques, mont Balkan, Rhodope, Pinde )où les vallées concentrent la majorité de la population.




I | Une zone de turbulences anciennes


A. Mosaïque culturelle des peuples : un « Puzzle humain »


Les Balkans sont une région où vivent de nombreux peuples aux langues, cultures et religions différentes.Le peuplement de la région s'est en effet mis en place en vagues successives, dont aucune n'a totalement submergé celles qui lui ont précédé; en outre, les influences culturelles dans la péninsule ont été multiples.
Les invasions slaves des VIe et VIIe siècles ont affecté toute la région, jusqu'aux îles alentours. Trois langues parlées de cette époque ont subsisté dans les Balkans, que les linguistes appellent langues aborigènes : l'albanais, dont le vocabulaire comprend de nombreux mots d'origine latine, indice de l'ancienneté de la présence de ce peuple; le valaque, langue latine proche du roumain dont l'usage est en régression; et enfin le grec.
Trois empreintes culturelles fondamentales ont recouvert les Balkans : celle de Byzance et du christianisme orthodoxe pour les trois quarts de leur étendue ; celle de Rome et du catholicisme chez les Croates, les Slovènes et les Albanais du Nord ; enfin celle de l'islam, qui s'est superposée aux deux autres sans les détruire. Il faut encore mentionner l'influence italienne, sensible dans l'architecture des villes de la Dalmatie, et l'influence germanique, considérable dans les régions sous domination de l'Empire d'Autriche-Hongrie : la Slovénie, la Croatie, la Voïvodine.
On observe donc diverses orientations religieuses catholique, protestante, orthodoxe, musulmane, juive. Mais aussi différentes langues aborigènes, slaves et turque. Différents peuples présents dans les Balkans, les Slaves du Sud qui sont les Serbes, avec les Croates et Bosniaques à l'ouest ; les Bulgares dominent l’est des Balkans; enfin Macédoniens et Albanais. Des peuples non slaves sont aussi présents dans le sud des Balkans, ce sont les Turcs et les Grecs. Dans cette région où de nombreuses cultures cohabitent et se mélangent, la répartition humaine se présente donc comme une véritable mosaïque, où les frontières ne coïncidèrent jamais avec les nationalités.
.
B. Le poids du passé. Une zone sous influence : l'Europe de l'Est fut longtemps disputée entre les Habsbourg, les Turcs ottomans et la Russie, mais ces influences furent ébranlées


  1. Les forces en présence dans la zone



Creuset ou se mêlèrent divers peuples, la péninsule balkanique fut soumise au Turcs à partir de la fin du XIVème. Entre 1380 et 1394, les Turcs ottomans ont conquis les états bulgares, ainsi que la Serbie ; en 1453, les ottomans prennent la Bosnie, et ils conquièrent en 1526 la Slavonie et une partie de la Hongrie. Cependant, en 1699, l'Autriche prend aux ottomans la Slavonie et une partie de la Croatie centrale. Alors que l'Empire ottoman commence à décliner, l'Europe chrétienne, et particulièrement la maison d'Autriche, ainsi que la Russie, amorcent leur reconquête au XVIIIe. L'Autriche annexe la Serbie, et enrégimente les serbes alors que ceux-ci fuient la domination turque. La Russie, quant à elle, se pose en protectrice des chrétiens orthodoxes dans la péninsule.


  1. Le recul des puissances



Depuis le début du XIVe siècle, certains peuples chrétiens des Balkans ont réussi à se libérer de l'Empire ottoman et à constituer des états autonomes, voire indépendants. C'est le cas des Grecs -mais la Grèce indépendante ne compte alors que la Péloponnèse, l'Attique et quelques îles des Cyclades- ce fut aussi le cas des Serbes -mais la Serbie autonome était loin de rassembler l'ensemble du peuple serbe : certains serbes sont encore sujets hongrois ou autrichiens, et d'autres encore sous la souveraineté des Turcs- Les Monténégrins se sont organisés dans un état indépendant, C'est enfin le cas des Roumains, qui, à la faveur de la Guerre de Crimée (1853-1856 opposa l'Empire Russe à une coalition comportant l'Empire ottoman, le Royaume-Uni, l'Empire Français de Napoléon III et le Royaume de Sardaigne – défaite russe), ont créé une principauté autonome, mais à l'extérieur de laquelle vivent encore nombre d'entre eux. En revanche, les Bulgares, les Albanais, de nombreux Serbes de Macédoine et de Bosnie-Herzégovine sont encore sujet de la Sublime Porte.


