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Martin Luther

 
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Kdaka


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MessagePosté le: Mar 22 Jan - 20:07 (2013)    Sujet du message: Martin Luther Répondre en citant

 
  « Une lumière excessive éparpille les idées, tandis qu'un jour faible et douteux recueille les esprits, développe et exalte le sentiment religieux ». thomas More dans l’Utopie décrit une religion atypique, parce qu’elle diffère du catholicisme. On pourrait comprendre dans cette phrase qu’une religion où tout n’est pas établi, où une place est reversée à la réflexion personnelle, est préférable. Le désir de changement est, au début du XVIème siècle, de plus en plus croissant. Des conflits éclatent à de nombreux sujets et s’ancrent durablement dans l’époque. Ce siècle est celui de la Renaissance, un mouvement culturel qui touche tous les domaines de l’action humaine. Un nouveau monde se met en place et de nombreux changements et contestations ont alors lieu. Martin Luther notamment est une des figures importantes qui a contribué à cela. C’est lui qui est à l’origine d’une nouvelle pensée de la religion. Il est l’initiateur de la réforme protestante qui modifie certains aspects de l’Eglise chrétienne. Pourtant, son but n’était pas de fonder une nouvelle Eglise, Il veut que le changement s’opère par l’Eglise elle-même ou par le pape. Comment ce personnage a-t-il alors engagé un tournant dans le Christianisme du XVIème siècle ? Il s’agit d’abord de comprendre qui est Luther. Comment est-il devenu le symbole de la réorganisation de l’Eglise? Et comment la Réforme luthérienne s’est-elle propagée ?


«  Je pense que depuis 1000 ans nul n’a été haï autant que moi ».
    
Martin Luther est né le 10 novembre 1483. Cette période est marquée par de nombreuses épidémies. L’Eglise a donc un pouvoir très étendu, car la souffrance sur terre promet l’accès au Paradis. Cette institution est plus forte que les rois, mais elle est aussi tyrannique. Issu d’une famille catholique, il a un père mineur. En mars 1491, Luther va à la Mansfeld Lateinschule, c’est donc très tôt qu’il se retrouve confronté au latin, qui lui est indispensable par la suite. Luther est enfant de cœur, il associe l’Eglise à un lieu d’harmonie et de paix, s’opposant à l’univers turbulent auquel il doit faire face chez lui. Il ne semble pas à la hauteur des attentes et espoirs de ses parents. En 1497, il intègre les Frères de la vie Commune alors qu’il étudie à l’école de la cathédrale de Magdebourg. Cette communauté prônait déjà une « dévotion moderne » (Gérard Groote), un mouvement de réforme qui se fonde sur les textes sacrés. Luther est clairement influencé par cette expérience. Cette nouvelle spiritualité a pour principe central l’imitation de la vie et de la mort du Christ et prône l’autonomie, l’humilité ou encore spiritualité laïque. En 1498, Luther étudie la rhétorique, la grammaire et la logique. Bien qu’il évoque plus tard ces enseignements comme l’enfer, ils lui sont très utiles par la suite. Craignant le châtiment et l’échec, Luther se rebelle alors. Il entre à l’université d’Erfurt à 18 ans, se passionne pour la musique et obtient finalement une licence d’arts. Il est donc tout à fait logique qu’il poursuive ses études pour devenir avocat. Mais ses amis sont tout pour Luther, c’est pourquoi quand il perd trois d’entre eux en 1505, lorsqu’il a 23 ans, il remet son existence en cause. Les habitants interprètent la peste comme un châtiment de Dieu. Luther, lors d’un orage, pense qu’il ne s’en sortira pas, il passe alors un pacte avec Sainte Anne, patronne des mineurs, et promet de se faire moine. Certains historiens sont convaincus que cet acte n’était pas spontané, mais que Luther avait déjà l’idée de se tourner vers la religion. Il entre dans l’ordre monastique des Augustins, un des plus sévères, où il doit par exemple réciter la messe sept fois par jour, se contenter d’une nourriture frugale. L’isolement du monde permet le salut. Luther se comporte en moine parfait, il mène une vie très dure pour s’identifier au Christ. Plus tard, il affirme toutefois que cette période de sa vie a détruit sa santé. Luther est persuadé qu’il n’atteindra jamais le salut, il est désespéré tant il veut plaire à son père céleste.


