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Calvin

 
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kalikalo


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MessagePosté le: Mar 26 Fév - 17:17 (2013)    Sujet du message: Calvin Répondre en citant

I Contexte et vie de Calvin
 
1 Caractère de Calvin 

 
Afin de mieux comprendre le calvinisme, nous allons tâcher de mieux cerner le personnage. C’était un polémiste et un apologétique (champ d’études théologique ou littéraire consistant à défendre de façon systématique une position), il provoqua d’ailleurs bons nombres de controverses. Il n’avait pas que de bons côtés et on lui prête d’ailleurs certaines histoires peu glorieuses. Il semble aussi qu’il ait mal vécu les critiques et les moqueries : « J’ai vécu rapporte Calvin, en combats merveilleux. J’ai été salué par moquerie le soir devant ma porte de cinquante ou soixante coups d’arquebuse Que pensez-vous que cela pouvait étonner un pauvre écolier, timide comme je suis et comme je l’ai toujours été, je le confesse ». Dans son livre biographique Jean Calvin et la tradition calvinienne Albert-Marie Schmidt dresse le portrait d’un Calvin plutôt exemplaire, mais à dire vrai ce n’est pas tout à fait la vérité Misogyne, insomniaque, monomaniaque comme tous les génies, doué d’une forte volonté bien que maladif, éloquent, entêté, instruit et bénéficiant d’une excellente mémoire. De plus, Schmidt en parle comme quelqu’un qui est gêné de parler de lui mais on retrouve beaucoup de citations où celui-ci se met en valeur (c’est un incompris). On rapporte aussi qu’il avait une haine envers les sectaires (comme les astrologues, pronostiqueurs, oracles…). Il était l’inverse de Luther qui était un bon vivant profitant de la vie. Par exemple : il prenait un repas par jour. Il est froid, résolu méditatif il s’engage avec zèle sur la voie de la théologie Affable , poli, enjoué et éloquent. Personnalité controversée.
 
2 Son enfance  

 
Jean Calvin n’est en fait pas son vrai nom. Lorsqu’il naît le 10 juillet 1509 à Noyon en Picardie il est nommé Jehan Cauvin. Il appartient à une caste de privilégiés. C’est le second fils de Gérard Cauvin (un notaire) que ce dernier destine à la prêtrise. Sa mère, la pieuse Jeanne Le Franc, fait participer le jeune Jean Calvin aux touchants exercices d’une dévotion populaire minutieuse et le mène fréquemment à l’abbaye d’Ourscamp vénérer les reliques de sainte Anne. Il apprend aussi les manières courtoises. Sa mère rêvait en fait d’en faire un  docteur émérite. Après avoir étudié au collège des Capettes où il apprend la rhétorique et la grammaire, il obtient à 14 ans des bénéfices ecclésiastiques (= un métier et un revenu). Il se rend ensuite à Paris en 1523 où il loge chez un de ses oncles serrurier. Il entretient des relations d’amitié avec les Hangest-Montmor neveux de l’évêque qui protège son père. Il fait un rapide passage au collège de la Marche où il devient ami avec un de ses maîtres Mathurin Cordier (1479-1564). Il fait partis en 1524de l’austère communauté du collège de Montaigu. Là, les élèves sont soumis aux rigueurs d’un régime inhumain, ils ruinent leur santé et risquent la démence. Ils forment une congrégation libre de vertueux écoliers. Ils sont aussi mal nourris, refusant à leur corps les soins de propreté les plus sommaires, ils jeûnent, méditent, s’astreignent au silence, travaillent de l’aube à la nuit tombée etc… Tout cela était en fait censé garantir les progrès de la personne humaine. Il séjourne onc 5 ans à Montaigu où les professeurs de Calvin le convainquent rapidement des erreurs de l’humaniste avec l’influence du principal Jean Tempête et de Noël Béda. Calvin admire la pertinence de l’eucharistie. L’église de Noyon lui décerne un nouveau bénéfice ecclésiastique en 1527  
3)Le parcours de Calvin. 