  1. L'éveil des peuples, une apparition du sentiment national.



Le XIXe siècle connaît deux mouvements opposés qui reconfigurent les territoires nationaux en Europe. En 1815, le Congrès de Vienne avait fixé de nouvelles frontières,sans prendre en compte le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Le sentiment national naît. Certains peuples, divisés en plusieurs pays, veulent constituer des États unifiés : c'est le cas des États allemands et italiens.
D'autres peuples, inversement, aspirent à plus d'indépendance. En 1848, des révolutions éclatent dans toute l'Europe, plus connue sous le nom de Printemps des Peuples. En Autriche, à Vienne, ce mouvement aboutit quelques années plus tard à l'autonomie de la Hongrie, et à la création de la Double Monarchie. C'est aussi le cas des États des Balkans, qui se libèrent de la tutelle turque. La Grèce avait obtenue son indépendance en 1830. (guerre d'indépendance, 1821-1830). Mais si les révolutions de 1848 ébranlent les grands empires d'Europe centrale, la plupart ne parviennent à leur fins qu'à partir des années 1870.
1877 : indépendance de la Roumanie
1878 : indépendance de la Serbie et du Monténégro


à l'aube du Xxe siècle, la question des nationalités est au cœur des tensions dans la zone. Parallèlement, l'Autriche-Hongrie et la Russie commencent à développer des visées stratégiques sur les Balkans.


  1. Visées stratégiques & nationalismes dans les Balkans



    1. les Balkans : zone d'affrontements des impérialismes russes et hongrois



Les deux puissances sont intéressées par les Balkans. L'une et l'autre veulent voir reculer les Turcs de la péninsule, officiellement pour libérer les populations chrétiennes, en réalité et surtout pour des raisons politiques et économiques. Pour la Russie, les Balkans sont un chemin d'accès direct à la Mer Méditerranée. Pour l'Autriche-Hongrie, les Balkans sont le prolongement géographique de l'Empire. Cette divergence d'intérêts latente depuis le début du siècle s'accentue en 1870. La Russie s'intéressait surtout aux Bulgares, en encourageant leurs aspirations à l'indépendance, à la fois au moyen du Comité de Secours aux Slaves (créé en 1856 à Saint-Pétersbourg) et par l'action diplomatique auprès du Sultan. Un premier résultat avait été obtenu (en 1870) : l’Église bulgare avait obtenu son indépendance vis-à-vis du patriarcat de Constantinople.


Les Austro-hongrois ne s'intéressaient pas à la Bulgarie et ne cherchèrent pas à y entraver l'action russe. Ils surveillaient en revanche de près la Bosnie-Herzégovine, dont le territoire jouxtait la Dalmatie autrichienne, la Serbie et le Monténégro autonomes. Pour Vienne, la libération de la Bosnie-Herzégovine ne devait pas avoir pour conséquence l'expansion du territoire serbe en direction de l'Adriatique, ce qui risquait à terme de profiter à la Russie. A cette époque, l'Empire Ottoman connaissait une grave crise financière, qui poussait le sultan à pressurer ses sujets pour régler les emprunts contractés. Les exactions des fonctionnaires turcs provoquèrent, en 1875, une insurrection dans un village serbe d'Herzégovine. En quelques semaines, les troubles s'étendirent à toute la province ainsi qu'à la Bosnie. Des volontaires venus de Serbie se joignirent aux insurgés. La répression turque fut terrible, mais l'insurrection fit tâche d'huile. En avril 1876, les comités révolutionnaires bulgares déclenchèrent une révolte générale:les exilés bulgares de Roumanie vinrent prêter main forte à leur compatriotes.


Malgré la répression turque, le mouvement de révolte se généralisa à l'ensemble des Balkans. En juillet 1876, la Serbie et le Monténégro se lancèrent dans le combat. Toutes deux avait des vues sur la Bosnie-Herzégovine, et cherchaient à contenir une éventuelle expansion des Bulgares libérés en direction de l'Ouest. L'Autriche-Hongrie et la Russie se concertèrent en prévision d'une éventuelle intervention. Le comte Andrassy et son homologue russe Gortchakov se rencontrèrent et se mirent d'accord sur un projet de partage des Balkans : l'est, ie la Bulgarie, irait à la Russie, tandis que l'ouest, ie la Bosnie-Herzégovine, reviendrait à l'Autriche-Hongrie.


Les Serbes furent rapidement défaits par les Turcs, mais les Monténégrins, commandés par le général russe Tcherlanev remportèrent des succès. Les représentants des grandes puissances continuaient les négociations avec le Sultan. Les Britanniques se contentaient de vagues propositions de réformes, mais la Russie, appuyée de l'Autriche-Hongrie exigeait que de réels engagements soient pris par les Turcs. Devant les dérobades du Sultan et les massacres perpétrés en Bulgarie par des irréguliers turcs (les Bachi-bouzouks), la Russie déclara la guerre à l'Empire ottoman le 24 avril 1877. Les Turcs sollicitèrent une armistice le 31 janvier 1878, et signèrent le Traité de San Stefano le 3 mars suivant.