À la fin de 1510 il est envoyé en mission à Rome par son ordre. Le voyage dure deux mois. Il veut que cela soit une expérience spirituelle, un moyen de se rapprocher de Dieu. À cette époque Rome est à son apogée. Elle est de plus perçut comme la capitale de l’Eglise et du point de vue occidental c’est même la capital de la chrétienté. Il est subjugué par le sentiment de se trouver dans la ville Sainte. 
Mais il découvre vite l’envers du décor : c’est en réalité la ville d’argent de toute l’Europe. Il est extrêmement déçu. C’est l’affreuse misère morale de l’Eglise qui apparaît devant lui. Il découvre que l’Eglise gagne de l’argent sur le dos des pèlerins et que là-bas. Il perçoit le pape comme l’antéchrist.
Rome, est donc une ville d’argent autant que de religion car la papauté est une institution à concentrer les richesses.
Au début du XVIème : La papauté est un Etat. Le pape dispose de tout ce que peut rêver un grand pape de la Renaissance. Rome a  donc un coté superficiel et ne représente pas du tout  le christianisme que Luther attendait.
En  1511 Il est envoyé à Wittemberg où Joan Von Staupitz (Théologien et prof d’université Allemande) veut l’arracher du désespoir. Il a une grande influence sur lui et sur la réforme protestante. Il propose au jeune moine un poste universitaire  au cours d’étude biblique pour qu’il s’ouvre aux besoins spirituels des autres. Il analyse des écrits dans différentes langues (comme le l’hébreux, le latin et le Grec). À travers ses études Luther réalise que l’homme n’a pas besoin du prêtre, l’institution vise la relation entre l’homme et Dieu, et non pas entre l’homme et L’Eglise.

En 1512 Luther devient docteur de théologie et commence à enseigner les textes de la Bible.  Le grand changement dans sa vie est la période d'étude intensive de l'épître aux Romains  où il comprend que l’homme devient juste seulement par la fois. Il dit d’ailleurs : "En effet la justice de Dieu se révèle dans l'évangile par la foi et pour la foi, selon qu'il est écrit: Le juste vivra par la foi."
Luther prend de plus en plus d’importance et devient prêtre pour l’Eglise de Wittemberg en 1514.

En 1517, Luther, indigné, critique l’attitude du pape et la vente des indulgences à travers ses 95 Thèses sur la vertu des indulgences où il défie ouvertement l’institution la plus puissante de l’époque. L’imprimerie l’aide à diffuser ses idées. Mais ses écrits sont brûlés en 1520 et Luther risque la mort après l’excommunication. Ces menaces renforcent la détermination de Luther, en tant que bon chrétien il doit être prêt à souffrir. Il est à l’origine de la dispute qui a éclaté le 26 avril 1518 dans l’ordre des Augustins de Heidelberg, où il doit expliquer ses Thèses. Luther n’arrive pas à convaincre les membres de son ordre, mais c’est alors que de nombreux partisans vont se révéler, tels que Martin Bucer. Johann Von Staupitz se montre favorable aux thèses de Luther, et s’arrange pour le faire intervenir lors de cette réunion, afin de diffuser les idées du moine. Les autorités ecclésiastiques, inquiètes de la popularité croissante du moine font appel à Rome. Luther n’est pas plus intimidé par le cardinal Thomas Cajetan, envoyé en 1518 par le pape, qu’il rencontre à Ausbourg, qui l’accuse d’hérésie et lui demande de se rétracter. Il répond «Prouvez-moi, par la sainte Ecriture, que je me trompe, et je me rétracterai.». Cajetan se défend et légitime les indulgences mais ne peut apporter aucun élément biblique qui le soutiendrait. Il ne parvient pas non plus à faire dire à Luther qu’il accepte l’autorité du pape. La mission de Cajetan étant un échec, Luther affirme même que le légat du pape est « autant apte à traiter cette affaire qu’un âne à jouer de la harpe ». Le moine est alors condamné à brûler éternellement dans les feux de l’Enfer. Mais Luther possède aussi cette arme qu’est l’imprimerie qui, comme internet de nos jours, empêcher les idées de s’arrêter. Il est en quelque sorte le premier propagandiste de l’Histoire. Une alliance de tout le pays est nécessaire pour résister à Rome, l’argent des Allemands leur est volé pour financer les déplacements du pape. Luther veut en quelque sorte démocratiser la religion, persuadé qu’il y existe un rôle pour tous. Frédéric III, prince De Saxe, fondateur de l’université de Wittemberg se fait le protecteur de Luther en octobre 1518, refuse de le livrer aux agents du pape. Avoir un personnage aussi charismatique sur son territoire est une fierté et assure la renommée. Mais ce n’est pas la seule raison de sa protection, il avait déjà essayé de diminuer le pouvoir de l’Eglise. L’été 1519, c’est le théologien Johann Eck qui s’oppose aux réformateurs à propos de l’autorité de l’Eglise pour la doctrine et les indulgences. Le clivage entre Rome et les luthériens est donc définitif à partir de ce moment. La dispute publique a lieu à Leipzig. Luther y expose ses idées, comme celle selon laquelle il n’existe qu’une autorité légitime, l’Ecriture sainte. Aucun arrangement n’est conclu, le fossé se creuse. Le moine veut aussi plaider sa cause devant l’Empereur à l’Assemblée de la Diète de Worms, une des plus influentes d’Europe. De son côté, l’émissaire du pape rend public la bulle annonçant l’excommunication de Luther dans toutes les villes qu’il traverse dès juin 1520. Cette action est aussi une mise en garde pour ceux qui érigent le moine en exemple. Mais il rencontre plusieurs problèmes, notamment à Erfurt, où les étudiants de l’Université jettent le document dans la rivière affirmant qu’une bulle doit flotter. Il a besoin de l’aide des puissants, il rédige alors Le Manifeste à la Noblesse Allemande en juin 1520, dans lequel il prouve que ses préoccupations sont aussi politiques. Les écrits du moine sont détruits en octobre à Cologne.  Luther brûle publiquement la bulle le 10 décembre et scelle ainsi son destin. Les textes de Luther touchent tout le monde : ils sont illustrés pour ceux qui ne savent pas lire. Les images sont celles d’un pape corrompu, Luther mène une bataille contre le Diable en personne. Dans cette bataille apocalyptique, le moine doit définir un nouveau système de culte, il écrit un autre texte Captivité à Babylone, qui est la cité du mal.