 
 Il obtient en 1528 le grade de maître ès arts. La même année il est inquiet car son père l’incite à ne plus se dédier (brouillé avec le chapitre de Noyon) autant à l’acquisition des connaissances sacrées. Il part pour Orléans (célèbre pour sa faculté de droit jadis) pour devenir l’auditeur des meilleurs juristes de l’époque. Il à peine à vaincre sa timidité mais acquiert une flatteuse popularité : il est même élu procureur. Il continue à suivre les cours de Pierre de L’Estoile (1480-1537), car il aime sa modestie mentale. Son père veut qu’il fasse des études de légiste. Il suit les cours de Melchior Wolmar ouvert aux idées de Luther. En 1529 il change d’université et va à Bourges ou il reste jusqu’à la mort de son père en 1531 : il peut enfin faire ce qu’il veut : il choisit donc des études littéraires. Il fréquente le Collège royal que François Ier venait de fonder à Paris pour compléter l’enseignement de la Sorbonne. Il publie un Commentaire du De Clementia de Sénèque qui lui vaut une certaine notoriété chez les humanistes
En 1533 Son ami Nicolas Cop prononce un discours rectoral qui fait polémique. En effet, il s’inspire d’Erasme et de Luther. Le Parlement engage des poursuites contre lui, il est obligé de fuir à l’étranger. Calvin fuit à Angoulême chez son ami Louis de Tillet curé de Claix. Puis il revient en 1534. Calvin s’arrête à Paris et séjourne en divers endroits Psychopannychia, c’est son premier ouvrage théologique. Sa foi est ébranlée et on raconte que c’est lors d’un voyage qu’il décide de se convertir. Il doit se réfugier à Bâle en Suisse à cause des persécutions contre les protestants (affaire des Placards au cours du mois d’octobre 1534=écrits injurieux et séditieux affichés dans la nuit du 17 au 18 octobre jusqu’à la porte de la chambre royale de françois1er donc répression) Il y écrit L’institution de la religion chrétienne publié en 1536. (institutio christianae religionis)
En 1536 il est recruté par Guillaume Farel pour aider à la réforme de l’église de Genève, ils seront expulsés. Il se rend ensuite chez son ami Martin Bucer à Strasbourg (pasteur d’une église de réfugiés français). Calvin dirige successivement l’église saint Nicolas, l’église sainte Madeleine et l’ancienne église dominicaine renommée Temple Neuf. Il continue aussi de réformer Genève où il finit par y retourner. Lorsqu’il y retourne, Calvin n’a qu’une influence spirituelle et ces opposants(principalement les familles riches) qu’il appelle libertin ont presque le pouvoir.
En 1546 ses adversaires se regroupent dans un groupe qu’il appela les libertins(famille riches). Ces adversaires comme Jacques Gruet était torturé ou procès (fin ceux qui s’attaquaient a Calvin)
C’est là que démarre l’affaire la plus polémique de la vie de Calvin. Michel Servet était un médecin espagnol et humaniste brillant. Il est condamné au bûcher en 1553 par l’inquisiteur Mathieu Ory (alors qu’il était à Vienne) Il s’enfuit pour Genève. Servet se moquait souvent de Calvin dans ses écrits et se rend en 1533 dans son temple. A sa sortie il est arrêté « Si j’avais dit cela, non seulement dit, mais écrit publiquement, pour infecter le monde, je me condamnerais moi-même à mort. C’est pourquoi, Messeigneurs, je demande que mon faux accusateur [jean Calvin] soit puni, et qu’il soit détenu prisonnier comme moi, jusqu’à ce que la cause soit définie pour mort de moi ou de lui, ou autre peine. Et pour se faire, je m’inscrits contre lui à la dite peine du talion ? Et suis content de mourir s’il n’est convaincu de ceci et d’autre chose, que je lui mettrai dessus ? Je vous demande justice, Messeigneurs,justice,justice. »Ce procès était devenu une affaire politique entre Calvin et les libertins. Michel Servet fut brulé vif pour hérésie le 27 octobre 1553 ( lui était un protestantiste radical).
L’arrivée de réfugiés est favorable à Calvin et il finit par ne plus y avoir vraiment d’opposants (élection du conseil municipal) il essai de promouvoir sa réforme dans toute l’Europe.
Ses amis lui conseillent vivement de se marier il arrive à se défiler une première fois en mars 1540, mais finit par épouser Idelette de Bure, une veuve ayant eu déjà deux enfants lors de son premier mariage Il se lance de manière très intellectuelle dans le mariage. Pour lui elle devait être « modeste, serviable, nullement arrogante, nullement extravagante, patiente de soucieuse de ma santé « . En somme, une parfaite gouvernante). Il n’eut que très peu de temps pour elle. Idelette et Calvin eurent plusieurs enfants mais qui moururent tous en bas âge. Elle mourut en 1549 sans « causer le moindre » soucis a Calvin qui continua de travailler sans interruption.
 