Ce traité représentait un succès considérable pour la Russie, et assurait la libération de la quasi-totalité des peuples balkaniques. Les États déjà autonomes (Serbie, Roumanie, Monténégro) devinrent pleinement indépendants et bénéficièrent d'un léger accroissement de leur territoire. Une Grande Bulgarie sous influence russe fut créée. La Russie obtenait également la Bessarabie, que lui cédée par la Roumanie, qui à titre de dédommagement recevait la dobroudja bulgare. Comme prévu, l'Autriche-Hongrie se voyait confier l'administration de la Bosnie-Herzégovine.


    2. Divisions et velléités séparatistes



Le Royaume-Uni et l'Autriche-Hongrie, réagirent vivement à cette main-mise des Russes sur les Balkans. Le premier ministre anglais, Disraëli, menaça d'intervenir. Gortchakov accepta la réunion d'un congrès européen que proposait Bismarck, afin de rediscuter les frontières. L'objectif du Congrès de Berlin (13 juin – 13 juillet 1878) était de sauvegarder ce qui pouvait l'être d'un Empire ottoman faiblissant, pour contrer le panslavisme et l'influence de la Russie dans la région.




La Russie fit marche arrière et la Grande Bulgarie morcelée : le Sud de la Grande Bulgarie revint aux Turcs ainsi que la Thrace et la Macédoine ; la Roumélie fut déclarée province turque sous gouvernement chrétien et administration autonome ; le nord-ouest de la Bulgarie devint une Principauté autonome. Le territoire de la Serbie s'agrandit d'un tiers ; Monténégro et Roumanie accédèrent à l'indépendance. Pour la Russie, qui ne conservait que la Bessarabie, ce fut un cuisant échec de sa politique dans les Balkans. Les relations entre Saint-Pétersbourg et Vienne s'en ressentirent, d'autant plus que l'Autriche-Hongrie, elle, conservait l'administration de la Bosnie-Herzégovine ainsi que celle du sandjak de Novi Pazar, attribué précédemment à la Serbie. De leur côté, ni les Bulgares, ni les Serbes n'étaient satisfaits. Les Serbes, par la présence de l'Autriche-Hongrie en Bosnie-Herzégovine et dans le sandjak de Novi Pazar, se trouvaient séparés du Monténégro et perdaient ainsi tout espoir d'accéder au littoral adriatique. Pour eux, l'Autriche-Hongrie devenait un adversaire potentiel. Quant aux Bulgares, dont les pertes en vies humaines avaient été considérables, leurs aspirations étaient loin d'avoir été satisfaites. Ce contexte transforma rapidement les aspirations d'émancipation en nationalismes antagonistes, qui se traduisirent par un certain nombres de conflits internes dans des régions comme la Macédoine et la Bosnie-Herzégovine.


II | 1908 : La poudrière balkanique : un embrasement régional


A. Nationalismes antagonistes & ambitions territoriales en Europe


  1. La Macédoine, « l'oeil du cyclone »



La Macédoine, territoire situé aux centre des Balkans se trouva dans l’œil du cyclone, d'après une expression de David Fromkin. Peuplée d'un ensemble de minorités ethniques, la région appartenant aux Turcs était convoitée par la Grèce, la Serbie et la Bulgarie (qui considérait la Macédoine comme sa moitié-sud), qui essayaient d'y faire valoir leurs intérêts, et y soutenaient des bandes de combattants irréguliers depuis les années 1890. Les exactions étaient nombreuses : pillages, assassinats, incendies. La Troisième armée ottomane, qui était chargée de gérer la région, était infiltrée par des membres de l'une des société secrète de Turquie, le Comité de l'Union et du Progrès (CUP), plus connu sous le nom du Parti des jeunes-turcs. Ce parti nationaliste avait été créé dans les années 1830, lorsque des Turcs occidentalisés critiquèrent les méthodes de gouvernement traditionnelles opposées aux réformes furent obligés de fuir à Paris. Ils prirent le nom de jeunes-turcs en 1902 et se séparèrent en plusieurs factions, certains de ses membres agissaient en Macédoine.


Les jeunes-turcs furent poussés à agir lorsqu'ils apprirent, en juin 1908, l'existence d'une proposition anglo-russe d'envoyer des troupes européennes en Macédoine pour policer la région instable et y restaurer l'ordre. Ce projet, s'il étais mis en œuvre, risquait de faire perdre une nouvelle fois une province aux Turcs. Les jeunes-turcs sortirent donc de leur clandestinité afin de contacter les puissances européennes et de protester auprès d'elles. Au milieu d'une grande confusion, le Sultan envoya sa police arrêter les différents chefs du Comité de l'Union et du Progrès infiltrés en Macédoine en 1908, mais ceux-ci échappèrent à l'arrestation et déclenchèrent une rébellion.