De Worms à sa mort : 

Charles Quint, l’empereur alors au pouvoir adresse en 1521 un sauf-conduit   à Luther qui lui permet de circuler librement dans l’empire. Martin quitte donc Wittenberg en direction de Worms. Le moine excommunié est anxieux et malade mais il ne renoncera pas à son combat : " Si je ne puis aller à Worms en santé, je m’y ferai transporter malade. Car si l’empereur le désire, je ne puis douter que ce ne soit l’appel de Dieu lui-même. S’ils veulent employer contre moi la violence, comme cela est vraisemblable (car ce n’est pas pour s’instruire qu’ils me font comparaître), je remets la chose entre les mains du Seigneur ».
 Les représentants du Pape Caracciolo et Aléandre qui sont chargés de cette affaire sont paniqués car plusieurs milliers de personnes soutiennent le moine, de plus ils lancent des injures furieuses aux représentants. Ces derniers se rendent auprès de Frédéric III, l’électeur de Saxe qui protège Luther et l’aide face à la diète de Worms pour faire brûler les écrits du réformateur. Cependant il n’est pas d’accord. Ils n’avaient pas été assez examinés, assez  discutés pour qu’on eu ce droit.
Le 17 avril 1521, il est conduit devant l’empereur. L’official de Trèves alors chargé de l’interroger lui pose deux questions :
« Reconnaît-il pour siens les ouvrages publiés sous son nom et rétracte t-il, ou non les affirmations qu’ils contiennent ? » à la première demande il répond qu’il ne renie aucun de ses livres. Pour le reste il demande un délai de réflexion à l’empereur qui lui accorde 24h de répit.
Le lendemain, le 18 avril 1521, l’official de Trèves reprend la parole en disant : «  Pas de discussion ! oui ou non, rétractez-vous ? Le moine prononce alors la déclaration fameuse qui se répand dans toute l’Allemagne : « A moins qu’on ne me convainque par des témoignages scripturaires ou par une raison d’évidence, je suis lié par des textes que j’ai apportés ; ma conscience est captive dans les paroles de Dieu. Révoquer quoi que ce soit, je ne le puis, je ne le veux. Car agir contre sa conscience, ce n’est ni sans danger, ni honnête. Que Dieu me soit en aide, Amen ! ». = film
Luther à cet instant inspire la révolte du peuple allemand.
Il quitte Worms le 26 avril protégé par le sauf-conduit impérial et est mis au ban de l’empire.
Le 4 mai, il est enlevé sur la route par des cavaliers aux ordres de Frédéric le Sage pour le mettre à l’abri dans le château de la Wartburg. Où il traduit le Nouveau Testament en allemand, ce qui  constitue une révolution culturelle et religieuse. Enfin chaque homme et femme peut lire la Bible seul, sans la médiation d'un prêtre.
finalement , n’étant pas approuvé par les princes, maître de l’exécution des lois, l’édit impérial ( loi du roi) qui le condamne ne sera pas appliqué.

Mariage :
Une lettre de Luther à Schuldorp du 5 janvier 1526: « Moi aussi, je me suis marié, et avec une nonne (...) Mais je l’ai fait pour narguer le diable et ses écailles, les faiseurs d’embarras, les princes et les évêques. »
Martin Luther se marie alors en 1525 avec la religieuse Katharina Von Bora. Luther a également initié Katharina à l’apprentissage de la Bible.
Luther a eu six enfants et aussi élevé quatre enfants orphelins, la famille des Luther  est devenue un modèle pour les familles allemandes depuis plusieurs siècles. La vie de famille a aidé les Chrétiens  dans les vertus de courage, de patience, de charité et d'humilité.

De 1540 à 1546 Luther continue, malgré son état physique, à prêcher et à donner des cours jusqu'à sa mort. Il termina son dernier cours avec les paroles: "Je suis faible, je n'en peux plus."