A l’automne il fut atteint d’une fièvre, il craint de mourir avant d’achever sa dernière révision de l’Institution (la 32eme). Il épuisa sa voix en prêchant et un violent accès de toux fit éclater un vaisseau sanguin dans ses poumons. Il rédigea son testament le 25 avril 1564. Il meurt le 27 mai. Son corps fut exposé mais devant l’affluence, les réformateurs craignirent d’être accusés de promouvoir le culte d’un saint. Il fut inhumé le lendemain dans une tombe anonyme du cimetière des Rois
 
 
 
 
II- Le Calvisnisme
1)Principe religieux du Calvinisme 

 
- Révélation de l’Ecriture : c’est le seul moyen de combler la distance incommensurable entre l’homme et Dieu, c’est la garantie du salut. Elle ne peut être reçue que si on a la foi (grâce accordée gratuitement par Dieu) . Calvin ne reconnaissait pas d’autre message divin que celui de l’Ecriture, il refusait l’autorité de la tradition (Pères de l’Eglise, actes des conciles, etc) derrière laquelle s’abritaient les catholiques ainsi que les soi-disant révélations de l’Esprit Saint dont se vantaient à ses yeux les sectaires. Il acceptait néanmoins l’idée d’une révélation « indirecte » offerte par le spectacle des ?uvres de la nature. On dit que la Réforme tient dans les deux propositions suivante : Sola Fide et Sola Scriptura.  
 
-prédestination divine : les élus seuls recevront la grâce de du salut. En effet l’homme n’est pas apte à recevoir la Révélation car depuis la faute d’Adam il est condamné au péché, et a perdu intégrité morale, et donc clarté de la foi. Cette situation est voulue par Dieu pour enseigner l’humilité à l’homme et l’obliger à refuser le mal vers lequel il pencherait naturellement. Dieu sait toujours d’avance qui sont les hommes mauvais condamnés au mal, et qui sont les bons incapables de pécher.  
Calvin définit ainsi la prédestination : « Nous appelons Prédestination le conseil (decretum) éternel de Dieu, par lequel il a déterminé ce qu'il voulait faire d'un chacun homme. Car il ne les crée pas tous en pareille condition, mais les ordonne les uns à la vie éternelle, les autres à l'éternelle damnation » 
  
-conserve deux sacrements : le baptême et la cène.  
Croit pas au baptême adulte (pour lui ce geste servait avant tout à manifester la gratitude des fidèles à l’égard de Dieu).  
En ce qui concerne la cène, il met en place une doctrine assez complexe. La cérémonie de l’eucharistie n’est pas pour lui symbolique (Zwingli), ni fondée sur la théorie consubstantation (Luther), mais aliment spirituel. Il pense que pain et vin sont des vecteurs permettant aux fidèles de communier avec la « substance » du christ. Substance n’est pas à entendre comme présence réelle, mais comme nature humaine parfaite de Jésus après l’Incarnation, qui faisait de lui un individu intègre et moral lavé du pêché originel. 
  
