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La musique et la danse pendant la Renaissance

 
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MessagePosté le: Sam 12 Jan - 10:49 (2013)    Sujet du message: La musique et la danse pendant la Renaissance Répondre en citant


Le terme « Rinascita » apparaît pour la première fois dans l’ouvrage du musicien Giorgio Vasari, Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes italiens en 1550, mais il est utilisé à partir de Jacob Burckhardt pour désigner l’art des XVè et XVIè siècles en Italie. Ce terme désigne une nouvelle naissance basée sur la rencontre avec l’Antiquité, et le mépris de certains envers le Moyen Age et le peu d’importance que la religion donnait à l’homme en tant qu’individus pendant cette période. Les foyers de création artistique de la Renaissance sont d’abord l’Italie et l’Angleterre vers 1400 avec respectivement Ciconia et Dunstable, puis la France, les régions franco-flamandes et la Bourgogne. À l’image de tous les arts, la musique et la danse sont en essor aux XVème et XVIème siècle. Afin de comprendre ce développement artistique, nous vous présenterons d’abord les héritages et les facteurs de l’art pendant la Renaissance, puis la démocratisation de la musique et de la danse, et enfin ce à quoi ce développement dans l’art donne naissance.



I – Les héritages
1) Les facteurs d'un renouveau dans l'art 


Certains éléments liés à la Renaissance vont permettre le développement des arts. L'invention de l'imprimerie en 1455 et l'édition imprimée des premières partitions de musique modifie les goûts littéraires et musicaux, et participent à sa diffusion dans toute l'Europe et auprès d'autres milieux sociaux. L’impression musicale inventée par Hahn à Rome en 1476 en musique classique, de même que l’invention des tablatures (méthode de notation abrégée pour les instruments à clavier ou à cordes pincées) vont permettre une meilleure diffusion des œuvres, on assiste donc à un fort développement dans l’art, qui s’accompagne de l’apparition de nouvelles techniques, comme la polyphonie, l’utilisation de tierces et de sixtes en plus des quintes et octaves de la musique médiévale ou la création de l’accord, de nouveaux styles de chansons, des instruments, tels que le violon et la viole qui se perfectionnent dans la deuxième moitié du XVIe siècle, et en Italie se forge un premier vocabulaire chorégraphique et les théories  de cet art. Au XIVe, XVe siècle, en Italie, sont rédigés les premiers traités de chorégraphie, ces ouvrages vont commencer à décrire les formes chorégraphiques, leurs pas et leurs mouvements (avant, vue approximative, par les sculptures, les fresques, les tapisseries, ou par des descriptions dans les poésies et les romans). Ainsi « L’ Orchésographie » (édité́ en 1588) de Thoinot Arbeau a gardé les traces de ces danses et donne une idée de l’évolution du ballet.
 
De nouvelles idées font leur apparition, et on peut dire que la Renaissance a été fortement influencée par la pensée humaniste, inspirée de l'étude des classiques grecs et romains (Virgile, Ovide, Cicéron...) devient à la mode. Avec ce retour apparaît le concept d'un homme universel et individualiste qui se distingue par ses talents. L’homme commence à s’intéresser à lui-même pour lui-même. On peut dire qu’il acquiert plus d’indépendance par rapport à Dieu.
Alors que depuis sa naissance, le christianisme imposait une discipline rigoureuse à la pratique musicale et considérait la musique comme un moyen de prière (chant grégorien), les humanistes de la Renaissance remettent en cause l’Eglise romaine et les différentes réformes religieuses s’accompagnent d’une évolution des formes musicales.
Le compositeur devient un génie guidé par une force créatrice intérieure, et le statut des musiciens évolue. Attachés au service des cours princières ou protégés par les aristocrates, ils participent à la valorisation de leurs mécènes à cette époque où les arts deviennent un signe de pouvoir et de richesse. La multiplication des cérémonies publiques favorise le développement de la musique instrumentale. Comme la musique et la poésie, la danse fait partie de la bonne éducation, on s’y initie dès l’enfance. Bien danser, savoir chanter et jouer d’un instrument permettaient de tenir avec grâce et dignité́ son rang dans la société́ ; le fait d’être particulièrement habile dans l’un ou plusieurs de ces arts était un moyen important d’accéder à une position sociale.