Son dernier voyage le conduit à Eisleben, où il était né et où il meurt le 18 février 1546 d’une crise cardiaque. Luther est enterré dans l'église du château de Wittenberg. On peut lire sur sa tombe : «Ici repose le corps de Martin Luther, docteur en théologie sacrée, qui est décédé dans sa ville natale Eisleben dans l'année de notre Seigneur 1546 sur le 18e jour de Février, après avoir vécu 63 ans, 2 mois et 10 jours. »
 


Dernière édition par Kdaka le Mar 22 Jan - 20:22 (2013); édité 1 fois
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MessagePosté le: Mar 22 Jan - 20:07 (2013)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 22 Jan - 20:11 (2013)    Sujet du message: Martin Luther Répondre en citant

II-
Luther a eu la possibilité de réformer l’Eglise car il a pu exposer ses idées dans un contexte favorable et évoluait dans une période où des idées novatrices avaient déjà été proposées.
Les influences : Pierre Valdès au XIIème siècle,  prônait le partage des biens et l’obéissance à Dieu. Il avait fait traduire le Nouveau Testament en provençal. Ses disciples s’opposaient à la vénération de la Vierge Marie, des Saints et au culte des reliques. Leur volonté n’était pas, comme Luther, de former une nouvelle Eglise. Ce mouvement est très important pour ceux qui plus tard veulent un retour à l’Evangile dans sa simplicité.
John Wycliffe, au XIVème siècle, souhaite retrouver la pureté originelle de l’Eglise. Selon lui, une Eglise pauvre correspondait le mieux à l’esprit de l’Evangile et chaque fidèle devait être en mesure de lire les Ecritures sans le biais du clergé. Il critiquait lui aussi la vénération des saints et la supériorité du pape en tant que médiateur en l’homme et Dieu et ses lois qui s’appliquaient à tous sauf à lui. Selon lui tous les chrétiens sont égaux. Luther réussit à lire un des écrits de Wycliffe.
Jan Hus au XVème siècle est influencé par Wycliffe quant à la nécessité d’un retour aux sources de la Bible. Il voulait aussi que l’Eglise redevienne pauvre comme aux origines. La Parole divine contenue dans la Bible était la seule autorité qui devait guider les hommes. Il s’attèle alors à prêcher l’Evangile. Il considérait l’Eglise comme celle constituée partout et de tout temps par les vrais chrétiens vivant selon les principes divins. Elle n’était pas pour lui l’Eglise en tant qu’institution physique Selon lui, le seul chef légitime de l’Eglise devait être le Christ et non le pape.
Ces trois précurseurs sont considérés comme hérétiques et condamnés.
Un mouvement inspire également Luther, originaire des Pays-Bas, celui de la Dévotion moderne, mais celui-ci n’appelait pas une réforme de l’Eglise mais plutôt une réaction du système en place. Les Frères de la vie commune, adeptes de la Dévotion moderne étaient issus du clergé ou des simples laïcs. Ils calquaient leur vie sur celle des premiers chrétiens dictée par le Nouveau Testament (livre des Actes des Apôtres). Les Frères de la vie commune avaient comme occupation principale la prière, accompagnée de la lecture, l’étude et la méditation personnelle de la Bible. Pour eux, une religion fondée sur la peur du Jugement dernier ne pouvait être que néfaste, Dieu n’était accessible que par le cœur. La vie spirituelle était accessible à tous car elle était basée sur l’humilité et la pauvreté. C’est à cause de la Réforme que ce mouvement disparaît au XVIIème siècle.
Luther s’intéresse vraiment aux thèses de ces prédécesseurs grâce à John Eck, qui l’accuse d’avoir les mêmes positions que ces trois pré-réformateurs. Luther étudie alors les écrits de ces hommes. Luther ne s’inspire donc pas de ces thèses, mais les idées auxquelles il attache de l’importance sont déjà d’actualité.

Le contexte : Dans le Saint Empire Germanique, Rome a des pouvoirs très étendus, qu’elle n’hésite pas à utiliser. Mais ce contrôle supérieur est mal perçu, un sentiment anti-romain naît alors. De plus, l’Empire est très fragmenté au temps de la Réforme, ne possède pas de pouvoir centralisé. La Réforme peut se diffuser dans les petites villes, qui représentent chacune un foyer culturel, leur permettant ainsi de s’affirmer face au pouvoir impérial et clérical. Pour les princes des Etats qui constituent l’Empire, adopter la Réforme revient à se détacher du pouvoir impérial. Les différents princes sont rivaux, car certains sont ecclésiastiques et d’autres laïcs.
Les humanistes n’hésitent pas à critiquer l’Eglise, à ridiculiser les religieux. Ils aspirent à réformer l’Eglise sur le plan moral, pour une pratique plus pure de la religion. Ils souhaitent également une liberté individuelle plus importante et se libérer de poids des superstitions et des traditions. C’est pour cela que Luther est soutenu par de nombreux humanistes dans son combat. Les humanistes dénoncent également la scolastique, méthode du Moyen Age enseignée dans les universités, persuadés qu’ils sont capables de comprendre les textes bibliques seuls. L’élite de la population et du clergé découvre vite qu’il y a une différence considérable entre ce qui est écrit et ce qui est enseigné. L’accent est donc mis sur l’importance d’apprendre des langues étrangères telles que l’Hébreu, le Grec, mais aussi les sciences. L’humanisme et sa volonté de retour aux sources (écrits) font naître une nouvelle forme de critique.
De nombreuses tensions naissent au sein de la société, car le fossé entre les riches et les pauvres ne fait que s’accentuer. Une réforme serait donc accueillie favorablement. De nombreuses connaissances scientifiques s’avèrent fausses (Terre est au centre de l’univers), alors pourquoi ne serait-il pas possible de remettre aussi en cause la religion ? Les populations sont sensibles aux moindres mouvements de la religion, car elle est leur seul refuge en cette période où les malheurs s’accumulent.
Le pape ne met pas en priorité l’étouffement d’un mouvement qui serait rebelle. Il a en effet d’autres affaires plus graves à traiter, notamment pour protéger ses terres. A la révolte qui suivit la mort de Jan Hus, le Vatican s’était vu obligé de répondre par un concile, il discutait donc avec les hérétiques afin de trouver un accord avec eux. La Réforme peut alors s’engouffrer dans cette faille. L’Eglise commet de nombreux abus. Les évêques et archevêques sont élus suivant leur fortune par exemple. Les moines sont accusés de jouer et boire, certains ecclésiastiques font remplir leurs devoirs par d’autres personnes non aptes.