2) organisation ecclésiastique
Au départ Calvin (comme Luther) pensait la seule Eglise réelle des élus, était invisible, mais après son séjour à Strasbourg il change d’avis, et considère indispensable l’église visible locale avec ses docteurs, ses diacres, son consistoire et ses pasteurs.  
  
Docteurs : jouent rôle essentiel dans la fixation de la doctrine 
Diacres : (= dépositaires du ministères de la charité) devaient s’occuper des pauvres avec l’aide de la communauté. 
Le Consistoire : garant de la moralité des fidèles et se devait de les admonester et de les punir s’ils quittaient le droit chemin. 
Les pasteurs : élus par la communauté, s’occupaient de l’enseignement de la Parole et du catéchisme, de la bénédiction des mariages et des sépultures et surtout de l’administration des sacrements, témoignages de la grâce de Dieu.  
  
  
3)Application du calvinisme à Genève 
  
Calvin cherche à faire de Genève une cité idéale, pouvant servir de modèle pour les autres lieux de confession calviniste. La ville suisse devient un Etat théocratique, éducateur, destiné à « nourrir et entretenir le service extérieur de Dieu » et à former les hommes  « à toute équité requise ». Apporte austérité, beaucoup d'interdictions variées, grande importance éducation et culte familiale. Il se sert de trois instruments principaux pour transformer les coutumes et les m?urs de Genève.  
  
-La prédication : Les sermons de Calvin associaient présentation des livres de la Bible, et remarques inspirées par la situation de la ville et du monde. Lorsqu'il était confronté à des comportements qui le choquaient, il les dénonçait ouvertement dans ses sermons. On estime qu'en 25 ans il fit 80 000 sermons. 
  
-Consistoire : Il s'agissait d'une instance disciplinaire qui comprenait une vingtaine de membres, où pasteurs et laics étaient representés plus ou moins à égalité. Une élection avait lieu tous les ans. Vaste tache : préserver la pureté de la communauté eucharistique, amener les pecheurs à la honte et à la repentance, veiller à ce que les bons ne soient pas corrompus par les méchants.  Dans les premières années, il s'attachait surtout à ce que les genevois abandonnent les pratiques catholiques, puis s'occupe des querelles entre fidèles.  Mais c'est principalement un moyen efficace de contrôle des m?urs privées. Nombreux furent ceux qui se virent cités devant le Consistoire pour avoir été soupçonnés de se livrer à la débauche, à l'adultère, au jeu, aux excès de boisson ou à des danses susceptibles d'encourager les pensées lascives. 
  
-Les lois : La formation de juriste de Calvin, fait de lui le conseiller indispensable des autorités municipales en matière de rédaction des lois. Calvin et les autres ministres attendaient des magistrats qu'ils les soutiennent. 
  
Ville ouverte à l'accueil des étrangers qui veulent se réfugier, mais ville de rigueur, il y a à Genève 14 personnes qui furent éxécutées en 1562. 3 pour viol, 3 pour homicide, 3 pour vols graves ou répétés, 2 pour sodomie, 2 pour sorcellerie, 1 pour contrefaçon de monnaie. Parallelement les relevés paroissiaux de la ville relèvent que le taux des naissances illégitimes était de 0,12% et celui des conceptions avant mariage de 1% soit les chiffres les plus bas d'Europe parmi toutes les données sûres de la démographie historique.  
  
  
  
III- Diffusion du Calvinisme  
  
1)Diffusion européenne 
  
Le Calvinisme se diffuse un peu partout en Europe, mais principalement dans la partie ouest. On considère que le Calvinisme s’est répandu particulièrement en Allemagne, Bohême, Hongrie, Pays Bas, Ecosse, Angleterre, et en France. 
  