2) Un retour à l'Antique 


En 1571, Jean-Antoine de Baïf fonde avec l’appui de Charles IX une Académie de musique et de Poésie fréquentée par des poètes de la Pléïade (Ronsard, Jodelle) et des musiciens (Claude Le Jeune, Mauduit), des humanistes, des savants, des instrumentistes et des chorégraphes. Cette élite intellectuelle est hantée par l’Antiquité et souhaite une musique et poésie à la manière des Grecs et des Latins. 
Franchino Gaffurio était un théoricien de la musique, il a participé à un renouveau de la pensée sur nombreux éléments techniques musicaux ( les diapasons, les relations mot-musique…), et ce en se basant sur des textes grecs.
La polyphonie, qui se développe au XVème siècle, est contestée par les admirateurs de la poésie ou de l’art antique, qui lui préfèrent une voix seule dont le chant est accompagné par une simple lyre. Le fait que la polyphonie soit ainsi contestée à la Renaissance démontre un retour à la simplicité de l’art musical antique. 




3) L'héritage médiéval 


En occident et principalement en France, en Italie, en Angleterre, parler de la danse à la Renaissance revient à parler d’un mode d’expression à un moment de transition dans son histoire, entre bal et ballet.
Entre 1400 et 1600, la danse conserve des caractéristiques issues du Moyen Age mais commence à évoluer vers le Ballet, en même temps qu’apparaissent des espaces de danse très différenciés.
La danse est associée aux fêtes, civiles et religieuses, paysannes ou nobles, mystères, entremets.
Dans les petites cours du sud de la France, au XIIe et XIIIe siècle, aux côtés de la musique et la poésie, la danse se trouve au coeur de l’art courtois (l’art de faire la cour). Après le festin de plus de 500 plats et le récital des jongleurs, 200 violes ouvrent le bal. Il ne nous reste rien des figures que les danseurs dessinaient au sol. Ce ne sera qu’au XIVe, XVe siècle, en Italie, que sera rédigé́ le premier traité de chorégraphie,  sont alors notées les qualités que requiert cet art. Au XVIe siècle, elles sont notées, décrites notamment par Thoinot Arbeau. Ces danses d’origine essentiellement populaire ont été́ reprises par les nobles ; ainsi elles composent le bal de divertissement qui suit le Ballet du Roi et de la Reine.
En musique, le XVe siècle et le XVIe siècle se situent à la fois en continuité́ et en rupture avec le Moyen Âge. C’est l’apogée d’un style vocal polyphonique, à plusieurs voix, lié aux rites religieux tandis que se forment plusieurs genres nouveaux qui annoncent l’essor de la musique profane : les madrigaux, chansons à quatre voix et les œuvres instrumentales. Les instruments à vent jouent pour les bals : hautbois, cornets, sacqueboutes, et à partir de la moitié du XVIe siècle, les violons apparaissent, ils vont devenir les instruments de prédilection pour la danse mais les vents tiennent encore leur partie à l’époque d’Henri IV.
Les musiciens (appelés ménétriers ou troubadours) sont de formation ménétrière. Les musiciens de la Chambre du roi reçoivent une formation où la transmission orale des airs tient une grande importance. Ces musiciens ont une grande habitude de mener le bal que ce soit à la cour ou en dehors de la cour.
- Faute d’instruments, il reste la chanson pour mener le bal. La tradition est ancienne et bien établie dans les milieux populaires mais aussi à la cour.
Certaines danses sont issus du Moyen Âge et ont connu des évolutions au travers de la Renaissance, parmi celles-ci on peut citer par ex :
Carolesbranles, courantes, passe-pieds (danses collectives en ronde ou farandole), gaillardes, voltes (danses de couples) sont pratiquées dans les fêtes (noces, ...).
La Carole est certainement la forme de danse la plus répandue au Moyen Âge. Tout le monde danse la carole, jeunes et moins jeunes. Elle est pratique courante chez les bacheliers (désigne d'abord un chevalier ne conduisant pas d'hommes au combat, puis un jeune noble pas encore chevalier et par analogie un étudiant avancé), occupe une place importante dans les noces, les tournois, toutes les occasions importantes.
La carole se présente généralement sous forme de chaîne ouverte ou fermée. On y trouve danseurs et danseuses, même si les femmes y occupent une place prépondérante. L'initiative de commencer la carole leur appartient, et ce sont elles qui chantent pour mener la danse. Les caroles accompagnées aux instruments de musique sont plus rarement attestées.
La Gaillarde : apparue vers 1480, elle succède à la Pavane dans les suites de danse. Le cortège de la pavane se désorganisait et en général les hommes seuls se lançaient dans la gaillarde en y montrant leur habileté, les femmes les relayaient en choisissant elles- mêmes leurs partenaires : jeu de technique et de virtuosité, la gaillarde était aussi un jeu de séduction.
La gaillarde est une haute danse, une danse de couple, rapide, qui se mesure en rythme ternaire. C’est une danse au caractère individuel et qui comprend des éléments d’improvisation (figures).
Face à la solennelle basse danse, elle gagne rapidement du terrain et devient une danse de bal très appréciée au XVIe siècle, et se répand dans toute l'Europe entre 1550 et 1650.
Le branle : traditionnellement, c'est d'abord une danse en chaîne ouverte ou fermée, avec des oscillations des danseurs d'un côté puis de l'autre. Au XVIe siècle, la part des branles occupe de plus en plus de place dans les éditions musicales.
A l'époque, ces danses font partie du répertoire de la bonne société. Quant aux milieux populaires, on peut tenir pour assuré qu'ils dansent eux aussi des branles, mais nous n'avons pas d'écrit à ce sujet.
Au XVe siècle, le branle est l'un des pas constitutifs de la basse danse, ainsi que le nom d'une famille de danses dont l'origine remonte aux rondes du Moyen Âge.
Aux XVIe et XVIIe siècles, les branles se diversifient et désignent un ensemble de danses collectives en chaîne ouverte ou fermée, progressant latéralement à gauche, de mesure binaire ou ternaire.
2 pas de base :
- branle simple : deux pas de taille normale sur la gauche, un petit pas sur la droite, après chaque pas, les pieds sont joints.
- branle double : deux pas de taille normale sur la gauche, deux petits pas sur la droite.
Le branle simple s'adapte à un rythme à trois temps et le branle double à un rythme à quatre temps.
 