 
 2. Il s’agit bien pour le réformateur d’apporter un, ou des changements quelconques à l’ordre religieux existant. Il veut substituer une religion toute personnelle et qui met la Créature (l’homme) directement en face de son Dieu.
 Dans les années 1515, 1516  (les notes du cours sur l’Epître aux Romains le montrent bien) il prend possession réellement de ses idées personnelles. Il veut les communiquer à ses étudiants, aux gens simples, aux théologiens également à ses anciens maîtres. Il va commencer par protester contre l'Église catholique qui, selon lui, abuse de la confiance des fidèles, et plus précisément contres les Indulgences qui à l’époque étaient supposées assurer le salut des Chrétiens.
 
3. Qu’est-ce véritablement une Indulgence ?
Au  sens commun l’indulgence signifie la facilité à excuser, à pardonner quelqu’un.
Dans la religion catholique, cela représente une remise partielle ou totale de la peine attachée au péché. L’Eglise pratiquait à l’époque le commerce des Indulgences. Ce dernier vient de la possibilité dans l'Église catholique romaine d'acheter des indulgences.

L'indulgence peut se présenter sous forme d'acte écrit (cf. l'indulgence signée par Tetzel), ou plus habituellement, (sous forme d'inscription dans un édifice religieux.)
Luther est contre cela et affirme que nous sommes sauvés non par des dons en argent ou des messes dites en notre nom, mais par la seule grâce de Dieu, dont personne ne connaît les choix. Les prêtres ne peuvent pas monnayer l'accès au Paradis en désignant qui peut y entrer.
 



En 1517, une caractéristique des indulgences est renouvelée. La charge de l’Indulgence papale est confiée à Albrecht Von Brandeburg, archevêque de Mayence. Beaucoup d’Etats allemands avaient refusé cette indulgence sur leur territoire, ainsi la Curie Romaine propose à Albrecht Von Brandeburg la moitié de l’argent récolté par la vente des indulgences s’il s’en chargeait sur ses terres. Ce dernier possédait les évêchés d’Halberstadt, Magdebourg et Mayence, et à ce titre il était chancelier d’Empire, autrement dit chef de l’Eglise allemande. En retour il recevait le Pallium, ornement  tissé de  laine blanche d’agneau béni brodé de six croix noires, symbole de l’unité catholique. Il obtenait donc un privilège au même titre que le Pape, les Archevêques remarquables, signe de participation à l’autorité pontificale. Tetzel fait appliquer ce système, au nom d’Albert de Mayence (= Albrecht Von Brandenburg). Tetzel, prêtre dominicain allemand, vend le plus d’indulgences possible afin de construire la basilique Saint-Pierre de Rome. Il n’hésite pas à accentuer la douleur éprouvée au purgatoire afin de vendre plus d’indulgences. Il déclare même « dès qu’une pièce tombe dans le tronc, une âme s’envole du purgatoire » (« Sobald das Geld im Kasten klingt, Die Seel’aus dem Fegfeuer springt! »). Tetzel offrait quatre grâces : la rémission plénière de tous les péchés et celles qui devaient être subies au purgatoire, puis celle permettant d’être libéré d’un vœu prononcé sans assez de réflexion. L’indulgence participait aux biens spirituels de l’Eglise, elle pouvait être enfin utilisée pour les âmes du purgatoire.
Luther émet alors plusieurs reproches importants. Il aurait placardé  ses Thèses le 31 octobre 1517 sur la porte de l’église du château de Wittemberg. La date de l’avant-veille de la fête des morts était idéale car beaucoup d’indulgences étaient vendues pour libérer l’âme du purgatoire. Luther envoie ses Thèses à l’archevêque de Mayence pour lui demander d’agir. Ces dénonciations devaient mettre en place un débat au sein de l’université de Luther, les Thèses étaient écrites en Latin, langue que le peuple ne comprenait pas. Cet acte n’est pas provocateur, en effet l’auteur ne fait que rappeler les origines des indulgences établies par l’Eglise. C’est les étudiants de Luther qui vont traduire les Thèses en Allemand, à l’insu de leur auteur et lancer la diffusion dans le pays.