France : D’abord la France ne semble pas hostile aux idées novatrices de réforme du clergé, notamment grâce à la protection qu’apporte Marguerite d’Angoulême, la s?ur de François Ier, aux humanistes en général, et au cénacle de Meaux en particulier. Le cénacle de Meaux était un groupe constitué de Lefebvre d’Etaples, Guillaume Briçonnet, François Vatable, Guillaume Farel, Pierre Caroli et Gérard Roussel.  Ils voulaient réformer le catholicisme sans rompre avec Rome, c'est-à-dire  conserver une via media. Mais le groupe se dissout en 1525 à cause de la cassure entre Luther et la Réforme, ils doivent choisir leur camp : Lefebvre reste fidèle au pape, Farel rejoint la Réforme et va à Genève.  François Ier conserve d’abord une certaine bienveillance pour les humanistes ( 1530, il fonde collège des lecteurs royaux , et les défendait vs tentatives de censure de l’université et du parlement-> Rabelais) Mais la montée en force du luthéranisme dans les pays germaniques, et particulièrement l’affaire des placards en 1534 ( placards hostiles à la messe affichés partout à Paris et même sur la porte de la chambre du roi au château d’Amboise) poussent le roi sur la pente de la répression. Les livres sont surveillés étroitement par la Sorbonne, les protestants sont brûlés, ou doivent s’exiler. On parle même de nicodémisme, c’est la pratique qui consiste pour des protestants à ne pas déclarer leurs convictions religieuses, parfois même en conservant les apparences extérieures du catholicisme pour éviter d’être persécutés. On compte 66 exécutions de protestants sous François Ier et 88 sous Henri II. Mais cela n’empêcha pas le calvinisme de se propager en France par le moyen de livres, pamphlets, lettres, et pasteurs envoyés depuis Genève. En 1540 les premières communautés calvinistes se créent à Sainte-Foy, Pau et Tours. Entre 1555 et 1562  88 églises sont érigées selon le modèle genevois. En 1559 a même lieu à Paris un synode pour définir une doctrine et une politique commune française calviniste 
On estime que vers 1570 la moitié de la noblesse française et un tiers de la bourgeoisie étaient protestants.  
  
Première guerre de religion (1562-1563) : se termine par un accord défavorable aux nouvelles Eglises huguenotes. L'autorisation est accordée d'établir des Eglises réfomées sur leurs terres mais c'est tout. Cet accord entraîne un déclin du calvinisme bien avant massacre de la Saint-Barthélémy en 1572, qui lui porte un coup fatal. Cette catastrophe élimine presque toute la communauté calviniste dans le nord de la France, mais il en reste un peu dans le Midi.  
  
  
Angleterre : Le Calvinisme se diffuse en Angleterre après l’anglicanisme sous le règne d’Elisabeth Ier., mais sous forme d'inspiration seulement. Le calvinisme fait apparition au retour de ministres qui avaient dû s’exiler sur le continent après la réaction de Marie Tudor. Ils se sont installés à Genève et ont ainsi étaient influencés par la théologie suisse. Parmi ces exilés, le radicalisme de certains ne plaît pas au conservatisme de la nouvelle reine, notamment John Konx (1514-1572) qui publie The first Blast of the trumpet against the Monstrous Regiment of Women (Premier coup de trompette contre le monstrueux gouvernement des femmes) Il avait été conçu comme une attaque contre Marie Tudor et Marie de Guise, mais ses implications plus généralles jetèrent un froid sur les relations de Genève avec Elisabeth Iére. Malgrè tous les efforts entrepris par Calvin pour réparer les dégâts causés par Konx, la reine refuse de copier le modèle genevois. Seuls les plus radicaux, les puritains à la recherche d'une réforme plus rigoureuse de l'anglicanisme osèrent s'attirer les foudres de la reine qui considérait le gouvernement de l'Eglise comme faisant parti de ses prérogatives. Mais quels qu'aient pu être les avis de la reine, ses sujets lisaient le réformateur genevois avec assiduité. Ses sermons, ses commentaires de la Bible et son Institution furent rapidement traduits en anglais et fréquemment réédités. Au cours de la seconde moitié du XVIème siècle, on publia plus d'éditions des écrits de Calvin en Angleterre que dans n'importe quel autre pays d'Europe, y compris Genève et la France. 
  