2. L'empire Ottoman : ébranlé par la révolution des jeunes turcs

    Se sachant découverts, les officiers membres du CUP encouragèrent les mutineries et se lancèrent dans une guérilla avec le soutien d'une partie de la population. Enver Pacha, un des responsables militaires basés dans la région, publia un manifeste dénonçant l'autoritarisme du Sultan. Les membres du CUP, craignant la partition possible de l'Empire, reprochèrent au Sultan son incapacité à résister aux pressions extérieures, son autoritarisme et sa brutalité. Un ultimatum pour mettre en œuvre la réforme constitutionnelle de Midhat Pacha de 1876, qui n'était pas appliquée, fut télégraphié au sultan Abd Ul Hamid II. Celui-ci intervint en envoyant un régiment pour combattre les rebelles, mais les soldats fraternisèrent avec les insurgés. Les unités militaires de Macédoine manifestant leur soutien, le sultan dut s'incliner. Le 24 juillet, Abd Ul Hamid II restaura la Constitution de 1876 et annonça la tenue d'élections en décembre, que le CUP remporta de manière écrasante. Le Sultan tenta en 1909 de reprendre le pouvoir absolu, il fut déposé au profit de son frère Mohammed V. Les jeunes-turcs, devenus maîtres de l’État, se fixèrent pour devoir de rétablir l'ordre partout, ce qui se fit de façon très brutale au nom de l'Empire. En dépit des garanties constitutionnelles qui assuraient en principe l'égalité de tous les peuples, les non-Turcs furent soumis à l'arbitraire du nouveau pouvoir. Arméniens, Grecs, Macédoniens, Bulgares de Thrace en furent les principales victimes.




    Les puissances voisines profitèrent de la crise créée par la révolution jeune-turque. Le 5 octobre 1908, Ferdinand Ier proclama l'indépendance de la Bulgarie, qui gardait jusqu'alors un lien de vassalité avec l'Empire, et se proclama Tsar des Bulgares. Le lendemain, l'Autriche-Hongrie transformait son protectorat sur la Bosnie-Herzégovine en annexion pure et simple.


    3– La crise bosniaque


    Depuis 1878, la Double Monarchie austro-hongroise administrait la double province de Bosnie-Herzégovine. Mais nominalement , la Bosnie-Herzégovine était encore sous l'autorité du sultan.


    Nombreux étaient ceux qui convoitaient cette région des Balkans. Déjà, les deux partenaires de l'Autriche-Hongrie la voulaient chacun pour soi. Les habitants de Bosnie-Herzégovine, slaves pour la plupart, rêvaient d'indépendance nationale, tandis que leurs voisins slaves de Bosnie, de l'autre côté de la rivière, rêvaient, eux, de les annexer.


    Le 6 octobre 1908, l'Autriche-Hongrie annonça qu'elle annexait la Bosnie-Herzégovine, suscitant de vives réactions dans les pays voisins. La réaction la plus violente vint de la petite mais vigoureuse monarchie de Serbie, qui considérait depuis longtemps la Bosnie-Herzégovine comme sa patrie originelle. De nombreux membres de son gouvernement, de son armée et de sa population envisagèrent à partir de cet instant une mobilisation de guerre contre l'Autriche-Hongrie.


    Izvolsky, ministre des Affaires étrangères de Russie, ne protesta pas à cette annexion. Il s'imaginait qu'en contrepartie, l'Autriche-Hongrie aiderait la Russie à obtenir le libre passage de la flotte russe par Istanbul et les détroits. Ce ne fut malheureusement pas le cas. Humilié par cet affront, il décida de tout faire pour contrer ce succès austro-hongrois. Il envoya en Serbie un ambassadeur, Nikolaï Hartwig, militant panslave, qui entreprit de réunir les Balkans dans un front commun.