II- Des arts qui se démocratisent 
1) Le développement artistique et culturel 


Le nombre de musiciens augmente à une vitesse telle qu’on ne peut contester l’idée que la musique prend une place importante dans la culture de la renaissance.
Dans une Italie morcelée en petits états, les premiers maîtres de danse font leur apparition dans des cours, où ils enseignent la danse mais également les bonnes manières et l’étiquette : la danse est un art esthétique, elle est liée à la bonne éducation. Domenico da Piacenza est l’un des premiers professeurs de ce type de cours, il écrit De arte saltandi et choreas ducendi, le premier traité manuscrit de ces cours de danse et de bonnes manières. Ses disciples travaillent pour des seigneurs italiens, et leurs ouvrages permettent de retracer l’évolution de la danse italienne et du ballet.
Le fait que l’humanisme tende à démocratiser la culture dans des domaines variés apporte à l’art un essor considérable, car, au même titre que les autres, la musique et la danse deviennent plus abordables, ainsi les techniques, les instruments et les styles se diversifient.
Par exemple, en plus du branle et de la basse danse déjà existantes, le XVIème siècle voit émerger en France l’Allemande, la Courante, la Pavane, et autres danses de couples.
Les types de musiques sont également en essor ; la polyphonie atteint son apogée à partir d’Ottaviano Petrucci qui imprime la première partition polyphonique. Pourtant elle est contestée par les musiciens poètes plus attachés à la simplicité du lyrisme, et cela prouve comme les musiciens de cette époque ont pu choisir parmi des styles très variés.




2) Musique vocale, musique instrumentale


Dans la musique vocale, il y a tout d’abord l’impact des mouvements religieux, qui prônent une musique épurée, engendrant un nouveau rapport texte/musique. En Allemagne, la Réforme influence la musique vocale avec Luther (1483-1546). Ses cantiques, appelés chorals sont chantés en langue vernaculaire, à l’unisson dans le culte protestant et favorisent le chant collectif accessible à tous.
Après le Concile de Trente, le catholique Giovanni Da Palestrina (1526-1594) revient à une musique vocale "a cappella", sans accompagnement instrumental, qui mêle pureté́ mélodique, science du contrepoint et intelligibilité́ du texte. Il laisse un grand nombre d’œuvres religieuses : messes, motets, livres de psaumes, OffertoiresMagnificat.
Son contemporain Roland de Lassus (1532-1594) se distingue autant dans la musique religieuse que dans la chanson profane. Par son œuvre immense, il reste le musicien le plus illustre de la Renaissance. Son écriture polyphonique, en particulier dans ses motets, marque l’évolution vers une conception plus épurée, harmonique de la musique.
La musique vocale aussi marquée par une influence humaniste (essor de la chanson populaire, expressivité musicale, nouveau rapp texte/musique).
 