Ecosse : C'est en Ecosse que le calvinisme connu son triomphe le plus inattendu.  Tout commence en 1559 lorsqu'un petit groupe de noble écossais conteste la régence française (Marie de guise). Ce petit groupe est soutenu par des prédicateurs protestants sous la conduite de l'infatigable john knox, retourné dans son pays natal après son échec en Angleterre, pour y prêcher une réforme inspirée par Genève. Il prononce un sermon qui incite ses auditeurs à détruire toutes les statues et images catholiques des églises et cathédrales. Il publie en 1560 Confession scotisca, qui est un traité théologique d'inspiration calviniste, puis un an plus tard une deuxième confession où l'orientation antiromaine est accentuée.  Alors que les français détiennent le château d'Edimbourg, les anglais viennent en aide aux écossais. Les français décident alors de partir et le pouvoir passe aux mains des rebelles. Il s'agissait en fait d'un coup d'Etat militaire, qui n'avait pas vraiment eu le soutient de la population ; C'est sur ces bases chancelantes que fut établie la nouvelle Eglise protestante. En 1559 un parlement de la Réforme spécialement convoqué impose une constitution écclésiastique dont Knox est le chef et l'inspirateur. Il met en place la totalité des structures genevoise avec des diacres chargés de secourir les pauvres, et des anciens qui devaient aider les ministres à faire respecter la discipline consistoriale. 
  
  
Pays-Bas : Au XVIs les Pays-Bas sont sous domination espagnole, et le luthéranisme y a une faible influence. Le calvinisme fait beaucoup d’adeptes dans les milieux populaires, notamment grâce au pasteur wallon Guy De Bray qui rédige Confession Belgica en 1561.  
La lutte pour la liberté religieuse est confondue avec la lutte contre les Espagnoles. Après l’Union d’Utrecht en 1579, le catholicisme y est interdit. Au début du XVIIs un grand débat sur la prédestination est engagé. Elle oppose les partisans d’Arminius, les arminiens ou remontrants, qui atténuent à l’extrême la thèse de la prédestination, aux partisans de Gomarus la défendent avec une grande vigueur. Le débat prend fin avec la synode de Dordrecht en 1618-1619 qui tranche en faveur du calvinisme le plus strict et des partisans de Gomarus, les chefs arminiens sont exécutés ou forcés à l’exil.  Le calvinisme devient religion nationale, jusqu’à la séparation en 1848. 
  
  
Allemagne : Le Calvinisme progresse surtout dans le Palatinat (où fut rédigé le catéchisme de Heidelberg en 1563), et d'où il s'étendit dans les principautés ou villes de Nassau, Hesse-Cassel, Brandebourg. Jean Sigismond (électeur de Brandebourg) devient calviniste mais n’applique pas la loi de cujus regio, ejus regio. Le Calvinisme est reconnu officiellement par les traités de Westphalie en 1648. 
  
Bohême : La Bohême fut d’abord sous influence luthérienne jusqu’au XVII siècle où elle devient calviniste. En 1619, lors de révoltes contre l’empereur c’est un calviniste, Frédéric V que les luthériens placent à leur tête. 
  
Hongrie : Le foyer calviniste est Debrecen. Le calvinisme est diffusé principalement grâce au pasteur Juhasz, surnommé Hélius, qui après 1550 établit le système presbytérien synodal (tjs en place aujourd’hui). Le traité Confessio Hungarica publié en 1557 submerge presque complètement le luthéranisme.  
  
  
2) Diffusion mondiale  et évolution sous diverses formes du calvinisme 
  
Etats-Unis :On considère traditionnellement les pères fondateurs des Etats-Unis comme des colons anglais dissidents de l'Eglise d'Angleterre, des puritains, qui voudraient fonder une Nouvelle-Angleterre plus pieuse. Les Etats-Unis sont créés d'après une base calviniste dans les années 1620-1630. Mais des historiens ont montré que les colons de la Nouvelle-Angleterre étaient en réalité un groupe très hétérogène où un tiers seulement au maximum étaient des puritains. Ce serait leur attachement à la liberté, à l'éducation, et à la fermeté de caractère qui les rendirent chers aux américains. 
On note également la forte présence aux état-unis des baptistes (issus du calvinisme). Ce sont les héritiers des anabaptistes allemands et hollandais, qui connurent à la fin du XVIIIIè siècle un puissant renouveau. Aujourd'hui on compte 21 millions de baptistes aux US (dont témoins de Jehovah, mormons et sectes guerisseuses). 
  