    B. La première guerre balkanique ( 1912 – 1913 )




    L'Empire Ottoman affaibli, les États balkaniques décidèrent d'agir pour libérer la Macédoine. La Russie, qui n'avait jamais perdu de vue ses intérêts dans les Balkans, conseilla via son ambassadeur en Serbie aux Serbes et aux Bulgares de faire cause commune contre les Turcs, Une alliance fut conclue entre eux en février 1912; la Grèce s'y joignit en mai et le Monténégro en octobre. Une Ligue Balkanique des peuples chrétiens destinée à chasser les Turcs d'Europe orientale fut ainsi créée. Chacun des signataires devait fournir un contingent militaire pour la lutte commue : 300 000 hommes pour la Bulgarie, 150 000 hommes pour la Serbie, 120 000 hommes pour la Grèce. La Bulgarie, qui fournissait le plus d'hommes, espérait être à l'issue de la guerre largement récompensée.
    Dès l'été 1912, les Turcs se rendirent compte de ce qui se tramait et renforcèrent leur dispositif militaire. Le 8 Octobre, le Monténégro ouvrit les hostilités en déclarant la guerre à l'Empire Ottoman. La Première guerre balkaniquecommençait. Dès les jours qui suivirent,la Turquie riposta en déclarant la guerre à la Bulgarie et à la Serbie, mais pas à la Grèce, qui respecta quand même son engagement avec ses alliés Balkans. La coalition balkanique remporta tout de suite des succès. Le 24 octobre, l'armée serbe, sous le commandement du général Putnik et du Prince héritier Alexandre, battait les Turcs à Kumanovo, puis entrait quelques jours plus tard à Skoplje et à Monastir après avoir été rejointe par les troupes monténégrines. Les Grecs, de leur côté, libéraient la Thessalie et l'Epire, puis mettaient le siège devant Jannina. Quant aux Bulgares, le jour où les Serbes triomphaient à Kumanovo, ils battaient les Turcs à Kirk-Kilissé, puis à Lulé Burgas, et de là marchaient sur Constantinople, non sans avoir en cours de route mis le siège devant Andrinople dont ils s'emparèrent le 23 mars 1913.
    Au cours de leur avancée, les Grecs et les Serbes avaient pénétré en territoire albanais. Ismaël Qemal Beg redoutait les ambitions des pays de la Ligue et décida de porter la question albanaise devant l'opinion internationale. Il convoqua à Vlora ( Valona ) les représentants de tout le pays albanais, musulmans, orthodoxes et catholiques confondus à une Assemblée. Le 28 novembre 1912, cette Assemblée se déclare constituante et proclame l'indépendance du pays, Ismaïl Qemal Beg forma aussitôt un gouvernement provisoire, puis il se rendit à Londres auprès de la conférence des Ambassadeurs des Grandes Puissances, réunie afin d'examiner la situation des Balkans.
    A cette conférence, l'Autriche-Hongrie et l'Italie, favorables à la création d'un États albanais indépendant s'opposèrent à la Russie et à la France qui défendaient les ambitions serbes et grecques sur ce pays. La conférence déboucha le 30 mai 1913 sur lesPréliminaires qui devaient servir de base à la paix future dans les Balkans. La Turquie ne conserverait en Europe que Constantinople et ses environs immédiats ; une Albanie indépendante sous la garantie des Grandes Puissances, était créée, avec un Prince qui serait choisi par ces Grandes Puissances. Quant à la Macédoine, Bulgares, Grecs et Serbes devaient s'entendre pour se la partager. Les Russes, pris pour arbitres, tentèrent d'apaiser les esprits. Grecs et Serbes signèrent un traité de défense mutuelle ( le 1erjuin 1913 ) et se garantirent mutuellement leurs acquisitions en Macédoine pour dix ans.
    Très vite le partage de la Macédoine donna lieu à des contestations entre les alliés de 1912 et provoque la Deuxième Guerre Balkanique.