On sait que dès le Moyen Âge, les troubadours, les trouvères utilisaient des instruments de musique, au moment de grands évènements et dans les châteaux, pour l’accompagnement de la voix ou de la danse. Les instruments s’associent de manière plus fréquente à la musique vocale, dans les offices religieux comme dans les manifestations païennes.
 
Au XVIe siècle, les voix ne jouent plus un rôle exclusif, et la musique instrumentale acquiert vie et indépendance. Peu à peu, le répertoire s’enrichit d’œuvres originales. Après plusieurs variations de l’orgue, le grand orgue, d’abord instruments d’accompagnement, apparaît dans les cérémonies où il joue un rôle important. Les artistes découvrent ses possibilités techniques, d’abord en Allemagne, puis en Italie. Un nouveau système de notation appelé tablature (elle représente, par un schéma, le placement des notes sur le clavier ou sur le manche d’un instrument à cordes), tenant compte des améliorations apportées aux instruments, s’instaure.
Avec l’orgue, le luth, sorte de guitare à 5 cordes, d’origine égyptienne, connaît une grande vogue, notamment à la cour de François Ier. Dès la seconde moitié du XVIe siècle, le violon et la viole acquièrent une importance de plus en plus grande, et se perfectionnent. En Angleterre, l’épinette primitive (instruments à clavier, ancêtre du clavecin) prend le nom de virginal, et attire les compositeurs.
À la R, la musique vocale va se diversifier, il y aura des modifications (apogée de la polyphonie, élément important de la musique vocale à la Renaissance), mais c’est évidemment l’essor de la musique instrumentale qui est la plus marquante à cette époque ; la R permet la création, le perfectionnement de nombreux instruments :
 
- la viole de gambe : instrument de musique à cordes et à frettes joué à l'aide d'un archet. Ces nouvelles violes fleurirent un peu partout sur le sol fertile de la Renaissance italienne, et, au début du XVIe siècle, un nombre considérable de traités (à une époque où l'impression des livres était extrêmement chère), contribua à la rapide diffusion et à l'immense popularité du nouvel instrument.
- le violon : instrument de musique à cordes frottées, il apparaît dans les années 1520 aux environs de Milan, en Italie. Il fut très vite popularisé, et occupa une place importante dans la musique classique occidentale. Le violon se répand ainsi à travers l'Europe, à la fois comme instrument de rue, populaire, et comme instrument apprécié de la noblesse.
- la chalemie : instrument à vent à anche double, de la famille du hautbois, très répandu au Moyen Âge et à la Renaissance, à tonalité haute, que l'on utilisait le plus souvent en plein-air.
- la cromorne : instrument de musique à vent à anche double, populaire à la Renaissance, il disparaît progressivement.
- le cornet à bouquin : instrument de musique à vent de la famille des cuivres, ses moments les plus féconds se situent entre la fin du XVIe siècle et le milieu du XVIIe, principalement en Italie du Nord et en Allemagne. À la Renaissance, le cornet à bouquin devient l'instrument-roi pour l'interprétation des parties de soprano – aux côtés du violon, seul capable de rivaliser en virtuosité avec lui et qui finit par le supplanter. Cet instrument disparaît progressivement au début du XVIIIe siècle.
- la sacqueboute : instrument de musique à vent, ancêtre du trombone, son répertoire s'étend de la musique médiévale jusqu'à son apogée à Venise au siècle d'or. Avec le cornet à bouquin, ils étaient reconnus comme les instruments les plus aptes à imiter la voix humaine. La sacqueboute est un des instruments incontournables de la Renaissance et des débuts du style baroque dans l'Europe entière. Sa période d'utilisation maximale se situe approximativement entre 1550 et 1650, principalement en Italie du nord, en Allemagne et en Espagne. 

Musique espagnole, luth (1500-1580) : http://www.youtube.com/watch?v=XJIkXSNfsIo



3) L'incroyance : développement de la musique profane 


Mais les formes profanes se multiplient : chanson française, Madrigal italien (comme chanson française, mais très raffiné et expressif) ou le tenorlied allemand (polyphonie vocale et instrumentale).La musique religieuse a toujours son importance ; les motets sont principalement des textes religieux, des extraits de la Bible, et les rares motets profanes sont solennels et graves.
Le plain-chant liturgique est remplacé par le thème d’une chanson profane : la musique religieuse est parodiée, le chant « L’homme armé » par ex, qui a plus de 30 adaptations parodiques. Le concile de Trente s’oppose à ce procédé.