Selon Luther, l’indulgence est une fausse repentance, fait croire à une sécurité qui est illusoire. C’est un acte inutile, car le pénitent devrait accepter sa faute et ainsi assumer sa punition, s’il était vraiment tourné vers Dieu. C’est ce qu’il va démontrer dans la première thèse : «En disant : Faites pénitence, notre Maître et Seigneur Jésus-Christ a voulu que la vie entière des fidèles fût une pénitence. » Il appuie son propos avec la thèse 40 : « La vraie contrition recherche et aime les peines ; l'indulgence, par sa largeur, en débarrasse, et à l’occasion, les fait haïr. » Elles ne sont pas dignes de confiance mais Luther ne rejette pas le principe. Il va même jusqu’à affirmer qu’il souhaite l’excommunication à celui qui critiquerait la vérité de l’indulgence papale. C’est l’utilisation abusive qu’il dénonce, qui fait croire que toute peine est pardonnée par leur simple achat.  Selon lui, un Chrétien agit mieux s’il donne de l’argent aux pauvres que s’il achète des indulgences. L’indulgence est un danger, car elle peut faire oublier au Chrétien d’être charitable.  A la thèse 36, Luther affirme clairement que les indulgences sont inutiles pour que la peine soit remise : « Tout Chrétien vraiment contrit [repentant] a droit à la rémission entière de la peine et du pêché, même sans lettre d’indulgences. » La rémission (pardon des pêchés, remise de peine) prononcée par le pape n’est pas certaine, elle n’est qu’une « annonce de la rémission divine ». Ces critiques visaient tout d’abord un débat. Luther considère assez vite l’autorité du pape comme celle d’un homme politique. Selon lui, le Trésor de l’Eglise était le Christ lui-même. Cette affaire des indulgences n’est qu’un prétexte permettant à Luther de s’opposer à l’autorité du pape. C’était l’occasion qu’il attendait en quelque sorte. L’expression de ses opinions n’est donc pas un acte anodin ni pris à la légère, mais longuement médité. Il répond de plus dans ses Thèses aux questions que la population se posait. Dans les 95 Thèses, il pointe du doigt le pouvoir trop étendu du Pape, cette « commercialisation » du pardon et considère les prêtres comme un frein à la communion avec Dieu. Il veut rétablir la vérité. L’adhésion de 95 Thèses est massive car la taxe des indulgences est humiliante pour les Allemands, qui voient un tiers des  ressources de leur pays partir pour Rome. L’humaniste Ulrich Von Hutten affirme que le pape vend le ciel, qu’il ne possède même pas, et trompe ainsi les Chrétiens. D’autres esprits se questionnent quant à l’efficacité de l’indulgence pour les morts, car celle-ci ne se délivre normalement qu’après confession. Le pape devrait enfin, par charité chrétienne, libérer gratuitement les âmes du purgatoire.
Tetzel réplique alors et brûle les thèses de Luther.  Ce dernier envoie au pape un commentaire de ses thèses, les Explications, mais va finalement encore plus loin. Il ne reconnaît plus les saints ni leur trésor.
L’affaire des indulgences constitue le prélude, l’ouverture du drame de la Réforme.
 


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Kdaka


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MessagePosté le: Mar 22 Jan - 20:25 (2013)    Sujet du message: Martin Luther Répondre en citant