    1. La deuxième guerre balkanique ( 1913 )



    Les Bulgares avaient espéré obtenir la plus grande part de la Macédoine, mais les Grecs et les Serbes s'entendirent pour leur la refuser. Le 23 juin 1913, le général bulgare Savov sur l'instigation de Ferdinand Ier de Bulgarie, lui-même poussé par l'Autriche, lança une offensive contre les anciens alliés bulgares sans déclaration de guerre, en vue d'empêcher la jonction des deux armées et de s'emparer par surprise de Salonique (le 29 Juin). Les Roumains et les Turcs, afin de limiter leurs pertes, s'étaient engagés contre la Bulgarie. Putnik arrêta la progression bulgare sur la Bregalnitza (rive gauche du Vardar). Les Grecs rejetèrent les assaillants sur Serrès, et les Roumains, après avoir déclaré la guerre à la Bulgarie, s'interposèrent pour rétablir l'équilibre. La conférence de Bucarest le 28 Juillet, sous la présidence de Majoresco, hâta les discussions, évita une intrusion de l'Autriche dans les travaux et le 10 Août fut signé le traité de Bucarest.
    La Turquie y récupérait Andrinople et une partie de la Thrace orientale. La Roumanie recevait le petit morceau de Dobroudja (que la Bulgarie ne lui avait pas cédé en 1878), territoire à majorité bulgare, les tensions entre les deux pays étaient vives. La Grèce reçut le littoral macédonien avec Salonique et la Chalcidique, l'île de Crête et plusieurs îles de l'Égée centrale. La Serbie obtenait la plus grande partie de la Macédoine occidentale et centrale avec les villes de Skoplje, Ohrid et Bitola, incorporant dans son territoire des populations bulgares et albanaises; elle recevait également un morceau du Sandjak de Novi Pazar, le reste allant au Monténégro, l’État serbe était alors imposant dans la région. ( territoire de 90 000 km²avec une population de plus de 4 millions et demi d'habitants) Le Monténégro, avec la partie du Sandjak, eut une frontière commune avec la Serbie. Les bulgares atteignirent la Mer Égée par l'annexion d'une partie de la Thrace.
    Les guerres balkaniques laissèrent de profondes traces chez les alliés de 1912. Sur le plan démographique, les pertes furent nombreuses, 156 000 Bulgares, 71 000 Serbes, 68 000 Grecs et une dizaine de milliers de Monténégrins. Le partage des territoires qui revinrent aux Turcs provoqua des rancœurs, surtout du côté Bulgare qui s'estimaient mal payés de leur intervention et qui se trouvèrent, totalement isolés au milieu de voisins hostiles. Sur le plan international, les progrès de la Serbie, inquiétèrent l'Autriche-Hongrie, d'autant plus que la propagande anti-autrichienne menée par la presse serbe se faisait chaque jour plus agressive et que les Sociétés Secrètes se faisaient de plus en plus actives.
    L'Autriche-Hongrie ne pouvait compter, dans cette partie de l'Europe, que sur la Bulgarie et l'Albanie. La Serbie refusait d'évacuer le territoire albanais, ce qui faillit provoquer un conflit entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie en septembre 1913. Finalement, les Serbes cédèrent à la pression internationale, et en décembre 1913 les Grandes Puissances, se mirent d'accord pour fixer les frontières définitives de l'Albanie. L'Albanie indépendante, se vit attribuer pour souverain le Prince Allemand Guillaume de Wied, et bloquait la mer Adriatique à la Serbie et à son alliée, la Russie, cependant les Albanais n'étaient pas satisfaits de leurs frontières car le tiers de leur population vivait en Serbie.
    Les Guerres Balkaniques ont marqué un net recul de l'Empire ottoman, souhaité par les populations chrétiennes mais cela avait surtout développé les nationalismes, les rivalités entre peuples voisins, d'autant plus virulents qu'ils se savaient soutenus par les Grandes puissances. Les peuples balkaniques ne se rendirent peut être même pas compte qu'ils n'étaient plus les maîtres de leur destin.


    III | D'un conflit localisé à un conflit généralisé (1907-1914)


    Les événements dans les Balkans se déroulèrent sur un fond de tensions européennes, les antagonismes qui se développèrent pendant cette période ne prirent pas fin avec les traités négociés. L'Europe suivait avec attention cette poudrière des Balkans qui menaçait d'exploser.


    A. Vers la bipolarisation de l'Europe


          1. Des blocs se formèrent au sein de l'Europe dès la fin du XIXe.

            Bismark dirige l'Europe de 1871 à 1890, il souhaitait maintenir l'équilibre entre puissances européennes, en veillant à ce qu'aucun des grands acteurs n'ait un avantage sur les autres. Lorsque les Russes menacèrent d'étendre leur domination sur les Balkans après les guerres russo-turques en se heurtant aux ambitions austro-hongroises aux intérêts britanniques en Méditerranée, Bismarck joua le rôle d'arbitre au Congrès de Berlin, et baissa l'influence russe dans les Balkans. Il créa un réseau d'alliances, la Triplice, en 1881, entre l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie, qui obligeait l'Autriche-Hongrie à rompre toute relation diplomatique amicale avec la France. Il signa aussi un traité secret avec la Russie et entretient de bonnes relations avec la Grande Bretagne.

    De 1890 à 1907, sous Guillaume II, la bipolarisation prit forme. Le nouvel empereur allemand ne repris pas la politique de Bismarck et renonça à faire coexister dans le même système d'alliances l'Autriche-Hongrie et la Russie, dont la rivalité s'accentuait dans les Balkans. Il poussa le tsar Alexandre III à chercher l'appui de la France, ainsi l'alliance franco-russe devint effective en 1893. Dans les années suivantes, un rapprochement s'opèra avec l'Italie, (pourtant membre de la Triplice) et la France. En France, Delcassé réussit à nouer des relations avec l'Angleterre et à réaliser en 1904, l'Entente cordiale. En 1907, la Triple Alliance naissait.




        1. Les Balkans était un champ d'affrontement des impérialismes ce qui renforça la bipolarisation.

          Les rivalités étaient vives dans les Balkans où l'effacement de l'Empire ottoman laissa le champ libre aux grandes puissances régionales. La Russie, dont la puissances s'était affaiblie par des défaites et une révolution intérieure en 1905, chercha à remporter un succès dans les Balkans et renoua avec les Slaves Balkans, la Serbie et le Monténégro, dont elle espérait obtenir un accès aux mers chaudes. Elle se heurta à l'Autriche-Hongrie qui avait des visées expansionnistes en direction de la mer Égée et était alliée à la Bulgarie. Certains dirigeants de Vienne songeait à éliminer la Serbie, protégée de la Russie et qui prenait de l'importance. La Roumanie quant à elle était francophile, mais le roi était pro-allemand. Ces rivalités politiques se doublaient de conflits économiques opposants les intérêts français et russes d'une part, Austro-hongrois et allemands d'autre part. Les Italiens cherchaient eux aussi à prendre pied dans la région, ce qui inquiéta Vienne en plus des revendications italiennes concernant des territoires sous domination autrichienne ( Trentin et Trieste )