Le beau n’est désormais plus absolu et divin, mais subjectif et humain, c'est-à-dire qu’il a pour fin de « plaire, et d’émouvoir en nous des passions variées » (Descartes, Compendium Musicae, 1618) et non plus de reflèter l’harmonie de la Création.
Mais le chant religieux vise aussi l’émotion : a Cappella, mélodie grégorienne, a la liberté du plain-chant syllabique (une note par syllabe) ou mélismatique (plusieurs notes par syllabe)

http://www.youtube.com/watch?v=lWwzXQ5RueI (motet à six voix interprété par Huelgas Ensemble, exemple de musique polyphonique)




III - Un tournant artistique 
1) L’attirance pour l’Antiquité – et en particulier le lyrisme de l’art antique - apporte la formation de l’art classique :


Vers la fin du XVIè, les musiciens attirés par l’art lyrique souhaitent redonner au poème la place prépondérante qu’il occupait dans le drame grec et qu’il avait perdu au temps de la polyphonie. Cette impulsion est donc donnée à la fois par l’attachement à l’Antiquité qu’a apporté la Renaissance, et par un rejet de la polyphonie que la Renaissance a considérablement développé.
La Renaissance, et notamment l’Académie de Musique et de Poésie de Jean-Antoine de Baïf, donnent donc directement naissance à l’art classique, avec les mélodies accompagnées, les récits chantés ou récitatifs, les cantates, les opéras et les oratorios.

2) Naissance de l'opéra 
L’opéra semble né aux premières années du XVIIe siècle, et résulte sans doute d’une lente évolution. Ces divers éléments existent en germe depuis le Moyen Âge (Mystère, + tard Ballet de cour en France, Sacre Rappresentazioni, Pastorale, Madrigal en Italie), mais le style musical dramatique et la découverte de l’harmonie au sens moderne du mot n’apparaitront qu’au XVIIe siècle.
L’effondrement du théocentrisme et l’essor de la pensée humaniste, au XVIe siècle, sont liés au retrait du divin. Alors qu’il était omniprésent dans la musique médiévale, au sein du monde moderne, la présence du divin peut encore être éprouvée, mais plus en retrait : l’homme est au centre de tout, et désormais, le beau est humain. La musique n’a plus pour finalité de créer la perfection du Monde, mais elle doit plaire et émouvoir. Ainsi, en 1597, Jacopo Peri réalise Dafne, le premier opéra de l’histoire de la musique, dont les témoins rapportent que « le plaisir et la stupeur qui saisirent l’âme des auditeurs devant ce spectacle si nouveau ne se peuvent exprimer ».



3)  La danse de la Renaissance est toujours connue aujourd’hui grâce aux traités des théoriciens, et même pratiquée en cours, ce qui montre l’attirance de certains pour cette époque de rayonnement de l’art.


DANSE Gaillarde : http://www.youtube.com/watch?v=cueA-jjBMJM
DANSE Pavane : http://www.youtube.com/watch?v=hVBlFUb0g60

 

On peut ainsi affirmer que, la Renaissance permet un profond développement de la danse comme de la musique, et des arts en général. Sous ses innovations, sa redécouverte de l’humanisme par l’étude de textes antiques, on voit naître ou se développer de nouveaux genres musicaux, d'autres hérités du Moyen Âge, comme la musique polyphonique qui atteint son apogée à cette époque, de nouvelles danses, et un intérêt toujours grandissant pour l’art en général – tout cela notamment permis par l’apparition de l’imprimerie, répandant ainsi la diversité des œuvres et un contexte toujours favorable à la renaissance des arts.


La musique, devenant analogue à la beauté, et ‘s’emparant progressivement du corps humain, tous les créateurs s’en inspirent dans leurs œuvres, orateurs, poètes, peintres, sculpteurs, architecte’.
Enfin, on voit peu à peu se dessiner la fonction essentielle du ballet qui est politique : conforter l’image du roi, illustrer sa puissance. Cette fonction va s’affirmer dans les décennies suivantes et connaître son apogée sous Louis XIV. Cette forme de ballet de cour connaît un grand essor dans un contexte politique mouvementé : guerres de religion, conflits entre la noblesse et le pouvoir royal...


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MessagePosté le: Sam 12 Jan - 10:49 (2013)    Sujet du message: Publicité

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