Luther écrit en 1522 : «  je pense que j’ai fais une réformation ». Les critiques émises par Luther sont comme libératrices par rapport à l’exploitation de la crédulité populaire. Quatre groupes sociaux diffusent la Réforme. Il s’agit tout d’abord du clergé de nouvelle génération (moines et séculiers) intéressés par l’humanisme. Ils sont des « soldats » de la Réforme. Cette dernière est ensuite introduite à la demande des couches aisées de la société, une bourgeoisie des corporations. L’anticléricalisme est toujours croissant. La noblesse est aussi atteinte (Ulrich Von Hutten). La Réforme est même rebaptisée « le Pur Evangile ». Elle se diffuse enfin à la campagne au niveau social.
Le mot protestant voit le jour lors de la deuxième Diète de Spire en 1529.  Six princes et quatorze villes refusent de se soumettre à Rome et n’appliqueront donc pas les décrets quant aux libertés religieuses des princes. Ils affirment alors « nous protestons ».
En 1525, une messe allemande est mise en place. La langue allemande se développe alors. Le caractère traditionnel de la liturgie (déroulement de la cérémonie religieuse) est conservé. Le sermon est un élément central du culte. Mais cette messe possède une particularité, les cantiques se multiplient afin de donner un fort élément émotionnel.
Luther s’oppose contre de nombreux aspects de l’Eglise de son époque. Il juge le célibat obligatoire contre nature. Ainsi, le pasteur protestant vit dans le monde, mais se doit d’être irréprochable, car il doit être un exemple pour la communauté. Il désacralise le mariage sans le dévaloriser. Bien que contre le divorce, il le permet dans certaines circonstances (adultère, refus du devoir conjugal), interdiction absolue dans l’Eglise romaine.
La doctrine de l’Eglise selon Luther peut se résumer par la formule : « sola fide, sola gratia, sola Scriptura », la foi seule, la grâce seule et l’Ecriture seule ». Selon les Réformateurs, le séjour au purgatoire n’est qu’une invention, la Bible n’en fait aucune allusion. D’après eux, la seule foi en la mort sacrificielle du Christ suffit au salut, alors que, du temps de Luther, la démarche est bien plus complexe, comporte de nombreux rites. Pour Luther, l’homme est à la fois juste et pécheur, juste ne signifie pas parfait, mais il cherche toujours à changer. La Sola Fide suppose donc que la foi soit le seul moyen d’être réconcilié avec Dieu puis d’être sauvé. Le pécheur doit placer sa confiance aveugle en Dieu pour être sauvé. S’il ne le fait pas et qu’il mène des bonnes œuvres, alors cela signifie que sa confiance en Dieu n’est pas totale. La loi contenue dans les Dix Commandements a pour rôle de faire prendre conscience l’homme de son péché pour le conduire à la repentance.
La Sola Gratia établit que Dieu témoigne son amour pour l’homme par la grâce. Cette dernière est la seule à pouvoir le sauver, il ne peut s’agir de l’Eglise ou du mérite. Cette conception du salut est propre à la religion protestante.
La Sola Scriptura place l’autorité exclusive de la Parole de Dieu au dessus de tout. Les autorités humaines sont exclues. L’Ecriture est aussi la seule à pouvoir agir dans le cœur de chacun. Ce principe est le point de départ de la Réforme.
Le sacerdoce universel est un autre principe fondamental du protestantisme. Il consiste en l’égalité spirituelle de tous les croyants, qui sont tous prêtres selon Luther. Le simple fidèle doit se soucier de son prochain, le pasteur de la communauté. Le rôle de l’Eglise est ici complètement remis en question, elle n’est plus un intermédiaire entre Dieu et le croyant. Elle n’apparaît plus comme infaillible, et encore moins la seule à pouvoir interpréter les Ecritures.
L’idée de liberté de conscience fait aussi son apparition. La liberté chrétienne relève du domaine spirituelle. Elle découle des principes du sacerdoce universel, du salut par la foi seule et du retour constant aux Ecritures.
Luther définit une Eglise qui est invisible, « L’Eglise ce n’est ni du bois ni de la pierre, elle n’est pas liée à un lieu, une personne ou un temps ». Elle est une assemblée dont le chef doit être le Christ. Sans bâtiment, les croyants se regroupent autour de la Bible, un rassemblement peut avoir lieu en extérieur. Les deux sacrements reconnus par cette Eglise sont le baptême et l’eucharistie. La vie ecclésiale est beaucoup plus souple, des sacrements peuvent même être administrés dans les domiciles privés.

Les répercussions :

La Réforme est l'occasion pour certains groupes sociaux d'exprimer leur mécontentement.
Au-delà du domaine religieux, certains s’approprient la révolution de Luther pour l’utiliser pour leurs revendications personnelles ou collectives. Ainsi, en 1522, les paysans se révoltent avec une grande violence. Luther n’arrive pas à les contenir, ils recourent à la force malgré ce que le moine préconise. Il refuse que la Bible soit ainsi utilisée dans le domaine social et économique. Il va même jusqu’à encourager la répression des paysans par les armes, celui qui tue l’un d’entre eux accomplit une bonne action. Ces propos qui ne lui ressemblent pas choquent les nobles, qui pour certains abandonnent Luther par la suite.

Dès 1520, le terme de « luthériens » apparaît pour désigner ceux qui adhèrent à sa doctrine.
Le rôle de l’image, glorifiant le Réformateur et ridiculisant férocement la papauté, est également très important. Parmi les artistes allemands, c’est Lucas Cranach l’Ancien qui met le plus fréquemment son talent de graveur au service de la propagande luthérienne.

Dans les pays germaniques, le succès est immense. C’est la réponse apportée à une attente proprement religieuse, relative à l’angoisse face à la mort et au salut, qui suscite surtout l’adhésion. Les représentants de quatorze villes de Haute Allemagne, parmi lesquelles  Strasbourg et Nuremberg, se joignent au mouvement. Des ordonnances ecclésiastiques sont émises dans chaque Etat, la première étant conçue en Saxe dès 1528 par Luther et Philippe Melanchton, son plus proche collaborateur. C’est lui qui en 1530 rédige la confession  d’Augsbourg, une confession de foi qui doit être officiellement présentée à l’empereur par les princes «  protestants » lors de la diète d’Augsbourg.