    L'annexion de la Bosnie-Herzégovine, s'opposa à la Serbie et donc à la Russie. Mais le gouvernement français refusa de jouer l'alliance sur cette question et conseilla la modération aux Serbes. De plus, dans les guerres balkaniques, dans lesquelles l'Autriche-Hongrie joua un rôle, l'Allemagne et la France ne soutinrent que faiblement leurs alliés, ce qui permis d'éviter le déclenchement d'une guerre générale. Toutefois, la zone balkanique reste en 1914 une poudrière, prête à exploser à tout moment.


    3 ) L'Europe se prépare à la guerre.


    L'Europe est sous tensions, la répétition et l'aggravation des crises internationales créent en Europe une psychose de la guerre et un renforcement des blocs. La Triplice fut renouvelée en 1912. Un plan de coopération militaire et navale franco-britannique fut élaboré. En 1912, de nouveaux accords militaires franco-russes prévoient qu'en cas de guerre, l'armée du Tsar aide les français ; à l'automne 1912, Poincaré élargit l'alliance avec la Russie, prévoit le soutient de la France à la Russie dans l'éventualité d'une attaque allemande, même si la guerre a pour origine un conflit avec les Balkans.
    Dans les deux blocs, la course à l'armement et le renforcement des effectifs prenait une allure inquiétante.


    B. L'étincelle dans la poudrière : Sarajevo


    Les relations austro-serbes se dégradèrent très rapidement. Les sociétés nationalistes serbes, en rapports plus ou moins étroits avec l'ambassade russe à Belgrade et l'État-major serbe, redoublaient d'activité dans leur propagande anti-autrichienne, ouvertement en Serbie et clandestinement en Bosnie-Herzégovine. Parmi ces groupes clandestins, le plus important fut la Main Noiredirigé par le Colonel Dimitrievitch, de l'État-major royal serbe et important responsable des Services Secrets. Il entretenait des rapports étroits avec des groupes de jeunes terroristes pro-serbes qui agissaient en Bosnie-Herzégovine.
    A l'initiative de la Main Noire,les étudiants bosniaques décidèrent d'organiser un attentat en Bosnie-Herzégovine à l'occasion des grandes manœuvres de l'armée austro-hongroise qui devaient s'y dérouler en juin 1914, en présence du Prince héritier, François-Ferdinand. Les terroristes, profitèrent de la visite de l'archiduc et de l'archiduchesse à Sarajevo pour agir. Le 28 Juin 1914, l'étudiant Gavrilo Prinzip et ses complices assassinèrent François-Ferdinand et son épouse. L'héritier d'Autriche-Hongrie représentait un danger pour la Serbie et la Russie. Aussi, bien que l'empereur François-Joseph fût enclin à la prudence, le gouvernement et l'état-major de Vienne estimaient que le moment était venu de saisir ce prétexte pour régler définitivement le compte de la Serbie.
    Le 5 juillet, le gouvernement austro-hongrois obtint l'appui de Guillaume II, et prépara un ultimatum qui ne fut remis à la Serbie que le 23 juillet, au moment où le président de la République française, Raymond Poincaré et le président du Conseil Viviani, prennaient la mer pour rentrer de Saint-Pétersbourg, ce qui rendait les communications difficiles. Berlin et Vienne espéraient circonscrire le conflit dans les Balkans et avaient calculé les termes de l'ultimatum de façon à ce que le gouvernement serbe ne pût l'accepter. (En effet, l'article 6 exigeait la participation de fonctionnaires autrichiens à l'enquête menée en Serbie pour déterminer le responsable de l'attentat, il fut repoussé par Belgrade). En dépit des propositions anglaises de médiation, l'Autriche-Hongrie, le 28 juillet 1914, un mois jour pour jour après l'attentat, déclara la guerre à la Serbie et bombarda sa capitale, faisant savoir à toutes les puissances qu'il s'agissait d'un conflit localisé. La Russie ne put laisser écraser sans réaction la Serbie, au risque de perdre son influence. La Russie obtint les assurances de Poincaré et consciente de la lenteur de ses préparatifs, elle procéda à la mobilisation générale le 30 juillet. Tandis que les gouvernements français, allemand et britannique eurent plutôt tendance à freiner le mouvement, ce furent les militaires (pour ne pas se laisser prendre de vitesse)qui pesèrent sur les décisions, déclenchant un mécanisme irréversible.