Colonies : A l'image des Etats-Unis, le reste du monde a connu l'influence du calvinisme par le biais des grandes vagues colonisations. On remarque un forte présence de calvinisme en Afrique du sud, Amérique du sud, Australie et Nouvelle-Zélande, Canada. 
  
  
Max Weber dans Ethique protestante et l’esprit du capitalisme 1904-05 établit la thèse selon laquelle l’esprit capitaliste est issu du calvinisme, et explique la supériorité économique des pays anglo-saxons de culture caliviniste et presbytérienne. En effet les valeurs de travail et de simplicité du mode de vie du calvinisme, encouragent des comportements d’épargne qui incitent à la capitalisation. Calvin dit « Or et argent, sont de bonnes créatures, qu’on peut appliquer à bon usage (…) Pourquoi donc en bénéficier ne serait-il pas plus considérable dans les affaires industrielles et commerciales que le revenu de la Terre ? D’où viennent les profits des marchands sinon de leur activité, de leur travail ?». 90% des personnes qui estiment Calvin comme leur ancêtre sont d’origine anglo-saxonne. De plus en dehors de Berlin est, il n’y a pas eu d’implantation communiste là où il y avait une culture calviniste.  
Cependant cette thèse est controversée, car bien que Calvin autorise le prêt à intérêt à Genève, il condamne l’usure, et conçoit le prêt que dans des limites précises et sous le contrôle de réglementation stricte. Calvin est également pour une redistribution permanente des biens, il dit aux riches genevois qu’ils doivent être «  les ministres des pauvres ». Il met en place le diaconat, un des premiers système de sécurité social, qui comporte assistance maladie, vieillesse, et invalidité. Il se préoccupe de la formation des jeunes, de la continuité professionnelle des adultes, et du contrat de salaire. Il semble ainsi impliqué dans un humanisme sociale assez éloigné du capitalisme, mais définitivement proche de notre temps. 
  
  
3) Le Calvinisme aujourd’hui  
  
Monument international de la réformation 
Un monument a été inauguré en 1909 pour le 400e anniversaire de la naissance de Jean Calvin et le 350e anniversaire de la fondation de l'Académie de Genève, à Genève le Monument international de la Réformation, plus connu sous le nom de Mur des réformateurs. Il se site dans le parc des Bastions, il est long d'une centaine de mètres, et est adossé à une partie des anciennes murailles construites au XVIe siècle et qui entourent la ville jusqu'au milieu du XIXe siècle.  
  