Hors des pays germaniques, c’est par l’intermédiaire des écrits latins et des traductions mais aussi par les universités que la diffusion s’opère. En France la pénétration s’effectue des 1519. Si quelques grandes villes sont touchées comme Toulouse, Montpellier, Paris, Lyon ou Rouen, l’impact demeure toutefois très limité. Au Pays-Bas, c’est la vigueur de la «  devotio moderna » qui a favorisé l’impact.
 A partir de 1520, des traductions néerlandaises des œuvres de Luther circulent, mais la répression ordonnée par Charles Quint empêche la réelle installation de communautés de type luthérien.
En Angleterre, c’est dans le milieu universitaire aussi que, dès 1519 certains écrits sont diffusés en anglais à partir de 1525 (traducteur : William Tyndale). Mais la aussi la vigilance des autorités freine la percée des nouvelles idées.
(C’est également en 1519 que les écrits luthériens pénètrent en Italie par le biais d’ouvrages en latin et de quelques rares traductions.)

La Scandinavie est après l’aire germanique, la région la plus réceptive au message luthérien.


    Dès les premières années, la réformation est divisée. Des critiques apparaissent déjà, notamment sur la question de l’eucharistie. (le corps de Jésus-Christ, n'était plus que dans le ciel, et ne pouvait être autre part)
Ulrich Zwingli réussit à imposer ses vues et s’impose à Zurich. Zwingli se différencie de Luther sur plusieurs points qui sont publiés dans son œuvre majeure le  commentaire sur la vraie et la fausse religion. le point le plus important est la négation de la présence réelle lors de la Cène qui n’est pour lui, qu’une commémoration de la Passion. Zwingli et Luther n’ont jamais réussi à s’entendre.
A Strasbourg, en 1529, c’est Martin Bucer, dont les théories se situent à mi-chemin entre Luther et Zwingli, qui permet aux idées nouvelles de triompher. En 1530, la diète d’Augsbourg permet de mesurer ces divisions. Trois confessions différentes y sont présentées à l’empereur, qui les rejette toutes. Bucer est le plus ardent partisan d’un accord. Il veut le rapprochement entre luthériens et Zwingliens. C’est finalement grâce à la signature de la formule de Concorde, en 1577 que l’union peut se réaliser autour du luthéranisme. Le mouvement réformé se développe alors et inspire même à une réformation originale, «  une seconde réforme », initiée par Jean Calvin.

En 1534 les liens qui unissent  Jean Calvin à l’Eglise catholique se brise. En renonçant aux bénéfices de l’Eglise il manifeste un désir de rupture. Sa pensée s’articule autour d’un double principe fondamental : sola fide, sola scriptura. Comme Luther il proclame que la foi seul suffit au Salut. L’autre point commun avec Luther ; la conviction que l’Ecriture est la seule source de la vérité révélée. En revanche, sur la question cruciale de l’eucharistie (la communion), Calvin se distingue non seulement de Luther mais aussi de Zwingli et du catholicisme.  Pour lui la présence réelle est uniquement spirituelle et non corporelle.
(La France est le lieu de diffusion privilégié de la doctrine calviniste).

Cependant les choses se clarifient définitivement en Angleterre avec le règne d’Elisabeth Ière qui début en 1558. Dès son avènement elle rétablit l’acte de suprématie (de 1534) qui sépare l’Eglise d’Angleterre de Rome et en 1563 la doctrine de l’Ecclesia Anglicana est définit. Ce texte se rapproche des positions de Calvin, notamment sur la question de l’eucharistie, sur d’autres, sur d’autre il est d’inspiration luthérienne. Enfin la liturgie (le rite de la messe)  reste marquée par la tradition catholique. C’est une via media, compromis entre les diverses confessions.

Cette  Réforme a donc conduit à l'édification d'une pluralité d'Églises liées à des cultures et à des territoires distincts.


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Kdaka


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MessagePosté le: Mar 22 Jan - 20:26 (2013)    Sujet du message: Martin Luther Répondre en citant

Conclusion :

Dans le sillage de Luther, toute une génération de Réformateurs s’engage dans le combat pour le triomphe des idées nouvelles. En accord avec l’initiateur du mouvement, car fidèle aux attentes de l’époque, la réforme évolue et se propage sous différents pôles. La révolution aux excès de l’Eglise lancée par Luther ne se termine pas à la mort de celui-ci. Sa réforme est en effet cyclique, car tout croyant peut se sentir perdu au cours de sa vie. Il lui est alors nécessaire de revenir aux sources, aux écrits. Les artistes contribuent aussi à faire perdurer le mouvement, notamment Rabelais dans Gargantua. Il y décrit une abbaye plus libre, sans hiérarchie, où l’éducation occupe une place importante toujours guidée par la volonté divine. Rabelais avait écrit dans Pantagruel : « Je ferai prêcher ton Saint Évangile purement, simplement et entièrement, si que les abus d'un tas de papelards et faux prophètes, qui ont, par constitutions humaines et inventions dépravées, envenimé tout le monde, seront d'entour moi exterminés."  


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:05 (2017)    Sujet du message: Martin Luther

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