    C. L'engrenage

    Le mouvement pacifiste se trouve paralysé par les hésitations et divisions des dirigeants socialistes et syndicalistes. En France, SFIO et CGT organisent des manifestations contre la guerre. En Allemagne, la social-démocratie fait passer son attachement à la paix après sa haine de l'autocratie russe. Partout, la stupeur et la résignation des peuples ne tardent pas à se transformer en détermination, voir en enthousiasme pour la guerre.
    Le 31 juillet, l'Allemagne partisane de la guerre localisée, demanda par ultimatum à la Russie de cesser ses préparatifs et à la France de proclamer sa neutralité. L'Allemagne décrèta le 1er Août la mobilisation générale et déclare la guerre à la Russie, tandis que la France se mobilisait. Le 2 août elle exigea de la Belgique le libre passage pour ses troupes, et le 3 engagea ses hostilités contre la France. La guerre était alors quasi générale. Du côté de la Triplice, l'Italie et la Roumanie, liées par une alliance défensive seulement, jugèrent qu'elles n'étaient pas obligées d'intervenir. Quant au gouvernement britannique, décidé à soutenir la France, mais qui multipliait les tentatives de conciliation n'intervint qu'à partir de l'invasion de la Belgique par les troupes allemande. Le 4 août, le Royaume-Uni déclara la guerre à l'Allemagne qui avait violé la neutralité belge. Plus tard, le 1er novembre, l'Empire ottoman, inquiet des prétentions russes sur le Détroits, rallia le camp des Puissances Centrales et combattit aux côtés de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie.
    La crise balkanique se transforma en conflit généralisé. Les peuples de l'Europe de l'Est, dont les rivalités et les antagonismes avaient été à l'origine du conflit, se trouvaient désormais engagés dans une lutte entre les Grandes Puissances, dont ils étaient devenus l'enjeu de la Première Guerre « mondiale » de l'histoire.


















    Conclusion


    Au début de l'année 1914, les causes de tensions étaient multiples en Europe. A l'ouest, l'antagonisme France-Allemagne, exaspéré depuis la guerre de 1870-1871 (19juillet 1870-29janvier 1871 – opposa le Second Empire français au Royaume de Prusse et ses alliés allemands. Le conflit marque le point culminant de la tension entre ces deux puissances, résultant de la volonté prussienne de dominer toute l'Allemagne qui était alors une mosaïque d’États indépendants. La défaite entraîna la chute de l'Empire français, et la perte pour le territoire français de l'Alsace-Moselle) était plus que jamais susceptible de déboucher sur un conflit au moindre incident. Cela avait failli se produire en 1911, lors de la crise d'Agadir (incident diplomatique et militaire entre la France et l'Allemagne, provoqué par l'envoi d'une canonnière -navire léger armé de canons- de la marine de guerre allemande dans la baie d'Agadir, au Maroc : cet envoi fut considéré comme une provocation par la France). À l'est, l'impérialisme russe en direction des Balkans et de Constantinople se heurtait de front depuis 1908 aux intérêts de l'Autiche-Hongrie. L'annexion de la Bosnie-Herzégovine et les guerres balkaniques avait fait de l'Europe orientale une véritable poudrière,et avait exacerbé les les rivalités et les antagonismes dans les peuples des Balkans. Cette situation était d'autant plus dangereuse que les protagonistes des guerres balkaniques se retrouvaient intégrés aux deux systèmes d'alliance qui regroupaient les grandes puissances. La guerre qui avait été évitée lors des crises précédentes (1908, 1911, 1913) ne le fut pas en 1914. Lors des crises en question, aucune des grandes puissances n'avait voulu la guerre. Deux d'entre elles la voulaient en 1914 ; et l'une des raisons pour laquelle l'Allemagne n'avait pas voulu d'une guerre lors des crises précédentes, tenait à ce qu'il lui manquait l'alliance autrichienne (sans elle, les généraux allemands étaient convaincus qu'ils ne pourraient pas vaincre). Ils l'avaient désormais.
    Le conflit qui embrasa l'Europe en 1914 comportait deux guerres. Celle déclenchée par l'Autriche-Hongrie ne visait que la Serbie, mais les alliances firent s'imbriquer les échelles géographiques dans un véritables engrenage, et l'explosion de la poudrière des Balkans fit s'embraser toute l'Europe.




    Bibliographie


    • Histoire des pays de l'Est, Des origines à nos jours,de Henry Bogdan
    • Histoire du XXème siècle,tome 1, la fin du monde européen, de Serge Berstein et Pierre Milza
    • Histoire de la Yougoslavie, de Marcel de Vos
    • Le dernier été de l'Europe, David Fromkin
    • www.Larousse.fr


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    MessagePosté le: Lun 13 Mai - 19:46 (2013)    Sujet du message: Publicité

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