  
Témoignage d’un luthérien, 
1 Comment les calvinistes étaient-ils perçus par les Luthériens à leur début ? Comment sont-ils perçus aujourd’hui ? 
2 Quelle est la différence majeure selon vous entre ces deux formes de protestantisme ? 3 Comment les autres vous perçoit il en tant que protestant ?
(4 Si on vous proposait d’unifier et d’accepter les différences  quelle serait votre réaction ?)
5 Quelle image de vous (en tant que protestant) voulez- vous donner ?
6 Pourquoi avez-vous choisi  Luther et pas Calvin ?
7 Ces scissions du protestantisme marque- t-elle  une certaine fragilité ?
8 Quelle est la principale différence entre la personnalité de Calvin et de Luther ?
9 Que pensez-vous du nicodémisme ?
Le principe important sans lequel on ne peut pas comprendre les relations entre les différentes traditions protestantes en Allemagne, c'est le suivant: „Cuius regio eius religio“. L'Allemagne d'aujourd'hui est une république fédérale, un état qui n'a jamais été centraliste ayant p.e. un roi absolutiste comme la France. On a les 16 Bundesländer, une structure qui date du Moyen Âge. Il y avait toujours des princes, des comtes indépendants, dominant leurs territoires.  Quand, au 16ième siècle, les protestants et les catholiques se sont séparés, c'était alors la religion pratiquée par le souverain qui déterminait la religion de ses sujets (par la suite d'un contrat, le „Augsburger Religionsfrieden“). Donc, les protestants en Bavière p.e. sont des Luthériens, ceux de la Basse-Saxe des calvinistes etc. Dans notre région, autrefois appartenant à la Prusse, on est „uni“, c'est-à-dire qu'il y a une religion commune de Luthériens et Calvinistes. C'est la raison pour laquelle les différences, pour nous, ne sont pas perceptibles, même s'il y en a. 
Les différences qui concernent les structures et l'organisation ecclésiale/ l'institution: 
En principe, les différences majeures sont que les Luthériens apprécient plus les hiérarchies, tandis que les Calvinistes favorisent des structures plus démocratiques. Le Le chef des Luthériens est (comme chez les catholiques) un „évèque“. Chez nous, on parle du „Präses“, un mot qui veut transmettre l'idée de „primus inter pares“. 
A part cela, il y a des différences théologiques concernant la messe, la communion et le pardon pour les pécheurs. Les messes calvinistes sont plus „prosaique“, sans „chichi“, il n'y pas de tableaux, parfois pas de crucifix, on chante moins. 
On peut aussi dire que les Calvinistes sont un peu plus politiques que les Luthériens. Sous la dictature des nazis, c'étaient plutôt des Calvinistes qui ont influencé la „résistance protestante“. 
Cette conscience politique est reliée à l'idée qu'il faut assumer la responsabilité du „monde“ et ne pas vivre dans une sorte de tour d'ivoire pour les pieux. C'est une tradition protestante qui mène, aujourd'hui, au fait qu’il y a pas mal de femmes et hommes politiques se référant explicitement à leur foi, leur identité protestante. 
Donc, on peut dire que, pour nous, le nicodémisme joue un rôle mineur. 
Quant  à la fragilité résultant des scissions du protestantisme, il faut dire que cela existe sur le plan des relations ?cuméniques. L'église catholique profite de son universalisme. C'est le Pape qui représente le lien unissant pour les croyants catholiques au monde entier, par son autorité absolu. Les protestants n'ont pas un tel chef commun - ce qui est parfois un désavantage mais qui est du à la conviction que c'est la bible qui est „norma normans“, le fondement de notre foi, et non pas les „Pères d'Église“, les papes etc. 
Le concept théologique qui empêche de mettre en place un „Pape protestant“, c'est l'idée du  „Priestertum aller Gläubigen“. Cela signifie que pas seulement les prêtres, mais tous les croyants sont capables de trouver la „vérité“, de prêcher après avoir étudié la bible. Cette idée avait été élaborée d'ailleurs la première fois par Luther. Dans ce contexte on comprend aussi pourquoi il avait traduit la bible en allemand. 
Ainsi, les protestants n'ont pas besoin d'une église pour leur salut de l'âme. C'est une sorte de „démocratisation“ de la foi. 
Alors je dis souvent à mes élèves (peut-être un peu exagérant) que Luther est un précurseur de la démocratie. 
  
J'espère que j'ai expliqué les idées théologiques et les relations entre les Luthériens et les Calvinistes d'une manière assez compréhensible. 
A mon avis, chez nous, les plus grandes différences existent entre l'église catholique et les „evangelische Landeskirchen“, les églises protestantes dans les Bundesländer qui  se sont rassemblées sous le toit d'une organisation appelée „EKD“). 
  
Kirsten Hinzmann 
  
J'ai étudié théologie à l'université de Bochum et je suis professeur à un collège allemand où j'enseigne „Evangelische Religionslehre“ (la religion protestante). 
„Religion“, une discipline qui peut être une matière d'examen pour passer le bac. 











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MessagePosté le: Mar 26 Fév - 17:17 (2013)    Sujet du message: Publicité

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